Chapitre 3
Jack courut à perdre haleine à travers les couloirs du SGC, ignorant les appels des militaires étonnés de sa présence et de son empressement.
Il déboula dans la salle de briefing ou Daniel, Teal'c, Janet et le général étaient déjà assis à discuter.
_Que s'est-il passé ? cria-t-il en posant son regard tour à tour sur les différentes personnes attablées.
A peine surpris par son entrée fracassante, le général lui désigna calmement un siège. Il y prit place sans discuter, comprenant le message.
_Bien, à présent que tout le monde est là, nous allons pouvoir partager les informations au sujet de la disparition du major Carter. Docteur Jackson ?
_Sa voiture a été retrouvée sur le sentier reliant la nationale 9 et la départementale 17, empruntée presque exclusivement par les riverains. Aucune trace d'accident apparente, la voiture était simplement garée sur le bas-côté, énonça ce dernier.
_Est ce que quelqu'un a vu quelque chose ? demanda Jack.
_Cette route serpente entre les montagnes, personne n'y vit. Un homme de la base l'a empruntée ce matin et s'est étonné de la présence de cette voiture vide et nous l'a signalé. C'est tout ce que nous avons comme info pour le moment… intervint Janet.
_Donc ça s'est passé entre 11h hier soir et 5h ce matin, déduit Daniel.
_Quelqu'un a essayé son portable ? demanda Jack.
Le petit médecin acquiesça.
_On l'a même retrouvé grâce à la géolocalisation, quelque mètre en contrebas du lieu de … l'accident.
_Il doit bien y avoir un moyen de la retrouver ! On n'a pas une puce ou un bidule comme ça dans nos plaques d'identification? s'énerva le militaire.
Jack n'eut pour toute réponse qu'un silence lourd et il soupira d'agacement devant ce manque d'investissement.
_Nos équipes médico-légales sont en ce moment même en train d'étudier la voiture à la recherche d'éventuelle trace d'ADN ou autre indices. Nous ne pouvons plus qu'attendre à présent, conclut Hammond en se levant.
Daniel se leva et rejoignit Jack qui était déjà sorti de la salle comme une flèche. Il le rattrapa aux vestiaires.
_Ne dramatiser pas tout Jack, elle vient juste de disparaitre. Peut-être qu'elle a simplement croisé quelqu'un et qu'elle a juste oublié l'heure…
Jack se tourna vers lui et le regarda durement pendant de longue seconde qui parurent des heures à l'archéologue qui trépignait sur ses pieds, mal à l'aise. Il se frotta la nuque en détourant le regard.
_Bon d'accord, j'aurais pu faire mieux mais j'ai rien trouvé d'autre… avoua-t-il.
Jack, agacé, souffla en faisant volteface.
_Il n'y a pas 36 possibilités Daniel, Carter n'aurait jamais laissé sa voiture sur le bord de la route, son arme à l'intérieur et son Gsm a trente mètre en contre bas. Quelqu'un l'attendait, l'a forcé à descendre de son véhicule et je ne sais pas encore ni comment ni pourquoi l'a emmenée avec lui.
XxXxXx
Campbell ouvrit son frigo et mit sur un plateau une tranche de pain et une carafe d'eau. Ça serait amplement suffisant pour le moment.
Il descendit les escaliers, déverrouilla la porte de la cave et y entra d'un pas franc. Ses mains étant encombrées, il ne prit pas la peine de fermer la porte derrière lui.
_Je vous ai apporté votre dîner trois étoiles, ricana-t-il en déposant le plateau par terre.
Il leva alors pour la première fois les yeux sur la pièce. Son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsqu'il ne vit nulle part sa prisonnière. Au lieu de ça, un tas de corde reposait en évidence au milieu de la cave.
_Merde !
Il tourna brusquement la tête au moment même où Sam, qui s'était glissée derrière lui dans le silence le plus complet, l'envoya à terre d'un crochet du droit.
_Sale garce ! jura-t-il en se massant la mâchoire.
Lorsqu'il la vit courir vers la porte, il prit la carafe près de lui et la balança vers elle d'un geste précis à l' extrême. Sam se baissa au dernier moment et le récipient explosa sur le mur, à l'emplacement exact ou sa tête aurait dû supposée être. Elle lui jeta pendant de longue seconde un regard stupéfait avant de reprendre ses esprit et d'ouvrir la porte pour fuir tant qu'il était encore temps.
