Et nous passons officiellement à la saison 4 !

DAM : Tu marques un point, là... Arthur a trop confiance en sa famille !

Abeille : En meme temps vaut mieux que Morgane ne sache pas qu'ils ont toutes leurs chances justement :p

titesouris : Vu le nombre de rapprochements qui ont été faits entre Merlin et HP, de toute façon...

Bergonis : Traduction du sort utilisé. Oui Agravain est pénible mais bon, il ne dure qu'une saison !

elisabeth49 : Je crois qu'on en a toutes envie !

Colinou : Justement, comme tu l'as fait remarquer, Gaius n'a pas le choix !

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Chapitre 4: L'Heure La Plus Sombre ~Partie 1~

Les vents froids faisaient tournoyer les feuilles dans le canyon asséché, envoyant des voiles de poussière dans l'air qui étaient repoussés par le capuchon de la silhouette en robe noire qui suivait la route. La femme tirait une petite charrette à main, son fardeau caché sous les plis d'une couverture, et quatre chevaux chargeaient sur la route derrière elle.

Elle ne se retourna pas pour regarder les quatre chevaliers, mais obéit à la commande de faire halte quand l'un d'eux le lui cria.

Sire Léon descendit de selle, Sire Elyan et les deux autres l'imitant tandis qu'il se dirigeait vers la femme et sa charrette.

« Où allez-vous ? »

Elle tourna légèrement la tête, mais pas assez pour que son capuchon cesse de dissimuler son visage.

« Vers les Mers de Meridor. »

Il fit halte à une courte distance d'elle, les yeux fixés sur le véhicule qu'elle tirait.

« Qui est dans la charrette ? »

La femme sembla hésiter, restant silencieuse, et il fit signe aux autres chevaliers de s'avancer pour l'appréhender, mais se figea sous le choc quand elle se retourna complètement et dévoila son visage... Le visage d'une traîtresse.

« Dame Morgane. »

Elle lança la main vers lui, paume tournée vers l'extérieur, une explosion silencieuse de magie le faisant trébucher. Elle en fit de même avec Elyan et les deux autres chevaliers, les quatre hommes désarmés et inconscients tandis qu'elle leur tournait ensuite le dos.

Morgane s'empressa de rejoindre la charrette, repoussant la couverture pour révéler la silhouette frêle de sa soeur, Morgause.

« Tout va bien ? »

L'autre sorcière acquiesça, tournant la tête pour regarder Morgane, le côté gauche, intact de son visage faisait désormais contraste avec les cicatrices à présent visibles sur le côté droit.

« Oui, merci. Mais dépêchons-nous, ma soeur... La nuit va bientôt tomber, et nous avons une longue route devant nous. »

Morgane replaça la couverture, saisissant les poignées de la charrette et reprenant la route. Elle n'accorda aucune pensée aux chevaliers allongés sur le sol rocheux derrière elle, mais si elle l'avait fait, elle aurait remarqué que déjà deux d'entre eux bougeaient.

Sire Léon grimaça tandis qu'il essayait de s'asseoir, seulement pour échouer quand un accès de vertiges l'envahit. Morgane était largement hors de vue, ayant déjà tourné dans le canyon lorsqu'il fut capable de se remettre sur pieds, et à ce moment Sire Elyan était également assis.

Tous deux échangèrent un regard, puis leurs yeux se portèrent sur leurs deux camarades. Ils n'avaient pas besoin de vérifier pour savoir que les autres chevaliers étaient morts, mais ils le firent quand même, le coeur lourd.

Elyan donna un coup de pied dans un caillou après qu'ils aient enveloppés les hommes dans leurs propres capes, chaque ligne de sa posture et de son visage hurlant la frustration.

« Morgane... Ceci est stupide ! Sans la loi contre la magie, ils seraient encore vivants. Combien d'autres chevaliers mal préparés sommes-nous censés regarder mourir aux mains de la magie, sans aucune défense contre elle ? Qui sait ce qui viendra ensuite si elle agit. »

Léon regarda son camarade de la Fraternité, tout aussi frustré mais avec plus de sang-froid. Merlin avait entrepris d'entraîner les cinq autres membres de leur groupe à résister à la magie peu après avoir terminé le sort sur les deux soeurs sorcières. C'était aussi bien, car sans ce petit avantage de résistance à ses sorts, tous deux auraient été écrasés par la magie de Morgane au même titre que leurs deux camarades.

