L'attente se termine, tout sera publié ce dimanche 19 avril! Bonne lecture!
Chapitre 27
PDV Christian
« Bonjour mon amour. » me chantonna Ana en se postant derrière moi.
« Bonjour mon Ana. Bien dormi ? »
« Mal dormi ! J'ai passé toute la nuit seule dans notre lit. » se plaignit-elle.
« Aujourd'hui c'est notre lit ? » me moquai-je pour éluder.
« Oui notre lit ! »
« Alors tu veux bien ? »
La veille elle avait accepté d'emménager avec moi dans un autre quartier plus sûr et j'avais déjà trouvé l'appartement idéal.
« Je t'ai déjà dit oui hier ! » protesta-t-elle.
« Je t'aime Ana. »
Je la serrai contre moi et si son ventre n'avait pas gargouillé, je lui aurais fait l'amour sur la table de la cuisine.
_oOo_
Plus tard, je reçus un appel de Taylor, le garde du corps/espion d'Ana. Il insista pour me rencontrer à midi dans un restaurant. Il portait un jean et un pull léger, des baskets et une casquette de base-ball, ce qui me rassura, puis je vis son air soucieux, ce qui m'alarma.
« Je n'ai rien trouvé. » m'annonça-t-il après avoir commandé.
« Comment ça rien ? Il y a forcément quelque chose, Ana ne se trompe jamais, son intuition est infaillible. » lui garantis-je.
« Justement, je pense que Ana n'est pas la seule cible, vous aussi. »
« Moi ? Mais qui voudrait s'en prendre à moi ? » réfléchissais-je tout haut.
« Je dois fouiller votre bureau, votre voiture et j'insiste pour que mademoiselle Steele et vous changiez de téléphone et de numéro. Aussi je voudrais que vous partiez pour le weekend. »
Il était vraiment efficace, si j'en avais les moyens, je l'engagerais en temps plein.
« La personne qui vous piste a su que j'allais surveiller Ana, enchaîna-t-il, et s'est donc volatilisée avant même que je ne commence. »
« Ce weekend ? Ça ne me laisse pas beaucoup de temps pour la convaincre, répondis-je. Vous avez évidemment carte blanche. »
Taylor demanda au serveur de lui emballer son repas et s'en alla.
_oOo_
« Quelle surprise ! Oh toi tu as fait une bêtise ! » me gronda Ana en rentrant chez nous ce soir-là.
Je lui avais commandé un délicieux repas, j'avais acheté des fleurs et de la glace au chocolat, j'avais allumé quelques bougies, pourquoi pensait-elle que j'avais quelque chose à me faire pardonner ? J'avais quelque chose à lui cacher, c'était tout.
PDV Ana
Il m'avait déjà fait le coup, le jour où il avait cassé la porte de mon armoire, il m'avait emmené dans un bar et j'étais tellement ivre que je n'avais rien découvert avant le sur lendemain. Le jour où il avait voulu se faire un milk shake et avait recouvert la cuisine de glace, il m'avait fait l'amour dès mon arrivée chez nous et j'avais passé la nuit dans notre chambre. J'avais deviné ce qu'il s'était passé parce que Christian n'était pas un champion du ménage. Il y avait eu aussi mes sous-vêtements déchiquetés par le sèche-linge, même si j'étais toujours convaincue qu'il l'avait fait exprès pour m'en acheter des plus affriolants. La liste de ses « impairs » était longue, alors cette soirée romantique qu'il avait prévue me faisait redouter le pire.
« J'ai quelque chose à te demander. »
« Je t'écoute. » répliquai-je en plissant les yeux et en croisant les bras sur ma poitrine.
« J'ai promis à ton père qu'on irait le voir et il m'a appelé cet après-midi et... »
« Il t'a appelé toi ?! »
Dans quel monde vivais-je ? Ray appelait mon petit-ami et pas moi ? J'allais avoir une discussion avec mon père.
« Oui, il s'inquiète aussi pour toi, tu travailles trop, continua Christian. Allons passer le weekend à Montesano, ça ne pourra pas nous faire de mal de toute façon. »
« Je suppose... Mais tu vas encore mal dormir sur le canapé. » ricanai-je.
Ray nous avait contraint de faire chambre à part à Noël dernier, Christian avait passé deux nuits sur le canapé. Mon père avait bien ri à ses dépends, si il savait qu'on s'était rattrapé dans la salle de bains...
« J'ai pensé que nous pourrions camper samedi soir. »
« Sexe en plein air... continue. »
Le weekend s'annonçait soudain bien plus intéressant, et je ne pouvais pas vraiment le lui dire, mais j'adorais quand Christian prenait les choses en main et me faisait faire quoi faire, surtout au lit...
« On passerait la journée à se balader et dimanche matin, nous irons pêcher avec Ray. Qu'en dis-tu ? »
Je le laissai me prendre dans ses bras, je mordis ma lèvre, j'eus envie de voir jusqu'où il serait prêt à aller.
