Me revoilà, avec les ràr d'Abeille :

Colinou : Gwen assure vachement tout ce qu'elle entreprend, c'est quasiment une femme moderne.

Titesouris : personne n'aime Agravain … pas même Morgane.

DAM : rox ? rock ? c'est pas évident de percevoir la perfidie des gens quand on ne voit que le bon chez les êtres humains. C'est quand même la dernière (à part Uther et Arthur… mais l'un voit pas plus loin que le bout de son nez et l,autre est un grand naïf.) à avoir compris qu'elle était une sorcière alors qu'elle travaillait sous ses ordres. Gauvain a trop la classe. Persuadée qu'en vrai c'est un coeur d'Artichaut.

Elisabeth49 : Ouais, elle est vraiment royale dans cet épisode. Elle gère

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Chapitre 15: L'heure la plus sombre ~Partie 8~

Les chants des oiseaux accueillant la lumière du matin le réveillèrent, la mélodie clapotante et désœuvrée comme le doux murmure de la rivière En l'écoutant, Lancelot ouvrit ses yeux et regarda vers les arbres dans le ciel du matin. Il était couché là, se demandant où il était, jusqu'à ce qu'il se souvienne pourquoi il y était.

Le chevalier roula sur le côté vers l'endroit où Merlin avait été allongé, le fixant quand il ne vit que le manteau qu'il avait déposé sur le sorcier avant de se lever en sursaut pour regarder aux alentours, inquiet.

Pour seulement se retrouver confronté à la vue de Merlin se balancer sur deux rochers, deux poissons pendant sur une corde qu'il agrippait, et ses mains étaient occupées avec une lance fabriquée à partir d'une branche avec laquelle il tenait intensément en joue les habitants aquatiques sous lui.

"Merlin?"

"Shhh!"

La réprimande feutrée du sorcier fut suivie par le jet de lance dans l'eau, un acte qui échoua à atteindre une cible et pourtant Merlin ne semblait du tout déçu quand il se tourna et se dirigea vers le chevalier en tenant le poisson qu'il avait déjà attrapé.

"Petit déjeuner!"

Lancelot sauta sur ses pieds, semblant confus.

"Merlin, que…? Que fais-tu...?"

Le sorcier vint s'arrêter en face de lui, semblant déconcerté.

"Quoi?"

Lancelot le regarda de haut en bas.

"Tu es sensé être… à l'agonie !"

Merlin haussa un sourcil, essayant de ne pas sourire.

"Désolé." Il lui tendit le bâton. "Tenez."

Lancelot l'accepta avec un petit froncement de sourcil.

"Que veux-tu que j'en fasse ?"

"Vous aviez l'air d'être sur le point de tomber."

Lancelot fit un balancier avec le bâton pour le frapper, Merlin l'esquivant facilement et souriant.

"Vous n'êtes pas aussi vif qu'Arthur."

"Ah ouais ?"

Merlin se tourna comme s'il se souvenait de quelque chose, se dirigeant vers là où se trouvait leurs chevaux.

"Venez, on doit rattraper les autres."

Lancelot le fixa.

" Non, tu retournes à Camelot !"

Merlin lui jeta un coup d'œil en arrière, mais ne s'arrêta pas.

"Rentrez tout seul !"

"Merlin!"

"Saluez Gaius de ma part !"

"Merlin!"

Lancelot lâcha un soupir, attrapant son épée et son manteau et le rattrapa.

"Arthur a raison sur une chose : tu fais jamais ce qu'on te dit."

Merlin eut l'air pensif pendant un moment et puis secoua la tête avec un petit sourire.

"Non."

Il magouilla quelque chose avec ses mains avant de murmurer un sort dans sa barbe. Un instant plus tard un poisson cuit sur un bâton était poussé vers le nez de Lancelot.

"Tiens nous pouvons manger pendant que nous chevauchons. J'ai déjà appelé Kilgharrah, et lui ai demandé de nous suivre de près juste au cas où. Mais pas de trop près, parce que nous ne savons pas si nous ne risquons pas de croiser des alliés de Morgane ou pas. J'aimerais le garder en surprise."

