Je pense écrire une trentaine de chapitres alors restez à l'affut de mes publications, d'autant que je me dédie à cette fic pour la finir au plus tôt. Bonne lecture.
Chapitre 24
PDV Christian
« Que se passe-t-il entre Ana et toi ? » me demanda-il sans ambages.
« Pourquoi me poses-tu la question ? Tu sais que je travaille avec elle. » répliquai-je sur la défensive.
« Ne me prends pas pour un idiot. Je vous ai vu ce soir, tu lui tenais la main. »
C'était bien ma chance, mon père qui passait rarement ses soirées à Seattle nous avait donc surpris.
« Je n'ai pas osé en parler... » soupirai-je en ôtant ma veste et en le rejoignant sur le canapé.
La meilleure tactique était de lui donner facilement quelques informations et ça lui suffirait, j'avais fait ça toute ma jeunesse quand lui et ma mère me demandaient comment s'était passée ma journée à l'école.
« Tu peux tout me dire. Alors est-ce vraiment ce que je pense ? »
Mon père tentait de paraître sérieux, et même inquiet alors que je devinai de l'espoir dans sa voix et ses yeux.
« Je suis amoureux d'elle, avouai-je, et depuis aujourd'hui, nous sortons ensemble. »
« Tu es sûr de tes sentiments ? »
« Oui. Ça fait un moment que je ressens ça pour Ana. »
« Et tu lui as dit ? »
« Non. C'est trop tôt n'est-ce pas ? »
« Sans doute. Félicitations fils, Ana est formidable.
« Je sais. »
Carrick... je ne lui avais jamais donné d'occasion d'être mon père, ce soir j'avais besoin de me confier et j'étais heureux de pouvoir le faire avec lui.
« Je ne vous l'ai pas dit mais... j'avais prévu d'aller vivre en Europe en septembre. Une banque au Luxembourg. J'avais juste voulu fuir encore Seattle. Avec Ana, j'ai réalisé que vous m'aviez tous manqué et qu'il fallait que je reprenne ma place dans notre famille. »
« Je suis... très touché par ça, Christian. Et je te remercie de m'avoir dit la vérité. »
Il posa sa main sur mon épaule, encore peu habitué à me toucher. Toute mon enfance et encore plus à l'adolescence, j'avais refusé tout contact, j'avais cherché à me cacher pour ne pas être blessé. Tout ce temps gâché, toute cette souffrance que je leur avais infligée ainsi qu'à moi-même pour rien. Le chemin vers l'acceptation de leur amour avait été long et escarpé, j'étais enfin arrivé à destination.
« Je suis étonné à vrai dire que ça ne soit pas maman qui m'ait interrogé. » rigolai-je, me sentant tellement plus léger de m'être confié.
Il ne répondit rien et mon rire mourut rapidement, mon père était tendu, gêné, coupable.
« Où est-elle ? »
« Ne t'énerve pas fils. » m'exhorta-t-il en tendant les mains en signe d'apaisement.
« Où est-elle ?! » répétai-je plus fort.
« Elle est allée parler à Ana. »
Je fus debout aussitôt et attrapai ma veste, mon père me retint par le bras et voulut me barrer le chemin.
« Attends au moins qu'elle revienne. » suggéra-t-il.
« Comment peut-elle se permettre de... »
« Christian, essaie de nous comprendre. Ana est devenue une amie pour nous tous, nous lui sommes tous redevables pour ce qu'elle a fait pour toi, et pour nous aussi. Je n'ai aucune idée de comment tu as vécu ces dernières années car tu étais si renfermé, je peux t'assurer que pour nous, ça n'a pas été facile. Ana nous a aidés, elle nous a soutenus et ta mère s'est beaucoup impliquée dans sa fondation. »
J'inspirais profondément, ma rage voulait me pousser au pire. J'ignorai mon père et ses explications, je n'avais plus les idées claires, et les aurais-je jamais? Ana se confierait à ma mère puisqu'elles étaient amies, elle lui dirait que je n'étais pas capable de me contrôler. J'avais blessé et déçu les deux femmes les plus importantes de ma vie. Je montai dans ma chambre. J'y ouvris mes valises et les remplis à ras bord.
PDV Ana
Quand on sonna à la porte, je crus que Christian était revenu sur sa décision de me quitter. J'avais pleuré dès qu'il m'avait relâchée, il m'avait laissée sans un mot et sans un regard. Regrettait-il déjà d'être avec moi ? Avais-je fait quelque chose de mal ? N'étais-je qu'un fantasme pour lui, une fois assouvi, il passait à autre chose ?
Grace se tenait sur le seuil de mon appartement, le visage grave mais elle se radoucit en me découvrant en pleurs. Elle entra chez moi et je la suivis dans le salon écartant les pires hypothèses, séchant tant bien que mal mes larmes et en reniflant. Christian venait de partir quelques minutes plus tôt, si sa mère était venue ce soir, ça n'était pas pour m'annoncer de mauvaises nouvelles le concernant.
