Et on arrive à l'épisode 3 avec des ràr et une note de titesouris...
Colinou : Agravain, on va lui prescrire des anti-stress. Friou a une belle famille, parfaite dans ses imperfections.
DAM : Friou est un peu notre mascotte dans l'équipe à quelques exceptions. C'est triste pour Arthur mais il a Merlin et c'est le principal.
Elisabeth49 : Evitons de casser les dents à l'oncle fou, il va en avoir besoin.
La correctrice a été heureuse de vous rencontrer mais suite au chapitre, elle est allée pleurer toutes les larmes de son corps.
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Chapitre 21 : Un jour funeste ~ Partie 1 ~
Les gens acclamaient alors que le wagon passait dans la cité par les portes du château, les artistes qui l'accompagnaient et la tiraient jetant des morceaux de papier coloré en l'air, créant un air de fête. Les jongleurs amenaient des rires d'émerveillement alors qu'ils jonglaient, assis sur le perchoir mouvant du toit du wagon, et les acrobates démontraient leurs talents pour encore plus d'acclamations de joie.
Merlin sourit alors qu'il regardait d'une des fenêtres des appartements d'Arthur, le prince venant derrière lui et parlant d'un ton plat.
« Ce n'est qu'un bougre qui lance de simples bâtons. »
Merlin se tourna, regardant alors qu'Arthur retournait à son bureau avec une liasse de rapports en main.
« Pourquoi cette humeur ? C'est votre anniversaire. On donne un grand festin en votre honneur. Il y aura des danseurs, des jongleurs et des acrobates pour vous divertir. » Il sourit alors que le prince restait sérieux. « Hélas quel terrible fardeau que ces réjouissances. »
Arthur roula des yeux.
« Peut-être suis-je moins facilement ébloui que toi.
- J'ai hâte que la fête commence. »
Tous deux souriaient maintenant, tous deux sachant ce qui venait de la bouche de l'autre ensuite.
« Parce que tu as l'esprit d'un enfant.
- Avec cela je suis plus intelligent que vous. »
Ils commencèrent à glousser, Arthur posant sa poignée de papiers et se dirigeant vers la porte.
« Je vais voir mon père. Assure-toi de préparer ma tenue pour ce soir. »
Merlin fit la moue à la retraite du prince, secouant la tête. Comme s'il n'avait pas assez à faire en ce moment, avec le gros lézard imposant qu'il gardait dans sa chambre de travail. Friou était maintenant grosse, très grosse, et elle n'aimait pas rester dans l'ancienne caverne de Kilgharrah. Ce qui signifiait qu'il était maintenant coincé à l'entraîner chaque soir à suivre une route prévue dans les passages entre les deux places, et seulement quand la pierre qu'il avait coincé dans le mur à chaque endroit était d'une certaine couleur pour qu'il n'y ait aucun garde sur cette route… Mais Friou semblait déterminée à considérer que rouge signifiait 'va' comme le bleu. Rouge signifiant 'attends' n'était pas encore dans son vocabulaire mental.
… Il y avait aussi le fait qu'elle était un petit monstre en quête d'attention, surtout de son 'père'.
Merlin soupira, se dirigeant vers le placard du côté le plus loin de la chambre. Il sortirait les habits d'Arthur, puis irait la nourrir, et réussirait peut-être même à glisser un aller vers la caverne et un retour avec elle. Si tout le reste coopérait.
De l'autre côté de l'aile des nobles, l'esprit d'Arthur était sur des choses différentes et pourtant similairement fatiguantes. Il avait dû passer les deux premières heures de la matinée à écouter le Conseil, et à leurs expliquer les raisons de pourquoi certaines choses ne pouvaient pas et ne seraient pas faites. Assis devant son père, il en discutait maintenant, même si la conversation était entièrement unilatérale.
« Nous avons débattu de l'impôt annuel ce matin. Le Conseil a suggéré de l'augmenter mais je trouve que le peuple est déjà accablé de taxes et- »
Un murmure calme l'interrompit, le prenant par surprise.
