Heey ! Salut tout le monde ! En avant pour le chapitre 15 :p
Guest: Merci pour ta review, ça me fait vraiment plaisir ! Heureuse d'entendre que le scénario te plaît (j'avoue que moi aussi je prends beaucoup de plaisir à écrire et développer la relation entre Jude et Caleb. En espérant que ce chapitre te plaira aussi ! Bisous et merci encore !
THE LAST OF US : BELIEVE IN
Chapitre XV: Tiens bon
10 ans plus tôt
«Regarde, c'est la rive droite, juste là.» montra le châtain. «On est presque arrivés, il nous restera qu'une petite demi-heure de marche.
Le brun hocha la tête tandis que Jude les entraînait vers la branche droite de la rivière. Elle se séparait en deux et vu le bruit que faisait la rive droite, le courant y semblait très violent. Tant mieux alors que leur route s'arrête ici. Les galets roulèrent sous leurs chaussures, ils reprenaient pied petit à petit.
«J'ai hâte de prendre une douche.»grogna le rebel en retirant son t-shirt pour l'essorer.
Jude sourit, mais se figea soudain. Il tendit l'oreille en faisant signe à son partenaire de se taire. Un étrange grognement attira son attention et il regard partout autour de lui. La rivière avait mené à l'orée du bois, et arbres et fougères devenaient rares. Ils firent quelques pas de plus le plus siencieusement possible malgré le remou de l'eau et Jude plaqua sa main sur sa bouche, horrifié. Deux infectés étaient penchés sur un type et le dévoraient. Le corps semblait encore chaud et Jude crut reconnaître les bottes qu'on distribuait aux militaires à leur entrée dans l'armée. Il avisa le fusil d'assaut de l'homme à quelques mètres sur le rivage ainsi que le corps de trois infectés au sol. Il y en avait donc autant ? Il lança un regard à Caleb, indécis. Devait-il prendre le fusil du militaire et foncer dans le tas ou esquiver ? L'expression inquiète du brun lui apprit que le plan numéro deux était sans doute le meilleur. Mais en marchant doucement dans l'eau, ils s'attirèrent l'attention des infectés, qui se redressèrent de leur repas.
«Merde.» murmura le rebel, apeuré.
Les coureurs foncèrent droit vers eux en poussant des cris et avant que le châtain ne puisse réagir, une demi-dizaine d'autres montres sortirent des bois. Jude pointa son arme vers les coureurs, par réflexe, mais aucun coup ne sortit.
«Nos flingues ont pris l'eau !»
Caleb lui lança un regard paniqué alors que les infectés s'approchaient d'eux, toujours plus. Jude évalua la situation, tentant de conserver son calme, et s'exclama:
«Caleb, la rive droite !»
«Quoi ?! Mais... T'as vu le courant ? J'vais me noyer !»
«C'est ça ou les infectés !»
Avant que le brun n'ait le temps de rétorquer, son ami le prit par le bras et l'entraîna dans l'eau.
«Panique pas ! Reste accroché à moi et tout ira bien !»
Caleb essaya de le croire et en replongeant dans les eaux glacées, il s'agrippa à son ami. Jude eut un peu de mal à trouver un bon rythme de nage. Il avait pensé que ce ne serait pas compliqué mais il devait aller vite, et avec le rebel qui s'accrochait à ses épaules, ce n'était pas facile.
«Jude... Ils... Se noient !»
Le châtain se tourna un instant, luttant pour les maintenir à la surface. Les infectés semblaient effectivement incapables de nager dans les eaux profondes et buvaient la tasse en tentant de sortir de l'eau.
«C'est bon... Je... Je vais essayer de me débrouiller.» lui dit alors le brun en se décrochant.
«T'es sûr ? Je peux te porter...»
«Ça va. Mais reste près de moi ok ?»
J
ude sourit et posa sa main sur celle de Caleb, qui tenait encore son épaule. Mais au moins il battait des pieds seul.
«Le courant est fort dis...»
«Un peu trop...» répondit le châtain en fronçant les sourcils.
Un bruit caractéristique les alarma soudain.
«Oh merde...» murmura l'héritier Sharp.
