Chapitre 3:
Le soir, vers 17h30, je rentrai chez moi et y trouvai ma mère assise sur le canapé. Elle était d'humeur nostalgique ce soir. Elle était en train de regarder des photos.
- Coucou maman !
Elle releva la tête, surprise et me répondit avec un sourire :
- Ma chérie ! Ça va ? Tout s'est bien passé ?
- Oui ça va. Tout s'est bien passé. Mais toi, tu es sûre que ça va ?
- Oui… en fait, non. Assied-toi ma chérie !
Je hausse un sourcil, inquiète, mais m'assois sans broncher. Une fois assise, je lui demande :
- Qu'est-ce que tu as ? Est-ce grave ? Les médecins t'ont dit quoi ?
- Ne t'inquiète pas par rapport à ça. Au lycée, y-a-t-il une fille qui…
- Oui !, m'exclamais-je en la coupant. Il y a une fille qui m'a pris pour sa jumelle ce matin, quand on était avec notre professeur principal et notre professeur de lettres, M. Benedetti. Elle est bête ! J'ai toujours été fille unique. Même si parfois, je rêvais un frère ou une sœur pour jouer, me protéger, etc.
- Justement, ton vœu s'est réalisé il y a maintenant 18 ans.
- Quoi ?!
- Tu as une sœur jumelle. Elle s'appelle Ayénide.
- C'est elle qui m'a parlé alors ?
- Décris-la-moi.
Pour ôter tout doute, je lui montrais la photo que j'avais prise d'Ayénide de dos.
- Mais elle est de dos, je ne sais pas si tu vas la reconnaître maman...
- Ne t'inquiète pas pour ça, me répondit-elle en prenant mon téléphone.
Après un court instant de réflexion, elle me dit que c'était bien elle.
- Elle est plus belle que moi, maman.
- Non, c'est faux. Vous êtes toutes les deux magnifiques.
- Mamaaan !...
Après un court silence entre nous deux, je repris :
- Pourquoi tu ne m'as rien dit pour Ayénide ?
- Ton père voulait un enfant, et quand je lui ai dit que vous étiez deux…, me dit-elle en insistant bien sur "un" et "deux"
J'écoutais ses explications avec attention. À la fin, je lui dis :
- J'irai la voir demain et lui parlerai. Quand je pense que j'ai une jumelle… Ouah ! Trop cool !
- Tu ne m'en veux pas ?, me demanda-t-elle, soucieuse.
- Je ne sais pas. Au début, oui mais quand tu m'as dit que mon souhait s'est exaucé, alors toute ma colère a laissé place à l'appréhension, la curiosité, la peur et la joie.
- D'accord. Mais de toute façon, tu aurais réagi autrement si tu étais en colère. Je t'ai préparé ton plat préféré.
- Du porc au caramel ?
- Oui !
- Oh ouais ! Tu gères maman ! Merci.
- De rien chérie, dit-elle en me prenant dans ses bras et en me faisant un bisou sur la joue. Je lui rendis la pareille.
Son repas était un festin et c'est avec le cœur léger et le sourire aux lèvres que je montais dans ma chambre.
