On continue l'épisode avec des ràr de Colinou...

elisabeth49 : Je suis du même avis que toi, Arthur est dévasté quand il monte sur le trône

titesouris : Malheureusement...

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Chapitre 22 : Un jour funeste ~ Partie 2 ~

« Nous avons suivi la piste de l'assassin jusqu'à Wenham. La ville est dans les terres d'Odin. Celui-ci l'aurait payé afin de venger la mort de son fils. »

Arthur se tenait en figure solennelle et pourtant imposante près de l'extrémité de la table dans la Salle du Conseil, son oncle, Agravain, debout à courte distance avec Sire Léon à ses côtés. Le chevalier était venu avec le rapport des gardes qui avaient interrogé la troupe d'artistes, qui se languissaient en ce moment même dans les cachots. Par les comptes seuls trois avaient été au courant de l'assassinat qui devait avoir lieu. En attendant que Merlin confirme que le reste n'avait vraiment rien su, les innocents seraient libérés pour s'en aller.

Mais ce n'était pas ce qui troublait le prince, plutôt la raison derrière la tentative sur sa vie.

« Trop de vies sont perdues pour une haine si inutile, quelque chose que le roi Odin semble déterminé à ne pas apprendre. Son fils m'a défié en connaissant très bien les risques d'un duel. » Il fronça les sourcils. « Il n'y aura aucun acte de rétribution pour cela. Odin a perdu son fils, et je pourrais bien perdre mon père. Si ça doit arriver, alors je peux seulement espérer qu'Odin acceptera que je comprends son chagrin. Peut-être que ce sera suffisant pour calmer son chagrin et sa colère. »

Agravain le regarda avec sympathie, s'approchant de lui.

« Nos pensées vous accompagnent, Arthur. Sachez que, si je peux faire quelque chose. »

Arthur soupira.

« Vous savoir à mes côtés me réconforte. Merci. »

Noble et chevalier s'inclinèrent et partirent, sachant que c'était un renvoi. Merlin passa devant eux alors qu'ils sortaient de la salle du conseil, regardant prudemment Agravain pendant un moment avant de se dépêcher de rejoindre le prince.

L'expression d'Arthur montra de l'espoir pendant un moment, espoir que les mots de Merlin anéantirent malheureusement.

« Il n'y a rien de changé. »

Le prince ferma les yeux de frustration et de douleur, tous deux le faisant parler hargneusement à son ami.

« Alors pourquoi Gaius et toi ne faites rien ? »

Arthur s'immobilisa lorsqu'il vit Merlin tressaillir, le magicien abaissant sa voix à un murmure pour que les gardes à la porte n'entendent pas.

« J'ai déjà essayé trois sorts, mais ils n'ont fait que lui faire gagner du temps. Il est stable, pour l'instant. J'ai monté quelques-uns de mes livres de ma chambre de travail, et Gaius les parcourt actuellement. Il a plus d'idée quant à ce qu'il faut chercher que moi, donc j'ai pensé que peut-être nous deux pouvions nous occuper d'une autre affaire. »

Arthur le regarda, curieux en dépit de son humeur.

« Quelle affaire ? »

Merlin prit une profonde inspiration.

« Depuis que j'ai mis ce sort sur Morgane pour lui faire oublier que je suis Emrys, j'ai dû planifier mes actions minutieusement pour ne pas lui donner de raisons de suspecter que je suis quoi que ce soit d'autre que le sorcier talentueux mais toujours bête qu'elle pense maintenant que je suis. Pour ce qu'elle en sait, ni Gaius ni moi n'avons les capacités de sauver le roi. Elle apprendra sa blessure mortelle, sans aucun doute, ce qui veut dire que je dois couvrir mes pas. »

Arthur sembla vouloir crier, demander pourquoi son ami perdait du temps qui pouvait être utilisé pour chercher un remède. Mais il se dégonfla, sachant que Merlin avait raison. Certaines choses étaient simplement trop importantes pour les ignorer, peu importe ce que les sentiments voulaient qu'ils fassent.

« Alors comment allons-nous faire ça ? »

Merlin se redressa, solennel.

« Vous allez sortir et 'consulter' un sorcier qui a le pouvoir d'aider le roi. Si Morgane a un quelconque espion dans la cité, elle devrait additionner deux et deux d'elle-même. »

Arthur souleva les sourcils.

« C'est tout ? Alors qu'est-ce que tu vas faire ? »

Merlin se tourna et soupira.