Il attrapa son partenaire juste à temps avant qu'il ne se cogne contre un gros rocher. Le courant était à présent surpuissant, et de gros rochers faisait violemment serpenter la rivière. Des torrents. Jude prit Caleb dans ses bras pour qu'il garde la tête hors de l'eau, même s'il était un peu lourd et le faisait boire la tasse de temps en temps. Ils furent balotés par les eaux déchaînées et plaqués de ci de là contre d'énormes rocs abrupts. Le brun, qui avait prit le rocher de plein fouet dans son dos cria de douleur et tenta de ne pas lâcher prise.
«Ça va aller Caleb ! Respire !» essayait de rassurer le châtain.
Mais il heurta lui aussi violemment un rocher, qui le renvoya contre un autre, où il s'entailla le tibia. Dans une exclamation de douleur, il lâcha son ami, qui fut baloté à son tour contre les pierres brutes. Jude se retrouva sous l'eau un instant et lorsqu'il réussit à relever la tête, il avait perdu son camarade de vue.
«Caleb !»
Il ne le voyait pas. En plus, sa jambe lui faisait affreusement mal. Dans l'eau froide, il était incapable de se rendre compte des dégâts, s'il saignait ou si la blessure était profonde. Il se sentait engourdi, de plus en plus, il peinait à garder la tête hors de l'eau.
«Caleb !» cria-t-il encore avant de se cogner à nouveau dans une masse rocheuse.
Il ne pouvait pas être loin... Il vit soudain, un peu plus bas, son partenaire qui tentait de s'accrocher à un roc. Il tentait de monter dessus mais il glissait sans cesse; de plus, ses mains gelées s'écorchaient vif sur les rebords de la pierre. Avec toute la volonté du monde, il réussit à nager vers le rocher sans se cogner. Il parvint juste derrière son ami.
«Jude !» lâcha le rebel en le voyant se tenir derrière lui.
Le châtain sourit, heureux d'entendre la voix de son partenaire. Il porta le brun par les hanches pour qu'il se hisse sur le rocher et utilisa ses mains pour lui servir d'appuis. Caleb réussit enfin à sortir de l'eau reprit sa respiration en remerciant son ami du regard. Il tendit sa main et Jude la saisit... Presque.
À bout de forces, il se laissa tomber, incapable de tenir la main de son camarade.
«Jude ! Non non... Tu... Tu fais quoi là ?! Tiens-moi !»
Mais le châtain était au bord de l'inconscient. Heureusement le brun serrait très fort sa main et il était hors de question qu'il la lâche. Caleb serrait fermement la main du garçon, tentant désespérement de le hisser jusqu'à lui sans le blesser. Des larmes de rage et d'épuisement lui montèrent aux yeux alors qu'il suppliait le châtain de l'aider à le remonter.
«Jude... Fais pas le con s'te plaît... Allez... Monte !»
Un sanglot nerveux lui échappa lorsqu'il croisa le regard éreinté de son comparse.
«Je vais te tuer si tu montes pas, tu m'entends ?!» s'exclama-t-il.
Il se pencha dangereusement, prenant le risque de tomber contre l'autre rocher, et agrippa le châtain sous les aisselles. Avec de meilleures accroches, il réussit à le hisser jusqu'à lui, d'abord le haut du corps, qu'il maintint entre ses jambes, puis son bassin et ses jambes. Il le traîna le plus délicatement possible pour ne pas le blesser et réussit à mettre la tête de Jude sur sa cuisse le temps qu'il reprenne son souffle. Il posa sa main sur son dos pour s'assurer qu'il respirait bien et une fois rassuré, il passa à nouveau ses mains au niveau de ses côtes pour le tirer vers lui.
Caleb se mit à califourchon sur le rocher et fit asseoir le châtain tout prêt de lui. Le pauvre était totalement épuisé, il ne parvenait pas à se tenir droit.
«Merci...» souffla-t-il, à bout, alors qu'il laissait sa tête tomber dans le creux réconfortant du cou de son ami.
Caleb resta un instant, ému, à écouter la respiration profonde de son partenaire. Il laissa ses mains tomber un peu contre le dos de Jude, et remonta une main pour la passer dans ses cheveux emmêlés et dégoulinants d'eau. Puis la main vint se blottir dans sa nuque douillette, pour le serrer contre lui. À nouveau, quelques sanglots nerveux secouèrent les épaules du brun, alors que l'héritier Sharp l'enlaçait à son tour.
