Bonjour ! Pas beaucoup de reviews la dernière fois ! Du coup une seule ràr de Colinou...

elisabeth49 : Et c'est une des choses qui fait qu'on adore la saga, beaucoup de choses sont plus développées. Bonne question, je dirais que oui, malheureusement, parce qu'il protège aussi Merlin en faisant ça

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Chapitre 17: L'heure la plus sombre ~Partie 10~

Les chevaliers étaient endormis maintenant, couchés sur le sol près du feu, détendus comme ils ne l'avaient pas été durant les jours d'absence de Merlin. L'avoir semblait rendre le groupe complet, le faisant se sentir en sécurité, même si c'était vrai que la magie du sorcier n'était d'aucune utilité contre le dorocha.

Merlin les regarda et soupira, d'où il était assis, appuyé contre le côté d'une des bûches autour du feu. À coté de lui, Arthur était appuyé contre le côté opposé, presque comme les deux cotés d'une pièce de la façon dont on les décrivait souvent.

Il le regardait, observait Arthur, et l'expression solennel sur son visage. Il savait que le prince était en train de commencer à réfléchir à ce qu'il se passerait s'il n'y avait personne sur l'île.

"Tout ira bien, Arthur, tout va bien se terminer."

"Je suis fatigué."

Merlin continua de le regarder, sachant la vérité.

"S'il n'y a rien personne sur l'île, aucun allié de Morgane que nous pourrions utiliser… Vous n'êtes pas forcé de sacrifier votre vie. Vous êtes trop important."

Arthur le regarda, solennel.

"Je dois sauver mon peuple."

"Et vous avez aussi une destinée à accomplir." Merlin plaça une main sur le bras d'Arthur. "Si vous échouez à accomplir votre destin, alors les gens de Camelot et d'Albion souffriront de bien pire que ce qu'ils endurent pour le moment, et ils ne pourront pas leur échapper… Je vais prendre votre place."

Le prince se raidit et le fixa, sur le point d'élever la voix jusqu'à ce qu'il se souvienne que les autres étaient endormis.

"Tu as aussi un destin tout aussi important."

Merlin inclina la tête.

"Mon destin est de vous protéger, Arthur, de sorte que vous puissiez devenir roi. Si je dois mourir pour cela, je le ferai. J'ai déjà été trois fois sur le point de mourir pour vous, même si à une de ces occasions je n'étais pas vraiment mourant. Je n'ai pas peur de le refaire."

"Merlin-"

Le sorcier l'interrompit.

"Kilgharrah n'aime pas plus ça que vous, mais en tant qu'ami, il accepte le choix et le devoir qui est le mien. Je vous demande de faire de même, Arthur." Il sourit. "Que vaut la vie d'un serviteur, comparé à la vie d'un prince ? ... D'ailleurs nous ne savons pas encore s'il y aura quelqu'un ou pas là-bas."

Arthur fronça les sourcils, clairement mécontent et prêt à l'exprimer.

"Tu n'as jamais été juste un serviteur Merlin, même avant que je sache que tu avais des pouvoirs magiques. J'ai toujours besoin de toi à mes cotés."

" Mais si vous mourrez, vous ne serez plus à mes cotés."

Merlin sourit tristement, plaçant une main sur l'épaule du prince.

"Dormez, Arthur... Swefe nu."

Arthur s'affaissa sous l'effet du sort, Merlin le couchant gentiment par terre avant de soupirer dans le vide de l'immense salle. Quand il viendrait le temps de le faire, il n'y aurait rien qu'Arthur puisse faire pour l'arrêter s'il avait pris sa décision. Le prince devrait juste l'accepter.

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Ils voyagèrent en silence le jour suivant, le soleil s'élevant jusqu'au zénith et pourtant le brouillard devenant de plus en plus dense au fur et à mesure du temps qui passait au lieu de s'éclaircir comme il le devait. Merlin, qui reconnaissait le terrain, prit à présent la tête pendant que le reste du groupe marchait derrière. De tous, il était le seul qui était déjà venu une fois ici auparavant. Arthur l'avait brièvement visité avec Kilgharrah et lui, mais c'était dans les airs. Sur le sol, tout semblait différent.

