Hello :)
Je suis étonnée d'avoir des lecteurs canadiens, américains, belges, suisse mais aussi chinois! Ah, la magie d'internet... Incroyable!
Je tiens à remercier SianaReiguon, Mrs. Gold et Ewilaya pour suivre ma fic :) (ainsi que ceux qui n'auraient pas de compte, of course)
Bonne lecture!
Disclamer : Les personnages de Once Upon A Time ainsi que l'univers de la série sont la propriété exclusive de Edward Kitsis et Adam Horowitz
Alana et l'équipage sortent tout droit de mon pays imaginaire personnel.
Chapitre 3 : Tic Tac
« Ferme la bouche et continue de ramer Harley ! »
Le marin pagaya jusqu'au Jolly Roger, le spectacle brulant et désastreux lui faisant face. Entre deux nuages de fumée noir il dévisageait son capitaine et détournait le regard dès que celui-ci semblait s'en apercevoir. Il n'avait vraiment aucun cœur pour laisser cette pauvre fille à la merci des gardes. Pourtant il l'avait bien aidé une première fois. L'homme à la chemise taché savait que sont supérieur avait un bon fond, mais il était surpris de sa décision. Leurs pieds se posèrent enfin sur les planches du navire et lorsque Hook releva la tête, ses matelots l'observaient, silencieux.
« Quoi ? On l'a ramené jusqu'ici, maintenant ils vont la remmener là bas, j'y peux rien. »
Les regards étonnés circulaient entre tous les membres de l'équipage qui finirent leur course sur le capitaine.
« Me regardez pas comme ça ! » s'exclama-t-il.
Les marins baissèrent leurs yeux intimidés et la tornade brune se fraya un chemin pour s'enfoncer dans sa cabine. Trois hommes le suivirent et le stoppèrent dans sa course déchaînée au milieu de la pièce. Ils semblaient perplexes et partagèrent leurs doutes avec le capitaine. Tibert prit la parole sous le regard menaçant de Hook. Il avait intérêt à ce que ce soit important et construit.
« Comment ont-ils su qu'elle était partie d'Amarante ? bégaya-t-il.
- Et comment ont-ils fait pour aller plus vite que le Jolly Roger ? » développa Phil d'une voix assurée.
Le pirate serra les poings et expira avec violence. D'un geste du bras, il écarta les matelots en dehors de sa trajectoire et traversa ses appartements jusqu'à une table à côté de son lit. En deux temps trois mouvements il sangla la ceinture qui portait son épée autour de sa taille et enfila son manteau de cuir. Il renversa au passage des cartes roulées qui tombèrent à terre sans le perturber. Une fois retourné vers ses collègues, Hook dessina un large sourire sur son visage.
« Je n'pouvais pas partir à sa rescousse sans une arme décente. »
Les trois hommes avaient retrouvé leur capitaine en quête d'aventure, d'action et de danger. Le pirate se haïssait d'avoir laissé son équipement dans sa cabine en croyant qu'ils ne faisaient que la déposer. Il se rua à l'extérieur en sachant très bien que le temps lui était compté. La porte en bois claqua dans son empressement et son visage afficha sa détermination.
« Préparez les chaloupes ! » s'écria-t-il.
Les hommes se bousculèrent soudainement mais Harley resta figé et sourit, béat. Malgré sa surdité, il avait comprit l'ordre de son capitaine. Finalement, il avait bien un cœur.
Les chevaux commençaient leur excursion dans la forêt. Les deux jeunes femmes étaient ballottées dans tous les sens, les roues des cages passaient sur des racines qui surplombaient la terre. Une épaisse couverture couvrait les deux prisons, ne laissant presqu'aucun contact visuel à l'extérieur. Alana entendait le bruit des sabots cogner le sol couvert par endroit de lierre sauvage. Privé de la vue, ses facultés auditives s'étaient accentuées et le cliquetis des fers résonnaient dans sa tête. Peut importe si les gardes l'avaient retrouvé elle, ils avaient aussi capturé sa sœur injustement et cela la tourmentait plus que tout. Un sentiment de peur l'envahit. Pas pour elle-même, mais pour la deuxième femme à quelque mètre dans la cage voisine. Elle était tout pour elle, elle était sa seul famille.
« Lise, tu m'entends ? Lise ! » s'égosilla-t-elle craintive.
Malgré ses interpellations, aucune réponse gagna ses oreilles, pas même un gémissement. Un garde tapa sur sa cage pour lui indiquer de se taire, créant ainsi un nouveau bruit métallique étouffé par le drap. Rien n'arrêta Alana qui tenta une nouvelle fois de se défendre.
« Relâchez nous. Vous avez les mauvaises personnes, je n'ai pas assassiné votre chef ! »
Elle essaya de secouer sa prison de bois et d'acier pour la faire déverser, sans succès.
« Laissez au moins ma sœur s'en aller… », souffla-t-elle à court d'espoir.