«T'aurais pu y rester connard...» souffla Caleb.
«Toi aussi.» répondit l'autre, comme s'il souriait.
«Mais tu m'as sauvé... T'aurais pu y rester...»
«L'important c'est que tu ailles bien.»
«... Je te déteste.»
Jude savait qu'il mentait. Il l'aimait tout comme il avait aimé sa mère et Percy avant qu'ils ne se sacrifient. Le châtain savait bien que ce n'était pas lui qu'il haïssait, mes toutes ses tentatives pour le sauver. Il sentit que son camarade resserrait un peu plus son étreinte.
«Pourquoi... Moi je t'obéis toujours... Alors... Pourquoi tu ne m'écoutes pas ?»
Quand il lui avait dit "accroche-toi ou je te tue". Un rire amusé franchit ses lèvres alors qu'il redressait la tête.
«C'est pas drôle.» maintenait le brun.
«C'est quand même plus attrayant un "accroche-toi, tout ira bien" qu'un "si tu montes pas je te tue".»
Cette fois le rebel s'autorisa à rire. Il jouait avec les cheveux de son ami, incapable de se lever ni même de s'allonger pour l'instant. Il ne sentait plus ses membres tant il n'en pouvait plus.
«Tu t'attendais pas à une déclaration quand même..» plaisanta-t-il.
«Pourquoi pas ?» fit juste le concerné.
Apparemment, Caleb ne comprit pas qu'il était sérieux puisqu'il ria une nouvelle fois. Un brin d'amertume vint tinter le sourire de Jude, alors qu'il serrait son partenaire encore un peu plus fort.
«Comment on fait maintenant ?» demanda le rebel en s'écartant.
Jude se redressa et saisit son sac à dos. Il était complètement trempé. À vrai dire, il l'était depuis longtemps, mais le châtain n'avait pas pensé qu'il aurait à nouveau besoin de son matériel. Pour lui, à partir du moment où ils suivaient la rivière, ils devaient arriver à bon port sans même devoir ressortir la carte. Quel idiot. Il sortit la fameuse carte du sac, détrempée et illisible. Il la jeta rageusement sur la rive. Il sortit la boussole, qui, écrasée à mainte reprise entre son dos et les rochers du torrent, était également hors d'usage. Les fusées de détresse. Il lança un regard à son ami et se tourna vers le ciel pour essayer de l'actionner. Mais la poudre de fusée avait pris l'eau, elle était, elle aussi, complètement hors service désormais.
«On est dans la merde.» marmonna l'héritier Sharp.
Ils n'avaient qu'une bouteille d'eau et un kit de soin qui était probablement trempé lui aussi. Pour le moment, le plus urgent était rejoindre la terre ferme. Caleb se leva prudemment. Ils allaient devoir sauter sur un rocher un peu plus bas pour atteindre de rivage. Jude se mit à son tour debout, grimaçant en sentant sa jambe droite engourdie. Il suivit son ami sur la pierre en bas, boitant très légèrement, et se laissa tomber au sol dès qu'il eut rejoint la terre meuble de la rive. Il remonta son pantalon sur sa jambe droite jusqu'à son genou pour évaluer la blessure. Le rocher qui l'avait entaillé avait déchiré le tissu et n'y était apparemment pas allé de main morte non sur sa peau. Il avait une plaie ouverte sur 20 cm, qui saignait encore lorsqu'il contractait ses muscles jambiers. La plaie s'étendait du haut de son tibia au milieu de son mollet.
«C'est moche.» fit remarquer son partenaire en se penchant vers lui. «Ça fait mal ?»
«Ça va...»
Si en fait, ça faisait plutôt mal, mais il ne voulait se dégonfler devant son camarade. Il ouvrit son sac et attrapa sa bouteille d'eau pour essayer de nettoyer la plaie. L'eau de la rivière n'était pas de ces plus propres, des débris végétaux et de petits grains de sable étaient venus se nicher dans l'ouverture. Il fit de son mieux pour se débarrasser du plus gros: mais il dut bientôt arrêter pour économiser leur eau.
«Y a des tas de germes dans la forêt, désinfecte bien.» dit le rebel en s'asseyant près de lui.
