Bonjour, bonsoir à tous ! o/

Voilà un nouveau petit One-Shot que je dédie à Statice-Law, parce que je suis une horrible sadique, et que je m'attaque aujourd'hui à un personnage qu'elle aime beaucoup. ~ Ne m'en veut pas trop, Sarah-chan :3

Par ailleurs, je tiens à remercier les personnes qui laissent des reviews, celles qui ont ajouté Graveyard à leurs favoris, celles qui la suivent, ça me fait vraiment plaisir ! Alors merci infiniment, et j'espère que vous continuerez à aimer ce que j'écris ! :D

Sur ce, bonne lecture !~ ^^

PS : Je vous propose Without You de Ashes Remain comme fond musical. C'est ce que moi j'écoutais en écrivant~ :3


My desease is the fear of losing you

Trop blancs les murs de cette chambre, trop blancs les draps de ce lit, trop blanche sa peau. Tout était si blanc, trop blanc. Et le soleil frappait sur la tablette en inox réfléchissant les rayons qui étaient alors envoyés dans mes yeux. Il pleuvait la lumière dans cette pièce qui sentait la mort. Il y avait le bip régulier des machines qui résonnait, et la rumeur étouffée des gens qui passaient dans le couloir. Il y avait le son léger de sa respiration qui parfois se troublait d'une quinte de toux ou d'un sifflement parce qu'il avait du mal à aspirer de l'air.

Je ne me souvenais pas depuis combien de temps j'étais ici, assis sur le fauteuil inconfortable dans un coin de la chambre, les coudes sur les genoux et la tête dans les mains, somnolant, me réveillant, marchant jusqu'à la fenêtre, la fermant, la rouvrant, m'asseyant au bord du lit, le regardant, m'aventurant jusqu'à la machine à café ou le distributeur de snacks. Encore, et encore.

C'était la même rengaine, jour après jour que je venais ici pendant des heures, le plus souvent possible, pour pouvoir être avec lui, comme je le lui avais promis. Je ne m'éloignais jamais trop longtemps de la chambre, car j'avais juré que je serais avec lui jusqu'à la fin.

Son visage était beau, si beau. Et j'aimais tant le contempler pendant des heures. Il avait toujours sa beauté, malgré le mal qui l'avait ravagé. Sa peau était plus pâle, ses joues plus creuses, ses os plus saillants, sa musculature moins marquée. Ses yeux, quand il les ouvraient, n'avaient plus le même éclat, ce bel éclat pétillant et plein de vie, mais quand il voyait mon visage inquiet penché au dessus de lui, il forçait toujours un sourire et sortait parfois quelque chose de stupide pour essayer de me faire sourire aussi.

Je n'avais pas le coeur à sourire, mais pour lui, je me forçais, car je savais qu'il avait peur, et qu'il n'avait pas besoin que j'en rajoute une couche. Il était inquiet pour moi comme j'étais inquiet pour lui. En fait, je me demandais même s'il n'était pas plus inquiet pour moi que pour lui-même, et alors j'avais envie de le frapper et de le traiter d'idiot.

« J'ai peur de mourir, parce que je ne veux pas t'abandonner... » Il savait que je me sentirais infiniment seul quand il ne serait plus là, c'était un fait que moi-même je ne pouvais contester, et mes entrailles se tordaient à l'idée qu'il me laisse. Mais pour lui, j'en montrais le moins possible. « Crétin, tu seras toujours avec moi, pas vrai ? » Peut-être que je disais ça pour me rassurer moi, ou bien pour le rassurer lui. Ou bien peut-être un peu des deux. Alors il souriait, et parfois il se permettait même un rire. Et je souriais aussi, car j'aimais l'entendre rire. « C'est vrai, je serai avec toi jusqu'à la fin des temps... »

Un jour, il m'avait confié ce qu'il avait sur le coeur. C'était une nuit que j'avais passée à l'hôpital parce qu'il avait voulu que je reste. Il m'avait réveillé et il m'avait parlé, comme ça. Il avait débité tellement de mots que j'en avais été fatigué pour lui. Il m'avait dit tout ce qu'il gardait au fond de lui, toutes ses peurs et tous ses regrets.

