Bonjour, voici un nouveau chapitre qui va encore plus se centrer sur la "romance" de Christian et Ana, je précise si besoin qu'ils n'auront pas de rapports SM dans cette fic.
Chapitre 22
PDV Christian
Je n'aurais pas cru que la permanence que tenaient les bénévoles serait aussi difficile. J'avais d'abord été un assistant, je remplissais les dossiers des personnes démunies. Il y avait une grande variété dans les demandes, les femmes battus, les adolescents fugueurs, les drogués repentis, les parieurs invétérés criblés de dettes... Les premiers jours, je n'eux pas à entendre une histoire similaire à la mienne, je savais qu'Ana y veillait.
Peu à peu, je m'étais impliqué autant que les autres bénévoles. La plupart de mes « collègues » connaissaient déjà mon passé, ils ne firent jamais aucun commentaire et ils me traitaient d'égal à égal. Je me sentais vraiment utile et la perspective de partir dans quelques semaines ne m'apportait plus de soulagement, au contraire, je remettais en question cet exil. Peut-être étais-je capable de travailler à Seattle, rester proche de ma famille et pouvoir côtoyer Ana? Rien dans cette ville ne me rappelait Elena Lincoln, nous n'avions jamais été ailleurs que chez elle.
Ethan s'était confié à ma sœur et à mes parents, personne n'avait réagi comme moi, ils avaient été très compréhensifs et ne lui retirèrent pas leur confiance. Ma soeur l'aimait encore plus, elle me fit jurer de la laisser être heureuse avec Ethan. Je me tenais donc à distance d'eux quand ils étaient ensemble, mais dès que je le pouvais, je passais du temps seul à seule avec ma petite sœur. Ethan avait eu raison, j'avais blessé Mia en m'éloignant d'elle à un moment où sans aucun doute, nous aurions eu besoin l'un de l'autre.
_oOo_
Ana fut agressée par un homme qu'elle avait dénoncé un matin devant son bureau. En l'apprenant, je partis la rejoindre à l'hôpital et elle rigola en me voyant fou d'inquiétude.
« Ça m'est déjà arrivé, ne t'en fais pas. »
« Mais tu es blessée ! » lui rappelai-je sèchement.
« Il y aura toujours quelqu'un pour vouloir me faire peur ou me blesser, répondit-elle plus calme. Rien ne pourra m'empêcher de continuer, alors ce genre de choses... »
Elle désigna son avant-bras bandé.
« Ça ne fait que me motiver davantage. »
« Tu as besoin d'être protégée. Si un jour quelqu'un te tire dessus ? Ou te renverse avec sa voiture ! Ou encore... »
Ana me tira par le bras et je me plongeais dans ses yeux bleus.
« La vie est dangereuse, pour tous. Et je ne suis pas fragile. »
« Je veux te protéger. » murmurai-je en me baissant jusqu'à toucher son front avec le mien.
Elle rougit sous mon regard lourd, pouvait-elle comprendre que sa vie était la plus précieuse à mes yeux ? Notre moment fut interrompu quand un médecin entra, suivi de ma mère.
« Christian, tout va bien ? » s'inquiéta Grace.
« Je suis venu pour Ana. »
Elle me sonda un instant puis demanda au médecin de lui laisser le dossier d'Ana.
« Ça lui arrive souvent alors ? » lui glissai-je en tournant le dos à la principale intéressée.
« Oui, mais tu ne connais pas Ana encore assez bien. »
Ma mère tendit à Ana sa décharge et insista pour qu'elle m'attende, j'allais la raccompagner.
« Suis-moi. » m'ordonna-t-elle ensuite.
Ma mère me conduisit à une autre chambre tout proche, un homme était menotté au lit, ses yeux étaient gonflés, il ne pouvait surement pas les ouvrir. Sa joue était tuméfiée et une de ses jambes était plâtrée.
« Qui est-ce ? »
« L'agresseur d'Ana. Et oui, c'est elle qui lui a infligé ces blessures. Je crois qu'il la harcelait depuis deux semaines, elle a porté plainte, elle est couverte. »
« Que veux-tu dire, couverte ? »
« Il y a deux ans, Ana a été attaquée dans son parking au couteau. L'homme a failli mourir et il a ensuite porté plainte contre elle. Ton père s'est chargé de l'affaire et elle n'a pas été condamnée. Mais par précaution, depuis elle porte plainte systématiquement. »
« Mais... elle s'est battue ? » insistai-je, ahuri.
« Oui, ne la crois pas faible, Christian. C'est une jeune femme formidable, elle sait se défendre. N'essaye pas de lui faire arrêter ses missions, elle n'acceptera jamais. J'ai fait cette erreur. »
Ana savait se battre, non, Ana savait tabasser un homme plus grand et plus fort qu'elle. Cesserait-elle un jour de m'épater?
