Bonsoir bonsoir ! :D
Je suis assez fière de vous annoncer que nous arrivons à l'avant dernier épisode. Pour vous rafraîchir la mémoire, Jude et Caleb avait quitté la planque des Lucioles, dans la centrale à Jackson. Mark les avait prévenus que Nelly, sa compagne et la chef de l'équipe scientifique de leur labo, les attendrait sur place à Salt Lake City, dans l'Utah.
Voilà voilà :)
J'espère que vous apprécierez cet avant dernier épisode de l'histoire.
THE LAST OF US : BELIEVE IN
Chapitre XXVII: Prêt à tout
Ils y arrivaient enfin: Salt Lake City.
Le panneau de bienvenue dans la ville saillait dans le paysage enneigé. Les deux chasseurs avaient un mal fou à avancer dans la petite tempête, et les chevaux avaient trop froid pour les porter. Il fallait s'abriter. Jude agrippa le poignet de son compagnon, sachant qu'ils ne pouvaient pas s'entendre dans le blizzard. Le centre de recherche ne devait plus être loin; il fallait juste trouver un endroit abrité du vent pour que les chevaux se reposent et broutent un peu si possible. Mais y avait-il encore un carré d'herbe dans cette partie du continent ? Les deux chasseurs avaient un mal fou à avancer dans la petite tempête, et les chevaux avaient trop froid pour les porter. Leurs sabots résonnèrent sur les marches et le gardien intima à Caleb de descendre prudemment: mieux valait ne pas glisser dans ces escaliers. Le brun retira sa capuche et baissa son écharpe en soupirant:
«Ça fait du bien le silence...»
Au dehors, on entendait encore le hurlement sourd du vent et de ses flocons. Le chef des gardiens fit de même et retira aussi ses gants. On ne s'en doutait pas forcément mais ça faisait du bruit les tempêtes de neige. Il regarda autour de lui et avisa un instant les chevaux brouter de l'herbe qui avait envahi le métro, et qui à l'abri, de la neige avait survécu à l'hiver.
«Je ne demande qu'un feu bien chaud...» fit Jude en soufflant sur ses mains pour se les dégourdir.
«Et pourquoi pas un câlin pour te réchauffer ?» se moqua le brun.
Il s'approcha de son amant et regarda devant lui le fossé des rails: il était inondé, et des plaques de glace flottaient, emportées par le courant.
«Au moins on peut pas se noyer là-dedans.» fit remarquer le titan.
«Avec la tempête dehors et le froid ambiant, je donne pas cher de notre peau si on tombe dans l'eau, Caleb.»
«Comment on fait alors ?»
«Pour le moment on va se reposer un peu.»
Il s'approcha des chevaux pour profiter de leur chaleur et s'assit par terre. Le brun resta encore un peu à observer l'eau qui coulait dans le fossé, et se dirigea vers son compagnon. Il s'arrêta au passage pour prendre une couverture sur le dos d'un des canassons. Il rejoignit alors le gardien et s'emmitoufla dans le plaid.
«Tu me fais une petite place ?» demanda la châtain.
Le titan la lui fit volontiers, sa petite place, se callant contre lui sous la couverture réconfortante. Il avait mal aux jambes à force de progresser dans 30 cm de neige, et il avait les chaussures trempées. Il sentit son partenaire resserrer sa prise autour de sa taille et il en profita pour se cramponner à lui.
«J'ai un peu peur tu sais.» avoua-t-il. «Ils vont faire des expériences ou je ne sais quoi...»
«Tu sais bien que je ne les laisserai pas faire n'importe quoi.» fit le gardien d'un ton rassurant.
Le brun rigola et finit par soupirer. Il profita quelques instants du chant sourd de la tempête au dehors et de la chaleur de son compagnon sous la couverture.
«Tu sais, j'ai réfléchi...» reprit-il, brisant le calme. «Si je peux procurer aux Lucioles un vaccin... Ils pardonneront peut-être les méfaits des Titans. Le Rosemary Convoy et le reste. Et sans la pression des Lucioles sur le marché noir et les clans affiliés... Les Titans pourraient vivre... Enfin, bien vivre, tu comprends ?»
«C'est vrai que tu pourrais négocier: le salut de l'humanité contre l'armistice entre Lucioles et Titans.»
