Chapitre 11, et dernières ràr de elizabeth49 qui quitte l'équipe... Merci d'avoir participé à l'aventure elizabeth !

Colinou : C'est dans ces moments-là qu'on veut rentrer et intervenir dans la série

titesouris : Je reconnais bien la référence HP :)

Bergonis : ça nous permet de voir que meme Merlin a des faiblesses malgré son grand pouvoir

LPC : On préfère tous cet Arthur. Il est bien mieux que celui de la série

Abeille : Et oui, on redoute tous la fin à venir.

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Chapitre 11: L'Heure la Plus Sombre ~Partie 4~

La journée avait été longue, et en même temps effroyablement courte. Tout au long de la journée du bois avait été apporté et rationné, le peuple avait décidé dans quelles maisons ils se rassembleraient, et les gardes et chevaliers s'étaient vus assigner leurs patrouilles. Durant la lumière du jour, la nuit semblait à de nombreuses heures de là, et cependant maintenant qu'elle était là tout le monde avait l'impression que les ténèbres étaient sorties de nulle part.

Merlin prit une profonde inspiration, tendant son esprit vers la toile de magie toutes les quelques secondes pour se rassurer. Tant qu'elle était là, chaude et vibrante, alors aucun Dorocha n'était proche. Mais même ainsi, chaque mouvement perçu du coin de l'oeil le faisait broncher et chaque courant d'air froid lui faisait battre le coeur à toute vitesse.

Il alluma les bougies dans la chambre d'Arthur, où elles avaient été placées autour du lit du prince pour repousser le Dorocha pendant son sommeil... S'il arrivait à dormir, du moins. Tout le monde craignait les ténèbres, même si ce soir personne ne devrait être victime des esprits. Les préparations qu'Arthur avait apportées à la cité avaient été très rigoureuses. S'il arrivait quelque chose à quelqu'un ce soir, ce ne serait que par imprudence.

Un autre courant d'air passa derrière sa nuque, et Merlin broncha en laissant tomber le panier de bougies qu'il portait. L'une d'elles glissa loin de lui, s'arrêtant dans les ombres profondes sous le bureau près de la fenêtre. Arthur le regarda de l'autre côté de la pièce, leurs yeux se croisèrent sans que nul ne bouge. Normalement Merlin serait allé la ramasser directement... mais ce soir elle était dans les ténèbres, loin de la lumière. Et même s'il savait qu'il n'y avait pas de Dorocha à proximité pour l'instant, il avait encore peur d'y aller.

Arthur fit quelques pas vers lui, devinant ce qui devait être à l'esprit de son ami à cet instant, et plaça une main sur l'épaule de Merlin pour essayer de le faire rire.

"Veux-tu que j'appelle une servante pour t'aider ?"

Le magicien lui adressa un regard exaspéré, tandis qu'Arthur allait ramasser la chandelle lui-même. Le prince était en train de revenir vers la partie allumée de la pièce, quand le cri distant des esprits des morts les fit tous deux s'immobiliser.

Arthur regarda vers la fenêtre, mais ne retourna pas dans la zone protégée par les bougies, et Merlin fronça un peu les sourcils devant son absence apparente de peur.

"Vous n'avez pas peur ?"

Arthur se retourna et le regarda, solennel.

"Oh, si, Merlin. Peut-être plus que toi."

Merlin le fixa un long moment, avant de commencer à secouer lentement la tête.

"Croyez-moi, ce n'est pas le cas."

Il alla s'asseoir au bord du lit du prince, croisant les mains devant lui tandis qu'Arthur le suivait.

"Vous avez peur parce que ma magie, sur laquelle vous vous reposiez, ne peut pas vous protéger de ça... Mais vous ne connaissez cette protection que depuis deux ans.

- Merlin..."

Le magicien leva la tête, pâle de terreur.

"Je n'ai rien connu d'autre que la protection de ma magie de toute ma vie. Je n'en ai jamais été privé. Même les fois où je ne savais pas de quels sorts j'avais besoin, je pouvais chercher dans mon grimoire et en trouver un qui puisse nous sauver. Mais maintenant..."

Il secoua la tête, laissant échapper un rire jaune à l'air pitoyable qu'il devait avoir.

"Le grand Emrys est impuissant, tremblant de terreur comme un enfant parce qu'il ne peut pas utiliser sa magie pour protéger ce à quoi il tient."

Arthur le regarda parler en silence, avant de venir s'asseoir à ses côtés et d'attirer le magicien choqué dans une étreinte d'un bras.

