Coucou !

Percy Travis est mort; Caleb est détruit et Jude essaie de recoller les morceau. Mais que faire lorsque le passé vous rattrape ?


THE LAST OF US : BELIEVE IN

Chapitre IX: Secrets militaires

Jude ferma la porte derrière lui et leva les yeux vers la masse informe des couvertures sur le lit de son camarade de chambre. Il cligna des yeux et bailla à s'en décrocher la mâchoire. Il était épuisé. Qui aurait cru que faire le ménage et ranger le matériel militaire dans la base était si fatiguant ? Il sortit de sa poche un morceau de pain qu'il avait gardé de son maigre repas et s'approcha de la couverture sur le lit. Il tira dessus et découvrit Caleb, assis avec les jambes contre son torse, les yeux dans le vide. Voilà bientôt deux semaines que le brun passait de la position couchée à assise, sans quitter son lit. Il passait son temps à pleurer en silence dans ses draps et à fixer le le sol sans le voir. Et il ne parlait plus.

«Caleb ?»

Comme son camarade ne réagissait pas, le châtain se pencha vers lui et lui tendit le morceau de pain. Caleb releva doucement les yeux et avisa ce que son compagnon lui tendait d'un air triste. Il prit la nourriture et mordit dedans faiblement. Ses yeux s'étaient remplis d'émotion, comme s'il se souvenait de quelque chose. Jude s'était assis par terre, epuisé, et fixait son camarade grignoter son seul repas de la journée. Ses yeux se posèrent sur ses poignets marqués par les menottes de l'armée et ses chevilles nues irritées, rougies par la corde. C'était la punition par excellence, les pensionnaires qui faisaient des bêtises avaient tous connu "l'isolement" dans la chambre, les tâches ménagères, et certains, comme Caleb, la privation de nourriture. Jude savait ce qu'il risquait si on le prenait à lui donner à manger, mais qui pouvait sincèrement rester de marbre devant un camarade mal en point ? Il croisa ses bras sur le lit du brun et posa sa tête dessus pour le regarder.

«Tu m'en veux toujours ?» demanda-t-il, les yeux mi-clos.

Les dernières fois qu'il avait posé la question, le garçon avait tourné la tête pour l'ignorer. Cette fois, Caleb lui lança un regard mystérieux et répondit sombrement:

«On est trop seuls pour se détester pas vrai ?»

Jude sourit légèrement. La triste vérité de ce monde était là: trop seuls pour se haïr. Il allait se redresser pour rejoindre son ami sur son lit lorsque celui-ci lui tendit un papier. Il était vieux et plié comme s'il allait se déchirer. Le châtain releva la tête vers son camarade, curieux, et il comprit en croisant son regard que ce n'était pas pour rire.

«Qu'est-ce que c'est ?» demanda le garçon en prenant le papier.

«Une lettre. Pour être plus précis, la dernière lettre de ton père.»

Jude se figea et leva un regard incrédule vers son comparse.

«Où tu l'as eu ?»

«J'ai fouillé dans le bureau de Ellis, tu te souviens ? J'ai trouvé pas mal de choses sur toi... Même une photo de tes parents.»

«Ensembles ?»

Le brun hocha la tête et son ami le rejoignit sur son lit pour le regarder sortir un dossier de sa taie d'oreiller. Un dossier... Etait-ce de ça dont Ellis avait voulu lui parler ce soir-là ? Le sanctionné ouvrit le dossier et prit une photo coincée dedans. Jude se figea, incapable d'y croire; il se pencha sur l'épaule de l'autre garçon et caressa du bout des doigts les sourires heureux de ses parents. C'est dingue, il reconnaissait son père, son père avec la trentaine, des cheveux bruns et un visage vivace. Et sa mère, il parvenait enfin à remettre un visage sur la voix qui lui chantait des berceuses, qu'il entendait parfois le soir comme un lointain murmure. Caleb lui donna la photo et il put enfin voir, dans les bras fins de la femme aux cheveux châtains, un bébé. Il se pencha sur ce petit bout d'humain et s'émerveilla. Alors c'est à ça que ressemblait sa famille ?

«Tu ressembles beaucoup à ta mère...» entendit-il.

Jude releva des yeux brillants vers son camarade de chambre. Si seulement il pouvait trouver des mots pour remercier son ami ! Cette photo signifiait pour lui beaucoup de choses, et aucun mot ne semblait pouvoir décrire à quel point il était ému.

