Aujourd'hui c'est moi qui fais les ràr^^

titesouris : J'ai la flemme de vérifier, mais je suis sûre qu'Arthur a déjà pensé à un plan...

Colinou : Je suis bien d'accord, j'avais moins apprécié leurs taquineries dans cet épisode...

Chapitre 29 : Aithusa ~ Partie 3

Le jour suivant avança surtout dans l'ennui, à suivre la lueur du Triskellion et pas grand-chose d'autre pour passer le temps. Borden était devenu plutôt silencieux, non pas qu'il ait été quelqu'un de bavard avant, et ce ne fut que lorsqu'ils s'arrêtèrent pour la journée et qu'il prit son arbalète accrochée à sa selle, se tournant pour faire face aux bois, qu'il se mit à parler.

« Je vais nous trouver quelque chose de frais. Fais un peu plus de ce ragoût pendant que je serai parti. Ca ira bien avec un lapin ou deux. »

Merlin lui offrit l'un de ses sourires les plus amicaux, commençant à rassembler des branches pour allumer un feu.

« Pas de problème. »

Borden s'enfonça dans les bois, vers l'est dans la direction vers laquelle ils se dirigeaient, mais laissant le Triskellion derrière et à la vue de Merlin qui cuisinait. Merlin ne le vit pas jeter un œil en arrière, sur ses gardes, et il ne remarqua absolument pas non plus qu'il faisait demi-tour pour retourner à l'ouest… S'il l'avait vu, il aurait su qu'il devait prévenir les autres.

Mais même les plans les mieux préparés peuvent être ruinés par une étincelle de suspicion, et cette étincelle renvoya Borden dans les bois. Et ce fut là, à seulement une courte distance derrière, qu'il trouva un groupe de cinq chevaliers de Camelot préparant leur propre campement pour la nuit.

Il marmonna dans sa barbe avec dégoût.

« Volé dans les souterrains, hein ? Dis plutôt que le roi te l'a donné pour que tu puisses le conduire à l'œuf. Eh bien c'est ce que nous allons voir. »

Il mit la main dans le sac à sa taille, posant son arbalète et sortant une fronde à la place. Il plaça ensuite une petite poche d'herbes en tissu dans la lanière de l'arme, la tirant pour qu'elle soit bien tendue et attendant une opportunité… Leur tirer dessus avec l'arbalète ne ferait que créer de l'agitation.

Vint le moment où Arthur tourna le dos à la marmite pour prendre quelque chose dans son sac, ce qui l'empêcha d'entendre le léger bruit d'éclaboussure de quelque chose qui atterrissait dans le ragoût qu'elle contenait. Borden les laissa alors à leur repas, confiant dans l'idée qu'ils ne l'embêteraient plus à nouveau… Et que le serviteur qui s'était joué de lui ignorerait que ses alliés étaient pour ainsi dire morts.

Il se mit à faire demi-tour vers le campement et Merlin, tandis que derrière lui les chevaliers et Arthur commençaient à manger leur repas. Et ensuite, moins de trois minutes plus tard, le jeune homme bondit sur ses pieds quand son amulette se mit à s'animer sous sa chemise.

Merlin la sortit, et vit que le symbole d'épée de Léon commençait à briller. Il hésita, se demandant s'il pouvait risquer de les rejoindre, mais ce fut ensuite suivi de la même réaction de la part de la masse, de la dague, de la hache… et du dragon.

Il se tourna pour suivre ses empreintes de pas argentées et celles de son cheval, courant le long de la ligne qu'elles formaient et passant proche de Borden sans que lui ou l'autre homme ne le sachent. Tout ce que chacun savait était, pour Borden qu'il trouva le campement et le Triskellion sans surveillance, et pour Merlin qu'il trouva ses amis inconscients et ayant du mal à respirer.

Il alla d'abord vers Arthur, posant ses mains sur lui. N'ayant pas besoin de plus de preuves que la nourriture à moitié consommée pour savoir qu'ils avaient tous été empoisonnés.

« Ic pe purhhle pinu licsar. »

La respiration d'Arthur se calma immédiatement lorsque le sort le purgea du poison, et Merlin se déplaça rapidement pour soigner le reste des chevaliers. Il laissa ensuite son écharpe sur le torse du roi. Comme un message disant ce qu'il s'était passé et qu'il voulait absolument qu'ils le suivent le plus vite possible dès qu'ils se réveilleraient. Le magicien courut ensuite pour retourner à l'autre campement, trouvant exactement ce à quoi il s'attendait.