Son carrosse se stoppa. Peut être avaient-ils enfin prêté attention à ses propos. Aucun cliquetis ne résonnait, toute la troupe s'était arrêtée. Assise dans un coin de sa cage, Alana était stupéfaite. Son ravisseur grand et costaud retira la couverture et la prisonnière fut éblouit un court instant par la lumière du soleil qui perçait la forêt.
« J'en ai rien à faire que tu te sois débarrassé de l'autre dégourdi ou pas, tu fais bien ce que tu veux ma fille, lâcha-t-il. Enfaite, je voulais juste toute ta précieuse attention. »
Son corps avait beau être grand et élancé, son visage haineux était plutôt rond et la plupart de ses dents étaient jaunes ou absentes. Alana n'avait pas eu le temps de détecter lors de l'enlèvement la cicatrice encore rose et gonflée qui parcourait sa joue et mourait dans son cou.
« Si vous n'êtes pas de la garde royale, alors qu'est ce que vous nous voulez ? »
L'homme esquissa un sourire ravi comme s'il attendait cette question depuis toujours. Un petit « hum » de satisfaction s'échappa de sa gorge, faisant légèrement vibrer sa cicatrice.
« Etablir un marché », chuchota-t-il avec un air malicieux.
Toujours se méfier des inconnus. C'est bien ce qu'on nous apprend dès le plus jeune âge, non ? Alana était soucieuse. Qu'est ce que ce blond pouvait bien lui proposer, à elle, une pauvre paysanne qui cultivait le maïs et élevait des poules. Elle tendit l'oreille, intéressée dès la première phrase de son interlocuteur.
« Tu tiens à ta sœur, n'est ce pas ? Je te propose sa vie, ou même mieux, vos vies, … contre celle du pirate qui t'as raccompagné jusqu'ici.
- Le Capitaine Hook ? demanda-t-elle incertaine.
- Oui ! s'exclama-t-il joyeusement. Pas trop compliqué, n'est ce pas ? Tu le connais depuis quoi ? Deux jours ? Ce n'est qu'un étranger pour toi et l'enjeu n'est pas négligeable.
- Comment pouvez-vous savoir ça ?
- J'ai des yeux partout et des sources fiables, ma chère », ajouta l'homme avec un air mystérieux qui donnait des frisons.
Alana s'avoua à elle-même qu'il avait bien raison. Que valait la vie de sa sœur face à celle du capitaine ? C'est vrai qu'il l'avait aidé à s'échapper d'Amarante mais au fond il restait un pirate, un homme peu fiable et dangereux se saoulant au rhum dès le levé du soleil. Son ravisseur avait mit sa vie dans le même panier, elle n'allait pas se sacrifier avec sa sœur pour le sauver. Mais son visage convaincu s'estompa peu à peu et l'homme lui faisant face s'en aperçu.
« Qu'y a-t-il ?
- Jamais je ne pourrais tuer un homme… avoua-t-elle après un court instant.
- Ô si ce n'est que ça. Si tu n'as pas assez de cran tu n'as qu'à me l'amener, déclara le blond en brandissant ses bras d'une manière théâtrale et démonstrative. Nous t'attendrons pendant un mois au château de Foster sur la côte ouest. Passé ce délai… »
Il glissa son doigt sous sa gorge pour lui faire comprendre ses intentions qui étaient très clairs. Alana posa sa main sur son cou et déglutit. Elle n'avait pas le choix.
« Par contre n'essaie pas de me duper car, je vais te confier un secret, je suis un sorcier », confia-t-il en lui faisant un clin d'œil espiègle.
Ok, maintenant ça frisait le ridicule. Cet homme proférait des menaces mais il semblait fou à lier. Le comportement du blond était assez comique, il s'amusait de la situation pourtant sensé être sérieuse. Disait-il la vérité ? La jeune femme aurait voulu lui cracher « vous êtes un taré oui, laissez moi sortir d'ici », mais elle se contenta d'un petit rire moqueur.
« Ces gardes ? Pas des vrais gardes, raconta l'homme en secouant la tête de droite à gauche et en pinçant les lèvres. Juste une mise en scène théâtrale tout droit sortie de mon imagination. »
Il brandit son index dans l'air et désigna un des gardes immobile et fixant un point devant lui, imperturbable. En une fraction de seconde, une fumée grisâtre s'enrubanna autour de son corps et lorsqu'elle s'estompa, l'homme en armure avait disparu. Il ne restait plus qu'un rat sale à son emplacement qui s'enfuit à toute vitesse.
La brune était abasourdie. L'homme blond cachait sûrement un potentiel magique bien plus important encore que cette petite démonstration, elle devait prendre ses menaces au sérieux. Les gardes n'étaient que des souris. L'agresseur pouvait très bien arrêter une foule à lui tout seul. Il était dangereux.
« Marché conclu ? »
Le sorcier passa sa main à travers les barreaux et Alana la serra en acquiesçant. En un claquement de doigt la cage s'ouvrit grâce à la magie. La jeune femme retrouva sa liberté et commença à s'éloigner avec méfiance. Une voix grave retint son attention.