Lancelot se tint là un peu surpris, tenant toujours le poisson pendant que Merlin montait facilement en selle, alors qu'hier il avait dû y être attaché. Alors, après avoir secoué la tête, il prit un morceau de poisson et avança aussi sur le chemin avec son propre cheval.

"Je suppose que cela veut dire que maintenant nous allons prendre un raccourci ?"

Merlin sourit.

"Tout droit à travers la lande pour aller de l'autre côté des montagnes blanches. Nous aurons rendez-vous avec Kilgharrah quand nous camperons pour la nuit. Apparemment le dorocha ne l'aime pas beaucoup. Il irradie tellement de magie qu'il ne doit pas les réchauffer de son feu. C'est comme s'ils frappaient contre un mur lorsqu'ils arrivent à proximité. Il nous protégera."

Ils lancèrent leurs chevaux en avant, se tournant vers l'ouest tandis que Lancelot réfléchissait à ça.

"Arthur ne va pas être heureux quand il découvrira que tu aurais pu faire ça en premier lieu."

"Et Kilgharrah lui dira qu'il est un dragon et non un baby-sitter."

~(-)~

Les hommes s'agenouillèrent au bord du ruisseau, lavant la boue et la puanteur des baies de gaia alors qu'ils reprenaient leurs souffles de leur folle course à travers les tunnels sous la montagne. Tous étaient fatigués, et ce fut Léon qui approcha le prince.

"Ils sont fatigués, sire." Il sourit. "Même Gauvain ne dit plus rien !"

De l'autre côté, le chevalier en question fit une grimace et roula des yeux, Arthur le remarquant tandis qu'il répondait à Léon.

"On dirait une bonne raison de continuer."

"Oh, allez, mes blagues ne sont pas si mal que ça ?"

Gauvain s'approcha, tendant une main à Arthur pour l'aider à se lever.

" Sans les habituelles railleries entre Merlin et vous, quelqu'un doit alléger l'ambiance."

Il y eut des sourires momentanés de tous ceux qui étaient restés silencieux, Gauvain roulant de nouveau les yeux.

"Regardez, les amulettes ne se sont pas rallumées, donc Lancelot et lui vont manifestement bien. Zut, s'ils ont traversé la vallée des rois déchus comme Lancelot l'a dit, ils seront de retour à Camelot avant la fin du jour."

Arthur soupira.

"J'aurais juste souhaité ne pas être hors de portée du sort de parole des amulettes. Il pourrait au moins nous donner des nouvelles."

"C'est en présumant qu'il n'a pas dormi sur sa selle la plupart de la journée ce qui est assez probable."

Gauvain sourit de nouveau, haussant les épaules, mais son argument avait porté. Rien ne s'était passé pour dire que Merlin avait été davantage blessé, donc il n'y avait aucune raison de s'en inquiéter davantage alors qu'ils avaient leur propre problème... Comme avancer autant que possible à pied avant qu'il ne faisait pas noir.

Arthur se tourna, regardant vers le ciel pour évaluer l'heure. C'était la moitié de la matinée, ce qui signifiait qu'ils avaient encore six heures de bonne lumière au mieux. Ils allaient devoir y couper pour le trouver à temps.

"Nous devrions y aller. Il y a un petit village de ce côté des montages. Nous devrions être capable de l'atteindre avant la tombée de la nuit si nous bougeons rapidement."

Gauvain lui tapa sur l'épaule.

"C'est une excellente raison de continuer."

Arthur fit un demi-mouvement de balancier vers lui, faisant que Gauvain l'esquive, mais il était en effet reconnaissant que le chevalier allège l'atmosphère. Ils auraient besoin de toute la lumière et l'espoir qu'ils pourraient rassembler pour passer à travers cette situation.