«Tu imagines ? Si je pouvais faire prendre un nouveau départ à mon clan...»
Jude baissa les yeux vers son compagnon: aucun doute, cette perspective le réjouissait. Après tout, il voulait le meilleur pour son clan, sa famille, quels que soient les sacrifices qu'il devait faire : se séparer de celui qu'il aimait en faisait partie. D'ailleurs, leur voyage touchait bientôt à sa fin: comment allaient-ils faire ? En revenir à ces simples sorties chasse qui étaient devenues hebdomadaires, ces jeudis où Caleb avait toujours refusé qu'il se passe quoi que ce soit ? Le gardien n'avait pas envie de revenir au point de départ.
«Et tu sais...» poursuivit le brun. «Si jamais les rivalités entre clans pouvaient cesser grâce à ça... Peut-être bien qu'on pourrait... Rester ensemble.»
Il avait dit cela en rougissant, mal à l'aise. Le châtain ne réussit pas à réprimer un sourire. C'est la première fois que Caleb parlait lui-même de ce qui se passerait après; jusque-là, il ne faisait que dire qu'ils ne pouvaient pas être ensemble. Qu'il parle de leur avenir de lui-même était rassurant, d'autant plus que pour la première fois, il était optimiste.
«Si on l'annonce à nos clans, ils vont mal réagir.» soupira tout de même le brun.
«Ce sera dur au début. Mais ils finiront bien par accepter.»
«A part David.»
Cette fois, le gardien ne trouva rien a dire. C'est vrai, David était un cas particulier.
«Mais tu sais que David est spécial; il te déteste, il n'est pas objectif. Crois-moi, je me fiche de savoir ce qu'il pense s'il reste cloîtré dans sa rancœur.»
«C'est quand même ton second. Et ton meilleur ami.» fit remarquer le brun.
«Ça change rien.»
Il y eut un léger silence que Jude brisa sans cérémonie:
«Si c'est vraiment mon ami, il comprendra, et il acceptera.»
Sur ce, il déposa un baiser sur le front de son compagnon et se leva.
«Viens voir.» dit-il.
Le châtain aida son partenaire à se lever et le mena vers le plan décoloré du métro de la ville. Il posa son doigt sur un point rouge tout en expliquant:
«On est là... Et le centre de recherche est... Ici.»
Il montra un autre point, violet cette fois, pas si loin que ça de leur position.
«Donc on longe les rails vers là bas.» vérifia le titan.
Jude était sur le point de répondre lorsqu'un bruit de quelque chose qui tombe attira son attention. Ils se figèrent sur place et tentèrent d'apercevoir ce que c'était.
«Tu crois qu'il y a des infectés ici ?» demanda Caleb en chuchotant.
«C'est possible mais la majorité d'entre eux doivent mourir de froid.»
«Jude... On devrait se cacher... Ça ne me dit qui va-»
Avant d'avoir fini sa phrase il s'écroula.
«Caleb !» s'écria le gardien, inquiet.
Mais le brun n'était vraiment plus conscient du tout. Jude remarqua en se penchant vers lui qu'il avait une sorte de fléchette dans le bras. On aurait dit des fléchettes somnifères. Ça voulait dire qu'il y avait des humains dans le coin, qui pouvaient s'offrir des fléchettes somnifères totalement rares... Est-ce que ça voulait dire que-...
Mais avant de pouvoir finir de penser, Jude sentit qu'on lui avait tiré dessus. Et avant qu'il ne puisse s'interroger, ses yeux se fermèrent seuls et il s'endormit sans plus de délais, assommé...
Jude rouvrit péniblement les yeux. Il avait l'impression qu'une force inexplicable tirait ses paupières vers le bas et hésita à se rendormir tant il était à bout de forces. Il essaya de bouger, sans succès d'abord, et releva la tête lentement. Il avait mal au cou. Il commença à prendre conscience de sa position et se rendit compte qu'il était assis sur une chaise, les mains attachées à l'armature du siège. Il commençait à voir plus ou moins, même s'il faisait très sombre.