« Dernière chose ma chère, tout ceci reste entre nous bien évidemment. N'oublies pas, ta sœur est avec moi. »
Sur ces mots, Alana se retourna et s'enfonça dans la forêt en direction de la chaumière.
Ses pieds foulèrent une nouvelle fois le sable mouillé. Le capitaine plissa ses yeux bleus cernés de noir en observant le bâtiment partir en fumé. Il tourna sa tête vers la forêt et s'élança dans cette direction accompagné de son équipage, arme à la main. La chasse était lancée. Il ne savait pas vraiment pourquoi il faisait ça, pourquoi il l'avait aidé deux jours plus tôt à Amarante. Elle était poursuivit par les gardes de cette royauté qu'il détestait depuis sa quête de la fameuse dreamshade au Neverland et ça lui avait suffit pour faire ce geste généreux.
Alors que le capitaine traversait le domaine en direction des bois, le poulailler, situé entre sa destination et le brasier, l'intrigua. Une main en dépassait, une main inerte, au sol, tous les muscles étaient relâchés. Il confia les recherches à ses hommes. Les deux cages étaient trainées par des chevaux, ils ne devaient pas aller bien vite.
Les flammes ne s'étaient pas encore propagées jusqu'à cette partie de la ferme. Hook s'approcha, poussant les volailles sur son passage nerveux. La femme qu'il avait vue vêtu d'une grande robe marron était allongée sur le sol. Son index et son majeur se posèrent sans tarder sur sa carotide mais il ne trouva aucun pouls. Le capitaine s'assit au sol, la tête lui tournait. Qu'est ce qui se tramait ? Il ne discerna aucune blessure apparente, pourtant elle était bien vivante il y a de cela quelques minutes. Il avait l'impression d'avoir déjà vécu cette situation auparavant.
La deuxième main fermée de la malheureuse attira son attention. Embêter les morts n'était pas son fort mais il finit par écarter ses doigts rigides avec difficulté, s'aidant de son crochet de fer. Il découvrit un médaillon accroché à un fil fin qu'elle avait dû arracher avant de rendre son dernier soupir. Hook récupéra le collier et l'enfuit au fond de sa poche. Alana aimerait sûrement l'avoir en souvenir de sa sœur.
Le feu grondait. Le pirate s'échappa du poulailler et s'élança vers l'orée de la forêt. Il aperçu ses hommes en surgir le sourire aux lèvres et la rescapée à leur côté. Phil accouru vers son capitaine, essoufflé.
« On l'a retrouvé entrain de courir dans les bois, elle a réussit à s'échapper. Il faut vite quitter cet endroit maudit avant qu'ils ne reviennent à l'assaut. »
Il avait raison, la barque et le Jolly Roger d'abord, le collier plus tard. L'équipage appliqua les ordres du pirate à la lettre et en un rien de temps le navire était reparti. Au bord du bateau, Alana fixait la côte où tous ses souvenirs disparaissaient dans une épaisse fumée noire. Elle céda une larme à l'océan et se recroquevilla contre une caisse en bois. Hook s'assit à côté d'elle. Il était rassuré, rien ne lui était arrivé, même si ce n'était pas le cas pour tout le monde. Il posa sa main sur sa poche et se refusa après réflexion de lui avouer la triste vérité.
Il n'avait jamais été doué pour rassurer les gens mais il se sentait obligé d'ouvrir la bouche, ne serai-ce pour dire n'importe quoi ou même pour signaler sa présence. Agir au naturel lui semblait la chose la plus sensé à faire.
« Alors ma mignonne, tu t'es ennuyé de moi ? » prononça-t-il d'une voix calme et apaisante.
Alana sourit intérieurement. Oui, elle était bien de retour sur le Jolly Roger. Elle ne pouvait pas dire que le vocabulaire trop familier de ce pirate lui avait manqué, mais maintenant qu'elle avait entendu ça, elle se sentait un peu plus en sécurité. Elle releva la tête de ses genoux et l'appuya contre le bastingage, les yeux rouges pointés vers le ciel.
« Ils emmènent Lise au château de Foster. »
La mâchoire du pirate se crispa au nom de sa sœur. Il comprenait sa douleur, il comprenait la peur qu'elle ressentait pour sa sœur et il savait très bien la haine qu'elle allait ressentir en apprenant sa mort. Elle était convaincue que les gardes l'avaient enfermé dans la deuxième cage, convaincue qu'elle était quelque part bien vivante. Elle avait le droit de savoir et Hook s'en mordait l'intérieur des joues. Avant qu'il ne puisse prononcer un seul mot, Alana se retourna pour regarder le pirate.
« Killian, aide-moi, s'il te plaît », souffla-t-elle.
Un frison parcouru son corps. Peu de personne l'appelait par son véritable prénom. Il lui rappelait son passé et le torturait, mais cette fois-ci il sonnait comme une délivrance.
Je ne vous force personne à poster des reviews (jamais je n'oserais voyons !) mais votre opinion m'intéresse !
La suite vendredi :)
Bonne journée, Kizzie !
