Chapitre 8

Il n'y eu pas de mots pour décrire l'horreur de ce que nous découvrîmes. La femme, la démone, se statua sur place, un rictus enragé aux lèvres. Elle nous regarda avec tant de haine puis avisa l'arme. Elle leva les mains et se leva, se dégageant du corps nu et sanguinolent de Christian.

Je me précipitai auprès de lui tandis que Taylor passa les menottes au monstre. Je ne pus rien suivre de la suite, mes envies de meurtres envers elle furent remplacées par mon besoin de m'occuper de Christian. Il avait les yeux bandés, il était fermement attaché à une croix, sa poitrine seule avait été épargnée, le reste de son corps était strié, il avait été fouetté à sang.

« Elena ! » cria-t-il ne comprenant pas ce qu'il se passait.

« Chut Christian, c'est terminé. Calme-toi. » lui demandai-je tout en me débattant avec ses liens.

Quand il fut libéré, il tomba à terre et se débarrassa du bandeau qui l'empêchait de voir.

« Ne dis rien Christian ! » le menaça le monstre.

Taylor la fit sortir et m'ordonna d'aider le jeune homme à sortir de la. Je pris la couverte rouge qui était sur un lit grand et obscène. Je l'enveloppai et l'aidai à marcher.

« Tu vas être soigné, on va s'occuper de toi. »

« Mes parents... » sanglota-t-il soudain.

« Chut... calme-toi, c'est fini. »

Je le pris dans mes bras et me mis à le bercer. Il se laissa faire et pleurait encore à chaudes larmes quand l'équipe médicale arriva. Le médecin laissa échapper un juron en voyant la pièce et nous pressa de sortir d'ici. Christian fut installé sur une civière puis porté jusqu'à l'ambulance. Je ne le quittai pas, ses mains dans les miennes. Je ne pus que repenser à cette photographie prise de lui quand à quatre ans, il avait été emmené aux urgences.

À cet instant, sous sa couverture de survie, avec deux médecins affairés à apaiser ses blessures, je ne voyais que cet enfant martyrisé. Sa mère biologique n'avait pas protégé Christian et à mes yeux, sa mère adoptive non plus.

« Il fait l'endormir. » annonça l'un des médecins.

« Ça ira, m'empressai-je de rassurer l'adolescent. Tu as besoin de te reposer, dors mon ange. »

« On y va ! Vous devez descendre madame. »

A regret je m'exécutai et quand l'ambulance disparut, ma rage revint à pleine force. J'avisai Taylor et Luke qui discutaient vivement.

« Ana, tu vas bien ? » me pressa Luke.

« Oui. Merci d'avoir cru en moi. »

« Ana, tu n'imagines pas la peur que j'ai eu quand tu as raccroché. »

Mes larmes coulèrent, la peur que j'avais moi ressenti pour Christian avait besoin enfin de s'exprimer. Pourtant je n'oubliais pas ma mission.

« Elle a parlé d'une autre femme, Véronica. Elle a dit à Christian qu'elle prendrait un autre soumis ! » rappelai-je à Luke.

Il ne me stoppa pas quand je retournai dans la pièce infernale. Il me donna des gants et avec Taylor, nous découvrîmes rapidement l'étendue de la monstruosité d'Elena Lincoln. Une quinzaine d'adolescents avaient été torturés et violés par elle et deux autres femmes. Les clichés étaient abominables, monstrueux, et Taylor ne me laissa pas les regarder longtemps.

« Pars Ana, tu dois parler au juge dès que possible. »

En sortant de la maison, je ne pus réprimer ma nausée, je vomis dans les jolies roses tout ce que j'avais dans l'estomac. Jamais je ne m'habituerai à ces horreurs, c'est ce que ferait ma force. Aucune maltraitance ne pouvait être considérée comme banale, aucun coup ne pouvait être justifié, je serais toujours révoltée.

Le juge Pierce, qui m'avait accordé la requête de visite, répondit aussitôt à mon appel, il me demanda de passer le lendemain matin à son bureau, entre temps, il contacterait Luke pour avoir les premières constations.