Friou semble plaire à tout le monde - enfin... Tout le monde sauf Abeille, dont voici les ràr :
Elisabeth49 : miam miam les doigts de Gauvain.
DAM : J'aurais tendance à dire pareil pour Gauvain. C'est un champion toute catégorie pour se mettre dans les ennuis
Colinou : une armée de Vouivres ? et tu te fais toute une allée … là les ambassadeurs feront dans leur pantalon, tout le temps de la remonter
Titesouris : Et Maman Gwen.
Chapitre 20 : Un Cadeau de Responsabilité ~ Partie 3
Des doigts caressèrent la surface de la table, le regard vérifiant que chaque grain de poussière avait disparu et que le brillant vernis, que la table avait reçu, était parfait. Les assiettes étaient contrôlées pour s'assurer qu'elles étaient exactement alignées à une distance fixe sur le bord de la table, et les gobelets étaient examinés et ensuite tournés afin de mieux montrer les détails des gravures sur eux. Sur le buffet près de l'entrée arrière de la salle, des plateaux couverts de nourritures étaient prêts et attendaient d'être servis, et si les couvercles eux-mêmes avaient été temporairement ensorcelés pour garder la nourriture au chaud dessous … Eh bien c'était juste par commodité.
Merlin se recula de la longue table de la salle du conseil, croisant les bras devant son tablier de satisfaction, avant de regarder vers le bas et de murmurer furtivement un sort pour enlever les faux plis qu'il venait de faire sur le vêtement écarlate.
Il avait tout fait pour ça, allant même jusqu'à revêtir sa meilleure chemise, polir ses bottes et sa ceinture, et porter son tablier rouge avec l'emblème du dragon qu'il ne portait normalement que pour les occasions formelles. Ce qu'Arthur était heureux de lui faire porter en comparaison de ce qu'il avait normalement, à part pour les visites d'état et les festivals importants. Mais ce soir... Ce soir, il allait montrer à Agravain à quel point le serviteur ''maladroit'' de son neveu pouvait être exactement parfait. Et ce qu'il y avait de plus beau, c'était qu'Arthur croirait qu'il faisait ça pour le taquiner, non son oncle.
Merlin sourit, riant. Non, il ne ferait rien à Agravain comme il l'avait fait au Roi Alined et à Trickler. Ceci allait être beaucoup plus subtil que cela.
Il se déplaça vers le buffet, vérifiant le vin dans la carafe avant d'aller se tenir près de l'entrée principale de la pièce. Là, il attendit près du bout de la table, les mains croisées légèrement derrière son dos dans la position formelle d'attente jusqu'à ce que les doubles portes furent ouvertes par les gardes extérieures.
Merlin aurait souri en coin, quand il vit que c'était Agravain le premier arrivé, sauf qu'à la place, il afficha une expression de politesse accueillante, alors qu'il s'inclinait formellement pour le noble.
« Seigneur Agravain. »
Il se retourna à moitié et se recula de cinq pas sur la gauche d'Agravain, afin que l'homme puisse passer entre lui et le côté gauche de la table. Il le suivit ensuite le long de celle-ci, en restant précisément deux pas derrière et sur le côté, seulement pour s'avancer pour tirer la chaise de l'homme afin de l'aider à s'asseoir. A ce moment il exécuta un autre salut formel.
« Voudriez-vous un peu de vin, mon seigneur ? »
Agravain semblait avoir du mal à garder un visage impassible, il avait vraiment l'air secoué. Raclant sa gorge, il hocha la tête rapidement.
« Oui, ça serait bien. »
Merlin inclina sa tête et se retira vers le buffet, souriant à lui-même pendant que son dos était tourné avant de revenir parfaitement poli et composé avec le pichet. Il remplit le gobelet d'Agravain à moitié, comme le voulait la politesse quand l'hôte principal n'était pas encore présent. Car en effet, il avait positionné l'oncle d'Arthur comme si le prince l'avait invité à dîner et non l'inverse.
La disposition de la place d'Arthur était à la tête de la table, le siège réservé pour lui comme régent, et son père le roi. Agravain était à la droite du siège, la place où Arthur serait normalement assis, au lieu d'être placé à la gauche du siège avec les deux se faisant face. Ajouté à cela, que Merlin avait délibérément déplacé la chaise d'Agravain et l'avait placée deux pouces vers le bas de la table par rapport à sa véritable et correcte position, signifiant que la chaise vide qu'il aurait dû occuper était plus proche d'où Arthur devait être assis qu'il ne l'était. La différence ne serait pas apparente pour quelqu'un assis à la tête de la table, mais de la position du noble la différence était impossible à manquer.
