Bonjour bonjour !

Voilà le chapitre 2 de Pirates' love. Je pense poster le chapitre 3 mardi (il est écrit et attendre une semaine c'est long !)

Un grand merci à SianaReiguon pour m'avoir offert ma première review et mon premier follow !

Bonne lecture :)


Disclamer : Les personnages de Once Upon A Time ainsi que l'univers de la série sont la propriété exclusive de Edward Kitsis et Adam Horowitz

Alana et l'équipage sortent tout droit de mon pays imaginaire personnel.


Chapitre 2 : Tuer un poulet

Après l'exploration maritime de son invitée, le capitaine avait cédé ses appartements pour qu'elle se repose. Cela faisait déjà plusieurs heures que cette femme s'était jetée à l'eau, elle avait dormi tout ce temps alors que le bateau continuait son chemin vers la région de Listrel, tranchant les flots lors de son passage.

Hook fixait l'horizon la tête vide et tenait le cap accroché à son gouvernail. Demain ils seront enfin arrivé et il se débarrasserait de se fardeau inconscient et suicidaire qui avait envahit son espace personnel. Elle lui tenait tête, il avait horreur de ça. Généralement, c'était lui qui menait les gens en bateau, pas l'inverse.

Sans qu'il ne s'en aperçoive, la brunette était sortie de ses appartements et s'était accoudée au bastingage essayant de distinguer un bout de la cote. Elle semblait remise sur pied. Le pirate passa le gouvernail à l'un de ses matelots et rejoignit son invitée. Il descendit les escaliers en bois, s'approcha d'elle et imita sa posture d'observatrice. Ils fixaient tous les deux l'horizon.

« Avec toutes ces péripéties, tu ne m'as toujours pas dit ton nom, beauté », annonça-t-il d'une voix calme et reposée.

La brune baissa la tête pour cacher son sourire. Elle attendit quelques secondes et finit par se tourner vers le pirate qui confronta son regard.

« Alana. Je m'appelle Alana. »

Ils s'égarèrent chacun un moment dans les yeux de l'autre, puis la jeune femme brisa cette connexion pour contempler à nouveau la lumière du soleil qui frappait le bleu de l'océan.

« Dis-moi ma chère Alana, pourquoi ces gardes te poursuivaient ? T'es une sorte de voleuse en cavale ?

- Presque. Je suis accusée de meurtre », grinça-t-elle en pinçant les lèvres.

La capitaine s'en étonna. Un petit bout de femme comme elle, une meurtrière ? Quoiqu'avec son épisode de folie de la veille, il était bien possible qu'elle dise la vérité.

« C'était qu'un coup monté. Je ne l'ai jamais vu ce « chef de la garde royal », comment j'aurais pu l'assassiner, lui », grommela-t-elle.

Elle s'arrêta un instant et sentit le regard pesant du capitaine qui n'arrivait pas à s'imaginer la scène. Pourquoi avait-elle insisté sur le « lui » ? C'était juste une façon de parler ? Il semblait un peu égaré et la brune s'en aperçu.

« Ou comme qui que ce soit d'autre d'ailleurs, appuya Alana.

- T'as hésité ?

- C'est vous qui avez hésité ! Vous avez réellement cru que je pouvais faire une telle chose ? »

Le pirate tordit la bouche pour exprimer son incertitude.

« Vous ne me connaissez pas, à la ferme familiale je peux à peine tuer un poulet, c'est honteux. »

Hook rigola discrètement en lorgnant l'eau salé qui frappait la coque du Jolly Roger. Sa légèreté de parole le surprenait un peu plus à chaque fois. Le bruit des vagues domina pendant plusieurs minutes et les yeux du capitaine peinaient à rester ouvert. Hook avait navigué trois jours d'affilé et n'avait pas pu se reposer. Il sortie une flasque de son manteau de cuire et s'autorisa une énième gorgée de rhum pour tenir le coup.

