Chapitre 17
PDV Christian
J'avais honte de moi, rien de nouveau mais encore plus depuis qu'elle avait prononcé ces quelques mots, ses yeux posés avec envie sur moi. Envie, elle l'avait dit elle-même.
J'avais voulu la suivre mais Ethan m'avait stoppé et s'était élancé à la suite de mon ange. Une minute plus tard, ils réapparaissaient tous les deux dans le restaurant, elle blottie dans ses bras à lui.
Elle n'est pas pour toi.
Elle n'est pas à toi.
Elle ne te voit pas comme un homme.
Tu n'es pas capable d'aimer.
Elle mérite d'être aimée.
Elle mérite un homme sain d'esprit.
La liste était longue, je m'empêchais de me rabaisser encore et observais Anastasia sourire à Ethan quand il passa sa veste sur ses épaules. Elle alla directement vers les toilettes, Kate et Mia la suivirent.
« Qu'est-ce qui lui a pris ? » demanda Elliott à son beau-frère.
« C'était une mauvaise idée de lui demander de venir. » se contenta-t-il de répondre.
Il me regarda sévèrement, je me levai d'un bond. Elliott comprit immédiatement que j'étais sur le point de commettre un massacre, il me ceintura et m'emmena hors du restaurant.
« Mais c'est quoi ton problème ! » me cria-t-il.
« Ce mec... il me cherche. »
« Ethan ne te cherche pas, arrête ta parano ! »
« Il la regarde. » dis-je sans réaliser qu'Elliott ne me comprendrait pas.
« Mia ? Ne joue pas les grands frères protecteurs, j'ai déjà prévenu Ethan, et sincèrement, il est parfait pour notre sœur. »
Je lui tournai le dos et hélai un taxi, je devais partir et vite. Je n'avais pas le courage de faire face à Anastasia.
PDV Ana
Son regard brûlant me hantait, Christian restait une énigme pour moi. Il n'avait pas réapparu dans le restaurant, par ma faute sans doute. En me couchant seule dans mon lit, je ne pus réprimer mes frissons en me remémorant la soirée du mariage de Kate et Elliott.
Flashback
Le matin du mariage en le saluant, je lui avais simplement demandé comment se passait sa vie à Londres, Christian, lui, m'avait toisée comme si j'étais le diable en personne et m'avait ensuite fuie toute la journée.
En tant que témoins, nous ne pouvions cependant pas nous ignorer, et Christian m'avait regardée presque toute la journée au point de me faire rougir. Après le dîner, il avait gardé sa place autour de la table des mariés tandis que j'avais dansé plus d'une heure. Ce fut mon père qui me fit me poser des questions sur Christian que je n'avais pas voulu imaginer.
« On dirait qu'il va tuer chaque homme qui te regarde, rigola Ray. Il sait que je suis ton père, hein ? »
« Je crois. »
« Sérieusement Ana, il fait de la peine, tu devrais l'inviter à danser. »
« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. »
« Il n'est plus ton protégé, tu devrais au moins lui faire comprendre que tu ne le vois plus comme une victime. »
« Comment alors ? »
« Comme un homme normal, ça doit être difficile pour lui de se retrouver au milieu de deux cent personnes qui savent tout de ce qu'il a enduré enfant et surtout adolescent. »
« Tu as raison, mais je crois qu'il m'en veut. » confiai-je en regardant discrètement Christian.
« Il n'attend peut-être que quelques mots. »
Ray cessa de danser et me conduisit vers Christian.
« Tu accepterais de prendre ma place, j'ai une douleur au dos. » mentit mon père.
Christian se leva, muet, contourna la table et prit ma main que Ray lui tendait.
« Prends soin de ma petite Annie. »
« Oui, monsieur Steele. »
Nous dansions sans un mot, enlacés par devoir mais séparés par au moins un demi-mètre. Je ne savais pas comment gérer la tension entre nous, pourtant Ray avait raison, Christian méritait que je clôture ce chapitre de nos vies.
« Ta mère m'a dit que tu avais réussi tes examens. Félicitation. » commençai-je.
« Merci... ça n'était que des épreuves préparatoires. »
« Oh. »
« Alors tu comptes rester en Angleterre ? » m'enquis-je.
« Je ne sais pas. »
Il me relâcha et une seconde plus tard, j'ôtai à mon tour mes mains de ses épaules et reculai.
« Bonne soirée. » me dit-il avait de disparaître dans la cohue des danseurs.
