La dernière partie ! Avec la ràr de Colinou^^
titesouris : Bizarre, pour Alan, certainement, pour nous, un peu moins ^^ Félicitations ^^
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Chapitre 32: Des Retrouvailles ~Partie 3~
Ce fut quelques heures plus tard que les deux frères se retrouvèrent dans le château, le plus jeune déterminé à montrer au plus vieux l'endroit où il vivait. Non qu'il y ait beaucoup d'endroits qu'il puisse lui montrer sans la permission d'Arthur, Merlin, ou Georg. Mais entre l'emmener voir sa petite chambre au grenier dans les quartiers des serviteurs, et une promenade dans les passages les plus publics, Alan avait obtenu une bonne impression de la place quand ils arrivèrent enfin dans les appartements du Médecin de la Cour... Et trouvèrent un Merlin grincheux en train de changer les jarres d'huiles de Gaius en baume.
Il leva les yeux de son travail, Liam le fixant médusé.
"C'est... C'est ma corvée ! Pourquoi es-tu ici, Merlin ? Tu n'étais pas censé faire ces rapports ?"
Le magicien roula des yeux.
"C'est ma corvée aujourd'hui, puisque Gaius t'a donné ta journée. Il m'a chargé d'une liste de courses ce matin. Je me suis dit que je commencerais par ça avant de me concentrer sur les miennes. Par chance pour moi, j'ai réussi à revenir ici à temps pour le repas d'Arthur."
Il soupira.
"Il faut que Fyren se dépêche d'envoyer ce serviteur que j'ai demandé. Je n'ai pas encore eu de retour de sa part à ce sujet, et je commence à me demander ce qui lui prend si longtemps. Il est plongé jusqu'au cou dans la Conspiration pour ramener la magie, comme nous, alors je ne peux que supposer qu'il veut m'envoyer le meilleur qu'il puisse trouver."
Liam le rejoignit, repoussant gentiment Merlin de côté et prenant en charge la fabrication du baume.
"Là, laisse-moi finir ça. Je n'arrive pas à croire que Gaius t'a chargé de ça quand il m'a donné ma journée."
Merlin haussa les épaules.
"Ce n'est pas comme si je n'avais pas l'habitude. Avant que tu deviennes son apprenti, je me retrouvais tout le temps à faire double travail pour Arthur et lui."
Liam le poussa vers la porte, son expression n'admettant aucun refus.
"Va montrer ton atelier à Alan ou quelque chose, ou l'une des zones où je ne peux pas l'emmener sans permission. Je finirai ça. Allez, zou !"
Quand les deux hommes hésitèrent, l'apprenti médecin se leva, les mit physiquement à la porte, et la referma derrière eux. Une fois sortis de la pièce, Alan regarda Merlin.
"Il est toujours comme ça ?"
Le magicien se mit à rire.
"Non, seulement depuis qu'il a découvert que tu étais ici à Camelot. Je crois que la culpabilité qu'il ressentait pour ne pas être revenu vers toi quand il était petit, a été enlevée de ses épaules maintenant. Ca fait plaisir de voir ce changement chez lui. Il a toujours été un peu hésitant depuis que je le connais, même s'il est loin de l'être autant que quand je l'ai rencontré. Devenir l'apprenti de Gaius l'a beaucoup aidé, ainsi qu'apprendre qu'il avait du potentiel pour..."
Il agita les doigts pour indiquer la magie, avant de descendre les escaliers pour se rendre au rez-de-chaussée. Il traversa ensuite la cour centrale, Alan lui emboîtant le pas à ses côtés, songeur.
"Je vois bien que tu as veillé sur lui, et je veux te remercier pour ça. Même quand il était petit, il a toujours été plus suiveur que meneur. Maman l'appelait notre ombre, à Elias et moi."
Ils atteignirent l'escalier vers les niveaux inférieurs, descendant tandis que Merlin acquiesçait.
"Ca ne m'étonne pas, même s'il n'est plus tellement une 'ombre' maintenant. Il a appris à se défendre, et savoir à quel point sa position à Camelot est forte, l'a vraiment aidé avec ça. Il sait que tant qu'Arthur est roi, il a un travail et un endroit où vivre pour la vie.
- Le roi a vraiment l'air d'un homme bien."
Merlin leur fit passer les gardes en bas des escaliers, qui comme les gardes aux voûtes venaient d'Ulwin. Ils ne regardèrent pas deux fois la paire, puisque Merlin en faisait partie.
