titesouris : Série de smileys, c'est nouveau^^
Colinou : Tu as eu raison de ne pas t'y replonger... Oui on a toujours envie de tuer Agravain.
On dirait que la mort d'Uther a traumatisé toutes les autres^^ Pour vous réconforter, un sous-épisode que vous allez toutes adorer !
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Chapitre 24: Consolider les Forces ~Partie 1~
"Arthur, cessez de tirer ainsi sur vos cheveux. Si vous continuez, un côté de votre tête va finir chauve."
Merlin regarda son ami avec une expression déconcertée, observant Arthur fixer la masse de rapports étalés devant lui comme s'il s'attendait à ce qu'ils se soulèvent pour venir l'enterrer. Quatre jours avaient passé depuis les funérailles d'Uther et sa montée sur le trône, et bien qu'il affiche une façade courageuse en public, en privé il était clair qu'il se sentait submergé.
Le nouveau roi leva la main gauche, sur le point de la passer de nouveau dans ses cheveux avant de s'interrompre. Il soupira
"Je ne suis pas sûr de pouvoir faire ça. Et si je fais des erreurs ?"
Merlin porta sa main vide à son front, l'autre tenant une liste.
"Arthur, vous dirigez ce royaume en tout sauf le nom depuis que vous l'avez repris à Morgane. Votre père ne quittait presque jamais ses appartements, et ne prenait jamais part aux réunions ou aux décisions ou quoi que ce soit. Vous avez fait tout ça, et vous l'avez bien fait. Camelot a prospéré pendant ce temps, et que vous ayez un nouveau titre ne change pas le fait que nous savons tous que vous pouvez le faire."
Arthur leva les yeux de son bureau, le visage indéchiffrable jusqu'à ce qu'il s'affaisse sur son siège et ne fixe le plafond.
"Je n'ai aucune idée de ce que je ferais sans toi pour me faire entendre raison..."
Il se redressa, interrompant le magicien avant qu'il ne puisse parler.
"Ne répond pas."
Merlin eut un grand sourire, avant de lever la liste en riant pour la lire.
"Eh bien, étant donné que je viens de pénétrer dans votre crâne épais, pour le moment, j'ai votre emploi du temps pour aujourd'hui."
Il commença à marcher en parlant, avec une calme maîtrise de lui-même qu'en cet instant Arthur ne pouvait qu'envier.
"Vous avez une inspection de deux chevaliers potentiels, pour commencer. Les Seigneurs Aragil et Narvan ont déjà reçu l'instruction de vous attendre au terrain d'entraînement. Après cela, vous avez une réunion du Conseil de la quatrième heure de la matinée à la cloche de midi. Cet après-midi, à partir de la deuxième heure, vous avez une réunion de votre 'conseil privé', pour intégrer son nouveau membre à ce groupe fermé de conseillers."
Il s'interrompit ici, ayant vu Arthur froncer légèrement les sourcils, pour laisser parler le roi. Il n'avait pas l'air très confiant.
"Tu crois vraiment que c'est une bonne idée de lui parler de la Fraternité ? Il a soutenu mon père pour bannir la magie pendant toutes ces années."
Merlin roula des yeux devant ce qui aurait dû être évident pour son ami.
"Oui. Parce qu'il se trouve que c'est un vieil ami de Gaius, en qui il a confiance, qu'il sait aussi que notre Médecin de la Cour travaillait pour votre père en tant que sorcier, et n'en a jamais soufflé mot à personne. Nous avons besoin de quelqu'un au Conseil, pour garder Agravain à l'oeil et le contrer quand il essaye de faire passer des choses lorsque vous n'êtes pas présent ou que vous êtes occupé ailleurs."
Arthur soupira, reconnaissant la justesse de l'argument.
"Alors qu'est-ce qu'il y a ensuite ?"
Merlin consulta sa liste, regardant la dernière entrée qui était en fait une heure, sans rien d'autre écrit à côté qu'une simple ligne cursive.
"A la moitié de la deuxième heure, ou à peu près, vous avez, euh..."