« Laissons de côté les affaires de l'Etat pour l'instant. »
Arthur regarda son père dans les yeux, pour découvrir que son père le regardait en retour avec une légère étincelle de son ancien lui visible.
« Pardon ? »
Uther sourit légèrement, en contradiction avec la coquille distance dans laquelle il s'était tenue pendant si longtemps.
« Crois-tu que je puisse oublier qu'aujourd'hui est l'anniversaire de ta naissance ? » Il se redressa un peu, plus effondré dans son siège. « J'ai ouï dire que l'on projetait pour ce soir des célébrations dignes de ce grand événement ? »
Arthur essaya de ne pas grimacer lorsqu'il pensa à ce qui était installé dans le Grand Hall.
« Il y aura un festin et… quelques divertissements. Je vous les raconterai demain. »
Uther secoua la tête.
« Certes non. Pour rien au monde je ne manquerais l'anniversaire de mon fils. Je me suis langui dans ces appartements pendant bien trop longtemps. »
Arthur pouvait à peine y croire, son sourire devenant rempli de joie. Sept mois auparavant, pendant l'incident à Samhain, son père était encore tellement perdu qu'il s'était cramponné à lui et l'avait supplié de ne pas le laisser. Mais maintenant… Maintenant il souriait, un miracle qui était un plus beau cadeau pour ce jour que n'importe quel autre. Ce que le prince ne pouvait pas savoir était la raison de ce changement, et alors qu'il partait pour continuer les préparations pour ce soir, Uther se réinstalla dans sa chaise pour y penser.
Pour penser au secret qu'il gardait toujours de son fils, un secret qui était aussi gardé par un autre… Merlin.
Uther tourna le regard vers la fenêtre, pensant au sorcier. N'importe qui d'autre dans sa situation serait resté hors de vue, hors de ses pensées, et pourtant il avait insisté pour se montrer sur des bases régulières. Il venait, silencieux et calme, et lui racontait les aventures de la Fraternité d'Arthur. Des fois c'étaient des rapports sur des incidents récents dont ils s'étaient occupés. D'autres fois il venait simplement pour lui raconter un événement amusant qui était arrivé dans le groupe de camarades. Il avait montré la vie qu'Arthur vivait, une vie acceptant la magie, et elle était remplie de lumière et de joie malgré les difficultés occasionnelles.
C'était la preuve qu'une telle balance pouvait être possible pour le royaume entier, et pourtant c'était la preuve que lui-même ne le pouvait pas.
Uther soupira doucement, se souvenant de la douleur et de la colère de la perte d'Ygerne toujours puissantes en lui. Non, son chemin était tracé et il y resterait, même si son fils devait se diriger vers une autre route plus brillante.
Il resta où il était, les heures passant lentement alors que Guenièvre allait et venait avec ses requêtes pour savoir s'il voulait quelque chose. Ses réponses furent peu nombreuses, mais sa déclaration qu'il voulait que son serviteur prépare une tenue pour lui pour ce soir la surprit. Il avait vraiment été dans les ombres pendant trop longtemps, si c'était comme ça que tant de gens, et même son fils, réagissaient en le voyant quitter ces appartements.
La surprise resta constante lorsque l'heure vint, les yeux s'élargissant quand les résidents du château le virent escorté vers le Grand Hall par son fils. Beaucoup sourirent de joie, lui donnant leur bénédiction, et tous les doutes qu'il jetait une ombre sur le jour spécial d'Arthur furent renvoyés par le sourire du prince. Arthur était plus content que n'importe lequel d'entre eux.
Approchant du hall, Merlin marcha derrière eux, le serviteur s'éloignant une fois qu'ils entrèrent dans la chambre et prenant sa place à la table où les cruches de vin étaient placées. Uther le regarda entre ses rires et sourires aux tours des artistes, remarquant aussi le vacillement d'inquiétude lorsque le chef des artistes mit Arthur au défi de prendre part à une démonstration de lancer de couteaux.