« Qui croyez-vous que vous allez consulter ? Chevauchez vers le nord jusqu'à ce que vous trouviez Friou. Elle vous mènera jusqu'à moi. »

Le magicien quitta la salle, sans aucun doute pour se faufiler hors de la cité, et Arthur le regarda partir avec un cœur chargé de conflit. Une part de lui voulait sauver son père maintenant, mais l'autre savait que Merlin et Gaius travaillaient toujours sur le 'comment' pour se faire. Une part de lui hurlait contre le fait que Merlin avait déjà les moyens de sauver le roi, puis il se réprimandait et reconnaissait que le magicien avait toutes les raisons du monde de refuser d'utiliser cette méthode.

Il était vrai qu'Uther avait joué avec le pouvoir du Miroir de la Vie et de la Mort, en demandant de l'aide à Nimueh pour gagner un enfant. Tant de plus que juste Ygerne avait payé le prix en sang pour cela. Aucun Grand Prêtre, n'importe où, utiliserait jamais ce pouvoir pour l'aider à nouveau.

Il laissa une heure passer avant de se diriger vers les écuries, trouvant son cheval déjà préparé et laissé pour lui. Il chevaucha vers le nord, comme indiqué, suivant un chemin particulier qu'il savait que Merlin avait induit dans ces directives.

Arthur trouva Geleaffriou à environ deux miles de la cité, ou plutôt elle le trouva. C'était aussi bien que son cheval soit entraîné pour ne pas craindre la magie ou des créatures magiques, ou la monture aurait pu le désarçonner de terreur lorsque la vouivre descendit de nulle part pour atterrir dans un bruit d'ailes disgracieux. Elle pouvait voler maintenant, mais était loin d'être élégante en le faisant.

Friou croassa pour le saluer, marchant vers le prince et le cheval et fourrant sa tête dans les genoux qui étaient maintenant au niveau de ses yeux. Arthur secoua la tête avec amusement devant l'invitation flagrante pour un câlin, obligeant le reptile adolescent avant de la pousser légèrement.

« Mène-moi à Merlin. »

Elle croassa de nouveau, remuant les ailes avant de se détourner du chemin pour s'enfoncer dans une partie plus dense de la forêt. Cinq minutes plus tard à peine, Arthur se trouva dans une petite clairière avec une cabane en bois construite sur un côté, proche des rives d'un filet à peine assez large pour être appelé ruisseau.

Friou laissa échapper un gazouillis gloussant, une salutation qu'elle réservait entièrement à Merlin. C'est alors, en entendant cela, que le magicien émergea de la hutte devant un Arthur soudainement très surpris.

Merlin le regarda par-dessus le blanc de sa barbe et fourra ses mains dans les poches de sa robe rouge, soulevant ses sourcils amincis sur son visage ridé. Il sonna aussi irritable qu'il le semblait.

« Il n'y a pas besoin de me fixer. Ce n'est pas comme si vous ne m'aviez jamais vu comme ça avant. »

Friou marcha jusqu'à lui, blottissant sa tête dans l'avant de sa robe. Merlin était toujours Merlin pour elle, peu importe à quoi il ressemblait, ses pouvoirs de Seigneur des Dragons l'identifiant à elle indépendamment de son âge physique.

Il retourna distraitement l'affection, alors même qu'Arthur descendait de son cheval et s'approchait, semblant confus.

« Alors pourquoi te donner la peine de te vieillir à nouveau ? Quel est le but ? Il n'y a personne ici pour le voir. »

Merlin renifla, poussant Friou sur le côté, commençant à marcher et gardant sa voix basse.

« Le but, c'est que nous n'en savons rien. J'ai construit cet endroit il y a un certain temps juste au cas où, pour donner un peu plus de preuve qu'une simple histoire qui dit que vous avez rendu visite à un vieux sorcier pour un conseil. » Il emprunta un chemin en pente à travers les arbres, grimaçant à cause de ses os et de ses articulations endoloris. « Si jamais elle ou quelqu'un d'autre devait vous suivre, cet endroit pourrait être important pour l'écarter de la vérité. »

Arthur le suivit, gardant le rythme de son 'vieil' ami et commençant à sourire à une pensée amusante.

« Tu sais, tu ne peux pas marcher plus vite ? Tu as couru plutôt vite quand je t'ai chassé de mes appartements la première fois que tu as fait ce sort. »

Merlin le regarda de côté, grognant avec irritation.