Il abaissa la liste, changeant de sujet.
"Enfin, je vous en parlerai plus tard. Je ne voudrais pas que vous soyez distrait à la réunion de ce matin.
- Merlin..."
Merlin feignit l'innocence devant le ton irrité d'Arthur.
"Quoi ? Si je vous le disais, vous n'arriveriez pas à penser à autre chose. Faites-moi juste confiance quand je vous dis que c'est quelque chose de bien."
Le roi lui adressa un long regard, secouant la tête avant de se remettre à lire les rapports en face de lui.
"Très bien, à ta guise."
Le sourire de Merlin s'adoucit, tandis qu'il reprenait ses devoirs habituels et emportait le plateau du petit déjeuner. Quand il revint, il aida Arthur à mettre son armure et l'escorta au terrain d'entraînement. Il le laissa là-bas, se retirant à l'intérieur pour préparer les appartements du roi pour la réunion privée prévue plus tard.
Arthur se servait encore de ses appartements actuels, puisque seulement quatre jours après la mort de son père, l'idée de déménager dans ces appartements plus sécurisés touchaient une blessure qui était encore trop sensible. Si et quand il déménagerait dans les appartements qui avaient appartenu à son père, on verrait plus tard.
Une demi-heure plus tard, la pièce était prête pour la petite réunion qui s'y déroulerait plus tard, et Merlin descendit à son atelier pour passer du temps avec Friou. Tout comme Arthur avait des blessures au coeur en raison de la mort d'Uther, lui-même avait des cicatrices mentales qu'il gérait encore de son mieux. Il avait beau savoir, qu'il n'était pas responsable du fait que le sort soit allé de travers, ça ne changerait rien au fait qu'il se sentait toujours coupable d'avoir tué Uther. Il savait que ce serait un fardeau qu'il porterait pendant un certain temps.
Assis contre sa vouivre, les yeux fermés tandis qu'elle lui lissait les cheveux comme elle lisserait ses ailes, il laissa son esprit dériver loin de ces pensées et se retrouva à réfléchir à ce dont il avait dit à Arthur qu'il le lui expliquerait plus tard. La réaction serait soit une explosion de 'pourquoi tu ne me l'as pas dit' ou une explosion de joie et de soulagement massifs.
Merlin soupira, tournant la tête pour regarder Friou dans les yeux. Parlant moins à l'animal qu'à lui-même, étant donné que son intelligence limitée signifiait qu'elle ne comprendrait pas grand-chose, à part qu'il était un peu inquiet et nerveux.
"Enfin, il n'y a pas de retour en arrière maintenant. Ils seront là dans quelques heures. J'espère juste qu'Arthur ne va pas paniquer, dit-il avant de hausser les sourcils. Cela dit Agravain va avoir une attaque, au moins. Si Morgane et lui s'imaginaient que la mort d'Uther allait affaiblir Camelot, ils vont avoir un choc."
Friou roucoula à ses paroles, caressant le côté de son visage avant de lui donner un coup de museau ; plus intéressée par un grattage de ventre que par ses réflexions. Il s'exécuta, souriant tout seul tandis qu'elle roulait sur le dos de plaisir comme elle l'avait fait quand elle était petite et mignonne, sa taille actuelle lui donnant l'air plutôt ridicule dans sa posture.
Il resta là à bêtifier avec elle, partant peu avant la cloche de midi pour aller chercher le repas de midi d'Arthur.
Ce dernier semblait de meilleure humeur pendant le repas, ou du moins avait évacué une partie de son stress en évaluant les deux chevaliers potentiels et assistant à ce qui n'était vraiment qu'une simple réunion du conseil. Merlin fit une note mentale de suggérer à Liam d'emmener un peu de beaume contre les bleus aux deux nobles, car il savait très bien qu'ils en auraient tous les deux besoin.
Arthur s'accorda un court répit bienvenu pour lire un livre, que Merlin fourra entre ses mains surprises en le faisant également s'asseoir près du foyer. Le magicien alla ensuite s'asseoir au bureau du roi, faisant pour Arthur ce que Liam avait autrefois fait pour le Seigneur Hargren. Arthur était assez stressé comme ça en ce moment, se sentait totalement dépassé, alors il allait lui prendre au moins une partie de son fardeau administratif.