« J'ai besoin d'un volontaire. Prince Arthur. Quelle plus belle occasion pour vous de montrer une fois de plus votre bravoure légendaire ? Allez-vous relever le défi ? »
Arthur regarda son père et sourit, avant de se lever.
« Cela va de soi. »
Les chevaliers et courtisans applaudirent, pendant que Merlin aidait Arthur à enlever sa cape et sa veste.
« Est-ce dangereux ? »
Arthur murmura en retour.
« C'est un lancer de couteau, Merlin, bien sûr que c'est dangereux. Mais je me vois mal refuser son défi devant tous ces gens. » Il tapota le serviteur sur le bras. « De plus, je sais que tu surveilleras pour moi.
- Rien que pour ça, j'ai à moitié envie de le laisser vous toucher si son tir est faux. »
Arthur ignora la moquerie, Merlin regardant Uther lorsqu'il vit que le roi le regardait. Il opina légèrement en réponse, assurant à Uther qu'il ne permettrait à aucun mal d'être fait à son fils.
Au milieu de la salle, Arthur était maintenant attaché à une large cible circulaire, le sourire sur son visage cachant à peine la tension que ceux qui le connaissaient le mieux pouvaient voir.
C'est alors que le chef de troupe s'approcha pour lui parler.
« N'ayez crainte, Monseigneur. Je fais mouche à chaque fois.
- Fort bien, je suis ravi de l'entendre. »
L'homme avait maintenant quelque chose dans la main, la fourrant dans la bouche d'Arthur.
« Puis-je ? »
C'était une pomme, Arthur fronçant les sourcils à l'indignité de sa situation actuelle. Le hall était silencieux, tous ceux qui étaient présent regardant d'anticipation, alors que l'indignité était poussée encore plus loin quand deux des artistes commencèrent à faire tourner la cible. Arthur passait maintenant chaque moitié de cinq secondes de haut en bas.
Deux rotations plus tard, et un couteau lancé se planta à côté de l'oreille gauche d'Arthur, la cour ravie du tir parfait même si le prince était maintenant loin d'être aussi impressionné.
Merlin ne l'était pas non plus, ses yeux voletant entre son prince et le chef de troupe, grimaçant alors que la seconde lame frappait à côté de l'oreille droite d'Arthur. Il ne pouvait pas endurer la tension avec le troisième, accélérant son temps pendant un instant pour se donner la chance d'évaluer son chemin, et avec un soupir il cessa son sort sachant que tout allait bien même si tous ceux présents retenaient leur respiration, s'attendant à voir le prince blessé.
Mais il ne le fut pas… Non, mais il essayait de ne pas loucher sur le couteau qui avait été lancé en plein centre de la pomme dans sa bouche.
La chambre devint sauvage de cris et d'applaudissements, même Uther s'amusant de la déconfiture claire de son fils. Quant à Arthur, il garda son sourire alors qu'il était détaché de la cible, et joua le jeu devant ceux assemblés en prenant une grande bouchée de la pomme et en la brandissant quand son serviteur s'approcha pour l'aider à remettre sa veste.
« Tu vois, Merlin ? Pas de quoi avoir peur. »
Merlin rit, le suivant jusqu'à la Grande Table, aucun des deux conscients du chef de troupe murmurant à un de ses performateurs derrière eux. Son ton sombre de malice.
« D'ici quelques heures, le sédatif dans la pomme commencera à faire son effet. Le prince sera facile à atteindre. C'est alors qu'il faudra frapper. »
Tous deux se tournèrent pour regarder Arthur, qui mangeait toujours la pomme et s'inclinait pour sa performance devant ses invités. Et au moment où le festin se termina presque deux heures plus tard, le prince commençait à trébucher comme s'il avait bu juste un peu trop de vin.
Merlin le regardait avec amusement pour cela lorsqu'ils revinrent aux appartements du prince, suivant Arthur dans la chambre avec un sourire narquois sur le visage.