« Je sais. J'aimerais que tous les chevaliers aient pu être entraînés comme nous, mais même avec le roi dans cet état, Arthur ne peut révoquer la loi contre la magie. Il ne peut faire cela avant d'être roi, et même alors il devra le faire lentement et en guettant le moment correct. »

Il se retourna, ramassant le premier chevalier mort et le portant jusqu'à son cheval.

« Nous devons retourner à Camelot, et avertir Merlin et le prince. »

Grinçant des dents, mais conscient que Léon avait raison, Elyan souleva l'autre homme et et l'attacha à son cheval comme l'avait fait Léon avec l'autre. Guidant ces deux montures avec leurs tragiques fardeaux, ils chargèrent ensuite en direction de Camelot.

~(-)~

« Désolé ! Je passe ! »

Quelques serviteurs adressèrent un regard agacé mais tolérant au jeune homme chargeant à travers les couloirs, slalomant entre les nombreuses autres personnes travaillant dans les couloirs pour les décorer de guirlandes de feuilles de lierre. Le château entier bourdonnait d'anticipation pour les réjouissances de ce soir, même si ces dernières auraient aussi la note sombre de leur objectif.

Ce soir, c'était le Samain, la nuit où l'on se souvenait des morts.

Les cuisines étaient aussi pleines que les couloirs quand il y arriva, la cuisinière semblant sur le point de le chasser quand il se glissa dans la masse pour atteindre la chemise qu'il avait laissée en haut d'une pile de tonneaux. Il avait eu l'intention de la prendre en sortant avec le petit déjeuner d'Arthur, mais avait été pris dans le flot de serviteurs quittant l'endroit. A la place il avait déposé le plateau de nourriture dans les appartements d'Arthur, laissé le prince au lit, et était reparti la chercher.

Il la saisissait juste quand il aperçut quelque chose qui n'était pas normal dans le chaos organisé des cuisines... Un crochet de métal accroché à un fil, pendant d'une grille de métal au-dessus de lui, était descendu petit à petit par nul autre que Perceval... Qui était naturellement encouragé par Gwaine, à qui revenait probablement la culpabilité de l'idée.

Merlin secoua la tête et roula des yeux, avant de jeter un oeil furtif à la cuisinière en chef et de planter ce crochet dans le côté de l'un des petits poulets rôtis que le duo semblait viser. Il s'enfuit ensuite de la cuisine avec la chemise, souriant tout seul quand il entendit la cuisinière crier en apercevant le poulet se diriger vers le plafond. Le voyage ne fut pas entièrement sans incident cependant, il fut bousculé par un jeune homme qui portait un pichet de vin, ce qui valut naturellement à la chemise blanche et propre de gagner une superbe tache rouge en plein milieu.

« Tu pourrais essayer le sel. »

Merlin leva les yeux de la chemise tachée, pour apercevoir Lancelot tandis que le chevalier le croisait. Il posa une main sur l'épaule de Merlin, la tapota et lui adressa un sourire entendu accompagné d'un murmure furtif.

« Tu as affronté pire, Merlin. Un homme de tes talents devrait pouvoir se débrouiller. »

Merlin répondit en haussant un sourcil, observant Lancelot s'éloigner avant de secouer la tête et de rouler la chemise, marmonnant dans sa barbe :

« Fordwin mamm. »

Il reprit sa marche à son tour, ne déroulant la chemise désormais impeccable que lorsqu'il fut largement hors de vue de tout serviteur l'ayant vue se faire tremper de vin. Ce fut aidé par le fait qu'il utilisa son raccourci habituel entre les cuisines et l'appartement d'Arthur, mais il fut quand même surpris de trouver le prince levé et habillé quand il arriva. L'homme dormait comme une masse lorsqu'il avait déposé le plateau du petit déjeuner, à peine quinze minutes auparavant.

Arthur vit son serviteur marquer une pause, et leva les yeux du papier qu'il tenait à la main.