Il commença à ranger les rapports en piles, se basant sur ce dont ils parlaient et leur priorité. Il s'occupa ensuite de tous ceux qui traitaient d'affaires domestiques, écrivant des réponses et des instructions sur comment y réagir, qu'Arthur pourrait lire, approuver, et signer plus tard.
Merlin finissait juste le dernier quand la cloche inférieure qui marquait les quart d'heures, sonna le troisième coup après la première heure de l'après-midi. Entendant cela, il se leva et alla chercher Arthur, lui retirant le livre des mains avant d'y placer un marque-page.
"Je vais chercher votre nouveau Troisième Conseiller. Réfléchissez à ce que vous allez lui dire. Gaius devrait être là dans quelques minutes, alors parlez-en avec lui si vous pensez en avoir besoin."
Il se dirigea vers la porte, le regard d'Arthur fixé sur son dos.
"Je n'ai pas besoin que tu joues les babysitters, Merlin. Je peux faire les choses moi-même."
Merlin marqua une pause à la porte, jetant un regard en arrière avec les sourcils haussés.
"Et même si vous le pouvez, je vais vous aider de toute façon. Alors autant arrêter de grommeler à cause de ça."
Le magicien sortit en riant, sachant qu'Arthur le taquinait au sujet de son discours d'encouragement mais était néanmoins reconnaissant pour son aide. Il laissa ensuite ce sourire se transformer en expression sérieuse mais composée, comme s'il faisait une course importante, ce qui pour être honnête était le cas. Cette course l'emmena à la Salle des Archives, et le conduisit à se dresser devant le noble vieillissant assis au bureau près de la porte.
Geoffrey de Monmouth sembla surpris de le voir, n'étant lui-même pas là depuis longtemps suite à la réunion du matin et son propre repas de midi.
"Je peux t'aider ?"
Merlin inclina la tête, avec un air d'excuse innocente en dépit d'un désir intérieur et immature de rire en pensant à ce qui allait venir.
"Désolé de vous déranger, mais le roi souhaite vous parler dans ses appartements, au sujet d'une affaire privée."
Geoffrey fronça les sourcils.
"Maintenant ?"
Un joyeux hochement de tête affirmatif.
"Ouaip, maintenant."
L'archiviste, pouvant difficilement refuser une convocation royale, se leva et accompagna Merlin à travers le château. Ils arrivèrent aux appartements d'Arthur pour découvrir que Gaius s'y trouvait désormais également, puis Merlin ferma la porte avant d'aller discrètement chercher le livre de silence sur la cheminée.
Geoffrey commençait maintenant à avoir l'air un peu perplexe, tandis qu'il traversait une partie de la pièce en direction du jeune roi.
"Sire. Vous souhaitiez me parler ?"
Arthur le regarda depuis sa place près de la fenêtre, la main reposant sur le dossier de la chaise presque blanche tant il s'y agrippait fort. Il était toujours tendu et incertain à ce sujet.
"Oui. Comme vous le savez, le Conseil aide à la gestion quotidienne du royaume. Cependant, tout comme mon père avait ceux dont il recherchait le conseil plus que d'autres, je vous ai à mon tour choisi pour rejoindre mon conseil privé, pour me servir comme vous avez servi mon père."
Geoffrey sembla surpris et gracieux, inconscient du regard qui passa entre Gaius et Merlin derrière lui.
"Ce serait un grand honneur, Sire. Puis-je m'enquérir de qui d'autre vous nommez ?"
Arthur ne bougea pas, jusqu'à ce que Merlin se dirige vers la table et ne tire sa chaise pour lui. Un regard silencieux lui intima de 's'asseoir avant de tomber'. Arthur s'exécuta, s'asseyant en tête de la table et désignant d'un geste les deux chaises situées à sa gauche. Gaius s'assit dans la première, tandis que l'archiviste prenait la seconde.