Christian avait peut-être trop bu, me confia Grace en me rejoignant sur la piste. Elle nous avait observé quand nous avions dansé et avait senti la tension entre nous, pourtant elle n'aurait pas du s'excuser pour le comportement de son fils. J'avais été si proche de lui et sous son regard toute la journée, je savais qu'il n'avait pas touché à une goutte d'alcool.
Je décidai de me mettre à sa recherche, je devais lui parler et apaiser son esprit. Le débusquer me prit plus de vingt minutes, il était sur un des balcons de la grande salle de bal, caché dans la pénombre et une bouteille de scotch à la main.
« Ta mère s'inquiète. » lui dis-je en refermant la porte coulissante.
« Rien de nouveau. » constata-t-il, dépité.
« Je voulais te demander... Christian... tu as réussi à t'en sortir, n'est-ce pas ? »
« Je ne sais pas. Quels sont vos critères ? »
Il s'approcha de moi, me dominant d'un regard.
« Vous ne savez rien de moi, vous ne pouvez pas savoir si je vais bien ou pas. »
« Je suis devenue proche de ta famille, je ne voulais pas m'imposer quand tu venais. J'avais peur de raviver chez toi de mauvais souvenirs. »
« Des mauvais souvenirs ? répéta-t-il ahuri. Vous m'avez sauvé la vie ! Pour rien. » ajouta-t-il en reculant vers le garde-fou.
« Ne dis pas ça, contrai-je. Donne-moi cette bouteille. »
« Non, c'est mon alibi. Au cas où je ferais quelque chose de stupide... comme me jeter de ce balcon. »
La bouteille était encore pleine, à quoi jouait-il ? Et pourquoi pensait-il au suicide. Grace m'avait juré que Christian était enfin en paix, heureux.
« Christian, tu mérites de connaître le bonheur. » lui déclarai-je en m'approchant de lui.
« Mais s'il ne vient pas ? Si il n'y a rien ni personne pour moi ? s'emporta-t-il. Je vais vivre en voyant le monde s'aimer et je serais toujours seul. Et tu sais quel est le pire dans tout ça ? Elle avait raison, et elle a déjà gagné. »
« Lincoln ? » devinai-je avec effroi.
« Oui, elle m'a dit que l'amour n'était pas pour moi, que j'étais cassé, que personne ne pourrait m'aimer vraiment. »
« Je sais que tu rencontreras une femme qui t'aimera pour ce que tu es. »
Il ne pouvait en être autrement, Christian méritait d'avoir enfin l'amour dans sa vie.
« Tu ne peux pas en être certaine... Je n'ai jamais embrassé une fille. » m'avoua-t-il, ses yeux dans les miens.
« A Londres, tu n'as pas... » commençai-je sans oser finir ma phrase.
« Non, je me concentre sur mes études et j'ai toujours cette peur qu'on me touche. »
Je regardai mes mains, me souvenant de la dernière fois où nous nous étions vus, quand il avait pleuré dans mes bras.
« Que voudrais-tu ? » le pressai-je, décidée à l'aider coute que coute.
« Avoir juste l'illusion d'être aimé, je crois que je m'en contenterais. Je suis fatigué d'être seul. »
« Tu es aimé. »
Ne sentait-il pas l'amour de ses parents, de son frère et de sa sœur, de ses grands-parents ? L'instant d'après, ses lèvres étaient sur les miennes, hésitantes et dures à la fois. Son goût m'enivra bien plus que n'importe quel alcool, mon esprit embrumé ne voulut rien analyser, juste ressentir. Il était délicieux. Il m'attira dans ses bras, me faisant sentir immédiatement en sécurité.
« Christian... » gémis-je contre sa bouche, mon corps se pressant davantage contre lui.
« Anastasia... je... je suis désolé. »
Le froid me mordit au plus profond de moi, Christian me relâcha et s'enfuit du balcon.
Fin du Flashback
Oubliant étonnamment facilement ce que nous avions traversé cinq ans plus tôt, je ne pouvais cependant pas faire partie de sa vie. Christian Grey avait besoin d'une jeune femme pleine de vie et sans peur.
Christian et Ana se sont donc embrassés un an plus tôt et se sont donc revus seulement ce soir-là au restaurant. Ethan est à surveiller, vous saurez pourquoi dans le prochain chapitre. J'attends vos reviews avec impatience! Merci d'avance