"Tu n'affrontes pas cela seul, Merlin, et souviens-toi... J'ai beaucoup plus d'expérience pour affronter les choses sans la protection de la magie... Enfin, sans savoir que j'avais la protection de la magie, en tout cas. Fais juste confiance à tout le monde et on s'en sortira."

Il regarda du coin de l'oeil le visage toujours surpris de Merlin.

"Mais si tu dis à qui que ce soit que j'ai fait ça, je te ferai mettre au pilori pendant une semaine."

Il relâcha Merlin de son étreinte, avant de se lever et d'aller finir d'allumer les bougies dont Merlin avait été en train de s'occuper. Pendant ce temps le magicien était toujours assis là, avant de rouler des yeux et de se lever à son tour.

"Bien sûr, tête de bois. Je ne dirai rien à personne qui puisse leur faire croire que vous vous adoucissez."

Il se dirigea vers la porte, prenant une unique bougie allumée avec lui.

"A demain, Sire... Et merci."

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Les rues étaient silencieuses à l'exception du cliquetis des cottes de mailles portées par les patrouilles. Personne ne portait de heaumes ou de capes, aucun extra qui puisse les alourdir ou restreindre leurs mouvements. Cela avait été la décision d'Arthur, étant donné que la capacité à réagir et esquiver le Dorocha était bien plus important que porter quelque chose qui ne vous protègerait pas de toute façon.

Le groupe de gardes poursuivait sa route, déposant du bois dans les brasiers qui brûlaient le plus faiblement sur leur chemin. Avec eux marchaient deux des chevaliers de Camelot, Elyan en tête, et Perceval suivant à l'arrière. Ils étaient plus là pour donner du courage aux gardes que pour faire autre chose, mais il était également vrai qu'ils étaient plus attentifs à ce qui se passait autour d'eux que les autres hommes.

Ce qui fut prouvé lorsque Perceval s'arrêta, ayant entendu quelque chose dans l'allée entre deux maisons. Après avoir jeté un oeil à la patrouille qui avançait toujours sans lui, il se retourna et se dirigea vers la source du bruit pour trouver une petite fille recroquevillée derrière un tonneau.

Il lui sourit pour la rassurer.

"Hey hey hey, tout va bien, tu n'as rien à craindre."

Il s'approcha d'elle, marquant une pause lorsqu'il aperçut deux enfants de plus... et cela lui posait un problème. Ils avaient trop peur pour bouger, et il n'avait que deux bras pour les porter... Pour porter trois enfants et une torche.

Perceval contempla la torche après avoir regardé dans la rue pour s'apercevoir que sa patrouille était largement hors de vue. N'ayant pas d'autre option, il la lâcha et ramassa les trois enfants, courant avec eux le long de la rue en direction du reste de ses hommes. Le bruit de sa course résonna dans la rue, attirant l'un des Dorocha tout comme ce qui se serait passé s'il avait appelé sa patrouille. Mais il ne pouvait pas s'arrêter, il n'avait pas de torche avec laquelle le combattre. Il ne pouvait se fier qu'à sa vitesse...

Et la torche manié par le chevalier qui avait remarqué son absence et était revenu le chercher.

Elyan chassa l'esprit, avant de se retourner pour adresser à Perceval un long regard et secouer la tête. Il prit en charge l'un des enfants de l'autre chevalier, avant de mener le groupe vers la maison dans cette partie de la rue où les citoyens s'étaient rassemblés par sécurité.

Lorsqu'ils furent arrivés, les enfants sains et saufs dans les bras de leur mère, Perceval regarda son sauveur.

"Merci."

Elyan haussa légèrement les épaules.

"Je ne voulais pas que tu sois le seul à te couvrir de gloire."

Ils rirent discrètement et quittèrent la maison, afin de rattrapper leur patrouille. Le matin n'était plus loin désormais, et à la fin de cette patrouille un autre groupe les remplacerait et ils pourraient aller chercher un peu de repos.

En milieu de matinée l'humeur était un peu moins optimiste, en raison de l'arrivée de plus d'une centaine de réfugiés provenant des villages à proximité et au-delà. La réaction d'Arthur fut de réunir le conseil restreint habituel : Agravain, Gaius, et sous prétexte d'être sous la main pour des courses, Merlin.

Ce fut le médecin qui parla tandis qu'Arthur contemplait les arrivées de la fenêtre.

"Ils arrivent des confins du royaume. Ils viennent chercher protection à Camelot."

Le prince se retourna en hochant la tête.

"Et nous leur offrirons.