Merlin l'avait délibérément positionné pour l'insulter, et avait arrangé la table pour rappeler à Agravain qui était la véritable autorité dans Camelot. Avec Uther pas en état de gouverner, Arthur prenait le contrôle du royaume et était le roi en tout sauf de nom. Mais ensuite, pour ajouter une subtile insulte et implication en plus, après avoir déposé le pichet sur le buffet, Merlin vint se tenir derrière le siège d'Arthur et sur sa droite.
Son regard croisa celui d'Agravain un bref instant, avant qu'il reporte son attention pour surveiller l'arrivée de son prince. Mais aussi bref que cela avait été, il savait que le message était transmis.
'Je suis plus proche du Prince Arthur que vous ne le serez jamais '
Il resta là, immobile tandis qu'Agravain sirotait son vin et prétendait être indifférent. Et puis, apparemment sans aucun avertissement, il pencha sa tête et se dirigea vers la porte principale.
Le noble le regarda, fronçant les sourcils, seulement pour que ses yeux s'élargissent légèrement quand Merlin ouvrit les portes et fit un pas sur le côté avec une révérence, exactement au moment où Arthur faisait son dernier pas en arrivant de l'extérieur.
Alors que les gardes refermaient encore les portes, le serviteur introduisait son prince le long de la pièce comme il l'avait fait pour Agravain. Puis, il versa un gobelet plein de vin pour Arthur, sans demander et sans en recevoir l'ordre, puis compléta celui de l'oncle avant de se diriger vers le buffet pour récupérer le premier plateau.
Tandis qu'il faisait cela, Arthur, qui avait levé légèrement ses sourcils en voyant son ami porter le tablier et être aussi formel, salua Agravain.
« Comme a été votre journée, mon oncle ? Nous n'avons pas eu la chance de dîner comme ça depuis l'incident avec le Dorocha. »
Agravain prit une autre gorgée de son vin, pendant que Merlin était en train d'apporter gracieusement la nourriture sur la table et les déposant avec des mouvements délibérément élégants. Malgré l'attente, le repas était toujours assez chaud d'après les généreuses traces de vapeur savoureuse montant à eux.
« Elle a été bonne. Il y a eu un degré d'incertitude compréhensible ces jours-ci depuis l'attaque, et il se voit parmi le peuple. Mais vous avez fait un bon travail pour les rassurer et remettre l'ordre. Vous faites honneur à votre père. »
Arthur sourit, hochant la tête distraitement vers Merlin quand le serviteur lui offrit silencieusement du rôti fraîchement tranché. Merlin plaça trois tranches dans une nette révérence au bord de l'assiette du prince, se déplaçant maintenant pour en proposer à Agravain tandis que le prince parlait.
« Si je lui fais honneur, c'est parce que je les ai, mes conseillers de confiance et lui pour m'enseigner. Je prends toutes mes décisions avec dans mon esprit le bien-être de Camelot et de son peuple. Le peuple sait que j'agirai toujours dans leur meilleur intérêt, et pour cela, ils me donnent leur confiance. »
Merlin s'éloigna d'Agravain après avoir servi à l'homme son bœuf. Il resta près du buffet maintenant, tandis qu'Arthur se servait sur les plateaux en pains chauds croustillants et en légumes bouillis. Son regard semblait pleinement focalisé pour surveiller un signe de la part d'Arthur, et sur le niveau du vin dans les verres à pied, et en même temps, son attention semblait toujours rester à un cheveu de regarder vers la place du noble. Et à en juger par la position légèrement rigide dans laquelle Agravain était assis, l'homme ne devait pas trouver cela pour le moins confortable.
Merlin se sourit intérieurement, ignorant la conversation plaisante mais ennuyeuse continuant à se dérouler devant lui. Il y avait des moments où il aimait être capable de taquiner Arthur, et c'était l'un d'eux. Son prince n'avait absolument aucune idée que son serviteur était en réalité en train d'envoyer en réalité un frisson délibéré à l'échine d'Agravain. Et du fait que ses manières et le protocole étaient parfaitement exécutés, Agravain ne pourrait rien faire contre ça.