~(-)~

Le cheval battait la cadence sur la piste à travers les bois, son cavalier le pressant sans égard. Son temps pour cette course était limité, avant que d'autres cavaliers puissent être envoyés à sa recherche tandis que la nuit se rapprochait. Il avait dit au maître des écuries qu'il allait seulement faire une petite balade pour se rafraîchir et obtenir un peu de calme, et cela lui octroyait une heure au plus... à peine le temps d'atteindre sa destination et de revenir.

Agravain maudit les inconvénients causés par le dorocha, même s'il louait le fait qu'elle mènerait Arthur à sa perte. Il prenait des risques à venir mais ça en valait la peine. Il y avait quelque chose dont il devait informer Morgane.

"Dame Morgane ?"

Les appels à son intention précédèrent son entrée dans sa maison dans les bois, Morgane était assise près du foyer, enveloppée d'un châle tandis qu'une pensée la refroidissait. Elle avait les yeux noirs et ses manières étaient légèrement irritée lorsqu'il entra.

"Quelle nouvelles de la puissante Camelot ?"

Agravain ferma la porte, approchant du feu se trouvant du côté opposé.

"Tout se passe comme nous l'avions prévu. La ville est en train de courir à sa ruine."

"Et Arthur ?"

L'homme hésita, mais répondit.

"Aux dernières nouvelles il a réussi à passer Daelbeth."

Elle tira sur son châle pour le resserrer autour d'elle, fronçant les sourcils.

"Nous ne serons jamais débarrassés de lui."

"Patience, Morgane. Car même s'il arrive sur l'île Fortunée l'issue demeura inchangée."

Morgane rétrécit les yeux, peu convaincue.

" Qu'est-ce que vous faites là aussi tôt ? "

Son froncement de sourcil s'approfondit quand il ne répondit pas immédiatement.

"Un problème, peut-être ?"

Agravain grimaça, se déplaçant de sa position pour encercler son fauteuil et poser ses mains sur le dos de celui-ci.

"Une petite source d'irritation… Guenièvre. Elle a pris sur elle de s'élever contre moi."

Morgane resta encore silencieuse.

"Elle est dangereuse."

Cela causa un petit froncement de sourcil chez le noble.

"Ce n'est qu'une servante ! Elle parle avec éloquence, mais c'est une servante tout de même."

" Non vous faites erreur !"

Morgane se leva nerveusement.

"J'ai vu l'avenir en rêve et cette servante était assise sur mon trône !"

Elle se tourna pour lui faire face, le visage composé d'une expression de haine.

"Je préférerais me noyer dans mon propre sang que de voir ce jour."

Agravain hocha la tête en signe d'accord.

"Alors assurons-nous qu'il ne puisse arriver."

Elle sourit de malice à cette déclaration.

"Je ne peux que vous approuver. Elle ne doit pas voir un autre jour se lever."

~(-)~

"Où est Arthur ?"

"Je ne saurais vous dire…"

"Où est-il ?"

"Le prince est à la chasse Majesté."

"Quand reviendra-t-il à Camelot ?"

"Dans quelques jours…"

Gwen remonta délicatement l'épaisse couche de fourrure sur les épaules du roi, de là où elle avait glissée durant la courte absence de ce matin. Les amulettes n'avaient plus réagi, un bon signe ou du moins un signe rassurant, mais elle s'était tout de même sentie obligée de parler à Gaius. Revenant avec un petit paquet de parchemin contenant du thé aux herbes pour aider à calmer Uther s'il devenait anxieux face à l'absence prolongée de son fils lui avait fourni une raison à la fois appropriée et constructive d'aller le voir. Elle avait réussi à lui en faire boire une fois infusée, mais il ne faudrait qu'un court moment avant que le thé ne le fasse se détendre.

Heureusement, ses paroles semblèrent le rassurer, et elle se déplaça calmement vers l'autre moitié des appartements pour seulement s'arrêter surprise quand elle trouva Agravain qui était en train de l'observer de l'arche séparant les deux parties.

Il la regarda pensivement, de ses manières plaisantes.