- On ne peut pas tous les accueillir."

Agravain fronçait les sourcils, bien que Merlin ne remarque mentalement que ce n'était pas comme si le noble devait s'inquiéter de partager ses quartiers avec qui que ce soit. Arthur ne tenait pas non plus compte de la protestation.

"Nous devons essayer.

- Comment ?"

L'oncle du prince semblait sur le point de faire les cent pas.

"Nous ne pouvons pas vivre ainsi éternellement. Il faut trouver le moyen de vaincre ces créatures."

Arthur regarda en direction de Gaius et Merlin, sachant que tous deux auraient travaillé tard la nuit précédente pour trouver cette solution

"Avez-vous pu trouver quelque chose dans vos livres, Gaius ? Comment les vaincre, c'est tout ce que je demande."

Le médecin soupira, sombre, et prit en compte la compagnie présente en prenant la parole.

"Je crains que ce ne soient ni les épées ni les flèches qui triomphent du Dorocha. Si j'ai raison, si le voile entre les mondes a été déchiré, il n'y a désormais plus qu'une solution ... C'est se rendre sur l'Île Fortunée et le réparer."

Arthur commença à froncer les sourcils, choisissant également ses mots avec soin étant donné la présence de son oncle.

"Et de quelle façon."

Merlin fit un pas en avant, parlant avant que Gaius n'en ait l'occasion, ses yeux disant au prince de ne pas se faire d'idées impulsives.

"Pour que la rupture ait eu lieu,il a fallu qu'une victime soit offerte en sacrifice... Il faudra donc en sacrifier une autre."

Un silence total emplit la pièce, la voix d'Arthur sombre quand il répondit :

"Nous allons partir avant la nuit."

Gaius le regarda avec inquiétude.

"Quel être humain sera sacrifié ?

- Si le fait d'offrir ma vie épargne le peuple de Camelot, alors là est mon devoir."

Agravain, semblant aussi mécontent de cette tournure des évènements que Merlin et Gaius, s'inclina et quitta la pièce. Ce n'était pas plus mal, car après avoir pris le temps de lancer un sort de silence sur la pièce, Merlin explosa presque.

"Est-ce que vous êtes complètement idiot ? A quoi vous pensez ?!"

Il rejoignit Arthur, qui se retourna et le prit par les épaules pour le tenir à bout de bras.

"Il ne m'a pas échappé, que c'est probablement exactement ce que veut Morgane. Si je joue le jeu, alors il est possible que ses alliés et elle se montrent à l'Île, pour nous arrêter ou pour jubiler. S'ils le font, alors il est fort possible que nous puissions utiliser l'un d'eux pour refermer le voile."

Merlin s'immobilisa de surprise.

"Est-ce que vous êtes en train de dire que vous envisagez sérieusement d'utiliser un ennemi comme sacrifice humain ?"

Le prince soupira, se passant une main dans les cheveux.

"Je sais, ça ne me ressemble pas, mais si nous devons les combattre alors il ya des chances qu'au moins certains d'entre eux meurent de toute façon. Autant que leur fin serve à quelque chose."

Le silence retomba, jusqu'à ce que Merlin soupire en secouant la tête.

"D'accord, je ne peux pas contredire ça. Ils jouent déjà avec des choses dangereuses, alors ils seraient stupides de ne pas s'attendre à ce que ça puisse les faire tuer."

Il se retourna pour quitter la pièce, retirant son sort en même temps.

"Je vais dire aux Chevaliers de la Fraternité de se préparer. Nous pourrons sortir d'ici avant midi."

Arthur le regarda fixement.

"Tu vas venir aussi ?"

Il se vit répondre d'un ton dur.

"Mes pouvoirs sont peut-être inutiles contre ces créatures, mais je ne vais certainement pas rester assis là sans rien faire. Au moins je peux vous prévenir quand elles s'approchent. C'est mieux que rien."

Aucun d'eux n'était conscient qu'à ce même instant, Agravain quittait le château à cheval. Aucun d'eux conscient qu'il faisait exactement ce que Merlin avait décidé de guetter... Se diriger vers un rendez-vous avec Morgane dans sa maison dans les bois, pour lui donner la bonne nouvelle de la perte imminente et inévitable d'Arthur.

Mais quand bien même, ses nouvelles ne la réjouirent que légèrement, car elle avait encore l'esprit focalisé sur quelque chose que lui avait dit la Cailleach... Un avertissement de sa propre perte, aux mains du nommé Emrys.