Les choses commençaient à se remettre en place dans sa tête: le métro, la fléchette de somnifère. Il était attaché à une chaise, détenu. Il essaya vainement de penser: l'armée les avait-elle rattrapés ? Non impossible qu'ils soient parvenus aussi loin. D'ailleurs, pourquoi auraient-ils utilisé des somnifères ? Ils les auraient exécutés. Deuxième solution: des chasseurs. Peut-être y en avait-il dans la ville et qu'ils les avaient pillés. Mais là encore, comment des chasseurs se seraient-ils procuré des somnifères ? Et même s'ils en avaient eu, pourquoi l'utiliser sur des inconnus qui n'avaient que deux chevaux et quelques vivres ?
Un frisson glacial se propagea dans son échine; deux chevaux. Caleb. Le gardien releva la tête brusquement, et fut pris d'un vertige avant que tout ne se stabilise. Il regarda autour de lui. Mais où était Caleb ? Il était seul au milieu d'une pièce sombre, attaché à une chaise. Mais qu'est-ce que ça voulait dire ?
«Quelqu'un... Quelqu'un m'entend ?» lança-t-il, la voix rauque.
Son regard fut attiré par la lueur rouge qui émanait d'une caméra de surveillance, dans le coin de la pièce. Il y avait quelqu'un.
«Où est-ce que je suis ? Et... Et... Où est Caleb..?»
Jude se doutait que ses geôliers n'étaient pas vraiment dans son camp. Après tout, ils l'avaient assommé à coup de somnifère, l'avaient attaché à une chaise et l'avaient séparé de Caleb. Ça voulait bien dire quelque chose. Il avait enfin retrouvé toutes ses sensations, et commençaient à vouloir se défaire des cordes qui le maintenaient attaché. Ses chevilles aussi étaient nouées, et la chaise était vicée au sol.
«Montrez-vous bande de lâches !» s'exclama-t-il en fusillant la caméra du regard.
Et comme pour exhausser son souhait, la porte qui lui faisait face se déverrouilla. Un faisceau de lumière artificielle pénétra la salle sombre, éblouissant un instant le gardien. La lumière fut bientôt suivie par des types dont la silhouette des armes se détachait dans le blanc. Et enfin, alors que le châtain s'habituait à la lumière, entra la dernière personne qu'il pensait voir ici.
«Tu as bien dormi, Jude Sharp ?»
Nelly.
Le gardien ne sut pas quoi dire. Mais qu'est-ce que ça voulait dire ? Qu'avait-elle derrière la tête ?
«Tu te poses les bonnes questions je suppose.» poursuivit la femme. «Mark me l'avait dit; tu poses toujours les bonnes questions.»
«Est-ce que Mark le sait ?»
«Que je te détiens ici ? Heureusement non, il ne sait absolument rien.»
Elle s'approcha de lui et le toisa:
«Je ne sais pas s'il te l'a dit, mais je suis une des chercheuses de cette base.»
Jude ne broncha pas. Alors il était bel et bien dans le centre de recherche des Lucioles.
«Pourquoi le somnifère ? On ne comptait pas se défiler.» marmonna le châtain.
«Sans doute au début.» accorda-t-elle. «Mais vous vous seriez défilés au moment même où mon équipe et moi on vous aurait exposé le problème.»
Le gardien essayait de garder son calme, mais un terrible présentiment s'emparait de lui.
«Où est Caleb ?» lança-t-il, une soudaine inquiétude envahissant ses entrailles.
La femme jeta un œil à un de ses gorilles et fit le tour de la chaise sur laquelle était assis son détenu. Son regard avait quelque chose de lugubre.
«Il est en train d'être préparé.» dit-elle.
«Préparé pour quoi ?»
«Son opération.»
Le mot sonna comme une mise à mort. Jude sentit son corps entier se figer. Une opération, soit. Mais ce qu'avait dit la Lucioles précédemment ne le rassurait pas le moins du monde.
«Explique-moi ce qu'il se passe.» ordonna le gardien, sa fureur annihilée par sa peur.
«Nous menons des recherches sur ce vaccin depuis des décennies. Mon père dirigeait cette équipe avant moi et avant lui mon oncle. Cela fait des années que nous cherchons ce qui sauvera l'humanité.» commença-t-elle.
«Epargne-moi tes discours !» s'emporta le châtain, aveuglé par l'inquiétude. «Qu'est-ce qui se passe ?!»