"Ton dévouement est vraiment… impressionnant. Je voudrais m'entretenir quelques instants avec toi. "

Gwen joignit ses mains devant elle, mais ne manifesta aucune hésitation de nervosité malgré le pincement d'anxiété qu'elle ressentait avant qu'il ne poursuive.

"Je te présente mes excuses car hier j'ai eu… j'ai trahi le prince en quelque sorte. Mais je te suis reconnaissant d'avoir pris la parole."

Un peu de sa nervosité transparut alors, craignant qu'elle ait pu offenser le puissant oncle de son prince.

"Je ne voulais pas vous offenser, mon Seigneur."

Agravain sourit avec gentillesse et réconfort.

"Loin de moi cette idée. Il n'en est rien."

Il sembla soupirer un peu.

"Guenièvre si tu le permettais, j'aurais plaisir à te demander conseil, cela m'aiderait. Car tu comprends le peuple."

Gwen le regardait à présent avec surprise. Ce n'était ce à quoi elle s'attendait.

"Je ne sais pas si je suis…"

Il l'arrêta.

"Et une chose est sûre : tu seras honnête avec moi."

Elle commença à sourire, se détendant, et il jeta un coup d'œil au roi dans son fauteuil près de la fenêtre.

" L'heure est mal choisie pour discuter maintenant mais… mais peut-être, dans la soirée, viens dans mes appartements."

Quand elle hésita, il persista.

"Je t'en prie Guenièvre, les temps sont difficiles ; j'ai besoin que l'on m'aide, s'il m'appartient de nous en libérer."

Elle hocha enfin la tête, mais resta incertaine.

"Très bien."

Agravain sourit de gratitude, se tournant pour quitter la pièce.

"Je te remercie."

Il passa devant Gaius en sortant, le médecin attendant jusqu'à ce qu'il passe la porte avant de jeter un coup d'œil en arrière vers l'homme et de froncer les sourcils. Il approcha alors de Gwen, semblant un peu inquiet.

"Tout va bien Guenièvre ?"

Elle acquiesça, toujours surprise par la conversation qui venait de se dérouler.

"Oui. Il souhaite simplement s'entretenir avec moi plus tard. Je crois qu'il a besoin de mes conseils."

Elle commença alors à sembler plutôt satisfaite de son apparent succès, mais fut ramenée un peu à la réalité quand Gaius plaça une main sur son épaule.

"Je dirai à Liam de t'escorter et de rester dehors comme chaperon... Et sois prudente, Gwen. Merlin et moi suspectons qu'Agravain n'ait ses propres intérêts ici à Camelot, bien que nous ne sachions pas encore de quoi il s'agit ni aucune preuve à suggérer. Nous lui faisons confiance en tant qu'oncle d'Arthur et pour le bien d'Arthur, mais nous restons sur nos gardes. Les politiques de la cour ne prêtent guère attention aux dommages faites aux serviteurs, spécifiquement parmi les plus impitoyables de leurs joueurs. Agravain en est peut-être un."

Gwen hocha la tête, acceptant l'avertissement.

"Merci, je le ferai."

Elle se dirigea vers la chambre pour chercher le valet du roi, et le prévenir d'attendre pour aller chercher le repas du roi un instant puisque Gaius était dans la pièce en train de le soigner. Frissonnant intérieurement à la pensée d'être assez respectée pour être consultée venait d'être vérifiée, cependant, l'avertissement la faisait porter la main sur son bracelet lequel était pour une fois dénudé du bracelet que Merlin avait enchanté pour elle.

Elle l'avait retiré la première nuit après son départ et celui d'Arthur, quand la menace constante du dorocha l'avait laissé constamment froid durant toutes les heures sombres. Dans de telles conditions le bracelet correspondant de Merlin réagirait de la même manière, en faisant plus une distraction qu'un outil utile pour le moment. Mais actuellement, elle ressentait comme le besoin de porter de nouveau, pour lui donner un peu de réconfort. Agravain n'était pas un sorcier, pour déclencher l'enchantement s'il devenait une menace, mais même ainsi... Le souvenir de la promesse de Merlin à Arthur de la protéger, serait suffisant.

