Bonjour ! Je suis toujours en retard (mais c'est parce que je suis toujours en vacances xD) Pour vos beaux yeux, le chapitre 25 de The last of us ! En espérant que ça vous plaise ! Juste une ppetite précision, Jude a donc environ 19 ou 20 ans ! Et sur ce, je vous laisse :3

Guest, merci beaucoup pour ta review, ça me fait très plaisir ! J'espère que tu seras contente avec ce nouveau chapitre !


THE LAST OF US : BELIEVE IN

Chapitre XXV: Un Bourbon de Minuit

5 ans plus tôt

«Il paraît qu'Ed et Kaitlyn ont passé la main.»
«Pourquoi ?»
«Qui sait. Trop vieux ou alors ils ont fait un gamin.»
«Et quand on fait un gamin on prend sa retraite ?»
«Si on veut élever le gosse à deux, il vaut mieux oui.»

Jude haussa les épaules. Ed et Kaitlyn étaient les envoyés des rescapés de Lincoln. Tous les deux mois avait lieu un échange commercial entre eux et les Gardiens, un gros stock de munitions contre vêtements, médicaments et autres kits de soins, voir de la nourriture. Mais le duo qui s'occupait des habituelles transactions chez les rescapés semblait avoir pris congé.

«Je me demande quel genre d'incapable ils vont nous envoyer encore.» marmonna Dean.
«Peut-être qu'ils sont doués.» supposa le châtain.
«Personne n'est doué pour le premier job de ce genre. Ils seront médiocres, et toi aussi, tu seras médiocre.»

Toujours aussi gentil et délicat. Dean avait décidé soudainement que Jude serait son successeur, alors que quelques mois plus tôt, il ne voulait même pas de lui chez les gardiens. Il voulait le former au plus vite, la jeune recrue avait donc eu le droit d'accompagner son chef à la transaction des rescapés.

«Toi aussi tu étais médiocre alors.» dit le jeune chasseur d'un air naturel.

Quelques-uns des plus anciens membres du clans qui les accompagnaient s'esclaffèrent.

«Alors là, il te l'a rabattu, vieux.» rigola Billy, un très vieil ami de Dean, et aussi son second.
«Je hais les gamins qui ont une grande gueule.» marmonna celui-ci.
«Menteur. T'inquiète petit, il t'aime bien. Il a toujours aimé ceux qui lui tiennent tête.» ajouta une troisième femme, Joyce.

Tous les trois avaient connu l'avant pandémie, et s'étaient rencontrés à la formation des Gardiens.

«C'est pour ça qu'il nous aime bien d'ailleurs.» souligna le second.
«Fermez-là, bande de merdes de pigeon.»maugréa le chef alors que les deux autres pouffaient de rire.

Ils s'arrêtèrent à quelques mètres d'un grand chêne et aperçurent les silhouettes des deux types qui convoyaient la marchandise des rescapés.

«Vous êtes les Gardiens de Boston ?» lança l'un d'eux.

Il était jeune, probablement de l'âge de Jude, avait des cheveux roux flamboyants et des yeux ambrés brillants. Il semblait plein de fougue, probablement un vrai têtu qui ne manquerait de faire ravaler ses insultes au vieux Dean. Le jeune chasseur sourit, amusé. L'autre jeune homme semblait plus calme et réfléchis, mais sans doute pas moins têtu; il avait des cheveux blancs comme la neige et des yeux bleus glaçants. En voilà deux qui malgré leur jeune âge et leur statut de novice dans les transactions, ne manqueraient pas de faire parler d'eux.

«On dit bonjour avant tout, sale gosse. Tes parents ne t'ont pas élevé ?» lança le vieux chef alors que Jude cachait un sourire hilare derrière son poing.

Un regard vers le partenaire du rouquin lui apprit que l'autre rigolait tout autant. Le plus fougueux sembla pris au dépourvu et s'apprêtait à répondre lorsque le vieux reprit:

«Alors vous devez être les remplaçants d'Ed et Kaitlyn. Les orphelins Claude Beacon et Bryce Withingale.»
«Personne ne nous appelle jamais comme ça.» marmonna le roux.
«Je me fiche de comment on vous appelle.»

Joyce et Billy s'avancèrent pour déposer les sacs de marchandise et les deux autres firent de même. Dean vérifia les munitions tandis que les rescapés faisaient l'inventaire de leurs sacs.

«Vous avez pris des conserves de bœuf ?» demanda le blanc.
«On a privilégié les viandes en tout genre, vous n'avez qu'à vérifier.» marmonna Dean. «Vous n'avez pas oublié les munitions de fusils à pompe, j'espère.»
«Gazel les a mis dans le fond du deuxième sac, grand-père.» marmonna le rouquin.
«Et pour les soins ?» voulut savoir le fameux Gazel.
«Essentiellement des bandages et du désinfectant. Mais comme l'hiver approche, on a pensé aux antibiotiques et à la pénicilline. Il y a aussi des seringues au cas où.» répondit Joyce.