Le châtain hocha la tête alors qu'une brise fraîche se levait sur la petite clairière. Il avait très froid, et commençait à trembler alors qu'il ouvrait la trousse de soin. Il espérait que le kit contenait de quoi guérir une si grosse plaie. Il fallait dire que les militaires ne donnaient qu'un petit nécessaire lors de ce genre d'exercice; ils gardaient le vrai matériel de survie et de soin pour les vraies expéditions de l'armée. Les mains tremblantes de froid, il réussit à ouvrir le kit. Il y avait deux ou trois façons à usage unique de désinfectant et de la gaze en bandage. Il essaya d'ouvrir une des doses, mais il dut se résigner : ses mains tremblaient trop. Caleb le regarda faire un instant, les bras croisés sur ses genoux, les jambes près du torse. Puis il soupira et tendit les mains vers son ami.
«Donne-moi ça.» s'enquit-il en récupérant le flacon.
Il le déboucha et prit un coton dans le kit qu'il imbiba de désinfectant. Il passa ensuite l'espèce de tissus sur la plaie. Jude se tendit, mais ne montra pas le moindre signe de douleur. Pourtant, ça brûlait pas mal ce truc... Le brun pressa la blessure pour qu'elle arrête de saigner alors que son partenaire le regardait faire, tremblant comme une feuille. Il mourait de froid, et étrangement, il se sentait tout faible. En plus, la nuit commençait à tomber, accentuant la fraîcheur de l'air. Ses yeux, qui avaient exploré les alentours, se portèrent à nouveau sur le rebel, qui finissait de bander sa blessure.
«T'as pas froid toi ?» souffla le châtain, tout tremblant.
«J'ai connu pire.» répondit juste Caleb en haussant les épaules. Il rangea le kit de soin dans le sac et revint s'asseoir auprès de son ami.
«On peut pas se permettre de dormir ici...» marmonna le châtain en clignant des yeux pour se repérer dans l'espace.
«On est paumés. Le plus sûr, ce serait de suivre la rivière en contre sens jusqu'à l'amont, au niveau de la forêt et des marécages... Tu m'écoutes ?»
«.. Ou-Oui...»
«T'es sûr que ça va ?»
Le garçon aurait voulu répondre oui mais ses yeux se fermaient tous seuls, et ils semblaient de plus en plus durs à rouvrir. Il sentit la main de Caleb sur son front alors que tout semblait tanguer autour de lui.
«T'as de la fièvre, il vaut mieux-...»
Jude se laissa tomber en arrière entraînant son partenaire avec lui. Celui-ci resta interdit un court moment avant de sourire. Il se redressa en caressant la joue de son camarade.
«Que faisait ta mère quand tu étais malade ?» demanda-t-il doucement en plongeant ses yeux gris dans les rubis troublés du châtain.
Jude tenta de se souvenir, il ferma les yeux. Il ignorait si ses souvenirs étaient vraiment si intacts ou si la fièvre aidait mais il crut se rappeler d'une fois où sa mère l'avait allongé sur le dos et caressé tendrement son ventre. Les ronds qu'avait tracés la femme sur son abdomen l'avaient doucement bercé et il s'était endormi sans même s'en rendre compte.
«Elle me caressait le ventre...» marmonna-t-il dans les brumes de la fièvre et du sommeil.
Il sentit la main de Caleb se frayer sous son t-shirt mouillé.
«Comme ça ?» s'enquit son partenaire.
Jude hocha lentement la tête, les yeux clos à présent. Il semblait comme dans une bulle, tout en mourant tout simplement de froid.
«Je... J'ai froid...» se plaignit-il faiblement.
Caleb se coucha à ses côtés pour lui tenir chaud, tout en cajolant doucement son ventre.
«Il faut que tu te reposes. On continuera demain.» lui murmura le brun.
«Mais c'est... Dangereux... Il faut repartir...» protesta le châtain en tentant même de se relever.
«Allez dors. Tout ira bien.»
Le murmure réconfortant du rebel lui ôta toute capacité à se redresser. Il sourit faiblement et fit d'une voix amusée:
«Tu vois... Ça... Ça donne envie... D'obéir...»
Il perçut le rire de son ami comme un très lointain écho et il plongea dans un profond sommeil... Sans même s'en rendre compte.