"C'en est un, et je le sers avec plaisir. Même si avant c'était un idiot arrogant, égocentrique et égoiste, sourit-il. Faire de moi le serviteur d'Arthur est la meilleure chose qu'ait jamais faite Uther. J'ai eu une si bonne influence sur lui."
Alan éclata de rire, comprenant le sous-entendu.
"Oh, mais tu as dû rendre Arthur fou au début. J'aimerais avoir pu voir ça."
Merlin rit également, tournant le dernier coin vers l'atelier.
"Il faudra que je te raconte ça un jour. Bien, nous y sommes."
Il s'arrêta au milieu d'un passage apparemment vide, et montra au menuisier ce qui avait l'air d'un mur vide.
Alan fronça les sourcils.
"Il n'y a rien là."
Merlin eut un sourire rusé.
"Et c'est parce que tu n'as pas l'une des 'clés'. Par chance pour toi, c'est moi qui ai fait ce verrou, et je peux l'ouvrir pour qui je veux. Ic aliefe thu gefaelsest."
Il y eut un clic audible, bien que l'apparence du passage ne change pas aux yeux d'Alan. Mais il ne pouvait nier qu'il y avait une entrée ici quand Merlin fit un pas en avant et sembla traverser le mur.
Son bras réapparut, pour lui faire signe d'avancer.
"Allons, ne reste pas planté là. Les gardes qui font maintenant les patrouilles ici, savent tous qu'il faut ignorer quand l'un des plus proches alliés d'Arthur fait des choses bizarres dans cette zone, mais ils ne te connaissent pas comme l'un de ses alliés. S'ils te voient planté là, ils vont t'arrêter."
Cela poussa Alan à s'avancer, même s'il dut fermer les yeux pour se convaincre d'avancer vers ce dont ils essayaient de le convaincre qu'il s'agissait d'une surface solide. Mais quand il les rouvrit, ils s'écarquillèrent de surprise et d'émerveillement devant le très large atelier bien fourni à l'intérieur. Même si'l n'était pas sorcier lui-même, il savait que c'était un atelier enviable.
Il s'avança dans la pièce, regardant vers le lit vide avec des coussins tout au fond tandis que derrière lui Merlin fermait la porte. Friou était encore sortie, et c'était aussi bien ou elle aurait recommencé à demander de l'attention.
"C'est un sacré endroit que tu as là."
La réplique de Merlin fut désinvolte, tandis qu'il se dirigeait vers sa table principale et s'asseyait sur la chaise située là. Il tira ensuite une autre chaise de la pile dans le coin, avec juste une lueur d'or dans les yeux et un mouvement des doigts.
"Il y a une large pièce dans les étages supérieurs, dans l'une des tours, sur laquelle j'ai l'oeil au lieu de celle-là. Mais déménager là-bas n'est qu'un rêve jusqu'à ce que la magie puisse être publiquement légalisée. Et chaque fois que Camelot sera attaquée par magie entre-temps, ça voudra dire un pas en arrière dans ce processus. C'est difficile de faire en sorte que le peuple accepte la magie, quand des sorciers essaient sans arrêt de détruire leurs maisons."
Alan grimaça avec compassion, s'asseyant sur la chaise après qu'elle ait cessé son mouvement ensorcelé. Il n'avait pas été le moins du monde gêné par la démonstration de magie, et ses paroles expliquèrent pourquoi.
"La magie n'aurait jamais dû être bannie pour commencer. Si c'était le cas, les choses ne seraient pas dans cet état."
Merlin le regarda d'un air songeur.
"Peut-être, mais il est tout aussi probable que les choses aient tourné encore plus mal. Bien que de nombreux innocents aient été tués, il est également vrai que la Purge d'Uther s'est débarrassée d'un tas de sorciers qui utilisaient la magie pour le mal. Si on ne s'était pas occupés d'eux, qui sait quels dommages ils auraient pu finir par faire."
Il soupira, l'expression un peu maussade.
"Certaines choses sont juste destinées à se produire, et essayer de les changer est une folie. Je parle d'expérience. Expérience douloureuse. Il y a des choses avec lesquelles il ne faut simplement pas jouer."
Voyant son attitude solennelle et royale, ne ressemblant en rien au serviteur joyeux et insouciant qu'Alan avait rencontré hier et aujourd'hui, le menuisier le regarda discrètement.