~(-)~

Arthur était assis dans le fauteuil en face de son père, qui regardait dans le vide comme s'il n'avait conscience de rien. Il avait confiance en Merlin, et en la destinée, il croyait que les événements tourneraient en leur faveur. Que même s'il partait supposément se sacrifier, il reviendrait à la maison victorieux. Mais il savait néanmoins qu'il risquait tout, sa vie comme son avenir. Il ne pouvait pas partir en sachant cela, sans parler d'abord à l'homme qui avait été son père et son mentor pendant si longtemps.

"Je dois vous remercier pour tant de choses. J'ai tellement appris de vous. Mais l'essentiel c'est que vous m'ayez appris ce que cela impliquait d'être prince. J'espère que cette fois, vous serez fier de moi."

Il fut contraint de s'arrêter, une boule dans la gorge tandis que des larmes luttaient pour sortir de ses yeux. Il était toujours si difficile de voir son père ainsi, l'enveloppe brisée d'un roi qu'il était devenu. Il se leva, se pencha pour placer un baiser sur la chevelure de son père, avant de commencer à s'éloigner.

Une main saisit son bras, le faisant s'arrêter et se retourner pour voir Uther le regarder d'un air implorant.

"Ne pars pas."

Arthur faillit sangloter, des larmes sur le visage tandis qu'il forçait doucement son père à lâcher prise.

"Père, je le dois, hélas.

- De grâce."

Le roi le fixait toujours désespérément, Arthur lui tenant la main pour le rassurer tandis qu'il la reposait sur l'accoudoir du fauteuil de son père.

"Je vous promets, de faire tout ce que je pourrai pour revenir sain et sauf."

Il se dirigea vers la porte, trouvant Gwen debout dans le passage entre les deux côtés des appartements.

"Promets-moi de veiller sur lui pendant mon absence."

Elle fronça les sourcils, commençant à avoir l'air inquiet.

"Qu'y a-t-il ? Vous n'êtes pas obligé de partir."

Il lui sourit tristement.

"Nous savons tous les deux que je le dois. Nous allons régler ça; Merlin, les Chevaliers et moi."

Elle lui prit les mains, le regardant dans les yeux avec toute l'inquiétude et tout l'amour qu'elle ressentait pour lui.

"Prenez soin de vous, Arthur, de grâce. Vous êtes précieux, pas qu'aux yeux de ce royaume."

Il entoura le côté de son visage de sa main, ses larmes désormais sèches.

"Souris-moi.

- Je ne saurais."

Il la contempla d'un air entendu.

"Tu n'as pas oublié la première fois où je t'ai embrassée ?"

Un beau sourire apparut sur le visage de Gwen, qu'Arthur lui rendit avant de l'attirer dans ses bras.

"Voilà. C'est le souvenir que je veux emporter."

Elle le suivit jusqu'à l'endroit où les Chevaliers de la Fraternité l'attendaient avec leurs chevaux, l'observa discuter avec le magicien avant d'approcher l'un des chevaliers elle-même. Il était presque midi, et ils devaient partir vite. Attendre Merlin était tout ce qui les retenait.

Lancelot lui adressa un léger sourire quand elle s'arrêta à ses côtés.

"Guenièvre."

Elle soupira, hésitante.

"Accordez-moi une faveur.

- Je vous écoute."

Ses yeux se tournèrent vers Arthur et son cheval, le prince vérifiant que tout était bien attaché avec une expression solennelle sur le visage.

"Ramenez-le à Camelot. Protégez-le, je vous prie."

Il y eut une lueur de tristesse dans les yeux de Lancelot, tandis qu'il acquiesçait à nouveau.

"Je le protègerai au péril de ma vie. Je vous en fais la promesse.

- Merci, Lancelot."

Elle s'éloigna pour retourner dans le château, Lancelot la regardant partir. Il tiendrait sa promesse, quel qu'en soit le prix. Une promesse à la femme qu'il aimait, mais qui avait choisi un autre à qui donner son coeur.

Lancelot soupira, se retournant vers son cheval pour vérifier son équipement comme le prince. Ils partiraient dès que Merlin serait là.

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Je trouve que Gwen abuse un peu dans la dernière scène. Elle pourrait demander à n'importe quel chevalier de la Fraternité de veiller sur Arthur, à commencer par son frère; mais non, elle va s'adresser à celui à qui ça fera le plus mal. Et qu'on ne vienne pas me dire qu'elle n'est pas au courant pour les sentiments de Lancelot, parce que c'est écrit partout sur sa figure, au pauvre homme...