« Et vous ? Pourquoi vous ne les aimez pas ? interrogea-t-elle.

- Qui ça ? Les poulets ?

- Non, les gardes. Comment est ce que vous êtes devenu, vous savez… ? J'imagine bien que vous n'avez pas toujours été…

- Un pirate tu veux dire, lov' ? coupa Hook avec enthousiasme en se redressant plein de fierté. Longue histoire.

- J'aime les histoires. »

Alana posa sa tête dans le creux de ses mains, attendant avec impatience les récits du pirate. Les yeux verts grands ouverts, ses cils papillonnèrent rapidement pendant une seconde. Hook ne se laissa pas déstabiliser et s'adossa au bastingage en attendant les supplications de la jeune femme.

« Cap'tain ! », s'exclama un marin.

L'interpelé fronça les sourcils. Son air taquin laissa place à un visage sérieux et il se dirigea sans plus tarder vers le pirate en chemise blanche bouffante. Il l'entraina jusqu'au gouvernail où il pointa vigoureusement la carte étalée devant leurs yeux.

Encore une nuit sur ce bateau et Alana serait de retour à Listrel. Elle admira le soleil se coucher et envoyer ses derniers rayons aux couleurs chaudes. En quelques minutes le ciel s'embrasa au loin, se colorant en rose au coucher de l'astre. Un marin tapota son épaule et lui annonça l'heure du souper. Elle lui rendit un grand sourire et le suivit jusqu'au réfectoire où la plupart de ses collègues se trouvaient déjà. Deux tables simples et droites en bois sombre remplissaient la pièce. La fameuse bouteille de rhum des pirates circulait dans les mains des hommes qui riaient tout en savourant leur diner.

Après une petite hésitation, la brunette tira une chaise pour s'assoir et un marin lui apporta une assiette pleine. Elle n'avait pas eu le droit à un repas depuis deux jours et apprécia la délicieuse odeur qui s'échappait de la nourriture. Sentant la pièce se calmer, Alana releva doucement le nez de son diner pour s'apercevoir que les marins s'étaient rapprochés d'elle et l'observaient silencieusement. Elle déglutit en ayant l'impression de faire un bruit monstrueux.


Hook venait de réaliser grâce à son collègue que la côte empêchait le passage du Jolly Roger à cause de gros rochers qui s'étaient accumulés. Il avait prit la barre et faisait un léger détour pour ne pas échouer stupidement. L'air s'était rafraichi et l'odeur du ragout parvint à ses narines. Il resta cependant concentré sur les dangers lui faisant face. Les planches de l'escalier menant au premier pont craquèrent.

« Vous voulez que je prenne la relève Cap'tain ? »

Fatigué et tiraillé par la faim, il donna ses dernières directives avant de se diriger à son tour vers le réfectoire. Hook passa sa main valide dans ses cheveux, soutenant sa tête lourde quelques secondes, et poussa la porte en face de lui.

« Et il a finit suspendu par les pieds ! », s'écria un homme à la barbe rousse en cognant son verre sur la table.

L'éclat de rire général redonna le sourire à Hook. Certains de ses hommes se tenaient le ventre pour ne pas exploser de cette rigolade, d'autres se roulaient carrément par terre. Au milieu d'eux, Alana se marrait tellement qu'elle en avait les larmes aux yeux. La bonne ambiance régnait dans cette salle.

« Tu racontes encore l'histoire de Tibert qui est tombé du haut du mât ? demanda Hook tout en s'installant, une assiette en main.

- J'm'en lacerais jamais. Je revoie encore son visage atterrir à deux centimètres du sol, comme si c'était hier ! s'exclama l'homme.

- Normal Phil, c'était lundi ! » s'esclaffa un chauve, provoquant une nouvelle crise générale.

Malgré ses incertitudes, Alana avait fini par s'intégrer à l'équipage qui lui avait relaté leurs péripéties de voyage toute la soirée. Elle commençait à envier ces hommes qui menaient une vie d'explorateur rêvée.