Elle s'arrêta dans un couloir vide, tirant une bourse d'une poche dans le pli de sa robe et en sortit le bracelet. Le remettant, elle laissa échapper une respiration tremblante et remis la bourse dans la poche, passant le reste de sa journée en corvée journalière jusqu'à ce qu'elle quitte le serviteur personnel d'Uther avec des instructions pour mettre le roi au lit tandis qu'elle réglait d'autres questions.

De là, elle fit son chemin vers les appartements de Gaius, frappant à la porte et y pénétrant.

"Liam?"

L'apprenti médecin la regarda de l'endroit où il sortait des pots d'herbes, jetant un coup d'œil vers Gaius qui l'envoya à la porte d'un petit hochement de tête.

Obéissant à l'ordre silencieux, il sortit de la pièce et commença à descendre les escaliers, Gwen suivant derrière lui.

"Gaius m'a dit que, pour des raisons de convenance et pour préserver la réputation d'Agravain et la tienne, la porte devra rester un peu ouverte et je devrai rester à l'extérieur."

Il fronça les sourcils, lui jetant en coup d'œil par derrière.

"Il s'inquiète des intentions d'Agravain, n'est-ce pas ? Et je ne veux pas dire dans le sens de s'amuser avec des bonnes."

Ils sortirent de la cage d'escalier, se dirigeant vers le couloir attenant et jusque l'aile des nobles, Gwen soupirant tandis qu'elle baissait la voix en un silencieux murmure.

"Il s'inquiète que les raisons pour lesquelles Agravain est ici soient politiques, plutôt que pour le bien de sa famille comme il le prétend. Il ne veut pas risquer qu'il m'utilise comme lever si ce sont réellement ses raisons."

Liam renifla de dégoût.

"Les nobles... Enfin certains nobles."

Il secoua la tête.

"J'en ai rencontré plein qui étaient comme ça, durant mon service à Ulwin. Ils auraient marché sur tous ceux qu'ils pensaient être plus petits qu'eux, s'ils y avaient gagné un avantage. Après la manière dont tu as réussi à parler devant le Conseil à propos de la fermeture des portes, je devine qu'il veut faire bonne impression juste au cas où tu les convaincrais encore sur quelque chose d'autre.

Il la regarda.

"Tu as gagné en puissance la nuit dernière Gwen, et tu l'a fait par tes propres moyens, sans le prince Arthur derrière toi. Le conseil n'oubliera pas ça, pas plus que ne le fera Agravain."

Gwen fronça les sourcils.

"Donc tu es en train de me dire que je suis une participante de leur jeu politique ? Mais Gaius parle aussi comme ça, et il n'a jamais été pris dedans."

Liam grimaça.

"Oui, mais il a sa position de médecin de la cour, et de conseiller général d'Arthur et le roi pour le protéger et le garder à leurs côtés. Tu as une influence grandissante la sœur d'un des chevaliers de Camelot et pratiquement une courtisane, même si officiellement tu es toujours une servante. Si tu continues de progresser et de gagner du respect, ils iront croire que gagner une bonne opinion auprès de toi sera important, et c'est sans qu'ils ne sachent qu'Arthur a l'intention de t'épouser quand il deviendra roi."

Gwen resta très silencieuse, semblant distante dans le couloir tandis qu'ils marchaient avant qu'elle ne se morde la lèvre et ne ferme les yeux un instant.

"Je n'aime pas ceci, mais je suppose que je ne peux plus l'éviter. Je ferai de mon mieux pour garder les bonnes opinions de moi, pour le bien d'Arthur."

Ils ne dirent rien d'autre sur le reste du chemin vers les appartements d'Arthur, le seigneur semblant un peu surpris de voir l'apprenti de Gaius avec elle. Pourtant il se détendit quand Liam hocha la tête simplement en respect et resta dehors avec la porte légèrement ouverte, clairement en tant que chaperon et rien d'autre. Avec Gwen étant une associée connue comme étant proche du médecin de la cour, une telle escorte n'avait rien d'inattendue.

