Bonne lecture


Chapitre 23

PDV Ana

Dis quelque chose, n'importe quoi ! Ne reste pas bouche bée ! Mais lui dire quoi ?

Je fus sauvée par le gong, enfin par la sonnette de ma porte. Mia et Ethan entrèrent, ce dernier jaugea ma tenue puis Christian qui nous avait rejoint dans le salon.

« Parfait, tu n'es pas prête. Je pourrais t'aider. » me proposa Mia, même si je n'aurais pas pu lutter contre elle.

Je la suppliai de faire vite et de ne pas s'emballer, il me fallait une tenue facile à enlever avant de me coucher.

« Je te maquille ? »

« Oui, légèrement. »

« Ana, que me caches-tu ? Tu ne veux jamais que je t'aide à te pomponner. »

Je ne répondis rien, à la place je fermai les yeux et attendis qu'elle me mette du mascara et un peu de rouge à lèvres. Ethan insista ensuite pour ne prendre qu'une voiture et Christian céda facilement. Je réalisai qu'à la fin de cette soirée, il serait obligé revenir chez pour récupérer sa voiture.

Le repas se passa dans la bonne humeur, notre petit groupe avait facilement intégré le fils prodigue. Christian était devenu très complice avec Elliott et Mia, et se sentait plus à l'aise avec Kate. Il n'échangea pas une parole avec Ethan, sans que pour autant créer de la tension. C'était sans doute une bonne chose, ces deux-là étaient parvenus à un statu-quo.

Kate et moi votèrent contre Mia pour passer le reste de la soirée dans un club, nous optâmes pour un bar plus cosy à quelques rues du restaurant. Vers deux heures du matin, j'avais bu café sur café et ne me sentais pas encore fatiguée mais Kate oui et nous nous séparâmes devant le bar. Mia était un peu éméchée aussi Ethan proposa d'aller chercher sa voiture et nous allions l'attendre à l'abri, puisqu'il pleuvait. Mon amie dormit sur le trajet, personne ne parla et assise à côté de Christian, je me sentis souvent nerveuse.

Nous avions été interrompus, allait-il me parler encore de son envie de m'embraser quand nous serions seuls ? Ethan se gara devant chez moi, en me tournant vers lui pour lui faire un dernier signe d'au revoir, il était visiblement mécontent de me voir avec Christian, entrer dans le hall de l'immeuble. Au même moment, ce dernier posa une main dans le creux de mes reins et de l'autre tenait la porte ouverte.

« Tout va bien ? » me demanda-t-il en appuyant sur le bouton d'ascenseur.

« Oui... et toi ? »

« C'était une soirée très agréable. »

« En effet. »

« Tu es fatiguée ? »

« Pas vraiment. »

L'ascenseur arriva et encore une fois, Christian me toucha le bas du dos. Je me retournai prestement une fois dans la cabine et lui fis face. Sa main avait glissé sur ma hanche et elle s'y ancra. Son regard devint noir et je ne me dérobais pas quand sa bouche vint se poser sur la mienne rien qu'une seconde. La cabine arrêta sa course mais nous ne bougeâmes pas. Il me dévisagea, me demandant silencieusement si il pouvait recommencer. Je passai une main sur sa nuque et le tirai vers moi. Ce deuxième baiser durait plus longtemps, ses lèvres dansèrent sur les miennes, embrasant mon corps tout entier.

Il me relâcha, haletant autant que moi, souriant autant que moi.

« Ana, ça fait longtemps déjà que j'éprouve plus que de la gratitude et de l'amitié pour toi. Mais j'ai toujours pensé que tu me regarderais comme un gamin. »

« Nous n'avons que quatre ans d'écart. Et non, je ne te vois pas du tout ainsi, lui promis-je. À demain alors. »

Il me lâcha à regrets, si je ne partais pas, j'allais faire une énorme bêtise. Parce que d'un baiser il avait réveillé mes sens, que j'avais pourtant réussi non sans mal à dompter, je me sentais prête à lui offrir mon cœur et mon corps. C'était trop tôt et pour rien au monde, je ne voulais le forcer à être intime avec moi. Il m'avait avoué ne pas avoir eu de petite amie, que ce soit avant Lincoln ou à l'université.