« Vous voulez me faire croire que vous n'avez pas eu peur du tout ? »
La voix d'Arthur était légèrement pâteuse alors qu'il répondait, en enlevant sa ceinture et en la jetant de côté.
« Pas une seule minute. Je suis un guerrier. Nous savons contrôler la peur. La confiner. »
Il rentra dans la colonne de pierre qui formait une partie de l'arche du côté nuit de ses appartements, Merlin opinant à cela et souriant toujours.
« Vous aviez l'air effrayé. »
Arthur ignora cela, marchant toujours dans une ligne zigzaguante vers son lit et s'asseyant au bord de celui-ci.
« Quel bonheur de voir mon père s'amuser. Il avait moins d'entrain à la fin de la soirée. » Il réfléchit pendant un moment. « Je vais voir comment il va. »
Merlin baissa les yeux, puis regarda Arthur passer devant lui à nouveau.
« Croyez-vous que ce soit une bonne idée ? C'est à peine si vous tenez debout. »
- Tu insinues que je suis soûl ? »
Merlin secoua la tête.
« Non, je dis simplement que vous ne devriez pas vous promener dans le palais ? »
Arthur était à la porte maintenant, fronçant les sourcils.
« Et pourquoi je te prie ? »
Merlin devait lutter pour ne pas éclater de rire.
« Parce que votre pantalon est tombé. »
Le prince le fixa puis baissa les yeux, découvrant que sans la ceinture pour le retenir, c'était exactement ce qui était arrivé. En fait, c'était un miracle qu'il n'ait pas trébuché dessus en marchant vers la porte, le fait d'avoir été entravé à mi-mollet l'empêchant de descendre plus loin que le haut de ses bottes.
« C'est judicieux. »
Il le releva et l'attacha plus serré pour qu'il tienne sans la ceinture, sortant pendant que derrière lui Merlin en était arrivé à un accès de gloussements étouffés. Le prince bâilla alors qu'il cheminait dans les passages vers les appartements de son père, inconscient du chef de troupe qui le suivait.
Il dépassa la paire de gardes dehors et entra dans les appartements d'Uther, le roi assis comme d'habitude à sa chaise près de la fenêtre, à moitié endormi. Arthur ôta gentiment une coupe vide de la main de son père, la posant sur la table adjacente alors même qu'il s'asseyait dans la chaise devant lui.
Rien ne fut dit, Arthur luttant pour rester éveillé. Combattant sa propre envie de dormir, il n'entendit pas les légers bruits sourds des deux gardes dehors abattus par des dagues lancées. Il ne remarqua rien jusqu'à ce qu'il voit un aperçu reflété sur le côté de la cruche de vin de la table, montrant un visage avançant vers lui avec une épée levée pour frapper.
Il attrapa l'épée qui était toujours gardée proche du roi, bondissant de la chaise et se tournant pour bloquer le coup.
« Gardes ! »
Mais personne ne vint, Arthur forcé de se défendre avec des membres qui étaient comme morts, et des réactions ralenties par la léthargie qui le harcelait. Il fut rapidement mis hors-jeu, perdant sa prise sur la lame. L'épée claqua en tombant sur le sol à côté des chaises de la fenêtre, Arthur tombant sur les genoux pendant que son attaquant se préparait à porter le coup mortel.
L'épée descendit seulement pour frapper contre l'acier, le combat ayant réveillé le roi qui tenait maintenant l'épée tombée pour défendre le prince.
Uther fixa l'homme, furieux.
« Il faut plus qu'un pleutre tel que toi pour tuer mon fils. »
Il guida le chef de troupe loin d'Arthur, frappant avec expérience mais entravé pour n'avoir pas porté une épée pendant si longtemps. Il n'était pas en condition de combat, et son adversaire l'était, et voyant son père se battre, Arthur grinça des dents, ses lèvres murmurant un ordre sévère.