Il chevauchait le long d'un sentier étroit à travers les arbres et le brouillard, gardant un rythme suffisamment lent pour ceux qui avaient laissé leurs chevaux de l'autre côté des montagnes blanches, émergeant finalement au sommet d'une colline menant à une jetée en bois brut.

Arthur regarda vers le milieu du lac vers l'île avec ses flèches et ses tours écroulées du château, le tout enveloppé de brume.

"L'île Fortunée."

Merlin descendit alors de cheval, menant son cheval pour descendre la colline. Quand il atteignit le fond il s'arrêta surpris à la vue du vieil homme qui attendait là, ainsi qu'à la vue du bateau bien plus grand que celui qui se trouvait habituellement là.

"Qui êtes vous ?"

Le batelier inclina la tête, alors même qu'il regardait les chevaliers avec méfiance.

"Je suis le batelier, là pour transporter les pèlerins pendant les journées de la fête des morts. Vous souhaitez aller sur l'île ?"

Merlin hocha la tête, et le vieil homme tendit une main.

"Alors je requière un paiement."

Des regards passèrent entre les chevaliers ; ils n'avaient apporté aucun argent avec eux pour cette quête. Merlin, cependant ne fut pas dérouté, se penchant pour murmurer à l'oreille du batelier.

"Refuseriez-vous le passage à l'île à celui qui détient le pouvoir de Vie et de Mort et à ses alliés ? Me refuseriez-vous le droit de réparer ce qui a été conjuré, pour quelque chose d'aussi volatile que des pièces ?"

Le batelier eut l'air choqué et un peu effrayé, s'inclinant hâtivement et faisant geste vers le bateau.

"Mes excuses, Grand Prêtre. Je serais honoré de vous assister."

Merlin ne prit pas la peine de corriger l'homme, qu'il n'était pas grand prêtre. Le pauvre homme aurait probablement eu encore plus peur, s'il avait su que c'était en fait Emrys qui se tenait devant lui.

Il s'assit sur l'arrière du bateau, le prince et les cinq chevaliers s'asseyant par paire devant lui. Le batelier s'assit en face, levant une main et faisant un geste vers l'eau tandis qu'il murmurait un sort.

Le bateau se mit en mouvement sur l'eau, tous silencieux même si derrière Merlin soupirait doucement dans sa barbe. L'île était une convergence de nombreuses lignes telluriques. Même si la déchirure était ici, même si le dorocha venait, ce serait un lieu où sa magie ne pourrait pas être bloquée de son emprise. L'île l'accueillait, et il redevint silencieux même s'il se souvenait des choses terribles et tragiques dont il avait fait l'expérience ici.

Quand ils atteignirent les canaux qui parcouraient les parties extérieures du château, le batelier parla.

"La veille de Samhain, j'ai transporté deux femmes, des sœurs, en ce lieu. Peu de temps après, une seule est revenue, celle avec les cheveux couleur de minuit et le visage marqué par la peur. Si ce n'était ce qu'elle avait déclenché, ou quelque chose d'autre, je ne sais pas. Aurais-je été conscient de ce qu'elles planifiaient, je ne les aurais pas conduites ici. Même les grands prêtres ne déchiraient le Voile que pour de grands rituels et seulement pour une seule nuit. Cette horreur ne peut continuer."

Merlin murmura depuis l'arrière du bateau, observant tandis qu'il ralentissait à coté d'une arche.

"Je sais, et c'est pourquoi je suis là. Les esprits des morts ne devraient pas être utilisés pour se venger."

Il se leva et fit quelques pas pour quitter le bateau, levant les yeux quand un grognement reptilien au dessus de leur tête révéla la présence de vouivres sur l'île. Merlin les ignora et ouvrit la voie, les autres le suivant tandis qu'il marchait jusqu'à la terrible erreur qu'on pouvait percevoir ici.

