Voici les ràr de Colinou !

titesouris : Rien que pour toi, malheureusement nonˆˆ

DAM : Tout le monde aime Lancelot... Joli point de vue pour Morgane. Arthur est né avec des oeillères, c'est bien connuˆˆ

Abeille : On a le meme point de vue...

Et moi (Julie) je dis toujours que de toute façon tous les chevaliers, surtout ceux de la Fraternité, l'auraient fait sans le demander de protéger Arthur. Et donc que le demander à Lancelot est inutilement cruel. Sur ce, retour à l'épisode...

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Chapitre 12: L'Heure La Plus Sombre ~Part 5~

La porte de sa petite chambre s'ouvrit, Merlin l'ignorant tandis qu'il continuait à préparer son équipement de voyage. Il n'avait pas besoin de regarder Gaius pour connaître l'expression qui figurerait sur son visage, une qui cherchait à le prévenir contre la même idée pour laquelle le jeune magicien avait réprimandé Arthur de sembler considérer.

"Ne fais pas ça."

Merlin le regarda, fermant son sac.

"Nous savons tous les deux que s'il n'y a pas d'ennemis à l'Île que nous puissions utiliser comme sacrifice, alors il est hors de question que je laisse Arthur faire ce que je sais qu'il fera. Si on en vient à ça, je dois prendre sa place, parce que c'est mon destin de le protéger et de m'assurer qu'il vive pour devenir roi et unifier Albion."

Gaius fit un pas vers lui.

"Non, Merlin-"

Son pupille l'interrompit fermement, le regard décidé.

"Ma vie a été exclusivement dictée par mon destin. S'il est écrit comme cela, eh bien... Je n'ai pas peur. J'ai déjà vécu la peur d'attendre la fin, quand j'ai cru avoir échangé ma vie contre celle d'Arthur, il y a des années. Ce n'est pas différent."

Il sourit à son mentor.

"Je mourrais volontiers, Gaius, en sachant qu'un jour Albion vivra."

Il attira Gaius dans une étreinte, le serrant fort dans ses bras tandis que le vieil homme murmurait :

"Mais ne pense même pas à sacrifier ta vie si tu n'y es pas obligé.

- C'est promis."

Merlin lui adressa un petit sourire tandis qu'il quittait sa chambre, rejoignant l'endroit où Arthur et les autres attendaient. Tout comme pour leur voyage précédent, rien n'avait besoin d'être dit. Effectivement, nul ne prononça un mot jusqu'à bien plus tard, quand Arthur leur annonça où ils s'abriteraient pour la nuit.

Ils s'étaient arrêtés près d'un cours d'eau dans la forêt, Arthur désignant les arbres.

"Nous devons atteindre Daelbeth avant le crépuscule. J'ai besoin d'un volontaire pour aller chercher du bois. Nous porterons ce que nous pourrons sans surcharger les chevaux, puisque nous ne pouvons pas compter sur le fait qu'il y en ait assez pour nous quand nous arriverons."

Ce fut Merlin qui partit en chercher parmi les arbres, suivi par Lancelot au bout d'un moment tandis que le reste du groupe s'occupai d'abreuver les chevaux et de leur donner à chacun une mesure de grain. Cela prendrait un moment, vérifier que les sabots n'avaient pas de cailloux et qu'aucune sangle ne s'était relâchée, mais c'était une sage précaution quand leur vitesse à atteindre l'Île dépendrait tellement de leurs montures.

Au milieu des arbres, Merlin utilisait déjà sa magie pour lancer chaque branche tombée autour de lui sur la pile qu'il formait. Lancelot le regarda faire pendant quelques instants, inquiet.

"Est-ce que tu es sûr que tu devrais être là, Merlin ? Contre le Dorocha, sans ta magie... Tu n'es pas un guerrier, même si tu te débrouilles avec une épée. Je refuse qu'il t'arrive quelque chose."

Merlin le regarda, sans s'interrompre dans son ramassage magique de bois.

"Tu sais que où Arthur va, je vais. Sa sécurité est toujours plus importante que la mienne. S'il était blessé et que je ne sois pas là pour le protéger, je ne me le pardonnerais jamais. Je suis cette route de ma vie depuis trop longtemps pour reculer maintenant."

Lancelot l'observa, réfléchissant à ces paroles.

"Tu lui ressembles vraiment beaucoup, à Arthur. Vous avez la même détermination."

