Salut :) Je suis un peu en retard ! Mais vacances obligent, je n'ai pas un accès régulier à internet... Bon, en espérant que vous ne m'en voulez pas trop xD

Bonne lecture !


THE LAST OF US : BELIEVE IN

Chapitre XX: Autrement plutôt

10 ans plus tôt

«J'ai pris que deux flingues puisque je pensais qu'on serait que deux.»

Caleb pesta en silence tandis que David donnait un revolver à Jude. Le châtain vérifia les munitions et sourit avec arrogance vers son partenaire.

«On dirait que c'est moi qui vais te protéger.» s'amusa-t-il. «Reste près de moi surtout.»
«Tch.»

La dernière phrase de Jude avait pourtant sonné sérieuse. Le brun détourna juste le regard. David agrippa la chaîne pour relever le store métallique qui leur permettait d'entrer et les deux élèves se faufilèrent à l'intérieur du magasin. De l'autre côté le châtain tint le volet en attendant que son ami d'enfance les rejoigne, avant de le laisser se refermer doucement. Le garçon aux cheveux blancs se redressa et leur fit silencieusement signe de le suivre.

«Harry et les autres étaient entrés par la porte ouest.» fit-il en avançant dans la galerie sombre.
«On devrait rejoindre le hall avant tout.» conseilla le châtain.

Caleb n'était jamais entré dans cette zone. Il marcha sur quelque chose, qui craqua sous ses pieds, et baissa la tête. On aurait dit un paquet de gâteaux. Il se pencha pour le ramasser et lut sur l'emballage. Cho... Chocolat ? Il haussa un sourcil. Qu'est-ce que c'était ? Ils arrivèrent devant un deuxième store et David observa une bouche d'aération.

«Jude, aide-moi à monter. Je vais essayer d'ouvrir depuis l'autre côté.»

Le châtain hocha la tête et aida son ami à grimper dans le conduit pour ressortir de l'autre côté. Le gardien se faufila dedans avec agilité alors que les deux autres garçons tentaient de se repérer au son. Jude se tourna vers le rebel, qui regardait son paquet de chocolat sans vraiment savoir ce que c'était.

«Tu as trouvé du chocolat ?» fit-il, amusé.
«Ouais... Tu sais ce que c'est ?» répondit le garçon en lui tendant la tablette.
«Bah... C'est un truc sucré...»
«T'en as déjà mangé ?»

Le chocolat n'étant pas un aliment de survie, il avait été relégué au plan d'exception comme beaucoup de sucreries. Trouver du chocolat à l'heure d'aujourd'hui s'avérait très laborieux, les tablettes se vendaient une fortune au marché noir. C'est pourquoi peu de gamins de leur génération savaient ce qu'était le chocolat. Jude avait eu la chance d'en goûter avec sa maman plus jeune.

«On goûte ?» proposa l'héritier Sharp.

Mais ils furent interrompus par un bruit sourd, suivi d'un brusque son métallique et d'un juron. Les deux partenaires se regardèrent, et le châtain s'approcha du store pour demander:

«David ? Ça va ?»
«Ouais.. Mais il fait nuit noir de ce côté.»

On entendit comme un cliquetis de lampe de poche et un soupir du gardien.

«Je vais pas pouvoir revenir en arrière.» déclara-t-il. «Je vais poursuivre dans cette direction jusqu'à l'alternateur, pour rétablir le courant. Passez par les boutiques, on se retrouve dans le hall.»
«Sois prudent.» répondit juste le fils Sharp.

Caleb regarda autour de lui et entra par une vitrine brisée. Il faisait sombre de ce côté aussi mais les lumières de sécurité étaient encore autonomes.

«Donne-moi le chocolat.» fit Jude en arrivant à ses côtés.

Le brun obéit pour se libérer les mains et continua de marcher dans les rayons. C'était une ancienne pharmacie, elle avait été pillée et saccagée à de nombreuses reprises, probablement au début de la pandémie. Le garçon sauta par-dessus une étagère pour atteindre un second magasin.

«Hey, Caleb.»

Le rebel se tourna vers son ami d'un air interrogateur, qui lui enfourna deux carrés de chocolat dans la bouche. D'abord surpris, le garçon se laissa pourtant emporter par la douceur de la friandise. Il leva les yeux vers son ami et attrapa sa main au vol pour lécher ses doigts tachés de chocolat fondu.

«Eh bien.» rigola le châtain en avisant son camarade lécher avidement ses doigts. «Tu aimes ça ?»
«C'est super bon !» répondit le concerné, suçotant son pouce.

Le fils Sharp rigola franchement et récupéra sa main soigneusement nettoyée. Il croisa un instant le regard du brun et sourit en se penchant:

«Tu as du chocolat là.»