Celui aux cheveux blancs hocha la tête. Jude soupira et regarda autour de lui. Une clairière de forêt. On entendait les piaillements de quelques oiseaux et le murmure du vent dans les feuilles. Mais un petit craquement de branche attira son attention. Le reste des transacteurs s'occupaient de la marchandise, mettant au point les derniers détails. Jude sentait une présence dans ce bois, quelqu'un les observait. Il resserra sa prise sur le fusil d'assaut qu'il portait et commença:

«Dean... On est pas seuls. Je crois que-»

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'une vingtaine d'hommes émergèrent des buissons en poussant des cris de guerre. Ils prirent les chasseurs et les rescapés d'assaut et firent de leur mieux pour les désarmer. Kido donna quelques coups de crosse avant d'être pris par trois hommes en même temps. Il tira quelques coups sur ceux qui l'agressaient et sur celui qui, à côté, menaçait de tuer le rescapé roux, avant que l'un d'eux ne saisisse sa mitraillette pour le viser avec. Malgré tout, il lui donna un coup de poing dans le ventre et reprit son arme. L'autre s'écroula au sol et Jude l'y maintint avec son pied, prêt à lui coller une balle.

«Même pas en rêve !»

L'exclamation venait de derrière le gardien. Il eut à peine le temps de se tourner qu'il se prit un coup de poing, puis deux, le faisant lâcher son fusil. L'autre réussit à saisir l'arme et le plaqua contre le grand chêne en essayant de le lui arracher des mains. Le châtain réussit à retrouver ses esprits et leva vers son adversaire un regard noir. Avant de se figer. Il lâcha sa mitraillette, surpris, et fixa son assaillant viser sa gorge.

«Caleb..?»

Le brun se figea à son tour en reconnaissant son ami. L'arme faillit lui échapper des mains.

«Caleb, c'est bien toi ?»

Le jeune homme avait bien changé. Ses cheveux recouvraient désormais toute sa tête, descendant dans son cou comme s'il n'avait plus le temps de les couper régulièrement. Son visage s'était endurci même si ses yeux restaient les mêmes orbes brillants que cinq ans plus tôt; il était devenu un homme.

«Jude... Qu'est-ce que...»

Sa voix aussi était plus grave. Il était vraiment terriblement attirant. Mais le jeune gardien devait se rendre à l'évidence: ce n'était pas le moment de discuter, pas alors que leurs clans s'entretuaient.

«Pourquoi tu fais ça ?! Rappelle tes gars !» tenta de raisonner le châtain.
«Je peux pas !»

Leurs regards terrorisés se croisèrent. Puis Caleb baissa les yeux. Il lâcha l'arme et prit son couteau à cran dans sa main avant de presser la poignée contre le ventre de son adversaire.

«Caleb, qu'est-ce que tu...»
«Blesse-moi.»

Jude releva des yeux incrédules vers le titan.

«Tu... Tu plaisantes ? Je... Peux pas faire ça...»
«Fais-le ! C'est le seul moyen de faire replier mes hommes.»

Le châtain ferma les yeux férocement, refusant catégoriquement.

«Jude ! Si tu ne le fais pas, je vais devoir te tuer..!»

La voix de Caleb tremblait; il était sérieux. Jude déglutit et agrippa la lame. Il saisit violemment l'épaule de son adversaire et lui lança un dernier regard de détresse avant de murmurer:

«Je suis désolé Caleb...»

Et il planta la lame dans le bras de son ennemi. Celui-ci lâcha un cri de douleur qui attira l'attention de ses congénères.

«Le chef est blessé !» s'écria l'un d'eux.

Un autre type alla aider le brun à se relever et lança à son tour:

«On se replie !»

Les chasseurs disparurent dans les buissons comme ils étaient apparus, laissant la clairière à vif. Les chasseurs et les rescapés reprirent leurs souffles, choqués.

«Est... Est-ce que tout le monde va bien ?» lança le chef des Gardiens.
«Nous... Ça va.» répondit Bryce près un regard vers son coéquipier.
«Hey, Dean... Joyce est blessée.»
«Et merde...»

Le châtain s'approcha à son tour de la femme pour évaluer l'étendue des dégâts. Elle avait la jambe bien entaillée et la plaie étaient profonde, elle perdait beaucoup de sang.

«C'est bon, je vais bien...» tenta de rassurer la femme en grimaçant.
«Ferme-là idiote.» murmura le chef. «Garde tes forces.»
«Tu... Sais à qui tu parles, morveux..?» rigola Joyce avant de reprendre une grande inspiration.
«Billy, il faut la soigner.»