« ... Et si seulement je n'avais pas été malade, on aurait pu... on aurait pu continuer à être heureux... » Il avait fondu en larmes et je l'avais pris contre moi. Et je l'avais bercé doucement, longtemps, jusqu'à ce qu'il se calme. J'avais eu le coeur serré et les yeux humides, la gorge nouée et les mains tremblantes. Et je l'avais serré plus fort encore, avec la force du désespoir.

Son coeur était malade. Un problème qu'on n'avait pas détecté, et que la pratique intensive du basket avait fait empirer doucement jusqu'à ce que les conséquences finissent par s'en faire ressentir, avec son lot de complications il y a quelques années. Ce problème avait ruiné sa vie. Il avait dû abandonner tout ce qu'il aimait. Le basket, le mannequinat, et même son rêve de gosse de devenir pilote d'avion.

Le seul moyen de le sauver aurait été une greffe. Mais on nous avait bien prévenu qu'il y avait d'autres demandeurs avant lui sur la liste, que les donneurs étaient rares, et qu'il ne fallait pas nourrir trop d'espoirs. Depuis, il était persuadé d'être devenu un poids pour moi, et il avait plusieurs fois essayé de rompre, arguant que ce serait mieux, et que je serais plus heureux. Mais je lui avais toujours assuré que ça ne me dérangeais pas, et que je serais avec lui jusqu'au bout. Et je pensais chacun de mes mots.

« Tu sais Yukio, parfois, je prie pour mourir vite. Comme ça, je te libérerai de tout... Tu n'auras plus à payer pour les frais médicaux, et tu n'auras plus mon poids sur les épaules... » Je crois que je ne l'avais jamais tant haï que lorsqu'il m'avait dit ces mots, et j'avais eu envie de le frapper, plus que jamais. « Idiot ! Tu penses vraiment ce que tu dis, là ?! Je n'en ai rien à faire de devoir cumuler les jobs pour payer les factures, tout ce que je veux, c'est que tu restes en vie ! ». Il m'avait regardé tristement, ses yeux dorés pleins de douleur. Il ne pleurait pas, et moi non plus. Mais ce qu'il m'a dit alors m'a tétanisé. « Mais tu sais que je mourrai bientôt de toute façon. Il n'y a aucune chance que j'ai une greffe, alors le plus vite serait le mieux pour te soulager, tu ne penses pas.. ? »

Ses paroles m'avaient frappées comme un coup d'enclume, et j'étais sortit sans rien de plus, sans répliquer et sans le regarder. Je m'étais soudain senti comme si tout l'air de la pièce était plein de poison et qu'il me fallait sortir à tout prix pour ne pas m'asphyxier. J'avais déambulé longtemps dans le parc en bas de la clinique, sans vraiment de destination, tournant en rond plus qu'autre chose.

C'était vrai, il avait raison. Son sort était déjà marqué au fer rouge, et personne ne pouvait le changer. Il aurait fallu un miracle... Mais pourtant, cette fatalité me paraissait si floue, si abstraite, comme s'il était encore possible de la modifier, et je m'accrochais à cet espoir qui n'avait pas lieu d'être comme au dernier recours d'un condamné.

J'avais pensé être celui qui serait fort pour deux, mais finalement il s'était révélé plus solide que moi. La résignation que j'avais vue dans son regard quand il m'avait dit ça m'avait fait peur, vraiment peur. Il semblait avoir accepté, mais moi, je ne pouvais pas m'y résigner. Et je me sentais puérile. A 25 ans, je devrais être plus mature, et me faire à ce qu'on ne pouvait pas changer. Mais c'était tellement dur...

Quand je m'étais sentit capable de remonter dans la chambre, j'avais découvert qu'il s'était endormi. Je devais aller travailler, alors j'ai récupéré mes affaires et je me suis approché pour embrasser sa joue. Il a ouvert les yeux et a papillonné des cils quelques instants en me regardant. A ce moment, il m'a semblé plus épuisé que jamais, et un désagréable sentiment m'a tordu l'estomac.