Le cheval et le sac de Borden avaient disparu, de même que le Triskellion… Une mauvaise nouvelle pour lui, il ne savait pas que son désormais ex-compagnon de voyage pouvait suivre ses indications.

Merlin ferma les yeux, projetant ses sens aussi loin qu'il le put vers la direction dans laquelle ils avaient voyagé. A la recherche de la tangible sensation de la magie de l'artefact, celle qu'il avait sentie quand il avait pour la première fois tenu l'une de ses parties dans les souterrains de Camelot.

« Awreon se mearcpaeth. »

Il ouvrit les yeux, un léger scintillement vert, comme la lueur du Triskellion, apparaissant sous ses yeux. Il monta ensuite sur la selle de son cheval, lançant le hongre à toute vitesse vers l'homme qui avait pris l'artefact, et laissant une piste argentée derrière lui. Gaius avait raison, Borden n'était pas quelqu'un à qui l'on pouvait accorder sa confiance.

Le chemin à travers les arbres était droit comme une flèche, Borden choisissant la vitesse comme moyen de s'échapper puisqu'il ignorait qu'il pouvait être suivi. Il abandonna son cheval aux abords d'une petite rivière, utilisant apparemment les rochers comme pour effacer ses traces, mais trahi par le fait que le scintillement vert révélateur conduisait dans la grotte de laquelle la rivière émergeait.

Merlin s'approcha de cette falaise, apparemment une impasse, et se souvint de ce que Jadren avait dit. 'Ce ne sera que lorsque le chemin à suivre vous semblera impossible que vous l'aurez trouvé.'

Il entra dans la grotte, éclairant l'obscurité d'une orbe de magie jusqu'à ce qu'il se retrouve face à une autre sortie devant. Passant à travers le torrent d'une cascade, le sorcier à présent trempé se mit à grimper la colline la plus proche avant de s'arrêter, surpris et admiratif.

C'était une vaste tour dans une petite vallée, isolée des terres qui l'entouraient. D'une base carrée, elle s'élevait fière et grande en un sommet pointu en haut duquel la statue d'un dragon aux ailes déployées tendait vers le ciel. Et puis, sur la colline devant lui, disparaissant entre les arbres autour de la tour, Merlin vit la silhouette du fuyard qu'il poursuivait.

Ses yeux se plissèrent, et il gronda littéralement avant de crier vers les cieux, ses appels à Kilgarrah emportés par le vent tandis qu'il courait vers le bas de la colline en direction du tombeau. Borden n'aurait pas l'œuf. En tant que dernier Seigneur des Dragons, lui, Merlin, ne le permettrait jamais.

Au devant de cette poursuite et inconscient de celle-ci, Borden atteignit la base de la tour et passa son entrée, prenant les escaliers en colimaçon pendant un moment, jusqu'à ce qu'il atteigne la porte. Un large symbole circulaire l'attendait là, avec un emplacement prévu pour placer le Triskellion. Et il avait tout juste mis la clé en place et tourné le symbole quand Merlin arriva en bas des escaliers, en dessous de lui.

« Ne l'ouvrez pas ! »

Borden jeta un œil derrière lui, mécontent d'avoir été rattrapé, et ouvrit la porte malgré tout… Mais il ne franchit le seuil que pour être asphyxié par les vapeurs d'un brouillard et le gaz que les têtes de trois gargouilles de pierre libérèrent juste après.

Merlin couvrit sa bouche et son nez de sa veste, tendant la main vers la menace, tandis que Borden s'étouffait et tombait au sol.

« Prosm tohweorf ! »

Le brouillard fut à nouveau banni vers l'endroit d'où il était venu, et Merlin monta les escaliers et vérifia l'état de l'homme étendu par terre. Il était vivant et respirait, mais il était inconscient, et Merlin ramassa simplement sa torche là où elle était tombée et était restée.

Il commença à monter vers le haut de la tour, entendant à l'extérieur le son d'ailes annonçant l'arrivée de Kilgharrah. Merlin ne prendrait aucun risque pour cela, et il savait que le dragon non plus. Ils seraient tous deux présents pour avoir le dernier mot dans cette affaire.