« Accepterais-tu de sortir avec moi ? » me demanda-t-il alors que je sortis de la cabine.

« Oui. »

« Bonne nuit Ana. On se voit demain matin alors ? »

« Oui. À demain Christian. »

PDV Christian

En prononçant mon prénom, elle parvenait à faire battre plus vite et plus fort mon cœur. En m'embrassant elle avait tué mes démons et m'avait offert l'espoir. Elle me voulait, elle me voulait et je ne pouvais pas être plus heureux. La porte de l'ascenseur se referma sur elle, quand je fus seul, je m'autorisais à rire, comme je n'avais jamais ri. La vie devenait enfin intéressante et prometteuse.

Le lendemain matin à neuf heures précises, je sonnais chez elle, un petit-déjeuner de roi dans les mains. Je l'entendis jurer quand quelque chose tomba, ce qui me fit sourire.

« Bonjour Christian. » m'accueillit-elle, un grand sourire sur ses lèvres parfaites.

J'avais envie de l'embrasser mais n'osai pas. Hier soir, nous avions succombé à notre désir, avait-elle des regrets ? Des doutes ?

« Merci. » me dit-elle en me précédant dans la cuisine.

Nous déballâmes les sacs, elle s'émerveilla du thé chaud et des croissants. J'avais aussi acheté des pancakes, des muffins, des fruits, du jus d'orange et de l'eau.

« Tu n'aurais pas du. » soupira-t-elle, gênée.

« Au contraire. Tu as passé une bonne nuit ? »

Elle hocha la tête puis s'approcha de moi en baissant son joli visage. Je ris tout bas, amusé de sa timidité et galvaniser par son initiative. Je la pris dans mes bras et la serrai contre moi avant de l'embrasser avec gourmandise. Je me sermonnai pour ne pas l'assoir sur la table et ravager son corps de baisers et de caresses. Elle se recula pour reprendre son souffle et je choisis de la relâcher.

« On mange ? » proposai-je aussitôt.

« Oui. Encore merci d'avoir apporté tout cela, c'est adorable. »

Je lui caressai encore la joue, à croire que ne pas la toucher était désormais devenu inconcevable pour moi.

« Que vas-tu faire la semaine prochaine ? »

« Euh... je suppose comme les autres semaines depuis que je suis à Seattle. »

« La fondation ferme et je suis en congés. » expliqua-t-elle.

« Tu vas partir ? » la questionnai-je en tentant de masquer ma soudaine détresse.

« Je passe toujours cette semaine-là avec Ray. »

« Oh... Je ne sais pas alors. »

Une semaine sans la voir ? Alors que nous commencions à peine à nous rapprocher.

« Christian, je m'étais promis de ne pas en parler, parce que c'est dans doute trop tôt... mais... enfin avec ce qu'il s'est passé hier soir... Je me demandais si tu avais toujours pour projet de partir en Europe à la fin du mois. »

Mon cœur se révolta, je n'avais plus pensé à partir depuis quelques temps déjà. Non je ne le voulais plus mais je n'avais rien annulé.

« Non. Je croyais que ce serait trop difficile d'être de retour à Seattle... mais ça se passe bien et... »

Je lui pris la main sur la table et la serrai un instant pour me donner du courage. Il était trop tôt pour lui dire que je l'aimais, au moins je pouvais lui faire comprendre que je n'étais pas en train de jouer.

« Je veux rester à Seattle, simplement je ne sais pas quoi y faire. Il faut que je trouve un emploi et un appartement. »

Elle ne put cacher sa joie, me contaminant avec son sourire.

« Je pense profiter de ma semaine de vacances pour résoudre tout ça. » décidai-je.