«Mais tu as les sourcils de ton père.» se moqua finalement le brun.

Jude déglutit. Pourquoi se sentait-il si triste tout à coup ? Il essuya discrètement ses yeux. Il ne fallait pas qu'il pleure devant Caleb. Ce dernier fouilla dans le dossier jusqu'à trouver une seconde photo. Il la prit délicatement, le regard sombre et fit mélancoliquement:

«C'est la seule photo qu'il reste de ma mère.»

Jude baissa les yeux vers cette fameuse photo et se raidit: c'était un portrait d'autopsie. Il risqua un regard vers le garçon. Il semblait calme, fixant la photo comme si ce visage trop pâle lui inspirait quelques souvenirs. A bien y regarder, malgré sa blancheur extrême, la femme restait particulièrement belle. Elle avait des joues rondes mais fines qui devaient être adorables avec quelques rougeurs, de longs cils minces et noirs. Ses lèvres, si elles avaient été plus roses, auraient donné envie de l'embrasser. Et ses cheveux brun tombaient en cascade de chaque côté de son visage blême et endormi, donnant comme de la légèreté, et de la liberté à l'âme qui l'avait quittée. Le châtain leva ses yeux vers Caleb et tenta de ne pas rougir. Lui aussi, tenait beaucoup de sa mère. Il avait ces mêmes joues à croquer, ces mêmes petites lèvres roses et ces mêmes cils élégants qui faisaient rideau devant ses yeux turquoises. Il détourna le regard avant que le -joli- garçon ne l'aperçoive, et il se gratta nerveusement la gorge.

«Toi aussi... Tu ressembles beaucoup à ta mère.»

Le brun leva vers lui des yeux tristes et le gratifia d'un sourire sincère.

«Ma mère m'a eu toute seule... Enfin, c'est ce qu'elle me disait quand je lui demandais où était mon père.» sourit-il en replongeant dans ses souvenirs. « Je suis né et j'ai grandi dans le ZQ de Franklin, dans le Massachusetts. Tu sais ce que c'est, une petite ville par rapport à ce qu'était Boston... Et donc une petite zone. Dans la ZQ de Franklin, l'armée se prenait pour un tyran. Elle ne faisait rien pour assurer la sécurité de la zone, et passait juste son temps à boire des saletés du marché noir et à raquetter les habitants. Il ne faisait pas bon d'y vivre. Alors ma mère a contacté un passeur. J'avais cinq ans. On a fuit la ZQ de Franklin et le passeur nous a obtenu des faux papiers pour entrer dans la ZQ de Boston. Contre une montagne de ticket de rationnement.»

Le brun, tout en parlant, chercha quelque chose dans le dossier: à croire qu'il le connaissait pas coeur... Dans une pochette en plastique, il y avait les fameux faux papier, avec leurs noms. Caleb et Sarah Stonewall. Jude déglutit en voyant son ami poser sa main sur la pochette.

«Pour entrer dans une ZQ, il fallait pénétrer discrètement, par les maisons abandonnés à la frontière, et ensuite se présenter au ravitaillement avec nos papiers pour avoir nos tickets de rationnement. Ce que le passeur avait oublier de nous préciser, c'est que dans les maisons à la frontière, il y avait des infectés.»

Caleb fit une courte pause.

«On s'est fait prendre en chasse par un coureur. Il y avait une patrouille dans le coin, elle a entendu nos cris. Les militaires ont abattu l'infecté et nous ont demandé de nous mettre à genou, les mains en l'air. Ils ont passé le scanner dans mon cou, puis dans celui de ma mère... Ça a bipé. "Elle est infectée !" ont crié les soldats, et elle les a supplié de ne pas me tuer. Mais les ordres sont les ordres, et les militos doivent liquider les clandestins. "Cours !"elle a crié. C'est ce que j'ai fait... Avant même qu'elle me le dise. J'avais peur, je ne savais pas quoi faire, et je n'ai pas pensé qu je pouvais essayer de la sauver.»

Cette fois, Caleb ne parvint pas à retenir ses larmes. Elles coulèrent sur ses joues roses, sous le regard impuissant de Jude. On aurait dit que peu importe le nombre de fois où le brun racontait cette histoire... Il finissait toujours par pleurer.

«J'ai échappé aux soldats. Je me suis caché dans les rues sombres de la ville. Je ne savais pas quoi faire, juste que je devais survivre. J'ai tenu comme ça deux mois. À me cacher quand je voyais l'armée, à mendier de la nourriture, à fouiller dans les poubelles, à dormir sur les paillassons pour avoir moins froid.»