Jude rouvrit doucement les yeux, tiré du sommeil par des voix qui semblaient échanger vivement. Il cligna faiblement, ébloui par la lumière artificielle et attendit de s'habituer avant d'ouvrir plus franchement les yeux. Il réussit petit à petit à trouver ses repères et put se concentrer sur ce que disaient les voix:
«...cas extrême, je maintiens qu'ils doivent passer.»
«Ils ont échoué, pourquoi ferait-on une exception ?»
«Mais enfin, ils ont été pris en chasse par des infectés ! Si les responsables du cross avaient été plus attentifs ce ne serait pas arrivé.»
«Vous remettez en cause ma surveillance de l'examen ?»
«Simplement votre professionnalisme.»
«Je vous rappelle que j'ai perdu deux hommes dans cet examen de routine. Les infectés étaient bien plus nombreux que les années précédentes ! Si nous avions su nous aurions-»
«Chut.. Il se réveille.»
Jude se retint de dire que c'est eux qui l'avaient réveillé et sourit faiblement.
«Alors j'ai été recalé ?..» demanda-t-il, la voix rauque.
La femme aux cheveux blonds, Ellis, évidemment, lui sourit sincèrement en retour.
«À ce qu'il paraît il y a eu des failles dans la sécurité durant le cross.» elle lança un regard perçant au soldat avec qui elle discutait plus tôt. «Ton cas sera réévalué.» expliqua-t-elle alors que l'homme grimaçait.
Jude hocha vaguement la tête.
«Qu'est-ce qu'il s'est passé ?» demanda-t-il en se redressant.
Il sentait que sa tête était lourde, il ne se souvenait presque plus de rien.
«Stonewall nous a expliqués pour ce qu'il s'est passé; que vous aviez descendu la rivière, que vous étiez tombés sur des
infectés, que tu t'étais blessé dans les rapides. Tu te souviens de ça ?»
«À peu près.» s'enquit-il en se frottant l'œil pour se réveiller. «Et après ?»
«À cause de ta blessure tu as fait une petite fièvre. Ton corps a dû lutter contre les germes et tu t'es plus ou moins endormi.»
«Et Caleb ? Comment je suis arrivé ici ?»
«C'est lui qui t'a ramené. Il t'a porté sur son dos et a fini par croiser une de nos patrouilles, qui vous a ramené tous les deux.»
«Il va bien ?»
Ellis sembla surprise par la question.
«Oui... Il était en meilleur état que toi alors on lui a demandé de nous raconter.»
Le châtain hocha doucement la tête. Il n'avait vraiment pas géré sur le coup. Il espéra que le brun n'avait pas trop souffert de le porter le long de la rivière. Comme il semblait se perdre dans ses pensées, Ellis s'éclaircit la gorge et reprit:
«À propos, puisqu'on parle de Stonewall...»
Jude soutint son regard.
«Célia était inquiète pour toi. Elle pense que Stonewall te tire vers le bas.»
«Sachant ce qu'il s'est passé il y a trois mois et demi, et ce qu'il vient d'arriver, nous pensons que votre sœur n'a pas spécialement tort.» renchérit le gradé près de la blonde.
«Comment ça ?» fit le concerné, qui ne comprenait pas.
«Et bien...» reprit l'homme. «Vous avez suivi Stonewall dehors au lieu de prévenir le corps militaire le soir de l'exécution de Percival Travis. Alors que le colonel Ellis ici présente vous l'avait ordonné lorsqu'elle vous l'a confié.»
Jude resta interdit.
«Qui plus est, suivre Stonewall vous met en danger. Regardez, pour avoir tenté de le sauver dans le torrent, vous vous êtes blessé à la jambe !»
«Je ne vois pas où vous voulez en venir.» rétorqua froidement le garçon.
«Et bien... En tant qu'héritier des Sharp... Vous devez faire honneur à votre père. Nous vous proposons donc de changer votre camarade chambre et-»
«Ne parlez pas de mon père de cette façon.» l'interrompit le châtain en serrant les poings sur les draps. «Vous ne le connaissiez pas alors... Ne parlez pas d'honneur.»
Le militaire sembla sur le point de répondre, le visage à mi-chemin entre le courroux et l'incompréhension; cependant, Ellis l'en empêcha.
«Nous ne disons pas cela. Je vais aller droit au but, Sharp.»
Elle au moins avait le mérite d'être directe. Même si c'était une menteuse éhontée.
«Voulez-vous ou non changer de partenaire ?»