Agravain lui sourit pour l'accueillir, la guidant pour qu'elle s'asseye à table, avant de se placer lui-même sur la chaise opposée. La conversation commença avec les courtoisies d'usage et des sujets récents sur la cour, pendant environ quinze minutes jusqu'à finalement il n'aborde la raison pour laquelle il lui avait demandé de venir ici.

Il versa du vin se trouvant dans la carafe sur la table dans sa coupe, même si elle avait à peine été sirotée jusque-là. Son ton devint plus sérieux et solennel, et son expression devint une expression de calme considération.

"Cela m'inquiète, les sentiments des gens. En ces terribles temps, je me demande si les gens se sentent en sécurité ?"

Gwen resta silencieuse, tandis que les manières de considération pour lui dire la vérité lui échappaient.

"Guenièvre, répond avec honnêteté."

Elle le regarda tandis qu'il se levait de siège, tendant juste un peu la situation tandis que ses pas l'amenaient derrière elle et hors de vue. S'il souhaitait qu'elle soit blessée, alors elle le serait.

"Non, loin de là."

"Continue."

Il était de nouveau dans sa ligne de vue, ses yeux suivants ses mouvements.

"Ils sont terrifiés. Nuit après nuit, ils ont vu leurs- leurs amis, leurs parents, leurs enfants leur être tous arrachés avec cruauté et ils ignorent qui sera le prochain."

Il se tourna pour lui faire face, quelque chose dans l'habitude qu'il avait d'avoir un demi-sourire quand il était supposément sérieux, le faisant apparaître comme étant quelque peu condescendant envers elle, malgré l'apparente sincérité de son interrogation.

"Que puis-je faire pour rassurer tout le monde ?"

Gwen l'ignora, restant solennelle.

"Faire preuve de courage."

Quand elle vit l'expression de surprise d'Agravain face à cette déclaration, elle s'expliqua.

"Fermer les portes la nuit dernière était un aveu que vous étiez aussi terrifié qu'eux. C'est comme un cheval avec son cavalier : si le peuple sent votre peur il n'aura aucune confiance en vous."

Il recommença à faire les cent pas, une fois encore se déplaçant derrière son fauteuil pour seulement s'arrêter pour caler ses mains sur son dossier.

"Je te suis reconnaissant des conseils que tu m'as donnés. Tu es pleine de sagesse et de bon sens, Guenièvre."

Il s'arrêta, ses mains s'avançant hors de vue près de sa nuque, jusqu'à ce qu'il fasse marche arrière comme si rien ne s'était passé.

"Je t'ai gardée assez longtemps."

Gwen, qui s'était tendue prudemment lorsqu'il était derrière elle, se leva avec un soulagement soigneusement caché.

"Et je dois y aller avant qu'il ne fasse noir."

Elle se tourna pour lui faire face.

"Le valet du roi s'occupe seul de lui ce soir, et l'apprenti de Gaius m'escortera à la maison."

Agravain la mena jusqu'à la porte, l'ouvrant avec courtoisie.

"Voudriez-vous que mes gardes vous accompagnent ?"

Liam, semblant un peu nerveux à la pensée de sortir sans une escorte armée répondit avant que Gwen en ait l'opportunité.

"Ce serait apprécié. Gaius ne serait pas content de moi si je revenais de la ville haute dans le noir tout seul."

Il s'inclina devant Agravain, pendant que Gwen faisait la révérence, les deux gardes en poste dans le couloir les suivant. Ces hommes partirent alors en avant, des torches à la main quand ils atteignirent les portes du château et sortirent vers la ville.

Gwen et Liam restèrent côte à côte entre les gardes et leurs torches, incapable d'aider, regardant craintivement vers le ciel qui s'assombrissait tandis qu'ils avançaient. Les rues étaient déjà vides, les citoyens recroquevillés dans leurs propres maisons à coté de leur foyer. Aucun d'entre eux ne vit la femme en robe noire au sommet du mur de la ville haute, aucun ne fut préparé au sort qui les envoya voler et les assomma et rendit les gardes inconscients.