_oOo_
Le mois d'aout démarra sous des trombes d'eau, j'étais en manque de plein air et d'exercice. Le vendredi soir, ma sœur, mon frère, sa femme et son frère allaient tous au restaurant ou à un match ou encore au cinéma. Je m'étais souvent défilé, préférant être seul chez mes parents que d'être la cinquième roue du carosse. Mais cette semaine-là, Ana serait là et je m'étais incrusté.
« Je vous emmène ? » proposa Ethan alors que Ana fermait à clé la permanence.
« Je voudrais me changer et prendre une douche. Je vous rejoindrai. » annonça Ana.
Je lui barrai le passage quand elle leva un bras pour héler un taxi.
« Je t'emmène. » affirmai-je, ne comprenant même pas qu'elle ait oublié.
« Christian, c'est la fin de la semaine, tu as mieux à faire que de me conduire. »
« Au contraire. Et je serai là aussi ce soir, lui appris-je. Allons-y. »
PDV Ana
Je ne pouvais pas l'admettre mais j'adorais que Christian se soucie autant de moi. Il était aux petits soins depuis ma dernière agression en date sans pour autant me faire sentir diminuée. Je ne pouvais pas conduire à cause d'une contusion au bras, mon... ami avait proposé de me servir de chauffeur aussi longtemps que nécessaire. Depuis dix jours, nous passions nos journées ensemble, il avait un peu délaissé la permanence de la fondation pour m'emmener au bureau, à mes rendez-vous et aux visites chez des familles suivies, et quand il ne pleuvait pas, nous allions courir ensemble le matin.
Jamais encore il n'était venu chez moi depuis et j'avais vraiment honte parce que je n'étais déjà pas une adepte du ménage mais avec un bras invalide, j'avais carrément abandonner l'endroit.
« Désolée. » m'écriai-je quand il buta contre une de mes chaussures dans la cuisine et manqua de tomber.
« Pas grave, va te préparer. Tu permets que je mange quelque chose ? »
« Bien sur... mais ça m'étonnerait que tu trouves quoique ce soit. »
« Ana, je ne comprends pas pourquoi tu te négliges à ce point. »
Je baissai mon regard et analysai sans complaisance mon apparence. Je portais un pantalon noir qui avait connu des jours meilleurs, une chemise grise avec une tâche d'encre au col et mes chaussures... elles étaient simples mais très confortables. Christian ne me trouvait pas attirante, je ne devrais pas être étonnée, mais ça faisait mal.
« Si tu ne manges pas plus sainement, tu vas épuiser ton corps. » continua-t-il.
« Oh... euh... »
Quoi lui répondre ? Il parlait de mes habitudes alimentaires seulement ? Je m'enfuis dans la salle de bains et évitai comme la peste le miroir. Je savais qu'avec les cheveux à peine coiffés et mon visage sans maquillage, j'étais... horrible.
En sortant de la douche, je sentis une merveilleuse odeur de poulet à la sauce Thai. J'enfilai un peignoir et décidai de ne pas me cacher, ça ne pourrait pas être pire de toute façon et mon ventre criait famine.
« Tu as faim ? » devina Christian en m'entendant m'approcher.
« Oui ! Mais on va au restaurant dans une heure. »
« Tu sais que Kate et Elliott seront en retard, que Mia mettra une demi-heure à choisir ne serait-ce que l'entrée. Crois-moi, on ne se gâche pas l'appétit. J'ai commandé thaïlandais, j'espère que tu aimes. »
« J'adore ! »
« Ana, j'étais sérieux tout à l'heure. Je comprends que tu ne prends pas de temps pour toi et que tu rentres souvent tard. Mais tu as vraiment besoin de manger plus sainement. Et si je t'emmenai faire des courses demain matin ? »
« Tu n'iras pas courir ? »
« Si, de sept heures à huit heures, je serais là pour neuf heures, ça ira ? »
« Merci Christian. »
PDV Christian
Elle me mettait au supplice sans le savoir, parce qu'Ana était parfois si ingénue. Elle s'assit sur une chaise de la cuisine et commença à ouvrir les paquets. Elle s'extasia pour chaque plat et je la forçai à peine à prendre de tout. Nous mangeâmes en silence, tous les deux affamés et plongés dans nos pensées. Je lui jetai des regards discrets, enregistrant chaque détail, son peignoir même trop grand ne pouvait pas tout cacher. Elle avait croisé ses jambes, les découvrant un peu, des gouttes continuaient de couler de ses cheveux noués à la hâte jusqu'à son cou gracile. Ses mains virevoltaient alors qu'elle mangeait, et écartait une mèche de cheveux, et resserrait la ceinture du peignoir. Et quand elle mordait dans sa nourriture, je devais supplier ma queue de ne pas réagir.