« Ana, je dois savoir ce qu'il se passe entre toi et Christian. » me déclara-t-elle, directe.
J'étais dans le pétrin ! Toute la journée j'avais évité de penser à ce que diraient les parents de Christian en apprenant notre relation. J'avais la sensation qu'ils auraient mal pris la nouvelle, je ne m'étais pas trompée.
« Tu réalises qu'il est encore jeune et inexpérimenté ? » continua-t-elle toujours énervée.
« Grace je... »
« Je sais que tu es une jeune femme bien, mais toi aussi tu es inexpérimentée et tu te dévoues tellement à ton travail ! Comment pourrais-tu lui accorder toute l'attention et l'amour qu'il mérite ? »
« Je ne... »
« Tu as pensé à ta carrière ? Ça n'intéressera surement pas la presse mais si les donateurs apprenaient que tu as une liaison avec mon fils, ils pourraient ne plus te soutenir. »
Je lui posai sans ménagement ma main sur sa bouche, elle en avait trop dit et moi pas assez !
« Grace, je ferai attention à Christian, je veux passer du temps avec lui, et je ne crois pas que ma carrière soit en jeu à cause de ça. Tu vas devoir me faire confiance. »
« Pourquoi lui ? »
« Je ne pourrais pas l'expliquer... Grace, ton fils est... il est merveilleux. Je me sens mieux grâce à lui, en paix et en sécurité. »
« Il est plus jeune... »
« Il est majeur, et nous n'avons que quatre ans d'écart, ça ne nous pose aucun problème. » mentis-je.
En vérité j'avais eu peur d'en parler à Christian, je ne me sentais pas plus âgée que lui mais peut-être que lui était gêné par ce fait.
« J'aurais apprécié que tu m'en parles. » me reprocha-t-elle.
« Je n'aurais pas pu, sincèrement je suis plutôt soulagée que tu saches déjà. Comment as-tu su d'ailleurs ? »
« Carrick rentrait d'une audience en ville, il vous a vu au restaurant. »
Carrick savait, Grace savait, la famille Grey au grand complet l'apprendrait dès le lendemain, si ça n'était pas déjà le cas. J'avais beau m'inquiéter de ce que dirait les autres, j'étais plus concernée par la réaction de Christian.
« Il a prévu d'en parler à Christian, c'est ça ? » devinai-je.
« Oui. On s'inquiète pour vous deux. »
Elle refusa une tasse de thé, après un long silence, j'osai parler.
« Je suis une grande fille, Grace. Je sais que tu veux le protéger mais tu sais que je ne lui ferais jamais de mal » »
« Je sais... je m'inquiète aussi pour toi. Il a vécu des choses si terribles, il n'est peut-être pas celui qu'il te faut. »
« Je ne pense pas ainsi. » m'entêtai-je.
« Aujourd'hui peut-être, mais dans une semaine, un mois, un an ? Tu auras réfléchi et tu le quitteras, et lui sera... »
« Stop Grace ! lui intimai-je. Je ne peux rien promettre, je ne connais pas le futur. Mais Christian n'est pas un essai, il n'est pas une lubie, je tiens beaucoup à lui. »
« Pourquoi pleurais-tu? »
« Il est parti précipitamment, j'ai peur qu'il ait mal interprété quelque chose. J'ai tenté de l'appeler, je lui ai envoyé plusieurs messages mais il ne répond pas. »
« Il te répondra demain, laisse-lui un peu de temps. »
« Amies ? » osai-je avant qu'elle ne parte de chez moi.
Grace me sourit puis m'enlaça, me donnant le sentiment d'être non pas avec une amie mais avec une mère. Tout ne serait pas résolu ce soir mais nous partions sur de nouvelles et solides bases. Une fois seule, j'allais me coucher sans plus pleurer, je voulais croire en la prévision de Grace, Christian me répondrait le lendemain. Cependant je ne pus m'empêcher de lui envoyer encore un message pour lui dire que j'avais passé une superbe journée avec lui et que j'avais hâte de le revoir.
Moins d'une heure plus tard, Grace me téléphona, affolée.
« Christian est parti ! » s'écria-t-elle.
« Comment ça parti ? »
« Il a fait ses valises et a dit qu'il partait vivre en Europe. Tu savais qu'il allait partir ? » demanda-t-elle, accusatrice.
Je frottai mes yeux, les mots de Grace atteignaient lentement mon cerveau, soudain je fus en état d'alerte.
« Il m'en a parlé mais n'étais plus sûr de vouloir... Grace, tu es sûre qu'il est parti ? »
« Je ne veux pas le perdre Ana. »
Je terminai l'appel sans rien ajouter et me levai à la hâte. Je ne voulais pas le perdre non plus.
Que va faire Ana? Soulagées que les parents sachent déjà? Que pensez-vous de la réaction de Christian? Prochain chapitre ce weekend! J'attends vos reviews, merci!