« Oui ? »

Merlin baissa les yeux vers la chemise, puis vers la tunique rouge que portait son prince.

« Vous êtes vêtu. »

Arthur répondit en secouant la tête, tandis qu'il contournait son bureau pour s'asseoir.

« Oui, Merlin, je le fais très bien sans toi. »

Le mouvement exposa son dos, et le fait que sa tunique était rentrée dans sa ceinture, laissant nu le bas de son dos. Est-ce qu'il n'avait pas remarqué le courant d'air ? Merlin eut un grand sourire et tira insolemment le tissu vers le bas avec une touche de magie, faisant sursauter Arthur avant qu'il ne remarque à son tour ce qui était corrigé.

Merlin continua juste de sourire.

« Êtes-vous sûr de cela ? »

Il reçut en réponse un regard plat, Arthur s'asseyant et regardant son morceau de papier avec l'air de quelqu'un se débattant avec quelque chose.

« Fais juste tes corvées, Merlin. Je m'efforce d'écrire un discours.

- Voulez-vous de l'aide ?

- Non.

- Je peux déchirer cela alors ? »

Arthur leva les yeux, pour voir Merlin agiter un petit rouleau de parchemin. Le magicien gloussa :

« J'ai passé la nuit dessus. »

Durant la pause qui suivit, tous deux se regardèrent en silence avant qu'un prince résigné ne tende la main vers le rouleau. Il l'ouvrit alors et lut le discours écrit dessus avec des sourcils légèrement haussés.

Puis il le lui rendit.

« Très bien, tu peux écrire mon discours. Polis-le un peu plus et je l'utiliserai. »

Il observa son serviteur ranger le parchemin dans sa veste.

« Et n'oublie pas, ils ne sont pas nombreux, les serviteurs qui ont la chance d'écrire pour un prince. Tu devrais me dire merci. »

Merlin se contenta de hausser un sourcil avec un sourire narquois

« Crétin. »

Il tourna le dos à Arthur, qui avait également commencé à sourire devant leur badinage amical. Aussi stressé qu'il soit de pratiquement diriger le royaume depuis tous ces mois, il savait pouvoir compter sur Merlin pour lui remonter le moral.

Aucun d'eux n'était conscient, cependant, du terrible évènement sur le point de prendre place. Aucun ne savait que deux femmes venaient d'arriver sur la rive du lac où se trouvait l'Île Fortunée. Aucun n'était au courant du paiement donné par Morgane et Morgause au passeur attendant là, qui ne venait plus qu'une fois par an pour transporter les quelques pèlerins qui couraient le risque de venir là pour cette nuit spéciale, et dans les jours qui la précédaient et suivaient.

Et aucun d'eux ne connaissait le véritable impact de ce qui allait se produire...

~(-)~

« Vous ne mangez pas, Sire. »

Gwen marcha doucement vers l'homme vieillissant, ayant observé sa main tremblante reposer, sans l'avoir vidée, une coupe sur la table basse à côté de lui. Uther n'était plus que l'ombre de lui-même, ses cheveux longs, sa tenue et son apparence négligées. Toutes tentatives effectuées par elle ou par le serviteur du roi n'avaient eu que peu d'effet. Au mieux ils avaient réussi à ce qu'il mette des vêtements ordinaires. En ce qui concernait apparats et couronne, il n'acceptait pas qu'on les lui mette.

Quand le roi ne répondit pas à ses paroles, elle ramassa le plateau de nourriture à côté de lui et se tourna vers la porte, s'immobilisant quand elle trouva Gaius se tenant là avec une petite fiole de liquide.

Elle y jeta un oeil avant de croiser le regard de Gaius.

« Rien ne semble améliorer sa condition. »

Les paroles de Gaius avaient un ton de défaite, tandis que comme elle, il parlait afin que le roi n'entende pas. Même s'ils savaient tous deux qu'il ne réagirait probablement pas, quand bien même il entendrait.

« Cette potion n'y changera rien. Mais elle lui apportera la paix de l'âme. »

Tous deux regardèrent Uther, Gwen avec une forte dose de pitié.

« Cela fait un an que Morgane l'a trahi. »

- Il a le coeur brisé, soupira Gaius, et il a perdu le goût de vivre. »

Un silence solennel s'ensuivit, avant qu'il ne regarde de nouveau vers elle.