« Ic clipie tu, Merlin. Dans la Fraternité de la Table ronde, ic behyhte ! »
Son amulette et son anneau de 'non-urgence' réagirent tous les deux, le déclenchement des deux ensemble dirait à Merlin que l'appel était mortellement sérieux. Et il l'était, la bataille remuant toujours roi et assassin. Uther était continuellement repoussé, gagnant rarement l'avantage, jusqu'à ce qu'en un instant il soit frappé au sol et que le tueur prenne cela comme une chance de frapper le prince.
« As-tu quelque chose à dire à ton fils avant que je ne le tue ? »
Uther s'élança vers lui avant qu'il puisse frapper le prince, agitant l'épée sauvagement jusqu'à ce qu'enfin le savoir supérieur le laisse désarmer l'assassin. Un coup à la figure mit ensuite l'homme au sol, le roi finissant par brandir son épée pour la ramener à un coup de poignard à deux mains.
Il ne vit pas l'assassin atteindre la dague attachée à sa jambe, incapable de réagir dans sa mise à mort de l'homme. Derrière lui, Arthur pouvait seulement fixer d'horreur alors qu'il voyait la dague remonter vers les côtes de son père, au même instant où Merlin fit irruption à travers la porte.
Le magicien fixa alors qu'Uther trébuchait en arrière, incapable de bouger alors qu'Arthur chancelait de l'endroit où il était tombé pour le rattraper. Et lorsqu'il le fit, le roi maintenu dans son étreinte, il vit la blessure saignante horriblement près du cœur de son père.
« Père, n-non… Merlin ! Va chercher Gaius ! »
Merlin commença à se tourner, seulement pour s'arrêter lorsqu'Uther parla.
« … Ne perds pas ton temps. »
Arthur le regarda, tremblant de déni avant de fixer son serviteur, les larmes aux yeux.
« Ne reste pas ici ! Va le chercher !
- Arthur. » Uther secoua la tête. « Il est l'heure que je parte.
- Non. Vous n'allez pas mourir. »
Arthur s'accrocha à lui plus fort, tremblant, la ruée d'émotion le réveillant de la léthargie alors que l'adrénaline de l'attaque ne le pouvait pas. Ça ne pouvait pas arriver, ça ne pouvait pas !
Uther grimaça de douleur, regardant son fils.
« Je sais que tu me feras honneur, comme toujours. Tu seras un grand roi.
- Je ne suis pas encore prêt. »
Voyant Arthur secouer la tête, le roi le regarda avec fierté et tristesse.
« Si, il y a déjà longtemps que tu es prêt, Arthur.
- Non. J'ai besoin de vous.
-Tu as déjà celui dont tu as vraiment besoin debout à tes côtés… »
Arthur fronça les sourcils, confus, seulement pour remarquer que Merlin s'était approché et était debout près d'eux. Il les regarda tour à tour, incertain, alors même que Merlin savait ce qui était sur le point d'être dit.
« Père ? »
Uther le regarda, solennel, avant de parler à son fils.
« J'ai fait beaucoup d'erreurs dans ma vie, et beaucoup d'entre elles ont amené des difficultés et des conflits au peuple de Camelot. Mes erreurs ont donné naissance à la vengeance qui a vu beaucoup d'entre eux tués ou laissés en deuil pour les proches, et pourtant même maintenant que je sais qu'il y a une chance de changer les choses, mon chemin serait le même. »
Merlin s'agenouilla à côté de lui quand le roi s'arrêta, Arthur le regarda.
« Merlin, qu'est-ce qui se passe ? »
Le magicien resta silencieux, son regard sur Uther. Il avait fait une promesse, et même maintenant il la garderait. Un seul homme pouvait dire ce qui allait être dit.
Et Uther le dit.
« Ma haine envers la magie restera toujours, c'est une trop grande partie de moi. Mais toi… Toi, Arthur, tu es libre de prendre un chemin différent. Mon seul espoir est que mes erreurs ne te causeront pas plus de difficultés et de dangers. Mais si elles le font, alors je sais que Merlin te protégera comme il l'a fait pendant tout ce temps. »
Arthur fixa son père de choc et d'incrédulité.