"Je vois maintenant pourquoi le Roi Arthur a fait de toi son Sorcier de la Cour. Tu as juste l'air si... différent de la nuit dernière et de ce matin, quand tu n'avais pas l'air de pouvoir l'être."
Merlin se renfonça dans sa chaise, secouant la tête.
"Je me dis qu'il y a deux faces à ma magie, à moi. Le côté que je montre à mes amis, qui cherche à guérir la douleur et apaiser les souffrances des nécessiteux, et le côté qui les protège, qui se tient fort et combat quand il le doit. C'est le deuxième, que tu vois maintenant. Je ne montre pas beaucoup ce côté de moi, grimaça-t-il, à moins qu'il n'y ait une crise, parce que je sais que ça les inquiéterait.
- Mais je parie que tu le montres beaucoup quand tu es seul et qu'ils ne peuvent pas le voir."
Alan fronça légèrement les sourcils, jusqu'à ce qu'il arrive à une décision avec un petit sourire.
"Eh bien, c'est décidé. Demain tu vas venir m'aider dans mon nouvel atelier. Pas de si ou de mais, tu viens. Et puisque tu as fait ses corvées pour lui aujourd'hui, Liam peut faire les tiennes demain pour te remercier."
Merlin resta bouche bée devant cet homme, près de dix ans son aîné, qui venait d'arriver et lui donnait maintenant ce qui était essentiellement un ordre... Et pourtant, au fond de lui, il savait qu'Alan voulait lui remonter le moral, l'aider.
Il sourit devant cette offre sincère.
"D'accord, je viendrai."
Voilà qui serait intéressant.
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Le lendemain matin il se sentait nettement moins enthousiaste, tandis qu'il avançait le long de la rue des ateliers d'artisans dans la ville supérieure. Merlin faisait de son mieux pour ne pas bâiller, étant resté debout tard pour s'attaquer à sa pile de rapports après les divers délais de la journée. En conséquence, il aurait vraiment préféré rester au lit ce matin, sachant que Liam amènerait ses repas à Arthur et veillerait à ce que le linge et les draps sales soient déposés à la buanderie. Mais, ce n'était juste pas destiné à se produire.
Merlin réprima un autre bâillement, atteignit et entra dans l'atelier où Alan lui avait dit de se rendre. Pendant un instant il crut qu'il n'y avait personne, avant d'apercevoir le frère de Liam debout derrière une table vers le fond.
Le menuisier l'aperçut et lui fit signe de s'avancer.
"Bonjour."
Merlin regarda autour de lui, un peu perplexe.
"Alors, où est le type avec qui tu as établi un partenariat ?"
Alan sourit, l'air très content de lui-même.
"Je lui un dit qu'un ami de mon frère venait aider aujourd'hui, et qu'il devrait donc faire une pause et je m'occuperais de tout. Il est parti passer la journée avec son fils de cinq ans."
Merlin le regarda fixement.
"Tu réalises que mes talents de menuiserie sont de zéro ?"
Alan gloussa, le saisit par le bras et le tirant vers l'établi.
"Oui, mais tu es expert pour autre chose. Je veux ton avis sur quelque chose sur lequel j'ai commencé à travailler quand je vivais en Mercia."
Atteignant la table, il saisit un journal à l'air usé et le feuilleta, sortant quelques pages volantes rangées à l'intérieur. Il les fourra ensuite dans les mains de Merlin.
Surpris, Merlin lui jeta un regard avant de poser les yeux sur les papiers, haussant brusquement les sourcils après avoir lu la première page. Il parcourut ensuite rapidement le reste. Chacune d'entre elles détaillait une rune spécifique et ses propriétés magiques.
"Tu es revenu à Camelot avec ça ?"
Alan croisa les bras sur sa poitrine, souriant tandis qu'il s'appuyait contre la table.
"J'ai rencontré quelques sorciers en vivant dans les terres de Bayard, et je suis devenu ami avec eux. Je leur ai demandé de m'apprendre, mais ils m'ont dit que je n'avais pas la capacité d'utiliser la magie. Comme compromis, ils m'ont appris à faire des objets qui réagiraient à la magie, par l'usage des runes et les propriétés magiques de différents bois."
Il saisit un morceau de bois partiellement travaillé sur la table, et le tendit.