Une fois que la plupart de la nourriture fut partie, et que les gobelets de vins furent remplis une troisième fois depuis que le repas avait commencé, Agravain changea de sujet sur les récents rapports marchands, pour quelque chose d'également récent, mais d'un certain intérêt pour lui.
Il considéra son neveu avec un soupçon de sympathie polie, sachant que cela serait toujours un sujet douloureux.
« Je n'ai pas demandé avant, avec la perte de Sire Lancelot, mais je me demandais si vous seriez prêt à me parler de votre voyage sur l'Ile Fortunée. Bien que nous connaissons tous, votre réussite, cependant, cela doit être un récit intéressant de votre bravoure. »
Arthur reposa son gobelet de vin, un soupçon de regret dans son regard pour Lancelot avant qu'il ne secouât sa tête.
« Il n'y a pas beaucoup de choses à dire. La partie la plus intéressante pourrait être quand nous avons dû utiliser les tunnels des wildorènes pour échapper au Dorocha et passer sous l'extrémité sud des Montagnes Blanches. »
Il n'avait délibérément fait aucune mention de la façon dont Merlin était presque mort à Daelbeth, mais même la mention des tunnels fit lever ses sourcils à Agravain.
« Vous avez fait face aux wildorènes ? »
Arthur sourit.
« Ce n'était rien, mon oncle. Nous avons utilisé les baies de Gaia pour masquer notre odeur. A part un incident mineur quand Gauvain a perdu son sang-froid et en a poignardé un examinant son visage, nous n 'avons eu aucun problème pour les passer du tout. »
Merlin rit presque à cela, sachant très bien pour avoir entendu l'histoire d'Elyan, que Gauvain leur avait fait passer la quasi-totalité du voyage sous la montagne à courir pour leur vie.
Son faible grognement attira l'attention d'Agravain, le noble levant à ce moment un sourcil avant d'adresser à son neveu.
« Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi vous avez pris votre serviteur avec vous pour une telle entreprise. Sûrement, il aura seulement été un fardeau, vous ralentissant. »
Merlin garda ostensiblement son expression polie mais neutre, tandis qu'Arthur regardait son oncle avec un manque également neutre de surprise pour la question. Les mêmes requêtes revenaient souvent à l'égard de son ami.
« Merlin est un excellent cavalier, et n'avait aucun problème à aller à la même allure que nous. Il est également bien versé dans la recherche de nourritures en forêt et en herbes traditionnelles. Il a été pris pour ces raisons, en-dehors du fait que si vous avez besoin d'un cheval de bât pour les fournitures, alors vous pourriez aussi bien prendre, à la place, un cheval de guerre avec un cavalier pour les fournitures. Ces chevaux sont aussi bons qu'un homme supplémentaire, voire deux, dans une situation de bataille. »
Il jeta un regard en direction du serviteur.
« Sans parler du fait que Merlin a reçu une formation d'épéiste par moi. Bien que le protocole indique qu'il n'est pas autorisé à porter une lame pendant ses fonctions, si l'un de mes chevaliers devait être contraint de rester en arrière en raison d'une blessure, Merlin pourrait prendre sa épée et le remplacer. »
Agravain le regardait, incrédule.
« Vous avez enseigné à votre serviteur comment utiliser une épée ? »
Arthur hocha la tête, répondant avec désinvolture.
« Il est loin d'être aussi bon avec elle que je ne le suis, mais oui. Ça s'est déjà prouvé être une compétence utile. Généralement, les bandits ne s'attendent pas à ce que le gestionnaire des bagages d'un groupe soit capable d'en ramasser une et leur faire face avec. »
Agravain fixait maintenant Merlin, qui depuis qu'il était le nouveau sujet de conversation, s'avança à cette remarque.
Il s'inclina profondément, retenant un sourire. Inconsciemment, Arthur avait mis ceci en place bien mieux qu'il n'aurait pu le faire s'il avait essayé.
« Je vis pour servir mon prince. S'il souhaite me voir apprendre des compétences inhabituelles pour son profit, je lui rends toujours service. »
Il souligna légèrement le mot « inhabituel », et vit clairement une petite crispation d'Agravain... Oui, le noble était devenu nerveux. Spécialement, depuis que l'homme semblait avoir compris qu'il avait été délibérément appâté. S'il n'était pas aussi préoccupé d'être suspecté par Gaius et Merlin avant ce point, il serait certainement inquiet à ce sujet maintenant.