La sérénité de l'île avait été perturbée, et sa magie le ressentait comme une violation. Savoir que Morgane avait sacrifié Morgause pour faire ceci ne lui apportait aucun réconfort. Morgane pouvait avoir perdu sa sœur chérie, mais Camelot avait perdu bien plus.

Ils continuèrent en avant, s'arrêtant seulement quand davantage de cris au-dessus d'eux ne serve de prélude à un duo de vouivres qui s'abattirent sur eux, tous à l'exception d'Arthur, Gauvain et Merlin sortirent leur épée et se préparèrent à l'attaque.

"Gardez vos arrières près des murs !"

Merlin ignora le cri de Lancelot, soupirant et regardant vers les vouivres pour laisser échapper son propre cri.

"S'ethende' apokhorein nun epello!"

Les deux reptiles magiques cessèrent leur plongée, planant un instant avant de s'envoler. Dans le silence qui suivit, Gauvain regarda les quatre autres chevaliers qui avaient paniqués.

"Quoi ? Les vouivres sont les cousins distants des dragons. Vous ne saviez pas que Merlin pouvait faire ça ?"

Le silence régna encore, Arthur répondant pour eux tandis que Merlin et lui repartaient.

"Apparemment pas."

Il regarda en arrière vers eux quand ils entrèrent dans le couloir suivant, une larme d'ombre sombre dans la chambre se dressant juste devant eux.

"Perceval, Leon, Elyan, restez ici et protégez nos arrières."

Les trois chevaliers acquiescèrent, prenant position derrière en couverture pendant que les quatre restants du groupe avançaient.

La salle qu'ils atteignirent était imposante, aussi large que la salle de chaume où ils avaient dormi la nuit dernière. Mais contrairement à cet endroit, ici le plafond était à découvert, ouvert sur le ciel, la pièce ne contenant rien à part la déchirure, un autel en pierre et des débris de pierre dispersés.

Ils approchèrent lentement de l'autel et de la faille juste derrière celui-ci, leur yeux cherchant leurs opposants jusqu'à ce que Gauvain ne murmure calmement.

"Je pensais que nous étions supposés être pris en embuscade. Il n'y a personne ici."

Arthur ne répondit pas, à la place rattrapant en quelques foulées Merlin, alors même que la vieille silhouette de la Cailleach émergea de la larme se tenant devant eux.

"Ce n'est pas souvent que nous avons de la visite."

Arthur cessa sa marche en avant, se renfrognant devant son manque de considération face à la situation.

"Mettez fin à cette horreur ! Je vous en prie, restaurer le voile entre les deux mondes."

Son ton pris une note de colère face au ton du prince.

"Ce n'est pas moi qui ai généré cette horreur. Pourquoi devrais-je y mettre un terme ?"

Merlin la regarda alors.

"Parce que des innocents meurent chaque nuit."

Elle rit, ne s'en souciant pas le moins du monde.

"En effet."

C'était tout ce qu'il fallait pour mettre Gauvain hors de lui, le chevalier la chargeant avec un cri de rage pour seulement être projeté par une explosion de magie de la gardienne de la porte.

"Est-ce là le mieux que vous puissiez faire ?"

Arthur lui jeta un coup d'œil tandis qu'il était étendu par terre grognant et essayant de retrouver ses repères, avant qu'il ne refasse face à la Cailleach.

"Je sais ce que vous voulez !"

Elle sourit.

"En êtes-vous sûr ? Dois-je en déduire que vous me l'offrez ?!"

Arthur commença à marcher vers elle, Merlin maudissant dans sa barbe la stupidité du prince avant de tendre une main dans sa direction.

"Forb fleoghe!"

Arthur fut tiré en arrière et jeté sur le sol, laissé étourdi et désorienté comme Gauvain pendant que Merlin avançait pour prendre sa place.

La Cailleach et lui vinrent se placer de part et d'autres de l'autel, la vieille femme le regardant amusée.

