Je pense avoir hâte autant que vous de finir cette fic! J'espère vous surprendre jusqu'au bout aussi! Il y aura donc 31 chapitres et un épilogue, je fais tout pour terminer dans la semaine.
Nouveau saut dans le temps, on est début août 2015.
Chapitre 26
Un an plus tard...
PDV Christian
« Et moi je te dis que je l'ai fermé hier soir ! »
« Alors pourquoi la fenêtre est ouverte ?! » s'écria-t-elle.
Je cachai mon sourire et filai me cacher dans la salle de bains, j'adorais la provoquer. J'avais laissé la fenêtre ouverte, elle savait que je le savais, elle savait que j'en jouais, et elle savait qu'elle aimait ce genre de disputes sans importance au moins autant que moi, si ce n'était plus.
« Et mets tes vêtements sales dans le panier à linge ! » me houspilla-t-elle à travers la porte.
Après m'être douché et habillé, je la rejoignis dans la cuisine.
« Tu aurais pu m'attendre Ana. » me plaignis-je en la voyant attablée, la bouche pleine, un autre pancake déjà prêt à être avalé
« C'est brulé. » maugréa-t-elle.
Je fis un rapide calcul mais rien n'y fit, Ana n'était pas dans cette période du mois, celle que j'avais mis deux mois et un nombre incalculables de prises de têtes à détecter. Donc si Ana n'était pas le jouet de ses hormones, pourquoi était-elle si tendue ?
« Tout va bien ? »
« Non. » soupira-t-elle.
« Qu'est ce qu'il se passe ? Un souci au travail ? »
« Je deviens parano Christian. »
Je refis le calcul, non et non, ça n'était pas ça.
« Dis-moi tout ma chérie. » la pressai-je.
« J'ai l'impression d'être suivie. »
PDV Ana
Et voilà, je le lui avais dit. Et comme je le craignais, Christian passa en mode « je contrôle chaque pas que fait Ana ».
« Comment ça suivie ? Par qui ? Depuis quand ? » paniqua-t-il.
« Observée et suivie. Je ne sais pas. Une semaine. »
« Tu as appelé Luke ? »
« Il m'a répondu d'engager un garde du corps. »
Je grimaçai parce que Christian me suppliait aussi d'en prendre un, quelque soit le prix. Un mois après le début de notre relation, j'avais de nouveau été agressée en bas de mon immeuble. Heureusement pour moi, Christian, qui était allé garer la voiture et décharger les courses, était revenu. Il avait battu l'homme jusqu'à le faire s'évanouir. Nous nous étions tellement disputés ce jour-là, il avait agi avec tant de violence contre cet homme, certes armé d'un couteau. Depuis, je prenais grand soin de ne plus lui parler des menaces que je recevais et des agressions verbales que je subissais. J'arrivais à gérer cela facilement, parce que je savais à qui j'avais à faire.
Mais depuis une semaine, j'étais suivie, épiée, écoutée. J'avais trouvé un micro dans mon sac et dans mon bureau, je redoutais la présence d'un autre dans ma voiture et Luke allait l'inspecter plus tard dans la journée. Plusieurs fois, j'avais aperçue une jeune femme brune, en sortant de chez moi, en partant de la fondation, et la veille après être allée conduire Christian à un rendez-vous.
« C'est pour ça que j'ai flippé en voyant la fenêtre ouverte ce matin. » lui avouai-je.
« Oh Ana... Je suis désolée, je vais t'aider. »
« Non ! On ne partira pas. » le contrai-je, il avait déjà proposé ça de nombreuses fois au cours des derniers mois.
« Ok... Alors je pense qu'on devrait déménager. Il n'y a même pas d'interphone ici. »
« On ? » tiquai-je.
« Oui on Ana, soupira-t-il en souriant. Ça fait un an que je passe six nuits sur sept ici, on en a jamais parlé mais reconnais au moins que nous vivons ensemble. »
« Et ces douze derniers mois ont été les meilleurs de ma vie. » répliquai-je.
Je me levai pour l'enlacer et l'embrasser.
« Alors ? » insista-t-il, pas dupe de ma tentative d'esquiver une discussion trop sérieuse pour un mardi matin.
« On en parle ce soir ? »
« Bien mademoiselle Steele. »
« Je dois y aller. »
« Sois prudente. »
« Toi aussi, et bonne chance pour aujourd'hui. »
« A plus tard bébé. » me lança-t-il et en réponse je lui fis un clin d'oeil aguicheur.
PDV Christian
Dès qu'elle referma la porte de l'appartement, je me précipitai sur mon téléphone, il y avait urgence.