« Désolé d'être partit comme ça... J'avais besoin d'air... ». Il secoua négativement la tête pour me faire comprendre que ce n'était rien, et je me forçais à lui sourire gentiment. Je m'assis sur le bord du matelas et me penchai pour l'embrasser avec toute la tendresse du monde. Quand nos lèvres se séparèrent, je vis que des larmes avaient coulées sur ses joues.

« Qu'est-ce qu'il y a ? », M'inquiétais-je.

« Si j'avais pu vivre plus longtemps, tu crois qu'on aurait pu être heureux pour toujours ensemble ? », Me demanda-t-il d'une voix tremblante de sanglots. Je souris encore et lui caressa la joue avec douceur. Je sentais qu'il avait besoin que je le touche, qu'il avait besoin de me sentir comme pour s'assurer que j'étais bien là pour lui, que je le rassure, et que je sois doux avec lui. « Oui... Oui, bien sûr qu'on l'aurait pu... », Chuchotais-je tranquillement.

« On aurait pu se marier... ? » , Demanda-t-il encore en essayant un sourire plein de rêves. Je fronçai les sourcils, un peu étonné de cette demande. Le mariage homosexuel n'était pas très bien vu au Japon, mais si c'est ce qu'il voulait, alors je pouvais lui accorder cette illusion. « ... Oui... On se serait mariés... ». Après tout, ça ne m'aurait pas dérangé.

Il m'a alors attiré contre lui pour m'embrasser. Fougueusement, passionnément, avec toute la force qu'il lui restait, comme s'il voulait y mettre tout l'amour qu'il portait en lui. J'ai répondu à son baiser, sans doute un des plus délicieux qu'on ait partagé. J'ai vu ses yeux fermés et son visage souriant, et les gouttes salées perdues dans ses longs cils dévalèrent ses joues pâles. Je les ai essuyées gentiment. Il avait l'air apaisé. « Je suis soulagé... », A-t-il murmuré du bout des lèvres. J'ai simplement hoché la tête.

« Je dois y aller. Je reviendrai dès que mon service sera terminé. ». Il a marmonné un vague « Hm. », et a semblé se rendormir. J'ai alors déposé un dernier baiser sur son front fiévreux. « Je t'aime Ryōta. », et je suis parti.

Dès que ce désagréable sentiment m'avait pris au tripes quand j'étais remonté dans la chambre, j'avais eu la certitude que ce serait la dernière fois que je le verrais. Je crois qu'il l'avait comprit aussi, mais ni lui ni moi n'avons rien dit. Pour ne pas inquiéter l'autre, ou par pur déni, je ne sais pas vraiment. Toujours est-il que je suis revenu, quelques heures plus tard, après le boulot, et que la chambre était vide.

« Je suis vraiment désolé », M'a dit le médecin, « Kise-san nous a quittés il y a environ une heure. Un peu avant de mourir, il a transmit un message pour vous à Kiyoko-san, son infirmière. Je vais aller la chercher, ne bougez pas. »

De toute manière, je ne pouvais pas bouger. Je ne pleurais pas, et sur le moment, je ne me sentais même pas triste. Juste... vide. Vide de tout, même du moindre sentiment et de la plus infime émotion. Mon regard était perdu sur le lit inoccupé dont les draps avaient déjà été changés, et qui était maintenant prêt à accueillir quelqu'un d'autre. C'était tellement cruel...

« Kasamatsu-san ? », C'était l'infirmière, Kiyoko. Elle était grande, assez jolie. Les cheveux noués en chignon sage à l'arrière de son crâne, et les yeux empreints de tristesse et de compassion. Elle m'invita à la suivre dans la chambre qui avait été celle de Ryōta , et elle ferma la porte. Le visage toujours inexpressif, je m'assis sur le fauteuil inconfortable dans lequel j'avais passé tant d'heures à attendre, la peur au ventre et l'inquiétude au coeur.

« Je tiens à vous présenter toutes mes condoléances. Kise-san était vraiment quelqu'un de bien. ».

Je hochai la tête sans répondre, sans la regarder.