- Tu veux dire que nous sommes tous les deux trop obstinés pour reculer sans combattre, répondit-il en riant."

Il ramassa la moitié de sa pile, désignant l'autre moitié d'un pied botté.

"Tiens, ramasse ça et aide-moi à le ramener aux autres. Plus on en ramassera maintenant, plus on pourra faire un grand feu ce soir aux ruines de Daelbeth."

Le chevalier s'exécuta et le suivit, sans remarquer le petit instant d'hésitation dans le pas de Merlin.

Le magicien jeta un oeil au-dessus de son épaule un instant, fronçant au pressentiment qui venait de l'envahir, ainsi qu'un mouvement à peine perceptible dans le sort dont il était le vaisseau.

De retour avec les autres, il s'assit sur un rocher et concentra son esprit dessus, essayant de retracer ce qui s'était produit au juste. Il fallut plusieurs secondes avant qu'il n'aperçoive un champ de bataille contre un ciel écarlate, les bannières de Camelot déchirées au milieu de bannières noires dans le même état arborant la marque de deux serpents rouge sang entremêlés. Des guerriers morts appartenant aux deux camps gisaient partout, il vit Excalibur plantée dans la terre à côté de l'un d'entre eux, puis il se vit lui-même sous la forme âgée de 'Dragoon', venant se dresser devant la main tendue d'une femme, une voix familière l'implorant.

'Aide-moi, Emrys. Je t'en conjure...'

Son visage âgé la regarda avec fureur.

'Est-ce vraiment ce que tu voulais, Morgane ?'

Il sursauta, tandis qu'il saisissait le faible écho de peur venant de la sorcière qui en faisait autant. Son sort avait formé un lien entre lui et elle, à peine assez tangible pour qu'il puisse voir ce rêve qu'elle avait fait et qui le concernait. Mais tandis qu'il s'inquiétait de l'image du champ de bataille, une partie de lui se demandait si elle n'avait pas été plus symbolique que réelle. Elle avait semblé trop irréelle, mais il ne rejetait pas la possibilité d'une énorme bataille dans le futur. Le plus important pour lui, cependant, c'était la partie qui avait causé le minuscule changement dans son sort.

La Cailleach l'avait avertie qu'Emrys serait sa perte, et maintenant Morgane pensait qu'il s'agissait de son vieil alter ego. C'était ironique, mais lui fournissait la couverture dont il avait besoin. L'Emrys dont elle connaissait maintenant le visage disparaîtrait entre deux confrontations avec elle. Elle ne le retrouverait jamais, peu importe à quel point elle pourrait chercher.

"Bien, nous avons assez reposé les chevaux. Reprenez la route !"

L'ordre d'Arthur sortit Merlin de ses réflexions, tandis que ce qu'avait vu le magicien le rassurait. Si Morgane avait ne serait-ce que des visions symboliques du futur, alors la tâche qu'ils partaient accomplir devait bien tourner. Sinon, elle n'aurait rien eu à voir.

Il resta silencieux le reste du voyage jusqu'à Daelbeth, ne mentionnant rien de son observation du rêve de Morgane. Arthur était peut-être l'hôte d'une partie du sort, mais il manquait d'expérience pour ressentir ce petit mouvement. Non, son esprit était ailleurs, comme les conduire tous sains et saufs à l'Île Fortunée. Ce n'était pas à lui de s'inquiéter de choses comme contrer Morgane.

Quand ils arrivèrent, l'ancien château les surplombait lorsqu'ils remontèrent l'étroite piste menant à ses portes, le crépuscule commençant à tomber et les mettant tous sur les nerfs. C'était différent de quand ils avaient approché de Howden, ils avaient cru alors que Merlin pourrait les protéger des dangers qu'ils pourraient affronter, mais maintenant... Maintenant ils savaient qu'ils devaient se reposer sur les torches et le feu qu'ils allumèrent au centre de l'énorme cour du château.

Arthur se tourna vers eux lorsque ce fut fait, après avoir jeté un oeil à la pile de bois qu'ils avaient apportée de la forêt... Ce ne serait pas assez pour durer même la moitié de la nuit, si le feu devait être assez large pour servir à quelque chose.

"Mettez-vous par deux. Ramassez tout le bois que vous pourrez. Nous devons faire en sorte que le feu continue de brûler."