La plupart des marins partirent se coucher, diminuant ainsi le niveau sonore du réfectoire. Alana en profita pour se rapprocher de Hook qui piquait vigoureusement dans son assiette.

« A vous, racontez-moi votre histoire. »

Le pirate l'ignora et continua de mâcher son repas qui agitait ses papilles.

« Allez, demain vous n'allez plus jamais me voir de toute votre vie, j'ai bien le droit de savoir, non ? » piaffa-t-elle.

Elle était suspendue à ses lèvres, attendant son histoire du soir comme une gamine de quatre ans. Elle prit le temps de détailler la barbe de trois jours du pirate qui finit par avaler sa nourriture.

« Je ne parles pas la bouche pleine, c'est indécent. »

Alana râla et s'écroula sur la table pendant que Hook s'amusait de sa réaction.

« Parles moi plutôt de toi trésor, y'a quoi à Listrel ? »

Affalée sur le meuble en bois, l'invitée soupira et enfuit son visage dans ses bras. Il avait encore gagné, elle ne saura jamais. Son dos se plaqua sur le dossier de la chaise et sa bouche se tordit. Elle fit craquer ses doigts un par un avant d'ouvrir la bouche.

« Ma sœur. »

Le capitaine écoutait sa convive tout en continuant de manger. Sa maison était à trois jours de cheval d'Amarante, soit presque deux jours en bateau, sacré voyage pour risquer de se faire arrêter. Les questions se bousculaient dans la tête du pirate, mais la brune fut plus rapide que ses pensées et enchaina.

« J'étais juste sensée faire un aller-retour à Amarante pour les affaires mais je me suis retrouvée piégée. J'ai découvert dès mon arrivée que j'étais recherchée pour une raison vraiment … stupéfiante on va dire ! Ca faisait deux jours que j'essayais de m'échapper mais c'était impossible, les rondes avaient redoublées et Amarante était cernée par les gardes. C'est assez étrange d'avoir son portrait sur la moitié des murs de la ville, plaisanta-t-elle.

- Heureusement qu'un brave pirate et ses marins passaient par là.

- Vous vous saouliez dans une taverne ! »

Un point pour la brunette. Le silence regagna le réfectoire après le rire du capitaine qui admettait leurs ivresses. Alana repensait à ses folles poursuites dans les ruelles sombres de la ville. Elle revoyait encore le visage dégoûté des habitants lors de son passage. C'était miraculeux d'avoir pu trouver en deux jours un endroit où dormir et une pomme à croquer.

« Tu peux garder mes quartiers pour la nuit, j'irais dormir avec les autres. Nous arriverons demain en milieu d'après-midi si le vent est avec nous », annonça le pirate.

La jeune femme acquiesça et le remercia une énième fois en esquissant un sourire. L'homme se dirigea vers la porte en bois de la salle.

« Bonne nuit, beauté », chuchota Hook à travers le battant entre-ouvert.

Alana se retourna brutalement avec des yeux rageurs. Elle détestait vraiment quand il faisait ça, quand il lui donnait des petits surnoms adorables et inappropriés pour une étrangère. Ce ton familier l'exaspérait et lui donnait des frissons. La brune saisit son verre en terre cuite et menaça le capitaine qui s'éclipsa en un rien de temps du futur champ de bataille. Un petit rire satisfait retentit derrière lui jusqu'à ce qu'il atteignit le pont du bateau où le vent et les vagues camouflaient les bruits. Alana reposa son arme et ne put empêcher son sourire d'envahir son visage. Elle baissa la tête en repensant à leurs sottises. Ce pirate pouvait être tellement sérieux, virile et mystérieux, mais tellement espiègle parfois.


La région de Listrel se découvrait enfin. La forêt s'était désépaissi momentanément et avait laissé place à des champs qui s'étendaient à perte de vue. L'endroit était tellement désertique qu'aucun port n'avait été construit. Le Jolly Roger avait dû larguer l'ancre au large pour ne pas échouer sur la plage.