Morgane eut un sourire narquois de son poste de vue et s'éloigna, pour retracer son chemin vers une porte dérobée vers les tunnels sous la cité. Les gardes, si occupés à préparer une autre nuit de dorocha, échouèrent à s'attendre à ce que quelqu'un puisse entrer par là... Tout comme elle avait échoué en ne vérifiant pas plus loin ses victimes, la laissant inconsciente du signal silencieusement strident qui vibrait dans le crépuscule.

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Merlin sursauta en s'arrêtant, un des bracelets sur son poignet gauche le prévenant mais pas assez pour indiquer une menace extrême. Lors des premières nuits du dorocha, les deux bracelets de Gwen et d'Arthur étaient devenus froids si souvent pour le prévenir qu'il les avait ignorés jusqu'à ce qu'il suppose que leur propriétaire les ait retiré pour échapper à la distraction constante qu'il avait lui-même si facilement ignorée. Mais à présent...

Gwen devait l'avoir remis, l'avertissement l'atteignant alors qu'il ne faisait pas encore assez noir pour que ce soit le dorocha. Cela l'avait atteint juste quelques instants avant que les amulettes sous ses vêtements et ceux de Lancelot ne tournent glacial.

Merlin tira sur la chaîne du pendentif, le tirant dans la lumière faiblissante. La journée se faisait de plus en plus tard, les chevaux étaient fatigués, et l'étendue de la lande qu'ils avaient traversés étaient maintenant derrière eux. Descendant dans les bois, heureux d'être derrière l'ombre des montagnes blanches qui raccourcissaient la lumière disponible plus encore que la saison automnale le faisait. Chevauchant comme ils le faisaient, maintenant libre de cette menace et ayant gagné une heure ou plus de lumière du jour, Merlin avait poussé un peu plus longtemps avant qu'ils ne s'arrêtent pour camper la nuit.

Mais à présent son esprit s'occupait d'autres choses, sur les symboles de licorne et de houx qui brillaient d'un rouge écarlate bordé d'or. Voyant à propos de qui il était prévenu, il sauta de sa selle et tira une bassine de laiton de son sac, s'agenouillant sur le sol de la forêt et versant le contenu de l'eau de sa gourde dedans.

Lancelot descendit aussi de son cheval, se dépêchant aux côtés du sorcier tandis qu'il invoquait une image.

"Que leur est-il arrivé ?"

Les mains de Merlin se serrèrent en poings, son expression devenant emplie de colère.

"Liam et Gwen, ils ont été attaqué avec de la magie. Ils sont étendus au milieu de la rue de la ville haute, et le dorocha peut attaquer à tout moment maintenant !"

Le chevalier devint pâle.

"Ne peux-tu rien faire ?"

Merlin prit une profonde respiration, fermant les yeux et tenant une main devant lui.

"Il y a un sort que j'ai utilisé il y a longtemps. Je dois juste espérer que le dorocha restera éloigné assez longtemps. Continuez de surveiller."

Il prit une autre respiration, se concentrant profondément.

"Min leoma be raeswa ou."

Lancelot regardait tandis qu'une orbe de lumière se formait dans la paume de Merlin, le sorcier restant totalement immobile et concentré. Il se déplaça alors jusqu'à son cheval et prit une des torches qu'il avait faite, l'allumant avec un bout de silex avant de se contenter d'observer. Essayant de ne pas se sentir anxieux tandis qu'il écoutait les murmures de Merlin derrière lui.

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Le vieil homme se dépêchait à travers les couloirs, frénétique d'inquiétude et cherchant désespérément. L'instant où son amulette était devenue froide, il s'était imaginé que cela devait encore concerner Merlin. Jamais il ne se serait attendu à ce que son apprenti et Gwen soient tous les deux en danger.