"Alors, Emrys. Tu as donc choisis de me défier en fin de compte. Tu te sacrifierais aux esprits pour sauver ton prince ?"

Merlin lui rendit son regard, sans faille.

"Tel est mon destin."

"Peut-être bien…"

Ses yeux perdirent leur lueur d'amusement, un scintillement de la tristesse qu'il avait vue dans sa vision lui étant retournée.

"Mais ton temps parmi les hommes est loin d'être achevé Emrys, que tu le veuilles ou pas."

Il la regarda confus, la Cailleach tournant la tête pour regarder la faille et Merlin suivit son regard.

Invisible à son regard, pendant qu'il était distrait par sa conversation avec elle, Lancelot avait silencieusement marché derrière lui. Le chevalier lui souriait maintenant en face de la déchirure, tendant une main comme pour déposer quelque chose sur le sol avant qu'il ne se tourne et ne marche vers .

L'amulette claqua sur la pierre comme la mort s'annonce par un son de cloche, Merlin faisant un pas jusque lui et restant impuissant quand le chevalier disparut dans les ténèbres.

"Non! Non!"

La déchirure rugit et ensuite disparut, la Cailleach avec elle, Merlin se précipitant vers l'endroit où elle se tenait avant de tomber sur ses genoux par terre.

Il ramassa l'amulette de Lancelot, la berçant dans ses mains, tandis que les larmes ruisselaient de ses yeux, criant encore de déni assez fort pour faire venir ceux qui avaient gardé le couloir, qui se précipitèrent dans la pièce.

Ils s'arrêtèrent dans leur élan quand ils virent Merlin incliné et sanglotant sur quoi que soit qu'il tenait, Arthur et Gauvain se relevant lentement.

Ce fut Arthur qui parla le premier, regardant autour de lui avec confusion quand il vit que la faille était partie, laissant alors échapper un soupir de soulagement quand il réalisa que Merlin était toujours vivant... Et alors il remarqua que le sorcier pleurait, et que quelqu'un d'autre manquait.

"Où est Lancelot?"

Merlin se leva, se tournant pour leur faire face en tenant l'amulette pour qu'ils puissent la voir, les larmes tombant toujours de ses yeux.

"Il est parti ... Il a pris ma place avant que je puisse l'arrêter."

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Le retour à Camelot fut sombre, même s'ils étaient à présent libre du besoin de se défendre contre les dorochas, cela prit seulement une fraction du temps pour faire le voyage aller. Les acclamations des gens de la cité, quand leur prince et les chevaliers revinrent, tombèrent dans des oreilles sourdes et les hommes ne sourirent pas à cet accueil. Leurs cœurs étaient lourds de la perte de l'un des leurs, la fraternité avait perdu un homme qui ne pourrait jamais être remplacé.

Des sept hommes et leurs montures qui étaient partis, une des montures revenait sans son cavalier. Le seul hongre blanc ne portait plus que l'épée et le manteau de Lancelot qu'il avait laissé derrière lui, comme son amulette. De l'entrée au dessus des escaliers du château, Gwen courut à leur rencontre pour les accueillir. Mais leurs expressions de douleur l'amenèrent à s'arrêter, avant que ses yeux ne lui disent qui manquait et elle s'effondra de chagrin et de douleur.

Gaius et Liam s'occupèrent d'elle après cela, pendant qu'Arthur et les autres procédaient vers la salle du Conseil pour s'adresser à la Cour. Le prince et les chevaliers ne montrèrent aucune des larmes qu'ils avaient déjà versés. Ils se tenaient fort ici en public, leur deuil ayant déjà été fait en privé.

"Je veux rendre hommage à Messire Lancelot. Nous lui devons beaucoup. Mais ce n'est pas seulement la dette que nous avons envers lui que nous n'oublierons pas : c'est son courage. Sa compassion. La générosité de son cœ était le plus noble chevalier d'entre tous. Il a sacrifié sa vie pour nous."