« Luke ? Grey à l'appareil. Vous m'aviez parlé d'un garde du corps, un pro. Oui. Il est disponible ? Non je ne prends pas ça à la légère, si elle se sent suivie c'est qu'elle l'est. Je la connais, si je la colle toute la journée, elle fera une bêtise pour me prouver qu'elle est une adulte capable de se défendre toute seule. Ok. Je me doute qu'il est cher. Midi ? Pas avant ? Ok ok. Merci Luke. »
Ma matinée fut consacrée à tenter de convaincre deux banquiers que mon projet était viable et rapporterait des bénéfices à moyens termes, que le capital serait doublé en moins d'un an et mon prêt remboursé en deux ans maximum. Sans succès malheureusement. J'avançais seul pour monter mon entreprise, chaque jour, je devais résoudre des problèmes de trésorerie et de logistique. Mon diplôme de Harvard ne suffisait pas à rassurer les banques, ni mon compte en banque pourtant créditeur d'un montant à cinq chiffres, et Ana m'avait demandé d'en parler à mes parents et mes grands-parents.
« Tu es tellement têtu ! » grognait-elle après chaque discussion.
Au début, j'avais bêtement cru qu'elle ne me trouverait pas adulte si je ne m'en sortais pas par moi-même. Mais elle ne m'avait pas trahie quand mes parents l'avaient carrément interrogée un dimanche après-midi chez eux. Elle leur avait ceci-dit répété ce qu'elle m'avait souvent dit, qu'elle croyait en moi et en mon projet et qu'elle était fière de moi. Elle aurait pu leur parler de mes difficultés à trouver des financements, du bureau crasseux que je louais dans les quartiers nord de la ville, de tout ce travail qui m'empêchait de dormir plus de cinq heures par nuit.
« Il y a quelqu'un ? » entendis-je à midi moins cinq, depuis le couloir de mon étage.
J'ouvris la porte de mon bureau et tendis la main à l'homme. Il avait la quarantaine et un corps bien bâti. Il potait un costume noir et une chemise blanche, rien d'original, mais peut-être un peu trop voyant pour une filature.
« Je suis Christian Grey, merci d'être venu . »
« Je vous en prie. Luke m'a fait un topo hier soir, il avait supposé que vous chercheriez à m'engager. »
« En effet. Ma petite-amie est souvent la victime d'agressions verbales et parfois physiques, de par son métier et ses engagements. Je suis prêt à payer ce qu'il faut pour... »
« Je vous arrête tout de suite, je ne veux pas être payé. » déclara-t-il fermement.
« Mais pourquoi ? »
« Anastasia m'a aidé dans mon divorce. »
« Vous la connaissez ? » m'étonnai-je, un peu agacé.
« J'ai divorcé il y a deux ans et ça s'est très mal passé. Mon ex-femme a refusé la garde alternée à cause de mon emploi. Ana et sa fondation m'ont aidé. J'ai pu bénéficier d'un avocat compétent et ait obtenu un droit de garde. »
Mon père le connaissait peut-être également, il était l'un des avocats de la fondation, plaidant gratuitement.
« Je ne peux pas vous laissez travailler sans salaire. » objectai-je.
« Je résoudrai cette affaire. »
« Ok... si vous y tenez. Le point le plus important est de ne pas vous montrer, si elle apprend que je la fais surveiller, elle va me tuer. Voici ses coordonnées et l'adresse de son... »
« J'ai déjà tout ce dont j'ai besoin. Je commence immédiatement. » proposa-t-il.
J'acquiesçai et il s'en alla. J'avais confiance en lui, mais ce soir-là en rentrant chez Ana, chez nous, j'avais un peu peur. Elle n'allait pas me tuer simplement, parce qu'elle m'avait déjà interdit de la surprotéger ou d'engager un garde du corps, j'avais peur qu'elle me quitte.
Cette année avait été parfaite, nous étions tombés dans une petite routine rassurante, on se couchait ensemble, je me levais plus tôt, faisais le petit déjeuner puis nous partions travailler. Le soir, nous sortions souvent dîner, nous avions continué de voir Elliott, Kate, Mia et Ethan chaque semaine. Notre filleule, Ava, faisait la fierté de la famille, Kate avait du tous nous engueuler pour que nous la gâtions moins. Le dimanche, nous passions la journée à Des Moines où mes parents vivaient désormais, une ville au sud de Seattle, un peu moins chic que Bellevue mais où nous y avions que de bons souvenirs.
Pour Ana comme pour moi, vivre avec une telle relation était chose nouvelle, nous avions promis d'être honnêtes et jusqu'alors, tout se passait à merveille. Elle me rendait fou d'amour jour après jour. Je tenais tellement à elle et passer une journée sans elle avait été difficile à supporter, désormais nous avions trouvé un équilibre.
Ce soir-là, je la rejoindrais seulement pour dîner, ce qui me laisserait du temps pour commencer ma quête.
Qu'en pensez-vous?