Merlin continua de monter, et monter, jusqu'à ce qu'il émerge dans un grand hall avec des colonnes, où juste devant lui se trouvait un piédestal portant un simple œuf bleu en forme de larme.

Il le fixa sous l'éclairage de la lumière que laissaient passer les petites fenêtres de la chambre, une lumière brièvement devenue ombre lorsque le dragon à l'extérieur passa en volant devant. C'était à peine plus grand que la longueur de son avant bras, beaucoup plus petit que ce à quoi il s'attendait étant donnée la taille de Kilgharrah, mais au fond de son cœur il savait que c'était ce qu'il cherchait. Tout Seigneur des Dragons, même un qui n'avait rien vu de tel auparavant, pouvait reconnaître un œuf de dragon.

Merlin lâcha la torche et s'en approcha, prêt à le retirer de son lieu de repos, lorsqu'une voix essoufflée se fit entendre derrière lui.

« Donne le moi ! »

Il se tourna pour voir Borden debout là où l'entrée des escaliers émergeait du sol, et il le regarda d'un air noir avec colère.

« Ce n'est pas à vous de le prendre. »

Borden se tint simplement là, reprenant toujours son souffle qui lui avait été retiré par le brouillard, s'accrochant toujours à son avidité.

« Donne le moi, et nous en partagerons l'usage. »

Merlin secoua la tête, sortant son épée et la tenant prête.

« Non, il doit être libre. »

« Ne sois pas idiot ! » Borden descendit les deux marches entre l'entrée et les escaliers, avançant en direction du piédestal et étendant ses bras sur les côtés. « Pense au pouvoir que cela nous apportera. Aux terres que nous pourrons dominer, aux richesses. »

« Ce n'est pas ce qui m'intéresse. »

Borden continua d'avancer, essayant toujours de le convaincre.

« Avec ce dragon sous nos ordres, nous vivrons comme des rois. » Sa voix devant plus forte, emplie d'amertume et de colère pour la vie qu'il avait menée, quelle qu'elle soit. « Nous serons libres de faire ce que nous voulons ! »

Le cri de colère de Merlin fendit l'air, le Seigneur des Dragons en lui prenant vie à nouveau.

« Les dragons ne peuvent pas être utilisés ainsi ! » Sa voix devint calme, solennelle… Dangereuse. « Ils ne doivent pas être enchaînés mais libres de parcourir le monde. »

L'homme n'entendit pas l'avertissement dans ces paroles, refusant encore d'écouter.

« C'est une opportunité pour toi. Ta chance d'échapper à ton existence dénuée de sens. Ton existence de moins que rien. »

Merlin ne remua pas, ses yeux reflétant ce qu'il dit alors par ses mots.

« Ce n'est pas ma vie qui est pitoyable. C'est la vôtre… Gâchée, pour rien. »

Ils se regardèrent en silence, jusqu'à ce que Borden fasse un brusque mouvement en avant et attrape la torche oubliée, l'agitant comme une arme tandis que Merlin restait fermement entre lui et l'œuf.

« C'est moi qui ai assemblé le Triskellion. C'est moi qui ai trouvé le chemin qui nous a conduits ici. Le dragon m'appartient à moi. » Il tendit la main. « Maintenant donne le moi. »

Merlin secoua la tête, ne reculant à présent que pour tenir à distance de l'œuf l'homme qui agitait à présent sa torche, œuf qui se trouvait dangereusement proche de ses attaques. Il bloquait avec facilité les assauts de la torche avec son épée.

« Non. »

« Tu ne vas pas m'arrêter, mon garçon. »

« Les dragons sont des créatures magiques et elles n'appartiennent à aucun homme ! Ils sont là pour le bénéfice de tous. »

Borden cessa ses attaques, fixant Merlin avec dédain.

« Qu'en sais-tu, toi ? Tu n'es rien d'autre qu'un valet ! »

Il y eut un rugissement assourdissant, et le jet d'une flamme à travers l'une des petites fenêtres quand Kilgharrah cessa ses rondes en entendant le conflit et s'agrippa au côté de la tour avec rage.

« Tiens la promesse que tu m'as faite, Merlin ! »

Borden observa tandis que ce qu'il apercevait d'un museau écailleux était remplacé par un œil doré qui le regardait méchamment, et il recula sous le choc.

« Un dragon ? Mais comment ? »

Merlin se tint fier, les yeux plissés.