Si le garçon garda le silence, ce n'était pas pour réfléchir; la réponse était déjà toute prête. Il tentait juste de trouver dans le regard de la blonde une trace même infime de culpabilité pour ses mensonges sur sa famille.
«Ce ne sont pas les rumeurs, ni Célia, ni même ce que vous pourrez dire sur mon père qui me fera changer d'avis. Caleb
est mon partenaire, et il le restera.»
La militaire hocha doucement la tête et Jude lâcha ce qui lui brûlait la langue depuis si longtemps.
«Ne m'en voulez pas colonel. Je suis trop jeune pour comprendre.»
Trop jeune pour comprendre à quel point l'amour dans ce monde peut nous perdre. C'était ce qu'avait écrit son père, presque mot pour mot, dans sa dernière lettre. Ellis se figea et avisa le jeune garçon, tristement.
«Ne parlez pas de ce que vous ne comprenez pas, Sharp.»
L'autre soldat ne semblait pas comprendre ce qu'il se passait. Jude continua de fixer la femme, sans fléchir.
«Ce doit être dans mon sang de défendre les mauvaises personnes.»
Ellis finit par craquer et elle se détourna. L'homme, qui n'avait pas compris l'échange, se contenta de la suivre en silence. Le châtain resta un instant à fixer la porte par laquelle le colonel était sortie. Puis, alors qu'il se recouchait, quelqu'un d'autre entra.
«Ooh Grand-frère, ce sale type de Stonewall n'a donc pas réussi à te noyer !» lança soudain une voix exagérée.
Jude sourit discrètement. Caleb. Le garçon s'approcha jusqu'à atteindre le chevet de son ami.
«Tu reconnais pas ? C'était Célia.»
Jude se contenta de faire la moue. C'est tout de même de sa sœur qu'il se moquait là. Le rebel sembla cerner le problème et haussa les épaules.
«En fait je pourrais faire cette vanne avec probablement tout le monde dans ce pensionnat de merde.»
Il regarda franchement son interlocuteur.
«Ça va mieux ?» demanda-t-il.
«Beaucoup mieux.»
Jude sourit.
«C'est grâce à toi... Merci.»
Une sorte d'expression de tendresse passa très vite sur le visage du brun. Vraiment très vite. Mais depuis le temps, l'héritier Sharp avait appris à lire ces expressions éphémères.
«Je laisserai personne t'enlever à moi.» déclara juste le châtain d'un ton catégorique.
Jude retrouvait tout ce qu'il aimait dans les yeux gris bleu de son ami. Celui-ci s'assit sur le lit et heurta son regard au siens.
«Je peux t'embrasser ?» s'enquit doucement le châtain.
«Pas tant que tu-»
Le brun n'eut pas le temps de finir sa phrase que son camarade se pencha en avant pour avoir ses lèvres tentatrices. Mais, comme par expérience, le rebel eut juste le temps de plaquer sa paume sur la bouche du garçon aux dreads. Ce dernier releva les yeux, un peu déçu, alors que le brun reprenait, amusé.
«Je disais: pas tant que tu as de la fièvre.»
Ah oui, c'est vrai. Le châtain se laissa tomber sur ses coussins, déçu. Mais l'autre avait gardé sa main plaquée sur sa bouche, l'empêchant de parler. Il allait protester lorsque Caleb se pencha vers son visage et posa sur le dos de sa main ses lèvres taquines. Elles étaient là, juste de l'autre côté de cette main, et Jude était incapable de les atteindre. Pourtant le rebel se retira un peu et sourit.
«C'est pas avec ça que je vais perdre ma fièvre.» murmura Jude en caressant la joue offerte de son comparse.
«Si c'est pour refroidir je sais pas si je sais faire.» répondit le concerné.
«Alors ne fais rien. Tu risques d'empirer les choses.»
Le brun sourit tendrement cette fois-ci et posa un baiser sur le haut de son front.
«Je n'irai pas plus bas.» promit-il.
Et Jude ne résista à l'envie de le prendre contre lui.
Alors alors ? Les choses évoluent...
On se retrouve mardi prochain pour la suite. Jude et Caleb ont quitté Lincoln en voiture, avec cette militaire, vous vous souvenez ? Je me demande comment ils vont s'en sortir...
Hihi, bye !