« Attendez simplement jusqu'à ce que vous ayez quatre-vingt ans et voyez à quel point vous marchez vite ! J'ai à moitié envie de vous faire me porter. Peut-être qu'être talonné comme un cheval, pour vous faire accélérer, vous fera arrêter de vous amuser à mes dépens. Je n'ai pas pris la peine de perfectionner ce sort rien que pour vous divertir. »

Arthur arrêta de marcher, forçant le magicien à s'arrêter aussi.

« Tu l'as pratiqué ? »

Merlin fronça les sourcils et opina.

« Une fois par semaine, depuis que nous avons repris le royaume de Morgane. A l'époque c'était comme si j'étais courbé au-dessus d'un tonneau quand je jetais le sort, et comme si j'étais pressé dans un espace incroyablement petit quand je revenais à la normale. Mais je suppose que mon corps s'y est habitué, puisque je le sens à peine maintenant. Je n'ai même plus besoin du matériel pour jeter le sort, juste l'incantation. Et la plupart du temps je peux changer à nouveau sans la potion, même si j'en porte toujours une dose sur moi juste au cas où. »

Il sortit un petit flacon de verre de sa poche, qui contenait un liquide bleu clair. Une fois qu'il l'eut montrée au prince, il la rangea.

Après avoir écouté l'explication, Arthur soupira.

« Je dirais que je ne peux pas croire que tu t'es donné tant de peine en secret, sauf que je sais que c'est exactement toi. Je pensais que tu avais réalisé que tu n'avais plus à tout faire tout seul. Ce n'est pas comme les jours avant que je sache pour toi.

- Je sais. » La voix âgée de Merlin sonna résignée, et il secoua la tête. « Mais ce n'est pas comme si l'un d'entre vous aurait pu m'aider avec ce projet… Et j'ai décidé de me passer de Gauvain qui me taquine pour choisir de me transformer en un vieillard gâteux une fois par semaine. Ça a été assez mauvais qu'il me taquine parce que je suis un 'papa' tous les jours. »

Arthur rit.

« Oui, mais au moins tu peux le regarder être harcelé sans relâche par Friou en retour. Il aurait dû t'écouter quand elle était petite, quand tu l'as prévenu que ne pas lui dire de ne pas manger ses vêtements reviendrait le hanter.

- C'est vrai, il a appris à toujours porter sa cotte de mailles autour d'elle s'il ne veut pas avoir à repriser ses chemises. » Merlin regarda les bois, pensif. « Eh bien je pense que vous êtes resté ici suffisamment longtemps. Votre absence de la cité aura été remarquée par un quelconque espion maintenant. » Il agita une main ridée. « Maintenant allez-vous en, oust ! Je ne peux pas me faufiler dans la cité tant que vous n'êtes pas déjà revenu. Je veux me sortir de ces os douloureux avant que mes articulations cèdent. »

Le prince sourit et se tourna, courant le long du chemin juste pour irriter encore plus Merlin. Friou laissa échapper un autre petit croassement quand il passa devant elle et retourna à son cheval, des yeux grenat le regardant intensément avec une tête inclinée.

Il devait s'en émerveiller, combien une vouivre entraînée était amicale comparé à une vouivre sauvage. Eh bien, au moins amicale envers les amis. Il doutait qu'elle soit si décontractée avec un ennemi.

Il se tourna et chevaucha jusqu'à chez lui, le sursis de sa conversation avec Merlin laissant maintenant la place aux inquiétudes pour son père. Et que dire des 'espions' que Merlin avait sous-entendu dans la cité ? Morgane avait-elle quelqu'un qui les regardait ? Si c'était le cas, qui ?

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Le cheval renifla alors que son cavalier le guidait, chargeant dans la forêt, la créature n'aimant pas l'obscurité de la nuit naissante, un moment où ses yeux devraient lutter pour voir où il allait. Mais le cavalier ne lui donnerait pas de répit, pas jusqu'à ce qu'il ait parlé à cette femme qu'il se dépêchait d'aller voir.

Agravain laissa son cheval attaché à l'arbre habituel, cheminant dans le ravin jusqu'à la demeure de Morgane. Faisant irruption à travers la porte sans avertir, il obtint pour réaction qu'elle attrape un couteau et le pointe sur lui, la sorcière le baissant en voyant qui c'était.

Son sourire contenait un peu d''excuses.

« En voilà une façon de saluer un vieil ami. »

Elle posa le couteau, fronçant les sourcils.

« Je ne vous attendais pas aujourd'hui. »

Il entra plus profondément dans la chambre, semblant plutôt content.