Impatiente, Alana ne cessait de regarder en direction de la côte. Le vent jouait avec ses cheveux bruns qui s'étaient éclaircis avec le soleil, tournant au châtain clair. Elle allait enfin retrouver sa sœur, et personne ne viendrait la chercher dans un endroit aussi isolé du royaume.

La jeune femme retourna une dernière fois dans la cabine pour prendre ses affaires et regagna le pont, prête à monter dans la barque qui la mènerait chez elle. Elle aperçut le capitaine, sans son grand manteau qui l'étouffait et sans arme accroché à la taille, vers l'embarcation suspendue derrière le bastingage.

« Si mademoiselle veut bien se donner la peine », glissa Hook en faisant une petite courbette ridicule.

Elle accepta volontiers la main d'un des marins pour l'aider à monter sur la petite barque en bois tanguant dans les airs. C'était une autre histoire par rapport au Jolly Roger sur lequel elle était montée sans hésitation. Le capitaine et un autre pirate la rejoignit et les membres de l'équipage restant s'activèrent pour faire descendre le petit bateau à la surface de l'eau.

Le brave pirate à la chemise taché de rouge ramait hardiment pour amener ses passagers à bon port alors que les yeux d'Alana ne quittaient pas la petite chaumière à vingt mètres de la plage. Les petites vagues de l'océan les aidaient à regagner le rivage et bientôt ils posèrent leurs pieds sur le sable mouillé. Le rameur, la moitié des jambes dans l'eau, retenait la barque pour ne pas qu'elle leur échappe et pour repartir dans la foulée.

« Argh, c'est bon tu peux me le dire maintenant qu'on est que tous les deux. Harley ne compte pas, il est à moitié sourd, chuchota-t-il la main cachant sa bouche.

- Merci Capitaine Hook ? essaya-t-elle peu sûr de la réponse que son interlocuteur voulait entendre.

- Non. Que je vais te manquer, lov'. »

Le pirate afficha un visage charmeur et la brune s'en amusa. Elle admira ses yeux bleus une dernière fois, salua Harley et se dirigea vers la maison. Le capitaine soupira en la regardant s'éloigner peu à peu. Il divagua quelques instants et s'écria soudainement :

« Demi-tour Harley ! »

Le marin surpris fit un bond et s'agita pour relancer la barque vers le Jolly Roger. Pendant le trajet retour, le capitaine du navire se ressassa les dernières années qu'il avait passé au Neverland. Il s'était caché de son pire ennemi et cherchait un moyen de finaliser sa revanche. Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas vécu une si plaisante aventure, aussi courte soit-elle.

A quelques mètres du navire, Harley s'arrêta de pagayer ce qui ramena son capitaine à la raison. Le marin regardait la côte avec insistance, la bouche grande ouverte. Aucun son n'en sortit. En temps normal, son défaut auditif l'empêchait de parler distinctement, mais il était trop choqué en cet instant pour s'y risquer.

Hook se retourna avec brutalité, manquant de peu de les faire déverser. Une épaisse fumée noire commençait à s'étirer dans le ciel, la chaumière était en feu. A quelques mètres de l'incendie, une foule de personne s'était accumulée. Le pirate plissa les yeux.

Les gardes avaient retrouvé Alana. Ils étaient sortis de nulle part. Ils avaient dû attendre patiemment son retour dans la chaumière avec sa sœur comme otage, ne laissant aucunes chances aux deux jeunes femmes de s'échapper. Les hommes en armure précipitèrent leurs proies dans des cages de bois et d'acier et les accrochèrent derrière les chevaux pour les tirer sans efforts. En un rien de temps la troupe se dirigea vers la forêt sous le regard impuissant du capitaine.


N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, les commentaires pour faire progresser sont les bienvenus ;)

A Mardi, Kizzie !