Le noble se racla la gorge, se détournant de Merlin et se concentrant sur Arthur.
« Eh bien si vous êtes sûr, et qu'il l'a prouvé, alors je peux comprendre pourquoi vous le voyez comme un atout. C'est un homme sage qui prépare des choses pour surprendre ses ennemis et les prendre au dépourvu. Ceux qui sont trop prévisibles, sont vulnérables. »
Arthur leva sa coupe pour un toast.
« Et c'est quelque chose que je m'efforce de ne jamais être. Pour le bien de Camelot et de mon peuple. »
Agravain prit également part au toast, mais sous son sourire, il y avait un soupçon de sueur froide sur son front. Une fois de plus, sans le savoir, Arthur avait juste mis encore plus de pression par-dessus celle que Merlin avait déjà appliquée.
Agravain allait devoir réfléchir très attentivement pendant un moment.
O-o
Le matin suivant trouva Merlin de très bonne humeur, le magicien s'étant retiré dans son atelier aussitôt que ses tâches du matin furent faites. Il avait utilisé son plat de divination pour surveiller Agravain après qu'il se soit retiré pour la nuit, et voir le noble assis à sa table, réfléchissant jusqu'à bien après minuit, lui avait dit qu'il avait gagné cette première manche.
Agravain savait qu'il était soupçonné, et il savait que Merlin avait gardé un œil sur lui. Aucun indice supplémentaire ne serait nécessaire pour l'instant, et avec un peu de chance Morgane n'organiserait pas d'autres attaques après l'échec total de sa libération du Dorocha.
Merlin renifla alors qu'il pensait à ce sujet. Morgane avait sacrifié sa sœur, sa plus puissante alliée, et était maintenant coincée avec l'aide d'un noble hésitant. Agravain serait réticent à agir sans des chances de réussites décentes, et ça prendrait à Morgane un moment avant qu'elle puisse mettre à exécution un plan arrivant à être proche de l'impact nécessaire pour déchirer le voile entre les mondes. Ça signifiait que les chances d'elle frappant encore avant l'hiver étaient nulles. Ça allait être l'année suivante avant qu'elle soit à nouveau un problème.
Il soupira, se laissant se détendre et éloignant ses pensées au loin, même s'il réprimanda distraitement Friou pour lui mordre ses doigts. Elle voulait de l'attention, et dans ses réflexions, il ne lui en avait pas donné. Il était temps de corriger cela.
Friou cria quand il la prit soudainement, rentrant sa tête dans le creux de son bras alors qu'il caressa son ventre. Cela eut pour effet de transformer immédiatement les sons de protestation en un gloussement similaire à un ronronnement, la petite vouivre s'affaissant sous l'attention. La première chose que Merlin avait découverte ce matin, était qu'elle adorait avoir son ventre grattouillé.
Il rit de lui-même, la transférant sur ses genoux et prenant l'opportunité d'utiliser sa main libre pour vérifier ses griffes et ses ailes. Après de longues conversations avec Kilgharrah dans le passé, sur les dragons et leurs parents, il savait l'importance de s'assurer qu'il n'y avait aucun dommage dans ces zones. Les ailes et les griffes, si endommagées très tôt et non soignées, pouvaient entraîner un adulte incapable de voler et de chasser dans le futur.
En réponse à ses pieds étant tripotés, Friou commença à lui donner des coups de pied espiègles, enroulant ses pattes avant autour de sa main et rongeant doucement ses doigts. Ses manières étaient si proches de celles d'un chat, combiné avec les sons de « chat feulant » quand elle n'aimait pas quelque chose, le faisait se demander si les vouivres et les chats n'étaient pas apparentés. Bien sûr, il savait que ce n'était pas le cas, mais ça faisait quelques réflexions amusantes.
Il était toujours en train de jouer-à-attraper avec elle sur ses genoux pendant que le reste de la Fraternité commençait à arriver un par un. Arthur avait décrété que puisque tout le monde avait besoin d'être présenté comme un 'ami', et qu'il n'y avait aucun autre problème urgent en attente, les chevaliers auraient un jour de repos dans leur entraînement d'aujourd'hui. Cela signifiait que tout le monde était capable de descendre ici pour la matinée, seul le prince ayant quelque chose à faire cet après-midi... Il avait une réunion du conseil.