Il tourna à nouveau les pages du dossier et tomba alors sur la photo de l'homme qui avait été tué deux semaines plus tôt.

«Percy m'a trouvé. Il... M'a donné à manger, m'a donné son manteau. Il m'a sauvé la vie.

Percy m'a recueilli dans son clan. Des chasseurs, ils s'appellent les Titans. Il est leur chef... Enfin il l'était.»

Il renifla et essuya à nouveau ses yeux, décidé à finir son récit:

«J'ai grandi dans ce clan, aux côtés de Percy... Il m'a élevé comme son fils, et je le considérais un peu comme mon père. Malgré tout, il n'a jamais voulu que je devienne un Titan. Il n'a jamais accepté de me tatouer en tant que membre de son clan. Tu sais, les Titans ont un tatouage particulier, qui prouve leur appartenance. Tout ce que Percy a toléré, c'est ce dessin sur mon crâne... Il paraît que ça représente la force. Il y a plus d'un mois, le jour où on allait au marché noir, on s'est fait cueillir par une patrouille. Il y a eut une fusillade, et j'ai perdu la trace de Percy. Ellis était là, elle m'a pris en otage. J'ai crié à Percy de tirer mais il m'a ignoré. Il a dit à Ellis de ne pas faire ça... Il lui a promit de se rendre si elle me relâchait. Il a dit qu'il voulait parler des clauses d'un contrat avec Ellis, et elle a accepté. Le reste des militaires m'ont embarqué. En revenant, Ellis a dit que je serai sous l'autorité de l'armée tant que Percy n'aurait pas été exécuté.»

Caleb serra les poings et à nouveau laissa échapper quelques larmes. Le châtain se redressa, ne sachant pas quoi faire.

«Tu imagines ?» sanglota le brun en plongea son regard dans le sien. «Quatorze ans et déjà deux personnes sont mortes pour moi... Et tu sais... Toi aussi tu m'as sauvé la vie... J'ai peur que tu...»

Il ne parvint pas à finir sa phrase, les sanglots envahissant son corps. Jude ne pouvait pas supporter de voir son ami dans cet état. Il se pencha vers lui et l'entoura de ses bras. Il sentit Caleb nicher son visage larmoyant dans son cou, ses mains agripper son t-shirt comme pour le garder près de lui. Et les sanglots secouer son corps fragile. Le châtain sentit au travers de son haut le métal froid des menottes et son regard se posa sur la corde qui nouait encore les pieds de son compagnon de chambre. Si seulement il pouvait détruire ses entraves, si seulement il pouvait enlacer franchement Caleb, se coller contre lui, plus, plus... Il se stoppa à temps. A quoi pensait-il ? Pourtant il ne parvint pas à arrêter de serrer le garçon dans ses bras, à s'empêcher d'enfouir son nez dans ses cheveux sombres. Il passa sa main dedans pour calmer ses sanglots, et entendit sa voix étouffée murmurer:

«Reste avec moi cette nuit...»

Jude sentit comme décharge électrique dans son corps et fut saisi d'une pulsion; plaqua son ami contre son lit. Il baissa vers lui des yeux ardent et croisa son regard plein de larmes et de surprise. Il se calma, empêchant son corps de fondre sur ce visage triste, se retenant comme jamais de le mordiller et de le lécher. Mais qu'est-ce qui le prenait tout à coup ? Il sentit quelque chose chatouiller le bas de son ventre et inspira à fond. Non... Surtout pas ça... Pas maintenant. Il essaya de plonger dans les turquoises humides et tourmentée de son ami. Caleb avait besoin de réconfort. Il ne pouvait pas avoir ce genre de réaction dans ce genre de situation... C'était presque aussi incongru que de rire alors qu'il pleurait. Mais bon sang, qu'est-ce qui pouvait bien l'exciter à cet instant ? Il soupira silencieusement, toujours sur son camarade, à le fixer. Pas le choix, il allait devoir ignorer son corps... Et prier pour que Caleb ne se rende compte de rien.

«Tu as besoin de mes bras ?» demanda le châtain dans un souffle.