PDV Ana

Il allait me tuer à force de me regarder comme si j'étais la huitième merveille du monde. Il resterait à Seattle ! J'étais tellement heureuse, j'aurais quand même tout fait pour que notre histoire continue après son départ. Mais il ne partait pas.

La veille, je n'avais réussi à m'endormir qu'après une bonne heure de réflexion. J'avais été euphorique en pensant à Christian et à nos baisers dans l'ascenseur. J'avais été inquiète en pensant à Christian et à son départ pour L'Europe. Désormais je pourrais être chaque jour euphorique avec des rêves pas trop grands pour moi, avec un nouvel objectif, avec un homme à mes côtés.

« Je suis certaine que tu vas trouver le job idéal, je ne m'inquiète pas pour toi. »

« Merci. »

Nous terminâmes notre repas, nos mains toujours nouées. Puis nous partîmes faire des courses et je pus apprendre à connaître ma petite-amie un peu mieux. Je mémorisai chaque information, de sa marque préférée de yaourth et à sa manie d'essayer de deviner le poids des fruits et légumes avant de les peser.

Nous allâmes nous balader ensuite dans les galeries marchandes du centre commercial et je lui demandais de me parler de Ray. Je n'avais pas oublié ce que son beau-père m'avait dit et j'allais lui prouver que j'étais capable de prendre soin d'Ana.

Elle insista pour m'inviter à déjeuner et quand elle apprit que je n'étais jamais monté en haut de la Space Needle, elle m'y emmena. Au sommet de cette tour, je découvris cette ville dont je ne connaissais que très peu de choses, et que j'avais envie de parcourir au bras de ma petite-amie.

Je me permis alors de l'embrasser en public et chacun de nous oublia vite que nous n'étions pas seuls. Une femme parla fort pour nous faire sortir de notre bulle, se plaignant des jeunes dévergondés qui se donnaient en spectacle.

Cette journée parfaite touchait à sa fin et je n'avais aucune envie de quitter Ana. Elle proposa de dîner tôt et moi d'aller ensuite au cinéma. Je lui tins la main tout ce temps, j'osai lui voler quelques baisers dans ma voiture puis dans la file du cinéma. Elle refusa de choisir le film et finalement, nous tirâmes au sort un film d'épouvante qui nous fit rire. Il était près de vingt-trois heures quand je la raccompagnai chez elle. Elle s'endormit rapidement sur le court trajet et j'hésitais longuement, garé devant chez elle, à la réveiller. Elle s'étira peu après et elle sourit tendrement en me voyant.

« Désolée. »

« Tu es fatiguée Ana, je te raccompagne jusqu'à ta porte. »

Elle attendit pour que je lui ouvre la portière, pour une fois elle me faisait ce plaisir. Je passai un bras dans son dos et l'aidais à rentrer chez elle. Sur le seuil de son appartement, elle se mordit la lèvre, je la libérai puis plaqua ma bouche sur la sienne. Ma petite-amie gémit de plaisir faisant écho à mes grognements, je forçai ma langue entre ses dents et mes mains sur ses fesses.

« Christian... » gémit-elle plus fort, en tentant de me repousser.

« Pardonne-moi. »

Je la relâchai, tournai les talons pour emprunter les escaliers et fuis lâchement tant j'avais honte. Être contre Ana, l'embrasser, la caresser, réveillait en moi un instinct dominateur dont je savais déjà le danger.

J'arrivais chez mes parents en proie à mes démons, je ne savais pas comment évacuer ma colère. Ana m'envoya un énième message et je n'avais pas le courage de lire, j'avais peur qu'elle rompe avec moi.

Et si toute la journée j'étais parvenu à oublier que cette relation pouvait lui nuire, ce soir, seul, je ne pouvais plus ignorer que peut-être Ana mettait en danger sa carrière.

« Christian ? Viens, je dois te parler. » m'interpella mon père depuis le salon.


J'espère que ce chapitre vous a plu, enfin ils sont ensemble!