Il passa sa langue sur la commissure des lèvres de Caleb, juste avant que celui-ci ne recule. Jude sembla étonné; avait-il si peur d'être embrassé ? Le châtain s'en sentit presque vexé, tandis que le rebel se détournait pour poursuivre sa route. Il se demandait ce qui pouvait tant déranger son partenaire -était-ce lui le problème ?- lorsque son ami brandit devant lui une paire de lunettes de nage. Il ne semblait pas trop embarrassé par ce qui venait de se passer entre eux.

«Essaye ça pour voir !»

Jude aurait pu bouder mais le regard lumineux que lui lança le rebel le fit flancher -encore une fois. Il s'approcha de son partenaire et saisit les lunettes pour les essayer. Il ne voyait presque rien avec, il n'aperçut donc pas le brun entourer ses épaules, ne fit que le sentir près de lui. Il avait noué une serviette de bain rouge à son cou, puis l'avait avisé en souriant. Jude s'était contenté de hausser un sourcil devant le visage satisfait de son partenaire:

«C'est... Comique.» se moqua le brun. «Mais c'est mignon.»
«Tu te moques de moi ?»

Le châtain ne savait vraiment pas quoi penser. Qui porterait ce genre de fringue en toute conscience ? Il fallait être un peu trop bizarre pour vraiment porter une cape et des lunettes de bain.

«Seulement à moitié.» répondit Caleb avec un sourire discret. «Ça te donne l'air mystérieux.»

Jude retira les lunettes et avança dans le rayon à la suite du rebel. C'était une boutique de sport. Il attrapa un ballon noir et blanc en passant près d'une étagère à promo et le lança à ses pieds. Il regarda autour de lui et lança d'un air joueur:

«Je parie que je peux casser la vitre de l'entrée du magasin avec en lançant ce ballon.»
«Avec le pied alors !» fit le brun d'un air moqueur.

Jude releva le défi et tira avec son pied dans le ballon en cuir.

«Pas mal.» dit juste le brun en se dirigeant vers la sortie du magasin de sport.
«Pas mal ? Je l'ai eu je te ferai dire.» marmonna le châtain en rejoignant son ami.

Ils marchèrent sur les débris de verre et arrivèrent dans le hall du centre commercial, plongé dans une semi-pénombre leur permettant tout juste de voir où ils mettaient les pieds. Jude perçut pourtant les contours d'un très vieux carrousel à deux étages au milieu du hall, envahi par un peu de lierre et dont la peinture s'écaillait par endroits. Caleb l'avait vu aussi et s'approchait par curiosité, les mains dans les poches. Jude le regarda un instant se détacher dans la faible et pâle lumière des veilleuses de sécurité avant de se diriger doucement vers lui. Il devait savoir.

«C'est ça un manège ?» murmura le rebel lorsque son camarade fut à son niveau.
«Ouais.»

Jude glissa sa main sur le poignet de son partenaire jusqu'à pouvoir poser sa paume contre la sienne. Caleb tressaillit légèrement mais ne sembla pas gêné par le contact, et c'est en prenant une grande inspiration que le châtain osa demander:

«Pourquoi tu ne veux pas que je t'embrasse ?»

Caleb garda le silence quelques secondes, comme s'il hésitait entre répondre et esquiver.
«Pour toi... Ça ne signifie peut-être pas grand chose...»

Le châtain tenta de croiser le regard de son ami mais celui-ci fixait obstinément le manège. Est-ce que Caleb était en train de lui dire que les baisers avaient une signification particulière pour lui ?

«Et je te mérite pas ?» fit-il amèrement.

Il ne savait pas vraiment pourquoi ça lui faisait si mal au cœur. Il avait surtout peur que l'autre lui dise que c'est parce qu'il ne l'intéressait pas. Le brun baissa les yeux, cherchant ses mots:

«Imbécile...» marmonna-t-il.

Le silence s'apprêtait à prendre place mais le rebel l'arrêta dans son élan.

«Je veux pas que tu m'embrasses comme tu mets un point à la fin d'une phrase, c'est tout..»

Jude essayait de comprendre le sens de sa phrase lorsque l'autre reprit:

«Coucher avec des gens... Toi et moi on sait ce que c'est. Des filles, des garçons pourquoi pas. Mais, tu t'es jamais dit que ça pouvait être... Tu sais, pas "autre chose" mais plutôt "autrement" ?»
«Tu veux dire... Aimer le faire avec quelqu'un en particulier ?»

Caleb haussa les épaules.

«Eh bien... Au lieu de "coucher avec"... "Faire l'amour".»

Faire l'amour ?

«Y a une différence entre les deux..?»
«Tout est dans le nom.» railla le brun. «Et c'est très différent, crois-moi.»