Il crut voir son camarade rougir mais ne s'attarda pas sur cette impression. Il sentait déjà qu'il se raidissait, pas besoin d'en rajouter. Il brûlait de demander au brun de le prendre dans ses bras lui aussi, mais il savait que c'était une mauvaise idée. Il se coucha sur le côté, entourant Caleb de son bras gauche tout en croisant les jambes pour cacher la vilaine bosse qui avait dû apparaître sur son pantalon. Mais dans quelle misère s'était-il encore fourré ? Il utilisa sa main droite pour baisser son t-shirt devant son pantalon, et appuya dessus pour se calmer. Comme si son érection était un membre à part entière, qu'il ne pouvait pas le contrôler. Et quelque part, c'était vrai. Il n'ouvrait pas la bouche, de peur de dire quelque chose de compromettant, et expira par le nez en sentant l'effet que faisait la pression de sa main droite. Le cours de ses pensées lui échappa alors qu'il avait inséré ses doigts en haut de ses deux cuisses croisées et qu'il palpait son sexe emprisonné. A nouveau, il soupira avant de se reprendre et de respirer par le nez. C'était frustrant. Il devait consoler l'apparent objet de son désir soudain. Le châtain se posa véritablement la question pour la première fois: avait-il ne serait-ce qu'une chance de coucher avec Caleb ? Dur à savoir. Il l'imaginait parfaitement refuser... Et aussi parfaitement accepter. Il se mordit la lèvre en soupirant une fois encore par le nez.

«Dis Jude...»

Bon sang, cette voix... Jude n'osa pas répondre, persuadé d'avoir la voix trop rauque.

«Pourquoi tu respires aussi fort ?»

Jude retint ce souffle qui le trahissait et se redressa. Caleb le regarda sans comprendre et le châtain passa sa main sur son visage: ça n'allait pas être possible. Il se leva, tournant le dos à son camarade, le rouge aux joues.

«Je me sens pas bien... Je vais aller me rafraîchir, je reviens.»

Il sortit de la chambre sans se retourner.


Jude tira la chasse d'eau et sortit de la cabine des toilettes. Il soupira en ouvrant le robinet. Il avait la tête vidée. Alors ça se finissait comme ça ? Il passa ses mains sous l'eau et renifla. Maintenant encore il ne savait pas ce qui l'avait pris. Tout était allé si vite: il avait enlacé Caleb, il s'était mis à divaguer complètement. A vouloir le brun, ne faire plus qu'un avec lui. Bizarre, ça c'est sûr. Peut-être que c'était à cause de ce regard qu'il lui avait lancé, ce regard désespéré. Il avait eu envie de lui redonner le sourire, de le prendre tout contre lui, et finalement de le prendre tout court. Étrange cette pulsion. D'autant plus qu'il lui avait fallut se calmer tout seul par la suite... Et que c'était la première fois que ça se déclenchait à cause d'un mec. Enfin, disons plutôt "à cause d'un mec qui n'avait rien fait pour le chauffer".

Le garçon secoua ses mains pour se débarrasser de l'eau et finit de les essuyer sur son pantalon. Le bruit de papier que fit sa poche lorsqu'il passa sa main dessus le fit s'arrêter. Il récupéra délicatement le papier et le reconnu. La lettre de son père. Il ouvrit la lettre et se tourna pour s'adosser au lavabo.

Ne m'en veux pas, Jane

Cela fait un mois que ma femme est morte, et je n'ai pas fait mon deuil. Mon fils me regarde comme si le ciel lui était tombé dessus et ma fille... Si c'est elle l'est bien, ne comprend même pas ce qu'il se passe. On lui a dit que sa mère ne reviendrait plus, et elle a pleuré sans comprendre. A 3 ans, un enfant ne peut pas avoir de vraie notion sur ce qu'est la vie, et ce qu'est la mort, n'est-ce pas ?

Chaque matin depuis ce jour, je me réveille avec le désir de me rendormir. Je veux rejoindre Judith là-haut. Je sais que je pourrai juste me dire que j'ai fait mon devoir mais c'est impossible. J'aurai dû empêcher son exécution. Qu'importe si elle a trahi notre patrie, si notre Célia n'est pas ma fille. J'aimais Judith comme si ma vie en dépendait, et maintenant qu'elle n'est plus là... Je sais que ma vie en dépendait vraiment.

Ne m'en veux pas car je m'en veux suffisamment tout seul. Tu imagines ça, Jane ? Le Général Sharp est cocu. Sa femme livre des informations secret-défense à son amant, qui est le chef des Titans. Je ne sais pas si Judith a vraiment trompé notre pays, si elle m'a trompé moi, mais je ne peux pas m'empêcher de l'aimer.