« Il fallait que je vous voie. J'ai une bonne nouvelle. Meilleure que nous pouvions l'espérer. »

Son sourire la rendit curieuse, Morgane bougeant vers lui.

« Quelle est-elle ?

- Uther a été mortellement blessé. Il est sur son lit de mort. Gaius dit qu'il n'a que quelques jours à vivre. »

Morgane commença à sourire de malice.

« J'espère que mon visage le hante à chaque minute. » Elle s'arrêta, réfléchissant. « Comment va Arthur ? »

Agravain répondit, confiant.

« Désespéré. Il a l'esprit qui s'égare, le pauvre.

- Nous frapperons pendant qu'il est vulnérable. »

Morgane commença à se tourner, mais fut stoppée quand le noble lui attrapa le bras. Son regard en réponse le transperça presque, Agravain se hâtant d'expliquer son geste.

« A la mort d'Uther, le royaume sera faible. Alors nous devons choisir notre moment avec grand soin. » Il lâcha prudemment son bras. « Qui sait quelles opportunités les prochaines semaines nous offriront ? De plus, il n'est pas encore mort, et Arthur a quelque chose à utiliser que son père n'envisagerait jamais. »

Morgane s'immobilisa, ses yeux s'étrécissant.

« La magie… Si Gaius ou son précieux serviteur n'ont pas les talents pour sauver Uther, ça ne veut pas dire qu'Arthur ne connaîtrait pas quelqu'un qui les a. »

Agravain opina.

« Et pas plus tard que cette après-midi, il est sorti de la cité comme sur un caprice, et est revenu à peine une heure après. Il ne semblait pas être sorti pour s'éclaircir les idées. Il semblait planifier quelque chose. »

Elle fronça les sourcils, bougeant sèchement vers sa cheminée et l'allumant d'un regard.

« S'il a l'intention d'utiliser la magie, alors nous ferons en sorte qu'il échoue. » Morgane prit un collier d'une de ses étagères, le faisant tomber dans le feu puis s'asseyant à côté des flammes. Elle sourit alors que les mots de sa malédiction franchissaient ses lèvres. « Seolforpraed apringe winstra, apringe yfele, apringe wip ealle gode craefte. »

Le feu rugit pendant un moment, puis elle cueillit le collier dans les charbons avec des pincettes et le tendit à Agravain.

Il haleta lorsqu'elle le fit tomber dans sa main, s'attendant à ce qu'il brûle et le fixant lorsqu'il ne le fit pas.

« Il est froid. »

Morgane se leva, auto-satisfaite.

« Il appartient au pouvoir de la main gauche. Vous glisserez ce talisman au cou d'Uther. »

Le noble regarda le pendentif.

« Quel sera son effet ? »

Elle sourit, satisfaite.

« Toute magie bienfaisante verra sa force inversée et mille fois décuplée… En tentant de guérir son père, Arthur va hâter sa fin. »

Agravain s'immobilisa, une lueur d'incertitude cachée dans ses yeux.

« Arthur ne se le pardonnera jamais. Il sera détruit. »

Morgane opina.

« Et un prince brisé fera un roi pitoyable. »

Agravain baissa à nouveau les yeux sur le pendentif, sa main tremblant avant qu'il le fasse glisser dans sa poche et parte.

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Le prince s'appuya contre le pilier du lit, regardant alors que l'homme qui avait été le centre de son monde toute sa vie… gisait, mourant. Pourquoi fallait-il que ça se fasse de cette façon ? Son père lui avait été précieux toute sa vie, cet événement le blesserait toujours. Et pourtant savoir que son père avait su son plan de restaurer la magie dans Camelot, avait su que Merlin était un sorcier pendant tout ce temps et pourtant y avait tourné un œil aveugle. Il voulait qu'il vive encore plus pour cela. Il voulait montrer à son père combien ce futur pouvait être brillant.

« Je ne le laisserai pas mourir… J'ai encore tant de choses à lui dire. »

Gwen, qui s'occupait de la blessure d'Uther, leva les yeux sur Arthur. Elle comprenait la peine qu'il ressentait, ayant fait face exactement à la même chose quand son père était mort.

« Merlin et Gaius font de leur mieux. Je suis sûre qu'ils vont trouver quelque chose. »

Arthur se dirigea vers la fenêtre, baissant les yeux sur la cour où le peuple de la ville se tenait en veillée avec des bougies.