En moins d'une heure tout le monde fut là, Geleaffriou était tranquillement en train de faire le tour du cercle d'amis assis sur le sol de l'atelier. Gwen, Liam, Elyan et Percival avaient rapporté en bas des brassées de vieux oreillers et coussins avec eux, Gwen les ayant dérobés dans l'entrepôt où les vieux tissus usés étaient gardés jusqu'à ce qu'ils soient réparés ou récupérés comme matériaux à réutiliser. Le résultat était le mélange étrange de couleurs et de tissus sur lequel ils s'assirent, avec l'ensemble de la collection aussi disponible faisant un lit pour Friou une fois qu'elle serait trop grande pour la caisse.
Parmi les quatre qui avaient apporté les coussins en bas, Gwen et Percival devinrent rapidement les favoris de la petite vouivre. Gwen du fait de sa douceur et sa volonté de prendre soin d'elle, et le chevalier car sa forte carrure et son absence de manche dans lesquelles Friou pouvait se coincer les griffes, faisait de lui un partenaire de lutte idéal par rapport à son parent nourricier.
Autre que Merlin, Friou était assez indifférente à tout le monde à moins qu'ils n'attirent son attention en lui offrant de la nourriture. Bien sur, dans toute situation, il y avait toujours une exception.
Gauvain.
Friou, ayant vu la façon dont les autres n'arrêtaient pas de faire des blagues aux dépens de Gauvain, avait interprété le langage corporel qui allait avec pour en déduire une seule chose...Taquiner ce chevalier en particulier était la chose normale à faire. Le résultat était qu'elle semblait déterminée à le tourmenter pour jouer, fonçant sur lui sans avertissement et grignotant ses bottes quand personne n'était en train de la regarder. Il ne voyait bien sûr aucun problème avec ça, puisque ce n'était pour elle qu'un jeu de bébé espiègle. Et quand Merlin avait essayé de la décourager de persister avec ça, le chevalier avait dit effectivement qu'il n'avait pas besoin de s'inquiéter.
Merlin lui avait donné un long regard à cela, mais avait haussé les épaules et été d'accord avec ça. Il verrait si Gauvain trouvait ça drôle, quand Friou le harcèlerait toujours quand elle aurait atteint la taille d'un cheval. Il commença à sourire. Là encore, ce serait certainement drôle pour tout le monde.
Le sorcier autorisa Gauvain à être indulgent avec la petite vouivre tandis que tout le monde parlait de sujets variés. Il avait récupéré une des cuillères en bois de la table de travail de Merlin, et avait maintenant réussi à enseigner à Friou le concept du jeu « va-chercher ». Elle filait à toute vitesse de long en large à travers l'espace dans le centre de leur cercle, la récupérant à chaque fois que le chevalier la jetait sur les genoux de son père adoptif, et après que ce jeu ait continué pendant dix minutes, Merlin la récupéra la fois suivante quand elle saisit la cuillère devant lui.
« Gauvain, je ne l'entraîne pas pour être un chien. »
Le chevalier sourit et rit.
« Ne sois pas un rabat-joie. Enfin, qu'est-ce que tu veux faire d'autre avec un animal de compagnie ? »
Merlin haussa les sourcils, tournant Friou pour qu'il puisse la regarder dans les yeux après un moment de réflexion.
« Geleaffriou, inraece laefel on Gawain. »
Le bébé vouivre cligna des yeux vers Merlin pour un moment après qu'il la posa au sol, avant de s'approcher de Gauvain et avec un balancement de sa petite tête jeta la cuillère dans son visage.
Gauvain tomba à la renverse avec un glapissement de surprise, toutes les conversations stoppant tandis qu'Arthur rigola à la scène.
« Et ceci sera un exemple de ce qu'un dragonnier peut faire avec une vouivre. »
Léon, qui était assit à la gauche de Merlin, hocha la tête vers le magicien.
« Alors qu'as-tu l'intention de lui enseigner ? »
Merlin la récupéra de nouveau quand elle revint vers lui, la déposant sur ses genoux ventre exposé et ronronnante alors qu'il la caressait.