« Vous… Vous savez… »
Uther ferma les yeux, presque honteux de l'admettre
« Je sais qu'il possède et utilise la magie. Tout comme je sais qu'il mourrait un millier de fois pour toi. C'est de lui que tu as besoin, pas moi. »
Arthur fixa Merlin, tremblant de colère de n'avoir pas été mis au courant.
« Depuis quand ? Depuis quand, Merlin ? Depuis quand mon père sait ? »
Merlin baissa la tête.
« Depuis que Morgane lui a dit, pendant les deux semaines où il était son prisonnier. Je l'ai vu en visualisant, elle qui lui disait, et mon sort ne pouvait plus lui faire croire que c'étaient des mensonges. » Il regarda le roi. « Après que nous ayons récupéré le royaume, je lui ai révélé que je savais qu'elle lui avait dit… Et il a décidé de me laisser vivre. » Arthur était à nouveau stupéfait, incapable de bouger alors que Merlin s'approchait pour poser une main sur la blessure et fronçait les sourcils de concentration. « Bldhdseten thurhaale. »
Il posa aussi un doigt sur le front d'Arthur, lorsqu'il remarqua que le prince luttait à nouveau pour rester alerte, murmurant une seconde incantation.
Arthur fut à peine capable de parler lorsque le roi ne réagit pas du tout aux sorts, toujours profondément confus.
« Mais… » Il se concentra. « Il ira bien ? »
Merlin secoua lentement la tête.
« Je ne sais pas. La blessure est à un mauvais endroit, et sans les matériaux tout ce que je peux faire maintenant c'est ralentir le saignement. Il doit être vu par Gaius.
- Alors va le chercher. »
Cette fois Merlin obéit à l'ordre, courant hors de la chambre, laissant Arthur tenir le roi. Il baissa les yeux sur lui, les larmes aux yeux alors qu'il essayait toujours de tout comprendre.
« Pourquoi ? Si vous saviez, pourquoi ? Pourquoi lui avoir fait confiance alors que vous avez condamné à mort tant de ceux qui sont comme lui ? »
Uther le regarda solennellement.
« Parce que j'ai réalisé que la plupart de ce qui me rend fier de toi, tu l'as appris de lui… Je sais que je n'ai pas été un bon père. J'ai fait passer mon devoir envers Camelot avant toute chose, je t'en demande pardon. »
Arthur ravala un sanglot.
« Ne dites pas cela. »
Uther secoua la tête.
« Mon aveuglement a empoisonné Morgane contre moi. Et quand j'ai appris que tu pensais aussi que la magie n'était pas mauvaise, je ne pouvais supporter l'idée que tu me haïsses aussi. Je ne pouvais faire face à la douleur que tu aurais souffert si j'avais fait exécuter Merlin. Tu seras toujours mon fils, et je t'ai toujours aimé. Peu importe les choix que tu fais et le chemin que tu choisis, ça ne changera jamais. »
Les larmes qu'il avait combattu si durement coulaient maintenant des yeux d'Arthur, tombant sur la chemise de son père alors qu'il restait voûté au-dessus de lui et qu'il le berçait. Le roi ferma les yeux, dérivant dans l'inconscience, son expression en paix avec le fardeau qu'il avait maintenant mis de côté.
Après son arrivée, c'est à l'aube que Gaius finit sa consultation et son évaluation. Temps que Merlin avait passé à raconter aux membres de la Fraternité tout ce qui était arrivé excepté la révélation d'Uther. C'était déjà suffisamment maladroit qu'Arthur sache, et ça avait seulement empiré quand le prince avait insisté pour qu'au moins le médecin et Gwen soient mis au courant.
Arthur resta aux côtés de son père alors que Gaius commençait à ranger ses outils dans son sac, l'expression désespérant d'une chance d'espoir lorsqu'il suivit le médecin vers la porte.