Ils partirent suivant les instructions, tandis qu'Arthur restait dans la cour et faisait des torches avec le tissu imbibé de cire qu'ils avaient pris avec eux. La nuit arrivait vite, l'ombre des Montagnes Blanches coupant la lumière aussi vite ici qu'à Howden. Déjà les cris et lamentations du Dorocha se faisaient entendre dans la distance, le dernier bois ramassé à la lumière des torches jusqu'à ce que l'un des esprits les attaque.

Ils revinrent en courant dans la cour et s'assirent autour du feu qui y brûlait, formant un cercle tourné vers l'extérieur afin que personne n'expose son dos. Même ainsi ils ne ressentirent aucun réconfort, Perceval donnant voix à ce qu'ils savaient tous quand ils vérifièrent la taille du feu dont ils avaient besoin, et leur pile de bois.

"On va manquer de feu, cette nuit."

Gauvain haussa les épaules, refusant d'être pessimiste.

"Nous n'en savons rien. On fera le feu un peu plus petit s'il le faut, mais tant que nous aurons des troches de rechange à allumer on s'en sortira. On arrivera à l'Île demain et on pourra renvoyer ces choses d'où elles sont venues."

Ils s'installèrent pour attendre dans les ténèbres interminables, la lune montant peu à peu au-dessus de leurs têtes comme pour les narguer avec sa capacité à marquer combien de temps il leur restait avant l'aube. Pendant ces heures, ils diminuèrent deux fois la taille du feu, leur pile de bois grandissant également tandis que Merlin faisait de son mieux pour ne pas ajouter à leur nervosité.

Comment était-il censé leur dire, qu'il y avait assez de Dorocha ici pour que sa magie soit déjà presque entièrement bloquée sans même qu'ils soient si proches de lui ? La présence de la mort était juste trop forte.

Il resta silencieux, essuyant discrètement la sueur nerveuse qui ne cessait de perler sur son front, jusqu'à ce que vienne le moment où Gauvain souleva leur dernière pièce de bois pour la jeter sur le feu.

"Dernière bûche. On tire à la courte paille, si vous voulez, pour voir qui va en chercher.

- Je vais y aller."

Arthur se leva, ramassant l'une des deux torches restantes avant de l'allumer dans le feu. Merlin se leva également, le suivant avec obstination.

"Je vais vous accompagner."

Arthur haussa les sourcils.

"Tu es sûr d'être le plus utile ?"

Merlin se contenta de le fixer.

"Depuis quand savez-vous ramasser du bois ?"

La plaisanterie allégea considérablement l'atmosphère, chacun riant tandis qu'Arthur cédait. Tous deux se dirigèrent vers les ténèbres des ruines, la lueur de leur torche ne tardant pas à disparaître de vue parmi les couloirs.

Merlin resta à proximité d'Arthur, le laissant monter la garde tandis qu'il ramassait chaque bout de bois qu'il trouvait. Il utilisait sa magie pour attirer les morceaux vers lui, à la fois pour gagner du temps et comme avertissement. Celui-ci ne se présenta que trop vite quand un morceau qu'il avait 'saisi' tomba au sol lorque son pouvoir sembla disparaître.

Arthur réagit instantément, se retournant pour frapper l'esprit quand il arriva de nulle part en hurlant. Il le frappa de côté, cherchant d'autres menaces du regard quand il marcha sur une partie d'éboulis instable et trébucha au sol.

La torche lui échappa des mains, roulant sur la pierre sous leurs yeux horrifiés avant de glisser par-dessus le bord à proximité pour atterrir au sol, bien plus bas.

Tous deux se ruèrent vers le bord, fixant leur dernière source de défense, Merlin tendant la main et essayant désespérément de l'attirer vers eux avec ses pouvoirs.

C'est à peine si elle frémit dans sa faible poigne magique, avant qu'il ne sente de nouveau la glace recouvrir la terre. C'est alors qu'il aggripa Arthur, hissant le prince sur ses pieds et le tirant vers le peu de refuge que les couloirs abandonnés pouvaient leur offrir. Il ne fallut pas longtemps pour trouver une pièce avec une porte, qu'ils fermèrent derrière eux avant de se réfugier dans un coin au fond de la pièce.

Autour du feu, Lancelot et les autres entendaient les cris du Dorocha avec grande inquiétude. Le chevalier commença à faire les cent pas.