"Bien sûr. Comme vous pouvez le voir, Gaius en est un.
- En effet. Je suis son Second Conseiller depuis plus de deux ans et demi."
Geoffrey cilla, surpris.
"Deux ans et demi ?"
Son roi hocha la tête, les doigts d'une main pianotant sur la table avec une nervosité inconsciente.
"Je me prépare à cela depuis longtemps. Avec toutes les attaques et tentatives d'assassinats, la mort de mon père a toujours été une possibilité. J'ai trouvé sage de prendre des précautions, et savoir en qui j'aurais le plus confiance lorsque je deviendrais roi."
L'expression de Geoffrey laissa place à la compréhension.
"Ah. Très sage, Sire. Plus d'un roi dans le passé, est tombé en ruines faute d'être préparé."
Il regarda ensuite la chaise vide à la plus grande place d'honneur, celle à la droite d'Arthur. Il était curieux.
"Et qui est votre Premier Conseiller, votre bras droit ?"
Il y eut un long silence avant que Merlin, qui avait gardé ses distances, ne vienne à table. Il s'assit ensuite dans la chaise vide, et sourit joyeusement à l'archiviste.
"C'est moi."
Geoffrey le fixa, incrédule.
"Pardon? Je-je suis désolé, j'aurais pu jurer que tu venais de dire que c'était toi le Premier Conseiller du roi."
Arthur grimaça devant cette réaction, confirmant platement même s'il s'était entièrement attendu à ce que l'archiviste réagisse ainsi :
"C'est parce que c'est lui."
Un autre silence suivit, que Gaius rompit en s'adressant discrètement à l'homme à ses côtés :
"J'ai bien peur que mon pupille ne soit coupable d'un certain subterfuge, Geoffrey. Il est loin de manquer autant d'intelligence que la plupart des gens ne le supposent. Ce qui a été d'un grand bénéfice pour Arthur au fil des ans."
L'archiviste désigna Merlin du doigt.
"Nul doute que ceci est quelque plaisanterie."
Gaius grimaça autant que l'avait fait Arthur, ses manières cajôlantes tandis qu'il faisait de son mieux pour encourager l'information à rentrer.
"Geoffrey. Il parle, lit et écrit en plus de trente langues anciennes et modernes. Est versé dans une large partie des bases de l'art de la médecine, et a par sa propre initiative gagné un degré de connaissances considérable pour ce qui est de diriger et gérer un royaume. Je suis bien placé pour le savoir. C'est, après tout, mon pupille depuis cinq ans."
Merlin souriait encore, même s'il eut le tact de garder l'amusement éloigné de sa voix. Il prit à la place un ton d'auto-dénigrement.
"Au moment où j'ai vraiment commencé à étudier sous la tutelle de Gaius, tout le monde avait déjà décidé que j'étais un idiot, et c'est en quelque sorte resté, expliqua-t-il avant de jeter un regard à Arthur. Cela dit... Est-ce que je peux dire que j'attends vraiment avec impatience le jour où je n'aurai plus à être votre serviteur ?"
Arthur lui sourit, haussant légèrement les sourcils.
"Eh bien il y a encore beaucoup de travail à faire, et de temps, avant que je puisse officiellement annoncer ta nomination à cette position. Alors tu vas juste devoir supporter.
- Du travail ?"
La confusion presque plaintive de Geoffrey le rappela à leur attention, Arthur redevenant sérieux.
"Geoffrey, ce que je suis sur le point de vous dire reste dans cette pièce, et doit être traité avec le secret le plus absolu. Ai-je votre serment ?"
L'archiviste se raidit, hochant la tête. Une telle requête de son roi ne serait jamais refusée, pas même dans son état d'incertitude actuelle.
"Vous avez ma parole."
Arthur, croisant les mains sur la table, fit signe du menton à Merlin qui ouvrit le livre de silence et le plaça vers le bas au milieu de la table. Voyant la perplexité de l'archiviste, le roi expliqua :
"Ce livre possède un charme simple, qui lui permet de créer un sort pour contenir le son quand il est ouvert et placé correctement. Personne au-delà de cette table ne va pouvoir entendre cette conversation."