« Parce que j'ai répandu le mensonge de sa mort pour le protéger… Je suis le dernier Seigneur des dragons et je vous avertis… Laissez cet œuf en paix. »

Borden hésita, jetant un coup d'œil à l'œuf avant de bondir à nouveau avec sa torche. Merlin répondit en projetant sa main et sa magie vers lui, observant tandis que celui qui l'avait attaqué était projeté à travers la pièce et tombait sur le sol.

Merlin ignora l'homme qui grognait, rengainant son épée et marchant jusqu'au piédestal pour soigneusement soulever l'œuf. Mais au moment où il le fit, le tombeau tout entier se mit à trembler et ses murs se mirent à se fissurer et à se briser. A ce moment, Borden leva aussi la tête, se tournant pour voir avec horreur que la sortie vers les escaliers s'écroulait. Ses yeux passèrent ensuite à Merlin, qui courut vers la fenêtre à travers laquelle les serres de la patte d'un dragon se glissaient pour les mettre, lui et l'œuf, à l'abri.

Il se leva, se mettant à avancer péniblement vers le Seigneur des Dragons, l'implorant.

« Ne me laisse pas là ! Emmène moi avec toi ! »

Il fut forcé de s'écarter quand une autre flammèche traversa la fenêtre à côté de celle où Merlin avait été récupéré, la voix de Kilgharrah pleine de colère et de dégoût.

« Les hommes méritent leur destin par leurs actions, et tu as sans aucun doute mérité cela pour le tien. »

Seigneur des Dragons et œuf à l'abri entre ses pattes, Kilgharrah prit son envol depuis le côté de la tour, s'en éloignant tandis qu'elle s'écroulait entièrement jusqu'au sol. Il se posa ensuite sur les terres en dessous, où cinq chevaliers étaient arrivés en suivant la piste argentée de Merlin après s'être réveillés.

Arthur se précipita vers l'endroit où Kilgharrah avait atterri, préoccupé jusqu'à ce qu'il voit Merlin être déposé sain et sauf au sol.

« L'œuf ? »

Le magicien se tourna, un sourire de pure joie ornant son visage, et l'œuf bleu serré dans ses bras.

« Je l'ai. Je l'ai vraiment, Arthur. » Il leva les yeux vers Kilgharrah. « Est-il toujours en vie ? »

Le dragon sourit avec allégresse.

« Il peut vivre plus de mille ans. »

Arthur les regarda tous les deux, empli de fierté à l'idée d'être là pour assister à cela.

« Alors tu n'es plus le dernier de ton espèce. »

Kilgarrah le regarda en riant.

« Il semblerait que non. »

« Quand va-t-il éclore ? »

Les autres chevaliers s'étaient à présent approchés, c'était Léon qui avait posé la question. Une question à laquelle Kilgharrah répondit doucement.

« Les premiers dragons sont nés de l'Ancienne Magie, et c'est d'eux que tous les autres descendent. Mais contrairement à ceux qui étaient là avant eux, ceux qui suivirent ces premiers dragons peuvent être libérés de leur œuf par une seule chose. »

Arthur fit un pas en avant.

« Laquelle ? »

Le regard de Kilgharrah se tourna à nouveau vers Merlin, qui le lui rendit avec surprise en entendant la réponse.

« Les jeunes dragons étaient appelés au monde par les Seigneurs des Dragons. Seuls eux avaient le pouvoir de les faire sortir de leur œuf. En tant que dernier Seigneur des Dragons, cette tâche solennelle te revient, Merlin. »

Merlin se tint debout, ses yeux s'écarquillant, avant de soigneusement poser l'œuf sur un morceau de tronc proche. Il recula ensuite, tous les regards posés sur lui.

« Comment puis-je le faire sortir ? »

Les mots de Kilgharrah furent presque un soupir.

« Tu dois donner au dragon… un nom. »

Parmi les chevaliers, les questions de Gauvain à ce sujet lui valurent un coup de coudes dans les côtes de la part d'Elyan, tandis que Merlin prenait une longue inspiration et fermait les yeux. Il se tint ensuite debout là en silence, comme à la recherche de quelque chose en lui… jusqu'à ce qu'un unique mot franchisse ses lèvres.

« …Aithusa. »

L'œuf trembla, et Merlin ouvrit les yeux au moment où l'inspiration d'un chevalier frappé de stupeur coïncida avec le craquement de la coquille et un petit museau qui en écartait un morceau plus grand, le bébé dragon réitérant ses petits grondements en le faisant.