"Ils devraient être revenus maintenant."

- L'un de nous doit aller les chercher, acquiesça Elyan."

Perceval ramassa quelque chose, levant l'objet éteint pour leur montrer.

"Il ne reste plus qu'une torche."

Lancelot s'en saisit et l'alluma, avant de se retourner pour s'éloigner dans les ténèbres.

"Qui m'accompagne ?"

Tout le monde le suivit, personne ne voulant rester derrière. Tous les cinq arpentèrent les ruines à la recherche de leurs amis.

Dans la pièce, illuminée seulement par la lune passant par une fenêtre, Arthur et Merlin restaient dans leur coin en essayant de ne pas frissonner. Et entre les deux, c'était le prince qui semblait le plus effrayé, non le magicien.

Arthur le regarda, remarquant ce fait et le trouvant amusant.

"Tu sais, Merlin, tu es plus courageux que je le croyais."

Merlin sourit à ces paroles, appréciant la légèreté à cet instant.

" Ah, c'est vrai ? C'est un compliment ?"

La réponse d'Arthur ne tarda pas.

"Ne sois pas stupide."

Il se secoua, essayant toujours de ne pas frissonner.

"J'ai affronté tant de choses... Je n'ai jamais eu peur de mourir.

- Je pense que vous devriez continuer. Je veux dire, on est amis, et pensez au nombre de fois où on s'est retrouvés coincés dans des situations comme celle-là. La confiance nous a toujours permis de nous en sortir. On va vaincre le Dorocha. On y arrivera, Arthur. Tous les deux."

Cela fit sourire Arthur.

"Tu es un homme très courageux, Merlin... Entre les batailles."

Cela les fit doucement rire, repensant à l'époque où le prince ne savait pas cela. L'époque avant qu'il ait appris que l'homme à ses côtés était plus qu'un simple serviteur.

"Quand je pense à toutes les fois où je vous ai sauvé la vie. C'est drôle."

Arthur secoua la tête, riant toujours.

"Alors quand je deviendrai roi, je devrais peut-être faire de toi le bouffon de la cour.

- Peut-être."

Merlin sourit à cette plaisanterie, avant de pâlir et s'immobiliser un instant plus tard. Leur rire s'interrompit immédiatement, Arthur sachant que Merlin n'aurait réagi ainsi que s'il venait de sentir un Dorocha s'approcher.

Ses cris résonnèrent dans le couloir derrière la porte, tous deux frissonnant tandis qu'Arthur murmurait :

"On dit que l'heure la plus sombre est celle qui précède l'aube.

- Il fait sombre à l'heure actuelle."

Arthur lui jeta un regard.

"Alors le jour ne va pas tarder.

- Je l'espère."

Ils restèrent blottis dans leur coin, le moins visibles possible depuis la porte. Mais cela ne les aida pas, la forme brumeuse d'un Dorocha glissant à travers les craquelures de cette barrière avant de venir vers eux en hurlant.

Arthur commença à se lever, pour protéger son ami, mais fut tiré en arrière vers le sol quand Merlin se jeta littéralement entre l'esprit et lui, ignorant le cri horrifié du prince.

"Merlin, non !"

Le Dorocha le frappa, Merlin regardant au loin d'un air vide avant d'être jeté en arrière contre le mur au fond de la pièce. A l'instant où cela arriva, l'amulette autour du cou d'Arthur devint glaciale, résonnant comme une cloche silencieuse, un appel à l'aide.

Dans les couloirs, les chevaliers ressentirent tous la même chose, chacun sortant son pendentif pour voir le symbole du griffon y briller d'un rouge teinté d'or. Toutes les amulettes semblaient tirer légèrement dans la même direction, les chevaliers les suivirent et firent irruption dans la pièce où s'étaient cachés les autres.

La lumière de la torche banni le Dorocha de la pièce, tous les yeux se tournant vers Arthur dans une interrogation silencieuse, avant qu'ils ne regardent tous la silhouette immobile et silencieuse de Merlin effondré au pied du mur du fond.

Arthur se redressa maladroitement, courant vers lui, les mains temblantes tandis qu'il les tendait vers son ami.

"Merlin !"

Ses mains saisirent l'épaule frigorifiée du magicien, le faisant rouler pour révéler une expression figée dans un moment de surprise. Son corps recouvert du même gel que toutes les autres victimes du Dorocha.

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