« Je lui enseignerai des commandes verbales ainsi, vous pourrez tous lui donner des instructions basiques. Comme 'suivre', 'rester', 'garder' et 'attaquer'. Le fait qu'elle soit une créature magique la rend déjà imbattable, et si je fabrique un harnais pour elle et incorpore des enchantements de protection dessus, elle sera parfaite comme gardienne. De plus, je veux arriver à faire en sorte que les gens l'ignorent s'ils la voient avec un enchantement assez puissant, il n'y aurait aucune raison qu'elle ne puisse pas se mettre à garder les niveaux inférieurs du château et des cryptes. Nous voyons beaucoup d'intrus entrer par là. »
Arthur tapa Merlin sur le bras, secouant la tête.
« Un problème avec ça, Merlin. Les passages dans cette zone sont étroits, et ils sont déjà surveillés. Je ne pense pas qu'aucun sort pourrait faire qu'un garde l'ignore s'ils lui rentraient dedans. »
Merlin haussa les épaules, pensant au fait qu'il pourrait demander à George de truquer les patrouilles.
« Je suis sûr que je pourrais trouver quelque chose. Tout du moins, une fois qu'elle sera assez grande, c'est quelqu'un que nous pourrons appeler pendant un combat du moment que nous n'avons pas à nous inquiéter qu'elle soit remarquée. »
Gwen se mit à côté de Merlin, soulevant Friou et se remit à la caresser tandis qu'elle parlait avec un soupçon de désapprobation.
« C'est tout à fait bien de parler d'elle étant une gardienne, mais pour l'instant, elle est toujours un bébé. »
Écoutant comme Friou produisait de petits bruits de ronronnement alors qu'elle lui grattait dessous le menton, Merlin soupira.
« Je devine que ça règle ceci. »
Tout le monde ria à sa perplexité, Arthur se mettant debout à présent.
« Bien, je pense que nous avons passé assez de temps ici bas. Certain d'entre nous doivent y aller avant que quelqu'un note qu'aucun d'entre nous semble être nulle part là-haut. »
Gauvain grogna réellement, Arthur secoua la tête.
« Vous pourrez revenir jouer avec le bébé sur votre temps libre, Gauvain. Autrement dit, vous pourrez venir ici au lieu d'aller à la taverne. »
Merlin regarda alors que le reste des chevaliers traîna leur camarade réticent vers la porte, Gwen lui remit Friou avec un soupir alors qu'elle aussi s'apprêtait à partir.
« Je ferais mieux d'aller voir le roi. Je redescendrai encore un petit moment avant l'heure du dîner. »
Il lui sourit, Gwen était maintenant la seule encore à se faufiler en dehors de la salle.
« Merci, je sais que lytling l'appréciera. »
Il baissa le regard sur le paquet d'écailles sur ses genoux.
« N'est-ce pas ? »
Gwen rit, avant de tendre impulsivement le bras et d'ébouriffer les cheveux de Merlin.
« Je pense que tu fais un père adorable. Rappelle-toi juste de ne pas la gâter de trop. »
Elle partit de l'atelier, Merlin clignant des yeux après elle dans sa perplexité à sa remarque. Il supposa qu'il pourrait être appelé le père de Friou maintenant, et il devina qu'il y avait des choses bien pires avec lesquelles il pourrait se retrouver 'lié'. Ce n'était certainement pas pire que lorsque Arthur avait eu temporairement une belle-mère qui était un troll.
Assis là avec Friou sur ses genoux, Merlin devait prendre maintenant une décision. S'il allait être le 'père' de Geleaffriou, alors il allait la présenter correctement et l'habituer à son « Oncle ». Elle allait devoir s'habituer à lui de toute façon.
Merlin sortit de l'atelier avec elle dans ses bras, descendant plus profondément dans les niveaux du château vers la vieille prison de Kilgharrah. Et c'est ici qu'il patienta, son appel au dragon résonnant à travers la caverne et dans le silence. Silence qui après un court moment fut entrecoupé par le son d'un dragon volant et approchant de la corniche.
Kilgharrah sembla moins que ravi d'avoir été appelé, comme s'il s'attendait à ce que Merlin soit sur le point de se plaindre et d'insister pour qu'il prenne encore Friou en charge. Friou n'était pas empressée non plus, jusqu'à ce que Merlin lui pointe le dragon, parlant rapidement et fermement.