Tu dois comprendre ça toi, n'est-ce pas ? Je te le dis à toi parce que tu es la seule dans toute cette base à m'avoir toujours défendue. D'élève tu es passée à soldat. Tu n'imagines pas comment je suis fier de ta réussite. J'aimerai que mes enfants ne sachent jamais rien à propos de cette histoire. Jude est trop intelligent et Célia trop jeune pour comprendre la portée de cette affaire. Je te les confie: avec toi, ils deviendront de bons soldats.

Ce soir, je participerai à l'assaut du camp des Titans. Je nous ferai gagner et ferai en sorte de ne pas en revenir.

Dis à mes enfants que leur père est mort en héros et que leur mère est morte de maladie. Ils sont trop jeunes pour comprendre à quel point l'amour dans ce monde peut nous perdre.

Carl Sharp.

Jude resta figé. Impossible. Cette lettre n'était pas de son père, ce n'était qu'un tissus de mensonge. Pourtant... Pourtant... Il sentit les larmes lui monter aux yeux. Quelle horreur. Le Général Sharp s'était suicidé et Judith, son épouse, avait été exécutée pour haute trahison. Sa famille... Le nom des Sharp, si reconnu, si admiré, n'était qu'un monument aux mensonges... Il tituba. Il ne voulait pas y croire. Alors ses parents dont le commandant Ellis ne disait que du bien, n'avaient été que des traîtres et des lâches ?!

Jude sortit des toilettes et s'appuya contre le mur du couloir, le longeant jusqu'à sa porte de chambre. Il l'ouvrit et se retrouva dans sa chambre, perdu. Le brun l'attendait, assis dans son lit.

«Ça va mieux ?» demanda-t-il, inquiet. «Je pensais que j'avais fait quelque chose de mal...»

Caleb s'interrompit lorsqu'il croisa les yeux larmoyants du châtain. Celui-ci s'approcha du lit puisque le brun ne pouvait pas marcher et se laissa tomber dedans en pleurant.

«Jude, qu'est-ce que-...»

«Ma mère n'a pas succombé à une pneumonie... Mon père... N'est pas mort en héros sur le champ de bataille... Et ma soeur... N'est même pas ma soeur putain...» gémit-il sous le regard incrédule de son camarade.

Besoin de Caleb. Il avait besoin de son corps encore une fois. Il se redressa et essuya ses yeux en se tournant vers le brun.

«Si tout ça était faux... Caleb... Qui dit que je ne suis pas un mensonge moi non plus ?!»

Le garçon ouvrit de grands yeux et fixa Jude baisser à nouveau la tête, ravagé par les sanglots. Alors il avait lu la lettre... C'est vrai qu'elle avait de quoi remettre en question. Pour qui Jane avait-elle menti ? Pour Jude, pour son père, pour elle ? Même cette réponse restait indéterminée.

«Enlace-moi Caleb...» murmura le châtain.

Le concerné s'autorisa un sourire. Il se débrouilla pour passer ses bras autour de son ami malgré ses menottes et posa son front contre le sien. Il lui chuchota de se calmer et resta à écouter la respiration sifflante de Jude, qui commençait à retrouver ses esprits. A nouveau le châtain le fit tomber vers l'arrière et lova son nez dans le cou de son camarade, respirant son odeur si naturelle, ce musc sauvage et doux à la fois.

«Je dors avec toi.» chuchota-t-il en collant ses lèvres au t-shirt de son compagnon de chambre.

«Pour de vrai cette fois ?»

Jude attrapa la couverture et la remonta sur eux. Dans les couettes, il se mit sur le côté de Caleb, entoura sa taille de ses bras et ses jambes des siennes. Il avait vraiment besoin de lui, sans vraiment avoir de raison particulière. Tout à l'heure c'était pour le consoler et à présent pour se faire consoler qu'il se collait à lui.

Il était épuisé, il devait dormir maintenant. Il reportait au lendemain toutes ses interrogations, se contentant pour l'instant de cette enlaçade intime et cette chaleur humaine qui le berçait.

«Je suis là.» entendit-il dans un souffle.

Et il s'endormit presque immédiatement.


Les choses se pimentent entre nos deux gamins préférés, n'est-ce pas ? Si vous avez aimé, n'hésitez pas à laisser une review :) Bisous et à mardi !