Le second hocha la tête. Il prit un des kits de soin dans leur valise de marchandise, sans rien demander aux rescapés. Ces derniers restaient étrangement silencieux, comme choqués. Jude s'approcha d'eux et demanda, prévenant:

«Ça va vous deux ?»
«Ouais...»

Le rouquin déglutit et releva la tête vers le jeune chasseur:

«Merci d'avoir tiré. Je m'en serai pas sorti sans ton aide.»
«C'est rien.» sourit le châtain.
«Pour être honnête, » reprit le rescapé aux cheveux blancs, «Torch et moi on n'avait jamais tiré sur un "vrai humain".

Des infectés, on en a tué des centaines avant même d'avoir 18 ans. Mais des humains...»
Il releva les yeux vers Jude, résigné.

«Mais pourquoi des hommes s'attaquent-ils à d'autres hommes de cette façon ? Se battre contre les infectés ne suffit-il pas ?»
«Je ne sais pas.» admit le chasseur.

Torch soupira, défait:

«Ils ont presque tout pris. La nourriture, les munitions. Ils n'ont laissé que quelques kits de soins et des vêtements.
Qu'est-ce qu'on va dire au quartier ?»

Celui aux cheveux blancs hocha la tête, partageant la déception de son ami. Jude se redressa pour regarder Billy serrer le bandage d'une Joyce bien mal en point.

«Vous leur direz qu'on a été attaqué.» lâcha Dean. «C'est la vérité et il n'y a pas de honte à avoir.»

Jude cacha sa surprise. Pour une fois que les paroles du chef se voulaient rassurantes...

«Vous avez été formidables les enfants.» reprit-il.

Il semblait soudain si fatiguer que le jeune gardien se demanda s'il n'était pas blessé lui aussi. Il suivit son regard pour voir le visage pâle de Joyce et comprit pourquoi Dean avait oublié d'être désagréable: la vie d'une de ses plus fidèles amies était menacée.

«Rentrez chez vous, Torch, Gazel.» reprit le vieux chef. «Dîtes aux vôtres que les Titans nous ont pillés et reposez-vous.

On refera un échange dans une semaine.»
Les rescapés hochèrent la tête. Ils prirent les quelques kits de soins laissés pas les voleurs et firent volte face pour s'enfoncer dans la forêt vers leur territoire. Billy releva vers Dean un regard inquiet et fit:

«Il faut la ramener au plus vite, Dean.»

Le chef acquiesça sombrement alors que le lieutenant prenait la femme dans ses bras. Jude les suivit discrètement, laissant ses aînés s'imprégner seuls de la présence de Joyce à leurs côtés. Lui s'inquiétait pour l'ennemi, c'était impardonnable. Il avait peur d'avoir grièvement blessé Caleb. Et si le brun était à cet instant dans le même état que Joyce ? Et s'il était entre la vie et la mort par sa faute ?

«Hey, Jude.»

Le châtain releva la tête vers le vieux gardien, attentif malgré son inquiétude.

«Oui ?»
«Tu t'es bien battu petit.» lâcha Dean en lui lançant un regard brûlant de fierté.

Le jeune homme soutint son regard, ému, et le remercia respectueusement. Quelque chose avait changé dans la façon qu'avait le chef de le regarder. Il y avait une certaine admiration à présent, au fond de ses yeux, à bien y regarder. Mais du respect pour quoi ? Pour avoir blessé et tué des hommes. Il ferma les yeux et se souvint des corps jonchant le sol de la clairière. Massacrer des hommes qui les avaient attaqués avec des couteaux alors qu'eux étaient munis de mitraillettes. Où était la fierté là dedans ?


«Chef ?»
«Ah, entre gamin, entre.»

Jude entra dans le bureau du chef; celui-ci était assis par terre avec son lieutenant, autour d'une table basse où ils semblaient jouer aux cartes depuis quelque temps déjà.

«Viens t'asseoir ici.»

Le châtain obéit et s'assit aux côtés de son chef. Il y avait une drôle d'odeur dans l'air. Il avisa deux verres sur la table, encore moitié remplis d'un liquide ambré. Dean saisit un troisième verre et le posa devant le jeune chasseur, avant de lui montrer une bouteille en verre.

«Tu connais ça gamin ?» demanda-t-il.
«Non.» répondit sagement le concerné.
«C'est du Bourbon, Jude.» sourit Billy. «C'est du whisky, un alcool très fort. Tiens, goûte.»

Le second versa dans son verre une bonne moitié de Bourbon.

«Hey, tu sais, le Bourbon, c'est une boisson d'homme, de... De chef même !» confia le chef. «Allez Billy, remets-en à tout le monde.»
«C'est la deuxième, Dean, reste raisonnable.» rigola le lieutenant en les resservant tout de même.
«J'aimerai porter un toast !»

