Bonjour, bonsoir !
Voici un deuxième one-shot pour Graveyard ! Je vous le publie juste avait d'aller enfiler mon cosplay d'Izaya-kun version fille pour le Mang'Azur *.* Celui-ci a été écrit pendant un contrôle d'espagnol et est bien plus long que le premier qui était vraiment minuscule. x)
J'espère qu'il vous plaira ! Bonne lecture ! ~
Goodbye, my precious sons
Le flash rouge perdurait devant ses yeux alors que le sang coulait sur ses paupières, et qu'elle n'avait plus la force de l'essuyer. Alors elle laissait le liquide poisseux lui emplir la bouche de son goût métallique infecte et lui brouiller la vue, lui piquant les yeux. De toute façon, il n'y avait rien à voir. Plus rien du tout. De toute façon il faisait noir, et les fards de sa voiture défoncée par l'impact n'éclairaient plus. Seul le timide croissant de lune dans le ciel plein d'étoiles offrait de faibles rayons du lumière jaune.
D'une façon, ça l'arrangeait bien de ne pas voir. Elle n'avait pas la force de regarder, mais elle savait que si elle le pouvait, elle ne verrait que du rouge et des débris. Sans doute que cela ne l'inquiéterait que davantage. Peut-être même qu'elle paniquerait. Elle savait garder son sang-froid, mais la situation dans laquelle elle se trouvait maintenant avait de quoi lui faire perdre son calme.
Elle savait qu'elle était blessée. Gravement blessée. Il y avait la douleur sourde qui lui scindait le crâne en deux, il y avait le mal qui accablait chacune de ses articulations, et il y avait ce truc qu'elle sentait dans sa hanche, bien enfoncé dans sa chair. Sans doute du verre ou un morceau de tôle qui se serait déchiré quand la voiture avait heurté l'imposant rocher au bas de la pente raide à laquelle la chaussée avait laissé sa place quand elle avait quitté la route.
Où était-elle ? Est-ce qu'elle était encore loin de l'endroit où elle se rendait ? Elle se le demandait, et elle pensa que c'était vraiment bête, après tous ces kilomètres parcourus depuis Los Angeles, de mourir maintenant. Elle ne devait pas mourir. Vraiment, elle ne le pouvait pas. Elle devait les revoir, au moins une fois.
Il n'y avait pas un bruit autour d'elle, pas une voiture sur la nationale au dessus d'elle, pas un passant qui pourrait la voir et lui porter secours. Elle était vraiment dans la merde jusqu'au cou. Il fallait qu'elle fasse quelque chose pendant qu'il lui restait un peu de conscience de ce qui l'entourait.
Elle était assise à la place du conducteur, avachie la tête sur le volant, et elle ne trouvait pas la force de se redresser. Heureusement, le véhicule, après des dizaines de tonneaux, avait atterrie là sur ses pneus. Au moins, elle n'était pas à l'envers, et ce serait peut-être plus facile de bouger si elle parvenait à faire se mouvoir ses muscles endoloris.
Bien incapable de faire un geste, elle tourna juste les yeux pour voir son téléphone tombé du tableau de bord sur le siège passager à coté d'elle. C'était sa seule chance, elle devait s'en saisir. Elle étouffa un hurlement de souffrance lorsqu'elle essaya de tendre le bras pour l'attraper, et elle souffla un juron.
Elle devait juste réussir à l'atteindre, à n'importe quel prix. Mais elle avait tellement mal, et c'était tellement dur... La simple action de respirer lui sciait les poumons d'une douleur atroce et l'air plein de fumée provenant du moteur endommagé lui brûlait la trachée à chaque inspiration comme si elle avalait des braises, alors à ce stade, faire même un infime mouvement lui semblait impossible.
Cependant, elle le devait. Elle le devait. Elle le devait, elle devait le faire ! Elle inspira et serra les dents si forts que sa mâchoire en devenait douloureuse, afin d'étirer suffisamment le bras pour prendre le téléphone dans sa main. Elle sentit le sang s'écouler plus vite de sa blessure au flanc, et des points noirs commençaient à venir danser devant sa vision floue.