Ces paroles restèrent avec eux durant tout l'enterrement qui suivit. Les chevaliers de Camelot et la garde du Château restèrent disposés en formation autour du bûcher construit au centre de la cour principale. Ce fut avec une grande révérence et de tristesse qu'Arthur plaça le manteau et Lancelot et son bouclier en son sommet, avant d'accepter la torche du sorcier à coté de lui et de le jeter à l'intérieur pour mettre le feu au bûcher.

Ils regardèrent tous les flammes s'élever, tandis que les bords du manteau écarlate commençaient à brûler tandis que des volutes de fumées sortaient au-dessus de l'acier argent de l'épée. Ce fut quand une Gwen en larmes s'approcha enfin depuis l'endroit où elle se tenait, venant s'arrêter à côté d'Arthur qui prit sa main dans la sienne.

Retenant un sanglot, elle parla du regret qui alourdissait son cœur.

"Lancelot est loin d'avoir donné sa vie pour Camelot. Je lui ai demandé de veiller sur vous et il me l'a promis au péril de sa vie. "

Elle s'arrêta, étouffant sa douleur grandissante.

"Il a été fidèle à sa parole."

Arthur n'aurait rien voulu de plus que la tenir contre lui et la réconforter, mais dans une telle situation, dans un lieu public, c'était impossible. Ce fut Merlin qui fit un pas en avant et plaça son bras autour d'elle, laissant Gwen sangloter sur son épaule tandis que les hommes rassemblés commençaient à s'éloigner progressivement pour retourner à leur fonction.

Bientôt, même lui fut forcé de retourner travailler laissant Gwen seule dans la cour à regarder brûler le bûcher. Il gérerait sa propre douleur plus tard, mais pour le moment il devait aller informer le roi des événements qui s'étaient passés. Qu'Uther regrette ou pas la mort d'un chevalier roturier, il n'en savait rien, Mais il devait à Lancelot d'au moins s'assurer que le roi entendrait parler de son sacrifice.

Mais pendant que Camelot faisait le deuil de Lancelot et le louait pour les avoir sauver du dorocha, un homme chevaucha aussitôt que la cérémonie fut achevée... dans les bois le menant à la maison de la sorcière qui y vivait.

Et elle n'était pas heureuse des nouvelles.

Le cri de rage de Morgane remplit la petite hutte, Agravain gardant ses distances par rapport à elle, mais essayant toujours de la calmer.

"Arthur a eu beaucoup de chance."

"Et Guenièvre ?!"

"C'est par hasard que Gaius l'a trouvée."

Elle se tourna et lui fit face, la peur enlaçant sa fureur.

"Vous faites erreur. La chance ne s'oppose pas à nos plans, c'est plutôt Emrys !"

Agravaine fronça les sourcils.

"Emrys?"

Elle prit une profonde respiration, grinçant des dents tandis qu'elle expliquait ce que ne lui avait pas tout à fait expliqué auparavant.

"La Cailleach m'a parlé de lui. Elle a dit qu'il était mon destin et ma perte. C'est lui qui s'est mis en travers de notre route, j'en suis sûre."

Agravain s'approcha, l'expression sombre.

"Alors que faire ?"

Morgane regarda dans le vide, réfléchissant, les yeux venant se reposer dessus.

"Tant qu'il vivra, je ne regagnerais jamais ce qui me revient de droit… Je vous en prie, aidez-moi à trouver Emrys. Et détruisez-le."

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Des doigts tapotaient sur la table, leur propriétaire fixant le vide tandis qu'il pensait. La nuit était tombée, et Arthur était parti au lit avec une humeur massacrante après qu'il ait appris que Gwen et Liam avaient été attaqués presque certainement par Morgane. Il n'avait pas pris à parti son serviteur, mais le sorcier savait qu'il faudrait quelques jours avant que le prince ne se calme après tout ce qui s'était passé.