« Après que vous soyez parti tout à l'heure, il m'a demandé de prendre un message pour vous. Il m'a demandé de vous dire qu'il vous aime, et qu'il veut que vous continuiez à vivre, que vous parveniez à être heureux sans lui. Mais il vous demande de ne jamais l'oublier, comme il ne vous oubliera jamais. Il vous demande aussi de dire à ses anciens coéquipiers de la "Génération des Miracles", qu'il ne les oubliera jamais eux non plus, et qu'il a été vraiment heureux pendant le temps qu'il a passé avec eux. Tout comme il a été heureux du temps qu'il a passé avec vous. » Elle marqua une pause parce que sa voix s'était mise à trembler. Au bout de ce silence où je la voyais du coin des yeux regarder ses pieds, elle releva la tête et ajouta avec professionnalisme : « C'est tout. Vous pourrez récupérer ses affaires dès demain. Désolée... »

Elle sortit de la pièce, me laissant seul, et alors des larmes commencèrent à recouvrir ma vue. Tout ce qu'elle venait de me dire résonnait dans mon esprit, comme une comptine qui vous reste dans la tête et qui vous obsède. J'avais le coeur broyé dans un étau, et je me sentais terriblement coupable.

« Dis, Yukio... Est-ce que tu resteras avec moi jusqu'au bout.. ? »

« Bien sûr. Je t'en fais la promesse. » J'avais promis d'être là jusqu'à la fin, mais finalement, je n'avais pas été présent pour lui quand il avait quitté ce monde. Est-ce qu'il avait eu peur ? Est-ce qu'il avait pleuré ? J'aurais tout donné pour pouvoir être à ses cotés, le consoler, le rassurer, sécher ses larmes, et être fort pour lui.

Ce monde était vraiment cruel... A cet instant, je voulais mourir, et ma peur revenait au centuple. Ma peur de me retrouver seul, sans lui. Sans son sourire, sans sa voix, sans son corps, sans sa lumière. J'étouffais un sanglot et plaquai une main devant ma bouche en me pliant en deux. J'avais mal, affreusement mal. Mon ventre se tordait, mes muscles se contractaient et les violents spasmes des sanglots n'arrangeaient rien à mon mal. Je n'avais jamais autant souffert, et les larmes coulaient en abondance sur mes joues.

« Ryōta ... ». Quel misérable couinement... Un appel au secours. Je me sens dépérir sans toi, Ryōta. Mon idiot de Kohai, mon crétin de petit ami. Le stupide amour de ma vie. Je t'aime, je t'aime tellement ! Je voulais te dire encore tant de choses, partager avec toi tant de choses... Bien sûr que je ne t'oublierai jamais, comment est-ce que je pourrais faire une telle chose, hein ?

Dis, Ryōta , comme c'est, le paradis ? J'espère que tu y es heureux maintenant. Ne t'inquiète pas, je viendrai te rejoindre. Et on se mariera. Et on sera heureux. Pour l'éternité.


Et voilà, j'espère que ça vous a plu ! Si vous voulez me tuer, prenez un ticket et faites la queue ! ~ :p

J'ai beaucoup aimé écrire ce texte, parce que le sujet me tient à coeur. Je sais que ce n'est que mon avis personnel, mais je pense que plus de gens devraient accepter d'être donneurs d'organes. De toute façon une fois qu'on est mort, on en fait plus rien de notre corps ! Alors si ça peut aider une personne à vivre plus longtemps, je pense que ça vaut vraiment le coup ! Enfin après, c'est subjectif et je force personne hein ! ^^ (message subliminal : donnez vos organes, sauvez des vies, donnez vos organes, sauvez des vies ! /pan/) (on dirait un peu une pub nulle ._.)

J'ai quand même beaucoup hésité pour la fin, entre ce que j'ai gardé (Kise qui fait passer un message à Yukio pour lui dire qu'il l'aime et qu'il a été heureux avec lui) ou être vraiment cruelle et enlever ça, mais bon, j'ai fini par décider de le laisser, parce que quand même ! (vous voyez que je suis pas SI méchante que ça 8D)

Bref ! Je suis assez contente de celui-là, alors j'attends vos avis avec impatience ! :3

A bientôt ~