« Tu te joindras à nous lors des réjouissances ? »

Gwen secoua la tête.

« J'en doute. Je tiens à rester avec le roi.

- Tu prends grand soin de lui, Guenièvre. »

Elle se tourna vers lui, la pitié dans ses yeux désormais remplacée par l'expression solennelle du devoir.

« Je ne le fais pas pour lui. Je le fais pour Arthur. »

Elle resta où elle était, regardant le médecin se diriger vers le roi et l'encourager gentiment à boire la potion qu'il avait amenée. Elle continua de regarder tandis qu'elle faisait effet, laissant Uther l'air à moitié endormi. Tous deux quittèrent ensuite les appartements, et aucun d'eux ne remarqua quand Merlin sortit de l'illusion qu'il avait activée à l'intérieur de l'alcôve la plus proche des appartements du roi.

Il situait délibérément ces visites aux moments où il savait que Gaius venait de doser Uther avec le sédatif léger mais de longue durée, sachant qu'il préviendrait toute explosion soudaine. C'était étrange, cependant, de savoir à quel point le roi répondait peu à quiconque à part peut-être son fils, surtout avec ce qu'il savait d'autre.

Merlin entra discrètement dans les appartements, certain que ses sorts d'alarme à l'extérieur l'alerteraient de l'arrivée de n'importe qui. Il se dirigea lentement mais sûrement vers Uther, assis à côté d'une fenêtre, et s'assit délibérément sur le sol, proche du roi et dans son champ de vision.

Il fallut environ une minute, comme toujours, avant que des yeux qui semblaient morts ne se tournent vers lui. Bien que le roi réponde rarement à quiconque, même Arthur, il reconnaissait toujours quand le sorcier à qui il avait permis de vivre et de servir son fils était en sa présence.

« ...Laisse-moi. »

Merlin ne bougea pas, ignorant l'ordre à voix basse. Cela aussi, il en avait l'habitude, et il prit à la place une profonde inspiration et fit ce qu'il était venu faire... Son rapport au roi.

« La semaine dernière a été tranquille, sans signe de sorcellerie maléfique dans ou autour de la ville. J'ai fouillé la zone alentour aussi loin que possible avec l'eau, et j'ai localisé un petit groupe de bandits à l'est. Arthur a envoyé un escadron d'hommes les arrêter, et ils ont été pris sans grand problème. La sentence doit être prononcée dans quelques jours. »

Il ne dit rien d'autre, silencieux mais sans bouger de sa place sur la pierre froide. Il savait qu'il n'avait qu'à être patient, et effectivement ces yeux vides le regardèrent de nouveau, cette fois avec un peu plus de vie en eux.

La haine d'Uther pour la sorcellerie était toujours là, et pourtant elle cachait un léger éclair de gratitude pour ce jeune sorcier qui refusait encore et encore de reculer. Merlin démontrait obstinément mais discrètement sa loyauté envers Camelot de cette façon, chaque semaine sans faille, et il avait commencé à le faire sans que jamais on ne le lui demande... C'était juste sa manière de montrer qu'il se souvenait du voeu qu'il avait fait, et qu'il le tenait.

« ...Tu peux partir. »

Cette fois Merlin se laissa congédier, se remit sur pieds et s'inclina. Il retourna dans l'alcôve extérieure lorsqu'il eut fermé la porte, et attendit là que Gwen revienne sans le plateau qu'elle avait emmené dans les cuisines.

C'est alors qu'il dépassa les gardes un peu plus loin, un simple sort d'égarement marmonné pour détourner leur attention durant les quelques secondes qu'il lui fallut pour les croiser. Nul au sein de la Fraternité ne saurait qu'Uther connaissait son secret. Pas encore, et pas plus qu'il ne leur parlerait de la Conspiration. C'était à Gaius, Liam et lui de s'en préoccuper. Les deux secrets le resteraient jusqu'à ce que le bon moment arrive pour révéler chacun d'entre eux.

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Seigneur, c'est bon de revenir à une fic où Arthur sait la vérité, où il y a Liam et la Fraternité et plein d'évènements qui nous attendent !