Geoffrey resta bouche bée de choc, commençant à se lever.
"De la magie ?"
Arthur leva une main.
"Asseyez-vous."
Geoffrey retomba lentement sur sa chaise, perdu, et Arthur le regarda solennellement.
"Mon père a longtemps cru que la magie était maléfique en elle-même. Quelque chose, jusqu'il y a deux ans et demi, je croyais également faute d'une meilleure expérience. Il a combattu la magie toutes ses années, tuant la majeure partie des sorciers qui voulaient juste être laissés en paix, au même titre que la minorité de mécontents et de meurtriers. Cela lui a valu de nombreux ennemis parmi les familles de ces victimes innocentes, qui n'avaient fait aucun mal, et à leur tour ces ennemis sont la source de la grande majorité des attaques contre Camelot depuis cinq ans et demi.
- Mais, Sire-"
Arthur l'interrompit, commençant à retrouver sa confiance maintenant que la conversation était arrivée jusque là.
"J'ai appris, par mon propre choix de lui accorder le bénéfice du doute, que la nature de la magie est définie par ceux qui l'utilisent. Eux seuls choisissent qu'elle soit bonne ou mauvaise, et je souhaite qu'elle soit utiliser pour le bien."
Il jeta un regard à Gaius avant de reporter son attention sur l'archiviste.
"Vous connaissez le passé de sorcier de Gaius. Eh bien je peux vous dire que depuis un certain temps il s'est remis à utiliser tout son art selon mes instructions, pour le plus grand bénéfice du peuple. De nombreuses vies ont été sauvées de la maladie, qui ne l'auraient pas été sans les petites sorcelleries qu'il a discrètement maniées, à un grand risque personnel."
Geoffrey, regardant Gaius et réalisant que c'était vraiment réel, parla ensuite avec une note de perplexité incertaine et effrayée devant l'audacité de ce qui était prévu.
"Vous allez révoquer la loi contre la magie ?
- Pas tout de suite, répondit Merlin en haussant les épaules, avant de poser les bras sur la table. Ramener la magie de façon si soudaine, si vite après la mort d'Uther, causerait la panique et l'incertitude chez le peuple. Arthur compte laisser la magie revenir lentement, en commençant par altérer l'échelle des punitions pour sa pratique.
- C'était l'idée de Merlin, acquiesça Arthur. La pratique et l'usage d'enchantements, et l'association avec ceux qui en usent, ne sera plus punissable que de mort. Si la sorcellerie est utilisée pour faire le mal, alors l'individu sera exécuté. Cependant, pour des incidents comme recourir à la magie par désespoir pour sauver un être aimé de la maladie, ils seront à la place soumis à une amende ou envoyés faire des travaux forcés pendant un certain temps. Par conséquent, plutôt que la main lourde et sans discrimination de la brutalité, je manierai à la place la pitié délicate de la justice appropriée."
Ce fut à Gaius d'intervenir.
"Avec le temps, sous la nouvelle échelle qui évoluera vers des punitions de moins en moins dures, être coupable d'utiliser la sorcellerie pour de bonnes actions cessera de porter le même stigmate de préjugés que celui des mauvais enchantements. C'est à ce moment-là que la loi pourra vraiment être révoquée, sans querelle, peur, ou effusion de sang. Tel est l'objectif d'Arthur."
Geoffrey était clairement toujours perplexe, regardant de l'un à l'autre jusqu'à ce qu'il retrouve enfin la parole.
"Eh bien vous avez clairement réfléchi à tout cela. Mais pourquoi avez-vous besoin de moi ?"
Arthur devint sombre et solennel.
"Parce que nous avons besoin d'une paire d'yeux au Conseil, quelqu'un qui sait ce que je compte faire et comment je vais le faire."
Il regarda Geoffrey dans les yeux, ne détournant jamais le regard tandis qu'il révélait la terrible vérité.
"Mon oncle, Agravain, est de mèche avec Morgane. Il a mis sur mon père, l'objet malicieux qui lui a coûté la vie."