Merlin soupira, ne bougeant pas de la petite table de sa chambre. Le livre sur les traditions mythiques qui y reposait avait perdu tout intérêt pour lui. Peut-être le lirait-il demain, mais pour le moment, il n'arrivait pas à se concentrer dessus... Pas pendant que son esprit se focalisait encore sur le souvenir du sourire de Lancelot avant qu'il ne marche vers la mort et l'oubli.

Dehors, dans la pièce principale, le bruit de la porte extérieure s'ouvrant se fit entendre, Merlin tournant seulement la tête quand il entendit la voix d'Agravain s'adressant au médecin.

"Gaius."

"En quoi puis-je vous être utile ?"

Dans la pièce extérieure, le noble approcha nonchalamment de Gaius. Il n'y avait certainement aucune trace de ce qui pouvait vraiment se passer dans sa tête lorsqu'il se mit à parler.

"Vous êtes un homme de savoir et de sagesse à mes yeux."

Gaius se moqua.

"Ah ! Le savoir peut-être…"

Merlin déplaça calmement sa porte, regardant sur le bord de celle-ci pour regarder dehors. Quelque chose dans tout ceci ne sentait pas bon, et les paroles d'Agravain quelques instants plus tard le confirmèrent.

"Avez-vous déjà rencontré par hasard un sorcier nommé 'Emrys' ?"

Cela requit tout le contrôle de Merlin pour ne pas s'étouffer en entendant ça, Gaius faisant un meilleur travail en ne réagissant pas du tout. En effet, le médecin sembla simplement pensif pendant un instant et ensuite secoua la tête.

"Non. Hélas, ce nom ne m'évoque rien."

Agravain sourit en remerciement.

"Dans ce cas, si vous entendez parler de cet homme…"

Gaius hocha la tête.

"Je n'hésiterais pas à vous en avertir."

"Et vous en serez largement récompensé !"

Il l'observa tandis que le noble partait, retournant ouvert le livre de silence sur la table aussitôt qu'Agravain fut parti et que Merlin sortait de sa chambre, les yeux du sorcier rétrécis.

"Intéressante question venant d'un noble supposé n'avoir aucune connexions avec la magie."

Gaius se tourna vers lui, solennel.

"Il n'y a qu'une personne qui aurait pu entendre ce nom… Morgane. Nous savons que ses pouvoirs grandissent, elle a sans nul doute dû voir la Cailleach. Je le soupçonne de ne pas être aussi vertueux qu'il le semble. Et souviens-toi qu'il a toutes les raisons de mépriser Uther après la mort de sa sœur Ygerne."

Merlin était toujours en train de regarder l'endroit où Agravain s'était tenu, fronçant les sourcils.

"Eh bien, je voulais savoir s'il avait quelque chose derrière la tête. Je suppose que je sais maintenant."

"Vas-tu le dire à Arthur?"

Merlin secoua la tête.

"Il y a d'autres manières dont il aurait pu avoir la chance de croiser ce nom. Autant je crois que c'est Morgane qui lui a dit, je n'ai pas de preuve. Nous traiteront ceci en tant que serviteurs de confiance, et nous garderons un œil sur lui jusqu'à ce que nous ayons quelque chose de plus solide pour aller en parler à Arthur."

Le médecin hocha la tête, même si son ton resta en alerte.

"Tu avais raison de craindre que le fait que Morgane sache pour toi soit une menace, si maintenant elle a commencé à te chercher sous ce nom. Ta vision de cette menace et ton sort sur elle t'ont sauvé pour le moment, mais nous pouvons nous assurer qu'elle ne réapprenne jamais la vérité. Elle ne doit plus jamais découvrir, qui tu es vraiment."

Merlin serra les poings à cette pensée, et se tourna pour retourner dans sa chambre. Le livre sur les traditions fut alors remplacé par son livre de sort, tandis qu'il s'asseyait pour étudier et se préparer. Il ne pouvait plus s'attarder sur son deuil pour Lancelot. Il ne gaspillerait pas le temps et la vie que le chevalier lui avait donné.

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*se promène dans les rangs* Chouchous, pistolets, bidons d'essence ! Demandez des allumettes !