« Pouvez-vous le soigner ? »
Gaius baissa la tête, sombre.
« La lame a touché son cœur. Il a des saignements internes, malgré le sort de Merlin. Ce n'est plus qu'une question de temps, malheureusement. Je suis navré, Arthur. »
Tous deux regardèrent vers le lit, où Gwen pliait gentiment les couvertures autour du roi alors qu'Arthur regardait.
« Il y a forcément un remède, quelque chose que nous pouvons faire. Que Merlin puisse faire.
- J'essayerai. » Ils se tournèrent, trouvant Merlin debout dans l'encadrement de la porte, semblant aussi sombre que son mentor. Le magicien marcha vers eux, soupirant lorsqu'il s'arrêta, solennel. « Sa blessure est au-delà des sorts de guérison que je connais, et je n'utiliserai pas le moyen certain pour le sauver. Je commencerai à chercher une autre solution, mais je n'utiliserai pas mon pouvoir du Miroir de la Vie et de la Mort. » Il secoua la tête. « Pas pour lui, Arthur. Pas après tout ce qu'il a fait. Il a joué avec ce pouvoir, sans accepter le prix qui en serait demandé, et le résultat a été les vingt-cinq dernières années à massacrer implacablement et à persécuter ceux qui ont des pouvoirs. Il m'a épargné comme il a épargné Gaius alors, donc je ferai de mon mieux pour le sauver. Mais utiliser ce pouvoir pour le faire serait mal même si quelqu'un venait s'offrir volontairement en échange. »
Gaius fronça les sourcils.
« Mais, Merlin. Crois-tu vraiment qu'il te remerciera pour l'avoir guéri avec la magie, si tu réussis à le sauver ? »
Merlin soupira.
« Non, il ne me remerciera pas, mais il ne m'arrêtera pas non plus. J'ai gardé ma promesse, ma promesse qu'Arthur découvrirait seulement de lui qu'il savait que je suis un sorcier. Et j'ai gardé ma promesse de garder Arthur en vie. Je lui fais confiance pour tenir parole envers moi en retour. Si je réussis à le sauver, il recommencera juste à m'ignorer. Cependant, ne vous attendez pas à ce qu'il révoque la loi contre la magie à cause de ça. Il a rendu clair à l'époque qu'il ne le ferait pas, et que j'étais une exception. »
Arthur devint calme.
« Il… Il a dit que sa haine envers la magie resterait toujours, que c'était une trop grande partie de lui. Mais que j'étais libre de prendre un chemin différent. » Il ravala les larmes qui menaçaient à nouveau. « Il a dit que j'avais déjà celui dont j'avais besoin à côté de moi. Que Merlin est cette personne. Il a dit qu'il le laissait vivre parce qu'il n'aurait jamais pu faire face à ma douleur s'il m'avait pris Merlin en l'exécutant… Il a accepté que je veuille faire revenir la magie, et que ce soit mon choix, quand l'heure viendra. »
Le silence tomba entre eux, un silence d'étonnement que Gaius brisa.
« Après tout ce qui a précédé cela, penser qu'il agit maintenant de cette façon. C'est presque comme s'il avait dit qu'il avait tort de persécuter la magie, même s'il n'a aucune intention de cesser de le faire. »
Des mots doux s'introduisirent dans cette rêverie.
« 'S'il y a une chance qu'Uther se rachète avant la fin, cela arrivera seulement s'il écoute les paroles de tolérance que vous, son fils, prononcerez.' » Merlin soupira. « Kilgharrah avait raison, bien que je sais qu'il aura du mal à croire que c'est vraiment arrivé. »
Ils regardèrent à nouveau le roi inconscient, l'expression d'Arthur devenant déterminée.
« Je refuse de l'abandonner. Je ne perdrai pas espoir. Merlin, va commencer à chercher un sort. Pendant que tu fais ça, j'ai un royaume plein de gens à garder au calme. »
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