Il sortit une petite bourse de sa poche, qu'il renversa afin de faire tomber le collier maudit sur la table.
"Il a été enchanté pour inverser les effets de la magie de guérison. Lorsque Merlin a tenté de guérir le roi... au lieu de réparer les dommages, ce collier a fait en sorte que son sort tue mon père à la place."
Merlin ferma les yeux et inclina la tête, avec culpabilité quand ce fut expliqué.
"J'aurais dû chercher des enchantements sur lui avant de commencer. Mais je ne l'ai pas fait, et quand j'ai réalisé, c'était déjà trop tard. Le mal était fait."
Geoffrey eut l'air outragé l'espace d'un instant, sur le point de se lever en appelant les gardes, jusqu'à ce que la main de Gaius sur son bras ne lui fasse remarquer l'expression attristée et solennelle sur le visage d'Arthur.
Le jeune roi lui fit à nouveau signe de s'asseoir, attendant que l'archiviste l'ait fait avant de parler.
"Lors de sa première blessure, avant de perdre conscience, j'ai appris de mon père qu'il savait pour Merlin depuis longtemps. Il savait que je comptais ramener la magie à Camelot. Une partie de ses derniers mots a été pour me dire que j'étais libre de choisir mon propre chemin, pour moi-même et pour Camelot. Il m'a pour ainsi dire donné sa bénédiction, et j'avais espéré qu'il serait avec nous pendant encore un certain temps. Pour que je puisse parler de mon rêve avec lui... Sa mort n'est pas la faute de Merlin, pas plus que ce n'est la mienne pour lui avoir demandé d'utiliser la magie pour le guérir. Ce sont Morgane et mon oncle qui m'ont volé cette chance."
L'agitation de l'archiviste s'évanouissait, laissant place à un froncement de sourcils inquiet.
"Mais si vous savez que c'est un traître...
- Je vais le garder avec moi, afin de pouvoir garder un oeil sur lui, expliqua Arthur avant de regarder sombrement ses mains. Si je le bannis, Morgane ne fera que trouver quelqu'un d'autre à glisser parmi nous, et je préfèrerais qu'elle se concentre sur l'utiliser plutôt que d'envoyer quelqu'un que nous ne connaissons pas. C'est pourquoi je veux que vous soyez au courant de cela. De tous les membres du Conseil, c'est vous qui avez le plus d'influence. Quand vous parlez, le reste écoute. Quand je ne suis pas présent, si Agravain essaye de faire passer des choses dont vous savez que je n'approuverais pas, vous devez le bloquer systématiquement. Je ferai savoir que lorsque vous parlez, vous parlez en mon nom."
Geoffrey se tut, les trois autres le laissant réfléchir. Son visage exprimait clairement le tourbillon de ses pensées, puis, de la même façon qu'un lac remué par le vent devient calme quand la brise cesse, il se détendit brusquement et laissa échapper une profonde respiration.
Puis il sourit, du sourire qu'il n'utilisait que lorsqu'il était sur le point de faire quelque chose pour contrer les ambitions politiques de quelqu'un.
"Après tout, c'est peut-être votre oncle, mais c'est moi qui ai de loin la plus grande expérience et le plus grand savoir... Certainement, il est logique que je sois votre mandataire en votre absence, et non lui."
Merlin commença à sourire, sachant immédiatement que Geoffrey de Monmouth avait fait le choix de leur faire confiance et de les suivre.
"Vous commencez à saisir l'idée. Je savais que vous étiez la bonne personne à choisir. Je l'ai dit à Arthur, encore et encore. Toute la matinée."
Geoffrey regarda les gestes animées du jeune magicien tandis qu'il expliquait cela, la spéculation remplaçant désormais le scepticisme.
"Alors tu es un sorcier ?"
Merlin le regarda et leva fièrement la tête.
"Depuis le jour de ma naissance, dit-il avant de lever une main tandis que son expression devenait narquoise. Comment j'ai atterri à Camelot et au service d'Arthur, je suppose qu'on pourrait juste appeler ça le destin. Et pour information, quand la magie reviendra pour de bon dans le royaume, et que je ne serai plus le serviteur d'Arthur, c'est le Sorcier de la Cour de Camelot que vous regardez.