Les types armés prirent leurs armes, sur le qui-vive, alors que la chercheuse leur faisait signe de rester en retrait. Elle fit de nouveau face au chef des Gardiens et déclara calmement:
«Je vais tout te dire, parce que Mark a du respect et de l'affection pour toi. L'immunité de Stonewall est due à une mutation du parasite. Il possède un gène très rare qui a permis à son corps de se défendre contre le cordyceps. Pour faire simple, à son contact, le cordyceps s'est modifié, jusqu'à devenir une version faible et innofensive pour l'homme.
Une version du parasite qui nous permettrait de créer un vaccin.»
La Luciole observa l'air sombre de son interlocuteur, comme pour s'assurer qu'il suivait.
«Si on extrait le parasite mutant, on sera en mesure de développer chimiquement un système défensif semblable aux anti-corps et de l'introduire à un individu. Tout comme le gène de Stonewall lui permet de résister à la morsure, le vaccin permettra aux hommes de se munir d'une protection bio-chimique qui entraînera la mutation définitive du cordyceps... Et leur immunité.» acheva-t-elle. «Stonewall n'aura pas mal, il ne sentira rien, comme quand il dort.»
Jude savait ce que ça voulait dire: le parasite se développait dans le cerveau des infectés. Et Caleb était porteur du mutant. Ce qui voulait dire que pour avoir ce qu'ils voulaient, les médecins allaient lui disséquer l'intérieur du crâne.
«Vous pouvez pas... Vous pouvez pas faire ça...» commença le gardien, la gorge serrée. «Il a 24 ans... Il...»
Caleb avait encore tellement de choses à accomplir ! Les Lucioles ne pouvaient l'arracher à la vie, le sacrifier pour sauver l'humanité. Jude ne voulait pas en entendre parler; le prix à payer était trop élevé pour lui.
«Relâchez-le !» s'exclama-t-il, les larmes aux yeux sans s'en rendre compte. «Vous n'avez pas le droit !»
«Une vie contre le monde entier, Sharp !» répliqua la jeune femme. «S'il faut sacrifier une seule personne pour sauver l'humanité, le monde, les générations présentes et à venir, je suis prête à le faire.»
Mais pourquoi fallait-il que ce soit Caleb ?! Ça aurait pu être n'importe qui d'autre à travers le monde, pourquoi fallait-il que ce soit lui qu'il fallait tuer ?! Jude sentait la rage envahir son corps tout entier, ses larmes tomber sur ses cuisses comme autant de coup de couteau dans son ventre. Il refusait. Il refusait de perdre Caleb. Pas définitivement, non, il ne voulait pas le perdre.
«Je n'ai rien contre toi, Jude Sharp.» entendit-il comme un lointain orage. «Je te laisserai la vie sauve tant que tu ne tenteras pas de m'arrêter.»
Le gardien comprit qu'elle le laisserait repartir. Il la vit faire signe à ses gorilles derrière son brouillard de larmes et d'indignation.
«Menez-le hors de la ville et abattez-le au moindre geste suspect.»
Un des gros bras se baissa vers lui pour détacher ses mains, puis ses pieds. On lui lança quelque chose sur les genoux, qu'il ne rattrapa pas, et il reconnu le sac à dos de son compagnon.
«Ses vêtements sont à l'intérieur. Il n'en aura plus besoin alors garde-les en souvenir.»
Sur ce, Nelly sortit de la salle. Les hommes armés lui intimèrent de se lever, et il obéit, mettant le sac sur son dos, comme anesthésié de la réalité. Tout bouillonait si fort à l'intérieur de lui, un torrent de sentiments, de choses qu'il aurait voulu dire, et enfin, au plus profond de lui, un plan pour sauver Caleb. Les Lucioles le guidèrent hors de sa cellule et le menèrent dans le couloir.
Jude nota discrètement qu'il n'y avait pas de caméra dans le corridor, et semblait-il, aucune porte qui puisse cacher des renforts.
C'était risqué mais il fallait qu'il essaie: il était prêt à tout, même au pire, pour sauver son compagnon.
Voilà, c'était prévisible, Jude se retrouve encore dans une grosse embrouille à cause de Caleb ! Mais cette fois leurs vies (et accessoirement celles du reste de l'humanité) sont en jeu.
Si vous avez aprécié, laissez-moi une petite review, ça me ferait très plaisir !
Je vous donne rendez-vous samedi prochain pour la fin archi fin ! D'ici là je vous souhaite une bonne DERNIERE SEMAINE DE VACANCES ! Allez ;)
Bisous :3