Il se remit précipitamment sur ses pieds, trébucha et s'élança à sa poursuite. En quelques enjambées, il était derrière elle, montant les marches quatre à quatre. Tel un prédateur bondissant sur sa proie, il se jeta sur elle et la saisit à la cheville. Elle cria tant de surprise que de douleur lorsqu'elle heurta brutalement le sol. Elle se sentit glisser vers l'escalier et tenta désespérément de se raccrocher a quelque chose mais aucune prise ne lui en laissait la possibilité. Elle se retourna alors brusquement tout en balançant son autre pied en parade de dernier recours. Seulement, l'homme qu'elle combattait était – ou avait été – militaire, il évita sans peine l'attaque et tira brutalement une nouvelle fois sa cheville, sous la force de la traction, Sam dégringola dans l'escalier, se cognant plusieurs fois la tête sur les marches en pierre.
Campbell la regarda impassiblement dévaler devant lui. Sa mâchoire était serrée et sa respiration saccadée. Il s'approcha avec précaution du corps de la jeune femme, immobile au bas des marches. Sam releva doucement la tête et gémit, elle tenta de se redresser mais son ravisseur lui envoya un coup de pied dans le ventre qui lui coupa la respiration et elle s'affala de nouveau. Elle trouva tout de même la force de lui jeter un regard révolté. Sans plus attendre, il lui saisit le bras, lui tourna derrière le dos et la força à se lever.
_Je vois que vous savez toujours vous battre major Carter, cracha-t-il en lui tordant un peu plus le bras, la faisant crier de douleur.
_Ton joli cocard en témoigne, gronda-t-elle farouchement.
Il se rapprocha doucement et lui glissa suavement a l'oreille :
_Est-ce du courage que je vois là, ou de la bêtise ?
_Va te faire voire, cracha-t-elle.
Il rit doucement en la poussant sans ménagement dans la cave.
_C'est votre faute ce qui est arrivé, ne m'en blâmer pas. Je reviens, plus de gestes stupides, ou je serais moins gentil. Compris ?
Sam acquiesça, résignée. Pour le moment…
XxXxXxX
Jack était au bord de la crise de nerf, il tournait en rond depuis la matinée comme un lion en cage. Le plus dur n'était pas de savoir Sam en danger, c'était le fait qu'il ne puisse rien y faire. Il aurait volontiers pris le volant de sa voiture pour aller la sauver, seul face à toute une armée s'il le fallait. Il aurait tout fait, tout affronté, peu importe le danger.
Mais le problème était qu'ils n'avaient aucune idée d'où elle pouvait bien se trouver ni qui l'avait kidnappé et pourquoi.
Ce qui le tracassait surtout c'était que son ravisseur devait être quelqu'un de familier car connaissant ses capacités, elle ne s'était sans doute pas rendue sans combattre farouchement… Et dans le cas contraire, alors il devait être un sacré combattant.
Ses réflexions furent interrompues par l'arrivée du docteur Fraiser dans la salle.
_Vous avez trouvé quelque chose ? s'enquit-il avec empressement.
_Nos équipe ont passé sa voiture au peigne fin et n'ont rien trouvé d'étrange… Aucun autre ADN détecté. Ils ont trouvé son Beretta qui était sur le siège passager, là encore aucune empreinte, commença-t-elle, nous nous sommes alors penchés sur le lieu de l'accident. Heureusement pour nous, le sentier était humide ce qui nous a permis de trouver des traces. On a sans aucun doute trainé quelque chose sur quelques mètres. On a aussi trouvé une empreinte de pas qui n'appartient pas à Sam.
_A qui alors ?
_Soit à quelqu'un étant passé avant l'accident, soit au ravisseur. Dans tous les cas, c'est un homme dont la pointure est 48 et il se peut qu'il soit plus proche de nous que nous l'ayons cru…
Jack fronça les sourcils, n'appréciant pas vraiment les devinettes dans un moment comme celui-ci.
_Ce qui veut dire ?
_Il portait les boots de la tenue réglementaire du SGC… souffla-t-elle en levant un regard lourd de conséquence sur le militaire.
Jack posa une main reconnaissante sur l'épaule du docteur avant de s'élancer vers le poste de contrôle, rempli d'un nouvel espoir.
Une piste, c'était tout ce dont il avait besoin.
_Walter vous me sortez la liste de tous ceux qui n'était pas à la base hier. Qu'ils étaient en congé ou en maladie, je m'en fous.
Le petit sergent acquiesça et se mit directement au travail, pianotant le plus rapidement possible sur les touches de son ordinateur, soucieux de répondre parfaitement à toutes les requêtes du colonel.
_Je suppose qu'on ne sait pas trier cette liste par ordre de pointure ?
Walter s'arrêta un moment et coula un regard dérouté à Jack qui haussa les épaules.
_Laissez tomber, je me débrouillerais.
Quelques minutes plus tard, Jack se dirigeait vers le bureau de Hammond, sa précieuse liste à la main. Il avait cependant perdu un peu de son engouement en constatant le nombre d'homme absent de la base hier soir.
A croire que tout le monde rentrait tous les soirs chez soi !
A suivre, laissez une trace de votre passage! :)