Kilgharrah lâcha un soupir.

« Un dragon blanc, est en effet une chose rare et adaptée. » Merlin s'approcha du nouveau-né d'un pas, des larmes de joie dans les yeux tandis que le dragon adulte continuait. « Car dans la Langue des Dragons, tu lui a donné le nom de lumière du soleil. » Le nouveau né s'amusait à mettre les restes de sa coquille en miettes en utilisant son nez, apparemment inconscient des émotions de ceux qui l'observaient. « Les naissances de dragons ont toutes un sens. Parfois le sens est difficile à voir, mais cette fois je pense qu'il est clair. » Kilgharrah sourit. « Un dragon blanc est de bon augure pour Albion… Pour toi, pour Arthur, et pour le royaume que vous construirez ensemble. »

Merlin riait d'exaltation à présent, tout comme Arthur et les chevaliers souriaient avec admiration devant ce moment… Le petit Aithusa à présent libre de sa coquille regardait son Seigneur des Dragons avec curiosité. Merlin souleva doucement le bébé, le serrant dans ses bras, empli d'autant d'admiration que d'espoir. Ces petits yeux lui rendirent son regard, puis l'enfant effleura le nez de Merlin du bout de son museau.

Arthur rit, s'approchant de la paire.

« Je crois qu'il t'aime bien, bien que ce ne soit pas surprenant. Tu sembles avoir un don pour attirer les bébés reptiles magiques. »

Merlin sourit à ces paroles, haussant les sourcils.

« Vraiment ? » Il avança jusqu'à Arthur, le prince se retrouvant soudain avec un paquet d'écailles blanches et d'ailes dans les bras. Un paquet qui leva les yeux vers lui et se mit à inspecter son menton. « Eh bien j'ai l'impression qu'il t'apprécie aussi. »

Arthur se tint debout, droit, son expression identique à celle que porte chaque homme la première fois qu'il tient dans ses bras un bébé… et craint de le faire tomber. Ce ne fut que l'inspection curieuse d'Aithusa de sa cotte de maille, mâchouillements inclus, qui lui permit de se détendre.

« Alors, comment cela va-t-il se passer pour lui maintenant ? Vas-tu l'élever, Merlin ? Tu as fait du bon travail avec Geleaffriou. »

Le magicien secoua la tête, récupérant Aithusa et se dirigeant avec lui vers le vieux dragon.

« Non, ce n'est pas mon rôle de l'élever. Il doit être élevé par sa propre espèce, sa famille… par Kilgharrah. »

Kilgharrah prit appui en arrière sur ses hanches, acceptant le nouveau né quand Merlin le plaçait dans une patte avant gigantesque.

« Aucun mot n'est suffisant pour exprimer ma gratitude pour cela, Merlin. Pour tout ce que tu as fait. Je prendrai grand soin de lui. » Le dragon se redressa et prit son envol, ses mots trouvant le Seigneur des Dragons. « Appelle moi à présent seulement si tu le dois vraiment, car mon temps sera passé auprès du petit. Mais ne t'inquiète pas, car quand Aithusa sera prêt et assez âgé pour te voir à nouveau, je te le ramènerai. »

Ils le regardèrent s'éloigner, Merlin ramassant les morceaux de l'œuf et les rangeant avec soin dans son sac. Et ce fut là, alors qu'il avait presque fini, que les regards se tournèrent tous pour dévisager Gauvain avec étonnement pour sa remarque étrange qui suivit.

« Alors cela signifie-t-il que Kilgharrah est un 'papa' à présent aussi ? »

Merlin secoua la tête avec un amusement incrédule, tandis qu'Arthur roulait les yeux et se dirigeait en direction de la pente, vers le chemin de la grotte qui allait en direction de la vallée. Il n'y avait que Gauvain pour penser à une telle question dans un moment comme celui-ci. Que Gauvain.

Leur retour à Camelot resta marqué par leur joie et leur succès, aucun des résidents ne se doutant que la 'patrouille' pour laquelle leur roi était parti n'était qu'une ruse. Et pourtant Gwen, Liam et Gaius les accueillirent à leur arrivée, connaissant cette vérité Merlin se hâta de rejoindre son mentor pour murmurer à son oreille.

« Tous les joyaux, tous les trésors ils ne font pas le poids… Un nouveau dragon, un dragon blanc… Aithusa. »