« Alors que dehors le peuple a commencé à lui faire ses adieux. Ils croient déjà qu'il va mourir, et se préparent au pire. » Il grinça des dents. « Ils peuvent perdre espoir, moi je refuse. »

Gwen vint à son côté, le prenant dans ses bras pour le réconforter. Pour tous ses mots de foi, les larmes qui détrempèrent l'épaule de sa robe parlèrent autrement. Il savait que même avec la magie de Merlin, les chances de sauver Uther étaient minces.

« Peu importe ce qui arrive, nous serons tous toujours là pour vous. Vous ne serez jamais seul. »

De l'autre côté du château, Merlin tourna la tête et regarda son bol d'observation lorsqu'il entendit cela. Il l'avait installé pour surveiller les appartements du roi, pour qu'il sache si l'état d'Uther empirait. Entendre le chagrin d'Arthur était déchirant dans ces circonstances, et il voulait que le prince puisse parler à son père autant qu'Arthur le voulait. Uther s'était repenti, même d'une petite manière, et Merlin ne doutait pas que s'il survivait, Arthur et lui entreraient dans une nouvelle ère de compréhension l'un de l'autre.

Proche, Liam regarda Merlin de son siège, un livre de sorts de guérisons dans la main alors qu'il aidait aussi pour chercher ce qui aiderait le roi. C'était dans des moments comme ça, des moments sans garde, où il était possible de voir combien de poids et de responsabilité le magicien portait.

« Il ne te haïra pas si tu échoues, Merlin. Que Uther vive ou non, Arthur restaurera quand même la magie dans les terres. »

Merlin sursauta, levant les yeux sur lui et soupirant.

« Serait-ce ironique pour moi que jamais pendant tout le temps où j'ai vécu à Camelot, je n'ai voulu sauver la vie d'Uther à ce point. »

Liam posa son livre sur la table proche, surpris.

« Et pourquoi ça ? »

L'expression de Merlin devint distance, ses pensées se changeant en souvenirs.

« Nous en sommes venus à un niveau d'entente, lui et moi. Au début il me disait toujours de le laisser et de m'en aller, mais je restais et je lui parlais de la Fraternité et des choses qui étaient arrivées récemment. Pendant l'hiver dernier, pour la première fois depuis que Morgane l'a trahi, il a réellement commencé à parler. Il y a eu cette nuit où Gwen n'a pas pu s'occuper de lui, et j'ai offert de le faire à la place. Uther, il… Il a parlé des jours d'avant la Purge, quand il a rencontré Gaius et l'a pris dans son service comme Médecin de la Cour. » Merlin regarda son ami, semblant triste. « Puis il a commencé à parler d'Ygerne, et de la joie dans ses yeux quand elle a tenu Arthur pour la première et dernière fois. Il m'a vraiment parlé d'elle, Liam. Le roi qui méprise la magie, parlant à un sorcier de sa femme qui est mort à cause de ça. Morgane l'a brisé, oui, mais elle lui a aussi fait voir ses erreurs. Il a changé, il change encore, et je veux qu'il ait la chance de se repentir encore plus qu'il ne l'a déjà commencé. »

L'apprenti médecin sourit à cela, reprenant le livre de sorts.

« Et c'est pour ça que tout le monde t'aime. Parce que tu es déterminé à essayer d'aider les gens à trouver le meilleur en eux-mêmes. » Il rit. « Regarde-moi. J'ai commencé comme un serviteur docile, et maintenant je m'entraîne pour être un médecin et un chaman, tout ça grâce à toi. »

Merlin sourit narquoisement.

« Sans mentionner le fait que tu as finalement demandé à Hana de t'épouser, même si tu retardes toujours le mariage 'jusqu'à ce que tu aies suffisamment économisé pour une maison dans la ville basse'. Tu sais aussi bien que moi, que si tu veux une maison tu as seulement à demander à Arthur. Il t'en donnerait une. »

Liam lui donna un haussement de sourcils perplexe.

« Et je suis sûr que tu comprends aussi que certaines personnes aiment faire les choses d'elles-mêmes. Je veux avoir la satisfaction de la faire entrer par la porte de la maison que je lui aurai acheté. » Il commença à rougir, baissant les yeux et retournant son attention sur le livre. « Nous ferions mieux de continuer à lire. Nous pourrons parler plus après que nous ayons sauvé le roi. »

Tous deux opinèrent d'agrément, le seul son brisant le silence suivant étant le tournage des pages. Tant qu'il y aurait de l'espoir, ils continueraient d'essayer.

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Je vous laisse préparer les mouchoirs, les cordes et le reste pour le chapitre de dimanche...