« Christian ? »
Elle passa sa main devant mes yeux, me tirant de mes idées qui dérivaient dangereusement.
« Pardon, tu disais ? »
« Je te demandais si tu voulais du café ou du thé. »
« Non merci. »
Elle se leva et commença à se préparer du thé English Breakfast.
« Je peux te poser une question ? » lança-t-elle d'un ton hésitant.
« Oui, bien sur. »
« Est-ce que j'ai dit ou fait quelque chose qui te fait te méfier de moi ? »
« Non, tu es parfaite... »
Elle resta debout face à ses placards, j'aurais donné cher pour pouvoir la contempler à cet instant. J'avais décidé de ne rien tenter envers elle, Ethan avait raison, elle méritait bien mieux que moi, j'en étais conscient. Pour autant, je ne pouvais ignorer plus longtemps mes sentiments. Je serais honnête en toutes circonstances avec elle. Ana m'avait souvent prouvé sa force et sa grandeur d'âme, elle seule pouvait m'apaiser d'un regard ou d'un contact. Si elle voulait de moi, qui étais-je pour me refuser à elle?
« Ça va faire un mois qu'on se voit presque chaque jour, et on court ensemble certains matins, je me disais... on est ami, n'est-ce pas ? »
« Oui. Ana, où veux-tu en venir ? »
Elle reprit place face à moi, elle ne remarqua pas que son peignoir s'était un peu ouvert et que je pouvais admirer la naissance de ses seins. Peut-être pouvais-je ne pas être honnête avec elle pour chaque chose.
« Nous n'avons jamais reparlé de ce qu'il s'est passé il y a cinq ans, peut-être le devrions-nous. » suggéra-t-elle.
« Que veux-tu ajouter ? Tu m'as sauvé, je ne te remercierai jamais assez pour cela. »
« Je ne veux pas que tu crois que je te vois encore comme une mission. »
Je cherchai mes mots, parce que longtemps j'avais préféré croire qu'effectivement elle me voyait encore comme une victime et que pour cette raison, je n'avais aucune raison d'espérer une relation avec elle. Elle dut interpréter mon silence dans ce sens et ajouta :
« Regarde-toi, tu as tellement changé, tu as muri, tu sors d'une université prodigieuse, tu es sûr de toi et tu es très séduisant... »
« Tu me trouves séduisant ? » relevai-je, en sentant mon cœur battre un peu plus vite.
« Mince, je n'aurais pas du le dire. Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise. »
« Mais tu me trouves séduisant. » insistai-je, en rougissant et souriant en même temps
« Ne fais pas comme si j'étais la première à te le dire, tu devais avoir eu une cour d'admiratrices à Oxford. »
Je refusais de la laisser croire que j'avais été un coureur de jupons.
« J'étais très pris par mes études. » affirmai-je.
« Tu n'as pas... eu de petite-amie ? »
Encore une fois j'allais faire une petite entorse à mon voeu d'honnêteté. Et puis l'autre n'avait pas été ma petite-amie, rien qu'une machination diabolique.
« Non. »
« Oh... Qu'en pense John ? »
Ana redevint la professionnelle que je côtoyai chaque jour, je compris qu'elle avait besoin de s'assurer que j'allais mieux.
« Le docteur Flynn pense que je me protège. »
Pendant plusieurs années, j'avais refusé de parler à une femme, quelque soit la situation. Le docteur Flynn m'avait aidé à comprendre que j'avais d'autres moyens de me protéger et que toutes les femmes ne chercher pas à m'assouvir.
« Et c'est vraiment pour cela ? »
« Tu en doutes ? » lui dis-je, déçu, en évitant de la regarder.
« Tu m'as embrassée... Au mariage de... »
Elle se mordit la lèvre, mes suppliques perdirent la bataille, je bandais et j'avais de plus en plus de mal à garder les idées claires.
« Oui... j'ai du te paraître fou. » murmurai-je.
Qu'avais-je à perdre à lui dire ? Tout. Si je lui faisais peur, si elle n'était pas attirée par moi, si elle me voyait encore comme un gamin... J'allais vraiment devenir fou si je réfléchissais trop. Elle me l'avait dit, je n'étais plus une victime à ses yeux, j'étais un autre et j'étais un homme séduisant.
« J'en avais envie, ajoutai-je la fixant sans plus d'hésitation. J'en ai toujours envie. »
Que va faire Ana? J'attends vos reviews avec impatience!