Gaius passa par les appartements d'Agravain, ne voyant aucun signe de et se détournant pour chercher ailleurs. Où pouvaient-ils tous deux être partis s'ils n'étaient pas ici ? Où ? Où pouvait-il être ?

Une lueur l'arrêta dans son élan, une petite orbe de lumière tourbillonnante, de la taille d'un doigt, apparaissant juste un pied devant lui avant de glisser jusque lui et de s'éloigner ensuite. S'arrêtant, revenant à ses côtés, et se déplaçant ensuite comme si elle le pressait de la suivre. Gaius la reconnut en un instant, comme étant la même lueur que Merlin avait utilisé pour sauver Arthur dans les grottes de Balor. Ça ne signifiait non seulement que Merlin était vivant, et au moins assez capable d'agir, mais qu'il savait aussi où était Gwen et Liam.

Le médecin se dépêcha derrière elle sans hésitation, la laissant le guider vers les portes du château où elle clignota avant de réapparaître de nouveau dans l'écart entre deux maisons de l'autre côté de la rue.

Gaius passa devant les gardes, acceptant une torche de leur part et leur assurant qu'il irait bien et serait de retour bientôt. Aussi petite et discrète que Merlin avait fait sa boule de lumière, si les gardes étaient venus avec lui, il aurait été impossible pour Gaius de la suivre sans qu'elle soit remarquée.

Il se précipita dans la rue, le ciel devant de plus en plus noir au fur et à mesure des secondes, les lamentations distantes commençant à retentir et les mouvements de la sphère de lumière devenant de plus en plus frénétiques. Voyant cela, Gaius accéléra son rythme, allant aussi vite que ses vieilles jambes le lui permettaient jusqu'à ce que la lumière s'étouffe brusquement. Cela précéda à une forme éphémère crissant le long de la route, le médecin l'éloignant avec sa torche avant de continuer plus avant. Il trouva ce qu'il cherchait près du mur séparant la ville haute de la ville basse, un garde mort tué par un dorocha et heureusement un Liam et une Gwen vivants et étendus inconscients près de lui avec un deuxième garde.

Gaius se précipita vers la maison la plus proche avec des lumières rougeoyantes sous les volets, martelant la porte jusqu'à ce qu'elle lui soit ouverte. Les gens à l'intérieur, inconscient de ce qu'il se passait dehors, se dépêchèrent de mener les trois survivants dans leur maison, pendant que Gaius courrait vers le château pour obtenir des gardes pour les ramener à ses appartements.

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Merlin acheva son sort de vision, récupérant son bassin sur le sol et sautant sur l'arrière de la selle de son cheval, surprenant Lancelot qui se dépêcha de faire de même.

"Nous devons trouver une clairière et vite."

Le chevalier fit charger son cheval derrière celui de Merlin, le symbole sur son pendant redevenant à présent noir, tandis que Merlin leur rendait leur aspect d'origine.

"Est-ce que Gwen et Liam vont bien ?"

Merlin le regarda par-dessus son épaule, hochant la tête.

"Gaius les a, ils iront bien. Je l'ai envoyé assez près pour les trouver avant que le dorocha à Camelot ne puisse éteindre ma lumière. Mais nous avons d'autres sujets d'inquiétude maintenant... Ils arrivent."

"À quelle distance ?"

"Proche."

Merlin serra les dents, remerciant qu'une partie de ses pouvoirs ne dépendent pas de l'énergie de la terre, sa voix devenant presque un rugissement.

"O drakon, e male so ftengometta tesd'hup'anankes!"

Ses paroles firent écho dans les ténèbres, appelant, pendant que dans les bois à une certaine distance plus éloignée, cinq hommes s'asseyaient autour de leur feu de camp dans un sinistre silence... Le prince parmi eux fixait les flammes, son poing se fermant à en blanchir les joints face à son impuissance. Quoi qui soit arrivé à Gwen et Liam, il était trop loin pour les aider... Seul le ré-assombrissement des amulettes leur procurant une petite promesse que tous deux étaient en sécurité.

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