« Druta. »
Elle cessa ses plaintes, levant son regard quasi-pitoyablement vers le sien avant qu'il le pointe et le répète. Alors avec un coup d'œil à Kilgharrah, il commença par la poser au sol.
« Posez votre museau sur le bord de la corniche, s'il vous plaît. Je voudrais essayer quelque chose. »
Kilgharrah le regarda, ainsi que la vouivre qui essayait de rentrer à l'intérieur de la jambe de la culotte du magicien malgré le fait qu'elle soit trop grosse.
« Qu'as-tu à l'esprit ? »
Merlin extirpa Friou de ses vêtements et la déposa devant la tête de Kilgharrah, la laissant sur le sol où il était resté. Il plaça alors sa main sur le museau de Kilgharrah, et le montra à la vouivre.
« Weldaed druta. Weldaed druta sylfum Merlinus ond Geleaffriou. »
S'étant beaucoup calmée depuis la nuit dernière, Friou s'accroupit jusqu'à ce que son corps en entier touchât presque le sol et commença à ramper vers l'avant. Kilgharrah resta totalement immobile, la regardant attentivement de la surprise dans le regard, jusqu'à ce qu'elle atteigne Merlin et qu'il la soulève pour la placer sur le bout du nez du dragon.
Kilgharrah loucha presque en la regardant, même si elle resta assise là semblant incapable de faire quoi que ce soit. Merlin utilisa ce temps pour sauter sur le cou de Kilgharrah juste derrière sa tête, puis lui fit de nouveau signe de sorte qu'elle dut marcher le long du museau du dragon pour l'atteindre.
Elle resta obstinément là, sifflant en signe de protestation, jusqu'à ce qu'elle semble réaliser que bouder n'allait pas faire en sorte que Merlin vienne la chercher. Ce fut alors, que petit à petit, augmentant graduellement le rythme, elle rampa le long du nez et entre les yeux du dragon, jusqu'à ce qu'elle soit à nouveau dans les bras de Merlin.
Il sauta vers le bas, gardant une main sur elle alors qu'il considéra le dragon.
« Essayer de bouger maintenant, doucement, et voyons comment elle réagit. »
Kilgharrah le fit alors, soulevant un peu sa tête et se tournant pour faire pleinement face à la vouivre. Friou essaya de cacher encore sa tête dans la veste de Merlin, mais il la stoppa et lui murmura encore des paroles rassurantes dans l'ancienne langue.
Elle cligna des yeux vers lui, puis à Kilgharrah, avant de tendre sa tête vers le dragon et laisser échapper un petit pépiement. Kilgharrah répondit en amenant doucement sa tête plus près, jusqu'à ce que son petit nez effleurât juste son museau massif.
Elle lui caressa brièvement, avant de retourner timide et baisser sa tête encore à l'intérieur de la veste de Merlin. A ce moment, Kilgharrah redressa sa tête complètement, perché sur son vieux rocher et semblant véritablement touché.
« Tu as fait quelque chose de remarquable avec cette petite, Merlin. Même un dragonnier expérimenté aurait du mal à gagner sa confiance aussi rapidement, sans un cœur fort et gentil comme le tien. »
Merlin lui sourit, en riant.
« Il n'est que juste que je lui donne confiance en son oncle. Vous êtes celui qui va lui enseigner comment chasser quand elle sera assez grande pour prendre soin d'elle-même.
- Oncle ? »
Kilgharrah le fixait, et Merlin rigola à nouveau.
« Hé, j'ai été surnommé son « père » par mes amis. Gauvain ne me laissera jamais tranquille avec ça, alors je ne vois pas pourquoi vous pourriez y échapper. »
Le dragon continua de l'observer avant de commencer à rire, secouant sa tête avec amusement.
« Alors je devine que je devrais m'habituer à l'idée. Après tout, comme dragonnier et dragon, votre esprit et le mien sont frère. Si vous êtes son père, alors en effet, je suis par défaut son oncle. Tss quelle étrange famille nous ferons. »
Les deux riaient maintenant, une petite tête émergea de dessous la veste pour gazouiller une remarque elle aussi. La Fraternité avait perdu un ami cher, mais avait maintenant gagné un nouveau compagnon. Geleaffriou aiderait à guérir les blessures de leur cœur et leur apporter l'équilibre nécessaire pour ça.