Dean regarda autour de lui et prit un stylo pour faire tinter son verre, comme s'il réclamait le silence. Mais ses deux équipiers se taisaient déjà, alors il se racla la gorge et déclara solennellement:

«J'aimerai porter un toast à mademoiselle Joyce Elisabeth Grimmsham, pour sa... Loyauté envers les Gardiens et...

Toutes ses années qu'elle a perdues avec deux pauvres types comme nous !»
Billy explosa de rire en même temps que son chef. Jude ne comprenait ce qu'il y avait de drôle; le soigneur du clan avait annoncé il y a quelques heures que la pauvre Joyce ne passeraient pas la nuit. Le chef et son second étaient allés faire leurs adieux à la femme avant que le médecin ne lui administre un calmant très puissant qui l'avait plongé dans un sommeil délirant.

«Attends attends, moi aussi !» lança Billy. Il se redressa et fit comme son partenaire, tinter son verre avant de commencer. «J'aimerai porter un toast à mademoiselle Joyce Elisabeth Grimmsham... Pour toutes les fois où elle nous a empêchés de nous entre-tuer.»

Dean partit dans un fou-rire, accompagné par son ami.

«J'ai pas fini, j'ai pas fini !» lança le lieutenant en s'arrêtant un peu de rire. «Pour toutes les fois où elle a refusé de coucher avec nous !»

Dean se laissa tomber par terre tellement il riait, et Billy s'écroula sur la table. Le jeune chasseur regardait sans comprendre ses supérieurs se bidonner comme des enfants. Mais comment pouvaient-ils plaisanter ici alors que Joyce agonisait dans l'infirmerie ?

«Pour toutes les fois où elle m'a dit d'arrêter de fumer !» s'esclaffa Dean à nouveau. «Repose en paix, Joyce !»

Leurs rires se tarirent après cela. Ils plongèrent leurs regards dans l'ambre du Bourbon. Le chef se redressa et lança un regard vers son protégé.

«Allez, bois.» ordonna-t-il.
«Joyce adorait le Bourbon. Elle voulait que ses proches en boivent le jour de sa mort.» ajouta Billy.
«Et... Elle voulait qu'on se marre bien.»

Jude déglutit. Il saisit son verre et le cogna à ceux des deux autres pour le toast.

«A Joyce Grimmsham.» murmura Dean.
«A Joyce Grimmsham.» répétèrent les deux autres.

Les deux plus âgés burent sans se poser de questions. Le jeune homme les regarda et les imita, avala sa première gorgée avant d'éloigner le verre de sa bouche pour tousser violemment.

«Ça... Ça arrache..!» lâcha-t-il, les larmes aux yeux.

Les adultes partirent dans un grand éclat de rire. Jude quant à lui, sentit son estomac chauffer, et sa gorge ne le brûlait plus tant que ça. Et puis, ce n'était pas si amer. Il reprit bientôt une gorgée, sous le regard amusé de son chef.

«Tu sais, gamin, sans toi, il y aurait sans doute eu plus de dégâts.» déclara-t-il. «C'est toi qui as blessé leur chef, c'est grâce à toi qu'on s'en est sorti.»

Le châtain déglutit. Il n'osa pas relever.

«Tu sais, c'est David qui a insisté pour qu'on te prenne.» poursuivit le lieutenant. «Il a dit qu'il ne voulait pas se mêler de la politique, mais que si on te laissait pas nous rejoindre, tu appartiendrais bientôt aux Titans.»
«Il nous a dit que tu suivrais peut-être Stonewall. Alors on se méfiait un peu de toi au début.»

Jude se sentait nerveux. Il but une autre gorgée de son verre et s'étonna de constater que c'était déjà le fond. Billy le resservit en souriant:

«Finalement, c'est ce même enculé que tu as réussi à blesser aujourd'hui. On regrette d'avoir douté de ta loyauté envers les Gardiens, Jude.»

Le châtain continuait de boire. Il y avait quelque chose dans cette boisson qui le réconfortait. Ses erreurs et ses mensonges n'avaient guère plus d'importance. Les mots de ses supérieurs sonnaient comme des semonces, portant, c'était bien des excuses et des remerciements qu'ils lui faisaient. Il avait besoin de noyer sa culpabilité.

«Allez buvons, les gars...» reprit Dean en levant son verre.

Jude joignit son verre au sien et baissa les yeux alors qu'il portait à nouveau le liquide à ses lèvres. Il aurait aimé savoir comment Caleb s'en sortait avec sa blessure, il souhaitait de tout son coeur que le brun ne soit pas trop mal en point. Il ferma les yeux, s'enfermant dans sa bulle.

Nan, il fallait qu'il sache; il devait le voir.


Alors ? En attendant je retourne m'amuser ! :D Ahah, allez, bisous !