Jude n'avait avant ça jamais considéré le sexe comme étant plus qu'une partie de plaisir. Mais maintenant que Caleb le disait, c'est vrai, il sentait que certaines fois étaient différentes. Il comprenait à présent pourquoi il mourrait d'envie d'embrasser son coéquipier; ça n'avait rien à voir avec un point final, c'était parce qu'il voulait plus que des sensations. Il voulait échanger avec le brun, plus qu'un plaisir charnel, mais les refus du garçon l'avaient toujours conforté dans l'idée qu'ils ne ressentaient pas les choses de la même façon. Il pensait que le cul suffisait à Caleb.

«Et euh...Tu as déjà "fais l'amour" ?» demanda Jude avec dépit.
«Oui.» fit juste Caleb.

Jude était mort de jalousie. Le brun se tourna vers lui et plongea son regard dans le sien.

«Avec toi.»

Caleb avait dit cela en le regardant droit dans les yeux, pourtant, il avait fini par baisser le regard en rougissant. Il prit timidement les mains de son interlocuteur, qui ne savait tout simplement pas quoi dire.

«Je me souviens pas de grand chose de ma mère, mais... Je sais qu'elle m'embrassait sur la bouche. Elle me disait que là qu'on embrassait quand on aimait vraiment beaucoup.»

Comme le fils de militaire ne disait toujours rien, le garçon ajouta:

«Tu sais, elle parlait d'amour, de l'amour comme dans "faire l'amour", même si c'est pas tout à fait le même amour, celui de ma mère et le mien.»

Si Jude ne répondait toujours pas, c'est parce qu'il ne trouvait pas les mots assez forts pour exprimer ce qu'il ressentait. Le brun attendit sagement qu'il se passe quelque chose, les yeux baissés vers leurs doigts enlacés.

«Tu crois que... Je t'aime pas "assez" ?» réussit à dire le châtain.
«Essaie de dire le contraire.»
«Si je veux t'embrasser, c'est pas... Par nécessité. Mais parce que j'ai envie de le faire. Parce que je t'aime Caleb.»

Le brun sourit en relevant les yeux vers son partenaire. Jude se pencha sur ses lèvres, celles qu'il convoitait depuis si longtemps. C'était comme un papillon qui se posait sur ses lèvres, plus doux et plus chaud que tout ce que le châtain n'avait jamais pu imaginer. Et il se sentait comme un guépard qui prenait de l'élan, comme un aigle qui faisait un piquet dans le blizzard montagnard. De l'adrénaline pure.

«Je peux mourir maintenant.» chuchota-t-il sans même s'en apercevoir.
«T'as pas intérêt.» grogna le brun en profitant que son camarade ouvrait la bouche pour y glisser sa langue.

Leurs langues s'enlacèrent comme leurs doigts, leurs souffles se mêlèrent. C'était trop bon. Complètement grisant. Ils furent pourtant surpris par un bruit sourd et les éclairages qui s'allumaient. Ils se séparèrent pour regarder autour d'eux, éblouis par la lumière chaleureuse et les néons flashy des boutiques dans la galerie. Le carrousel aussi s'était illuminé, et il était superbe, d'un style vraiment ancien, avec des chevaux en bois peinturés et vernis, et des rideaux rouges et des guirlandes d'ampoules orangées. Le son reconnaissable d'un store métallique qui s'ouvre attira leur attention, et ils virent David arriver dans le hall.

«Ça sera mieux avec de la lumière.» fit celui-ci en arrivant à leur niveau.

Il avisa Jude en fronçant les sourcils, et il lui demanda d'un air incertain:

«Euh... C'est quoi cette cape ?»

Caleb pouffa alors que le fils Sharp se rendait compte qu'il portait toujours la serviette de bain rouge autour de ses épaules. Il l'enleva sans trop tarder, fusillant son camarade d'un regard joueur. David allait reprendre lorsqu'un gros bruit attira leurs regards vers le manège. Celui-ci semblait un peu rouillé mais commençait à tourner, une mélodie de boîte à musique résonnant soudain dans la galerie. Et ils n'eurent pas le temps de s'émerveiller qu'un cri à glacer le sang retentit à l'autre bout du hall.

«Des infectés !» lança le châtain, intimant à ses amis de courir.

Mais les coureurs sortaient de partout, et un groupe de quatre les atteint en premier. Jude et David dégainèrent et se débarrassèrent au mieux de ceux qui s'approchaient trop. Mais le brun n'avait pas d'arme, et le châtain ne s'en souvenait que trop.

«Cache-toi Caleb !» cria-t-il en le regardant.