« Et José sénior ? »
« Evidemment. »
« Et José ? »
« N'exagère pas Anastasia. » grogna-t-il.
« Je plaisante, de toute façon il vit à New York maintenant. Et donc c'est pour me convaincre que tu as préparé tout ça ? » dis-je en désignant le salon.
« Et aussi pour nos un an... tu as oublié ? »
Oh mon dieu, il avait raison ! Ce weekend, cela ferait un an que nous étions ensemble ! J'étais la pire des petite-amie.
« Viens manger, ça va refroidir. »
_oOo_
PDV Christian
Ray nous accueillit chez lui chaleureusement, lui et moi avions déjà eu « la » conversation, celle où il me menaçait de mort si je faisais du mal à sa petite Annie et moi qui lui jurais de la rendre heureuse.
Il profita qu'Ana aille aux toilettes pour aborder le sujet délicat sur lequel nous avions la même opinion. J'avais prévenu Ray des soupçons d'Ana et de mon initiative.
« Alors ? »
« Je vais avoir un rapport dès demain matin. Nous ne devons pas nous servir de nos téléphones, Ana, pense l'avoir oublié à la maison mais ils sont avec Taylor. Luke n'a pas menti, ce type est un vrai pro. »
« Parfait. Je voudrais que tu t'entraînes avec lui. »
« M'entraîner à quoi ? »
« À te battre, je sais que tu t'es pas mal bagarré quand tu étais un gamin mais même Ana pourrait te mettre KO, je l'ai bien éduquée. Demande à ce Taylor de t'apprendre aussi à désarmer un homme qui a un pistolet et un couteau, tu n'auras pas toujours à faire à des amateurs. »
« Je comprends. Je le ferai. » promis-je.
« Tu voulais me parler d'autre chose ? »
« Mia prévoit déjà une grande fête pour l'anniversaire d'Ana dans un mois, elle voudrait que vous veniez. » annonçai-je.
« C'est tout ? Elle sait évidemment qu'Ana ne va pas apprécier. »
« Oui, mais elle est têtue. »
« Ok. Et ? »
Ray rigolait de me voir nerveux, et il y avait de quoi. Il pensait sans doute que je lui demanderais sa permission pour dormir avec sa fille cette nuit. Son rire mourut en entendant mes projets pour cette soirée, j'étais bon pour une nouvelle discussion à couteaux tirés.
_oOo_
PDV Ana
L'été à Montaseno était réellement différent des autres saisons, enfin il faisait beau la plupart du temps, nous pouvions nager dans l'océan sans risquer l'hypothermie et même la nuit sous une tente fut... chaude, mais c'était surtout dû à l'imagination débordante de mon petit-ami.
Nous avions marché à peine vingt minutes avant de planter la tente. Il avait emprunté à Ray tout son équipement, notre dîner consista en des hot-dogs et des marshmallows grillés. Après quelques bières, nous étions passés aux choses sérieuses.
Le lendemain matin, Ray nous réveilla en sursaut, il klaxonna comme un diable à quelques mètres de la tente.
Depuis notre arrivée, il ne cessait de taquiner Christian et ce dernier encaissait sans se plaindre. La pêche fut bonne pour mon père et José Sénior, moi j'avais décidé de bronzer sur la rive. Coincé avec mon père et son ami, Christian n'attrapa que deux petits poissons et un coup de soleil sur le nez. Il semblait toutefois plus détendu avec Ray et José Sénior en descendant du bateau.
_oOo_
Vers seize heures, nous rentrâmes à Seattle, Christian avait prévu une visite d'appartement.
« On ne pourra pas se le payer. » remarquai-je quand il se gara devant un grand immeuble et que le portier accourut vers nous.
« On mangera des pâtes tous les jours, ça ne me dérangera pas. »
« Sois sérieux. »
« Et toi moins têtue. Allons le visiter. »
Le lobby de l'immeuble donnait le ton, feutré et chic, je ne me sentais pas du tout à ma place. Dans l'ascenseur, Christian resta silencieux mais me regarda, soucieux. Il avait été élevé dans le luxe, il était allé à Harvard, je ne pouvais pas m'étonner qu'il ait choisi ce quartier.
« Pardonne-moi. » me dit-il quand la porte s'ouvrit.
Il appuya sur le bouton du rez-de-chaussée puis m'attira contre lui.
« Tu as raison, on n'aurait pas pu payer le loyer. Je me suis laissé emporté. »
« Christian, non, je comprends. Un jour peut-être mais je ne suis pas de ce monde. Tu sais comme j'ai horreur des soirées guindés auxquelles je dois me rendre parfois. Vivre ici signifierait vivre avec les mêmes gens, je n'y ai pas ma place... mais toi oui. »
« Ma place est avec toi. » contra-t-il, devinant le cours maussade de mes pensées.
Il me prouva plusieurs fois cette nuit que nous étions faits l'un pour l'autre.