Elle ramena le portable vers elle, et une fois qu'elle eut reprit sa position initiale, la souffrance s'atténua un tout petit peu. Elle regarda l'écran fêlé qui affichait quatre heures et quart du matin. Elle réussit tant bien que mal à ouvrir la liste des contacts, à en sélectionner un, et à presser la touche d'appel. Elle activa le haut parleur, car elle ne se sentait pas capable de porter l'objet à son oreille.
Elle priait pour que la personne réponde malgré l'heure, et après cinq ou six sonneries, elle entendit qu'on décrochait, et une voix ensommeillée résonna dans le silence : « Alex ? » Elle soupira, un peu soulagée, et heureuse d'entendre cette voix. « Tu es déjà arrivée ? Tu veux que je vienne t'aider avec ta valise ? » Le ton était un peu joyeux. Pas étonnant, aujourd'hui était un jour important.
Sourire en l'entendant coûta très cher à l'ancienne basketteuse professionnelle qui commençait à avoir vraiment sommeil, et vraiment froid. Déjà, le bout de ses doigts étaient gelés et son corps s'engourdissait. Elle avait tellement, tellement envie de dormir... Elle avait fait la route de nuit pour être là dès le matin et être présente pour son anniversaire. Mais... sans doute que finalement, elle ne pourrait pas le lui souhaiter...
Elle se sentit alors très triste et sa vue se troubla encore davantage, les larmes s'ajoutant au sang. « Alex, tu m'entends ? Est-ce que ça va ? Tu respires bizarrement... » L'intonation un peu inquiète de son élève lui paraissait tellement lointaine, et ses paupières avaient tendance à se fermer toutes seules.
Quelle merde, pensa l'américaine, C'est vraiment pas le genre de cadeau que je voulais lui faire... Elle visualisa le ballon de basket dans son coffre, dédicacé par un grand joueur de la NBA qu'il adorait. Elle avait vraiment eu du mal à l'obtenir, et voilà qu'elle ne pourrait jamais lui offrir...
« Alex ? Oh, Alex ! »
Elle aurait aimé le revoir une dernière fois, ses deux adorables petits élèves qui avaient bien grandis depuis l'époque où ils lui avaient demandé de leur enseigner le basket, aux Etats-Unis, alors qu'ils étaient encore hauts comme trois pommes. Elle aurait voulu passer plus de temps avec eux, eux qui l'avaient sauvée quand elle avait dû mettre fin à sa carrière, et qu'elle pensait n'avoir plus aucune raison de vivre. Elle aurait voulu les voir grandir encore, les voir devenir des hommes biens, les voir être heureux. Elle aurait aimé les taquiner encore, rire avec eux, et joueur au basket en leur compagnie. Eux qu'elle avait vu grandir et s'améliorer, eux qui deviendraient des champions, elle en était persuadée. Eux, ses plus grands bonheurs, eux qu'elle avait considérés, aimés et protégés comme ses propres enfants. Eux, ses petits trésors.
Elle laissa ses yeux se fermer, faisant s'échapper les perles salées rougies de sang sur ses joues pâlies, et leurs deux visages rayonnants apparurent derrière ses paupières closes. Elle se sentait tellement faible, elle savait que c'était trop tard pour elle, et elle n'avait plus la force de lutter contre le Sort qui venait l'emporter.
« Taiga... », Prononça-t-elle du bout des lèvres, d'une voix sifflant, « Happy Birthday... ».
Kagami commençait à s'agiter au téléphone, mais elle n'entendait déjà plus sa voix. Elle était partie, et sur ses lèvres s'était figé son dernier sourire. Elle avait quelques regrets, oui. Elle était encore jeune et aurait voulu vivre encore tant de choses. Mais ça allait, car elle était accompagnée dans la mort par le souvenir si doux des deux garçons qu'elle avait aimé comme ses fils.
Et voilà, j'espère que ça vous a plu ! :D Le bouton review ne mord pas, au contraire. ~
A bientôt, et faites attention sur la route ! :3