Sa courte inattention lui fut terrible car un malade lui sauta dessus. Dans sa chute, Jude fit tomber le revolver, se battant férocement pour sa survie. Le gardien était déjà trop occupé avec le reste de la horde pour aider son ami, et Caleb, dans un élan d'inconscience, s'approcha pour prendre le flingue par terre. L'infecté tentait d'étouffer le fils de militaire, à défaut de pouvoir le mordre et le brun allait tirer lorsque la voix affolée de David s'éleva:

«NON ! C'EST HARRY !»
Caleb avisa l'infecté, terrorisé, reconnaissant dans les traits du monstre qu'il était devenu, les traits de David. Mais bien vite son regard se porta sur son camarade, qui luttait et perdait ses forces. Il visa à nouveau, ignorant ce qu'avait dit David, lorsque le gardien sauta sur son bras pour l'en empêcher.

«C'est mon frère !» cria-t-il, les larmes dévalant ses joues.
«C'est plus ton frère ! C'est un monstre !» répliqua le brun en tentant de tirer.

Un coup en l'air partit, attirant l'attention de l'infecté, qui releva ses yeux ambres vers les deux garçons. Le brun sentit son cœur se glacer alors que David avisait son frère.

«Harry... Harry j't'en prie, arrête...»

L'infecté se contenta de grogner sauvagement et se jeta dans leur direction, juste avant que Caleb ne lui tire deux fois dans le torse. Il fallut quelques secondes au garçon pour faire le lien entre les coups de feu et le fait que son frère tombait. Le coureur convulsa avant de s'immobiliser, un sang rouge comme le leur coulant sur les dalles blanches de la galerie commerciale.

«Harry..?»

David fit quelques pas avant de s'écrouler de chagrin, à quelques centimètres du corps de son frère. Celui-ci était tombé en avant, sur le ventre, la tête tournée sur le côté. Le jeune gardien regarda le visage de Harry, et tenta de plonger dans ses iris ambre désormais vitreux, anciennement les mêmes yeux perçants que les siens. David pleurait chaudement, incapable d'y croire. Comme si son frère venait de disparaître, comme s'il n'était pas conscient du fait que ce cadavre n'était plus tout à fait Harry. Caleb lâcha l'arme et se dirigea vers son partenaire, les jambes tremblantes. Jude avait repris son souffle, il fixait juste son meilleur ami d'un air atterré.

«Ça va ?» demanda le brun en s'agenouillant près de lui, tremblant.
«Oui, t'en fais pas.» murmura le concerné.

Il détourna son attention du jeune gardien pour plonger son regard dans les prunelles terrorisées de son vis-à-vis. Jude n'arrivait pas à dire «merci d'avoir tiré». Lui aussi il avait connu Harry, il n'arrivait pas à imaginer que le gardien est pu devenir ce monstre. Il comprenait le déni de son ami, à sa place, il aurait tout fait pour qu'on épargne Célia.

«Tu as été très courageux.» murmura-t-il pour apaiser le rebel.

Celui-ci sembla retrouver un peu son calme, quoique, et laissa le châtain caresser tranquillement sa joue. Lorsqu'un cri de rage lui glaça le sang.

«Tu l'as tué... Tu as tué mon frère !» hurla le jeune gardien, fou de chagrin.

Il se leva, Jude faisant de même dans l'espoir de le calmer. Caleb finit par les rejoindre, mais le châtain s'obstinait à le garder derrière lui pour le protéger.

«Ne crie pas comme ça ou d'autres infectés vont nous entendre.» tenta-t-il de raisonner.
«J'en ai rien à foutre ! Je vais... Je vais le tuer !»

Le jeune orphelin pointa son pistolet sur Caleb, juste avant que le fils de militaire ne le protège derrière son dos.

«Pousse-toi Jude, cet enfoiré... Je vais lui faire la peau !»

Il criait de rage tout en pleurant de tristesse, sa main tremblait et Jude ignorait comment ils allaient s'en sortir. Un rapide coup d'œil vers son partenaire lui apprit qu'il était complètement perdu et les grognements inhumains qui résonnaient plus loin dans la galerie prévoyait une attaque d'infectés. Un dernier regard vers David lui confirma qu'ils ne s'en sortiraient pas, qu'ils laisseraient tous ce soir-là un morceau d'eux ici.
Aucun d'eux ne s'en sortira indemne.


Voilà donc ce qu'il s'est passé ! Voilà ce qui couve entre Caleb et David depuis tout ce temps, d'où vient cette haine ! Bon, ça répond aussi à une question que vous vous êtes peut-être posé dans le 1e chapitre, Caleb a tué le frère de David.

Bon allez, je vais essayé de publier en temps et en heure le prochain chapitre, où nous saurons enfin ce qui adviendra de Jude et Caleb sous la colère de David ! A samedi prochain, je l'espère ;)