- Toi ?"
Arthur donna un léger coup de pied dans les tibias de Merlin, l'avertissant de ne pas pousser les commentaires trop loin. Geoffrey s'habituait peut-être à l'idée de ce pour quoi il avait été recruté, mais il valait mieux lui laisser du temps pour s'y faire.
"Disons juste qu'il est très doué en magie, et qu'il a une très bonne réputation parmi certains groupes au sein de la communauté magique."
Il y eut un coup de trompette, annonçant qu'une délégation importante approchait de la cité. Entendant cela, Arthur se leva et se dirigea vers la fenêtre.
"Qui ? Je n'ai reçu la nouvelle de l'arrivée de personne."
Merlin ne regarda délibérément aucun d'entre eux lorsqu'il s'éclaircit la gorge.
"Vous savez que vous venez de mentionner ma bonne réputation parmi les soutiens de la magie... Eh bien ce sont ceux que j'ai contactés il y a quatre jours, qui approchent des portes de la cité."
Arthur se retourna et le regarda fixement.
"Quoi ?"
Merlin se leva, se dirigea vers la fenêtre et désigna les bannières. Certaines arboraient le rouge et l'orange d'Ulwin, mais la majorité étaient d'un vert foncé coupé de gris pâle, le blason y figurant indiscernable à cette distance.
"Le Seigneur Chevalier Tarven d'Ulwin, le chef d'un groupe de sympathisants de la magie appelé la Conspiration, et ses alliés. Nellan, frère et représentant de la dirigeante du Clan des Druides Oristalla... Et le neveu du défunt Roi Herwen Gryphdawn. A savoir, le nouveau et légitime souverain d'Escetia: le Roi Fyrendir Gryphdawn."
Il se tourna vers Arthur, son visage un mélange de penaud et d'amusement.
"Je leur ai tous demandé de venir. Considérez que c'est mon cadeau de couronnement."
Les trois hommes le regardaient fixement, Arthur bouche bée jusqu'à ce qu'il se mette à rire.
"Merlin, pour une fois je me fiche que tu m'aies caché cela. Ça n'aurait pas pu tomber à un meilleur moment. Une visite comme ça permettra vraiment de booster le moral du royaume.
- C'est bien ce que j'ai pensé, répondit Merlin d'un air satisfait, c'est pour ça que je l'ai fait... D'ailleurs, Fyrendir était catégorique lors de ses correspondances avec moi, qu'il n'avait aucun intérêt à se lier à votre père et à la loi contre la magie. Il a des lois très libérales à ce sujet, c'est-à-dire que les gens qui sont arrêtés pour de la sorcellerie non-maléfique sont simplement déplacés dans une autre partie du royaume où personne ne les connaît, et prévenus de mieux se fondre dans la masse à l'avenir. Il ne veut pas autoriser ouvertement la magie, pas avant que Camelot en fasse autant, mais elle n'est en aucune façon bannie. Le dernier message que j'ai reçu, disait qu'il avait commencé à chercher un Sorcier de la Cour qui convienne et voulait savoir si je connaissais quelqu'un que ça pourrait intéresser."
Arthur secouait la tête avec émerveillement.
"Geoffrey et toi, allez les accueillir à ma place. Je les attendrai dans la Salle du Conseil, où nous pourrons parler."
Gaius ramassa le livre qui était sur la table et le mit dans sa poche.
"Je vais garder cela. J'imagine sans mal que les sujets de conversation ne seront pas des plus légaux, si c'est toi qui les a invités, Merlin."
Arthur prit sa couronne sur son bureau, la plaçant sur sa tête avec la légère maladresse qui venait avec l'absence d'habitude de la porter. Merlin l'aida ensuite à mettre sa cape, veillant à ce qu'elle tombe correctement avant que le jeune roi ne sorte de la pièce d'un pas royal, Gaius à sa suite.
Merlin et Geoffrey se dirigèrent vers l'entrée principale, le second adressant de temps en temps un regard étrange vers l'autre. Quand ils atteignirent l'entrée, ils se dressèrent et attendirent en haut des escaliers. C'est là, avec une grande surprise intérieure, que l'archiviste observa ce qui était clairement les trois arrivants les plus importants saluer Merlin avec des sourires chaleureux, même si rien ne fut dit au-delà d'un courtois 'bienvenue, Mes Seigneurs' et 'nous sommes heureux d'être ici'.
Ils les suivirent tous deux dans le château, tandis que l'escorte du trio était dirigée la caserne où elle resterait pendant la visite. Geoffrey semblait toujours avoir du mal à croire que Merlin était responsable de la présence de ces gens, et cela ne fit qu'empirer lorsque Merlin donna aux gardes en-dehors de la pièce, l'instruction que la réunion ne devait être interrompue sous aucune circonstance...
Parce que, dès que les portes furent fermées, le plus âgé des trois visiteurs, bien qu'il soit habillé d'une façon similaire à celle d'un médecin, lança un sort au moment où Merlin fit un signe de tête pour l'autoriser.
Nellan rit tout en le prononçant.
"Hlemas widhinnan, ne gehoered begeondan. On thes frithgeard hie beoth dierne."
Ignorant l'archiviste figé de surprise à ses côtés, Merlin regarda vers Arthur et Gaius, s'adressant au dernier.
"Nous n'avons plus besoin du livre. Nellan s'en est occupé."
Il sourit au druide, qui le lui rendit puis s'inclina profondément tandis que Tarven s'avançait pour agripper l'épaule du magicien... Merlin avait, dans ses convocations, déjà prévenu les visiteurs de ne pas prononcer un certain nom.
"Il est bon de voir que vous allez bien, Seigneur Merlin. C'est une occasion des plus favorables.
- Vous m'avez donné une grande surprise en me convoquant, Seigneur Merlin. J'aurais aimé avoir le temps de venir assister au couronnement, mais certainement ceci est presque aussi bien."
Enfin, le grand roux des trois ébouriffa les cheveux de Merlin. C'était Fyren, non plus négligé, mais royal. Avec sa barbe immaculée taillée de près, et ses cheveux bien coiffés, sur lesquels reposait sa couronne. Il était très différent du serviteur pour lequel il se faisait passer le jour où Merlin l'avait rencontré pour la première fois.
"Avez-vous rétréci, Seigneur Merlin ? J'aurais pu jurer que vous étiez plus grand."
Merlin renifla à ces mots.
"Je crois que votre couronne vous est montée à la tête, Roi Fyrendir. Je travaille peut-être encore comme serviteur, mais n'oubliez pas que nous étions un jour tous deux au même niveau."
Arthur avait maintenant traversé la pièce pour les accueillir, l'air un peu perplexe devant toutes les révérences et les 'Seigneur' que Merlin recevait. Mais ce ne fut pas la meilleure partie pour Merlin, non, la meilleure partie fut quand Arthur arriva assez près pour voir convenablement l'autre roi...
...Et le reconnaître.
Il s'arrêta net, commençant à pointer un doigt choqué vers le Roi d'Escetia.
"Vous ? Mais vous étiez..."
Le Roi Fyrendir eut un large sourire amusé.
"Un serviteur du Seigneur Hargren ? Oui, j'ai joué ce rôle pendant un temps, tandis que j'attendais ma chance de reconquérir le royaume qui me revenait légitimement. Et maintenant... Maintenant nous nous tiendrons tous deux au même niveau. Car c'est pour cela, Roi Arthur, que nous trois sommes venus ici."
Il désigna le druide et le noble à ses côtés, qui hochèrent la tête pour confirmer ses paroles.
"Escetia, le Clan des Druides Oristalla, et la Conspiration. Chacun d'entre nous est venu vous prêter allégeance ainsi qu'au brillant futur d'Albion."
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Merlin ne s'y serait pas pris autrement s'il avait voulu donner une crise cardiaque à Geoffrey et Arthur lol