"Dis-moi ce que tu en penses. ça fera partie d'un placard qui aidera à repousser les mauvais sorts de tout ce qui sera rangé à l'intérieur. Ce ne sera pas un bloc parfait ou fort, puisqu'il n'y a pas de magie impliquée, mais ça éloignera les sorts les plus faibles."
Merlin lui rendit les papiers et accepta le bois... Sauf qu'il ne vit rien sortant de l'ordinaire.
"Je ne vois aucune rune là-dessus."
Alan gloussa à nouveau, et avec une poussée bien placée fit glisser une section de la surface. Dessous se trouvaient cinq runes gravées dans le bois, disposées en séquence.
"Et maintenant ?"
Merlin devint extrêmement intéressé, amena le morceau à quelques pouces de son visage et examinant les runes avec attention avant d'en toucher une du doigt.
"J'ai utilisé celle-là sur le lit d'Arthur, mais je l'ai seulement grattée dessus. ça marche mais... Mais si les runes que j'ai utilisées étaient gravées comme celle-là, le sort serait cinq fois plus fort, facilement."
Il se tourna vers Alan.
"Pourrais-tu venir au château un jour et faire ça sur certains meubles d'Arthur ?"
Alan eut un grand sourire.
"C'est l'idée que j'ai eue, après avoir appris pour toi hier. Je suis nouveau en ville, et j'ai besoin de travail bien payé si je dois rester."
Merlin le regarda longuement, haussant les sourcils.
"Malin, très malin."
Il lui rendit le morceau de bois.
"D'accord, marché conclu. Combien charges-tu pour faire du travail d'engravement ?"
Alan réfléchit.
"Tout dépend de l'échelle du morceau, et de combien j'engrave. Et du type de bois utilisé pour l'engravement. Les bois qui sont bons pour la protection peuvent coûter cher, et il y a le fait que si les mauvaises personnes me voient faire et font des suppositions, je pourrais être accusé de pratiquer la magier."
Il marqua une pause, en rajoutant dans ses réflexions.
"Pour des runes de la même taille que celles-là, un shilling d'argent par rune."
Merlin l'observa, commençant à sourire.
"Ah, mais tu oublies que je peux garantir que personne susceptible de faire des suppositions n'entrera dans les appartements pendant que tu travailleras... Un penny d'argent par rune."
Le menuisier joua la carte de la sympathie.
"Deux pennies d'argent ? Je suis le frère de Liam."
Merlin le laissa mariner, avant de céder après avoir marqué une pause et serra la main tendue.
"Entendu. Tu veux juste espérer que je ne dirai pas à ton frère que tu me voles."
Il haussa les épaules.
"Cela dit mes gages viennent d'augmenter. Arthur ne veut pas que le Roi d'Escetia l'accuse de me sous-payer pour ma nouvelle position. Alors en plus des gages que j'obtiens du chef du personnel du château pour être son serviteur, Arthur a commencé à me glisser de l'argent en plus."
Alan fronça les sourcils.
"Tu utiliserais ton propre argent pour payer des choses faites pour son bénéfice ?
- C'est mon travail de le protéger, et si je veux embaucher un artisan pour faire quelque chose pour m'aider avec ça, alors ça sort de ma poche. Et puis, avec ce que je reçois maintenant... Je pourrais te payer un penny d'or par rune pour le nombre total dont j'ai besoin, et à peine effleurer la surface de l'argent que j'ai économisé."
Le menuisier le regarda bouche bée, l'expression rusée de Merlin indiquant clairement qu'il savait qu'il venait de gagner.
"Tu t'es joué de moi ?"
Le fixant toujours, il secoua la tête.
"Je me souviendrai de ne plus jamais marchander avec toi."
Ils se mirent tous deux à rire, Merlin arborant un grand sourire.
"D'accord, peut-être que je te paierai trois pennies d'argent par rune."
Alan eut un sourire narquois, faisant signe à Merlin de le suivre de l'autre côté de l'atelier.
"Viens là. Maintenant qu'on est d'accord, j'ai besoin que tu maintiennes stable une partie de ces choses pendant que je travaille. Et si tu peux faire ça, peut-être que je te laisserai faire un essai avec une scie ou un burin plus tard."
C'était presque l'heure du souper quand Merlin retourna aux appartement de Gaius, couvert de poussière de bois et souriant comme un idiot. Quand Gaius haussa les sourcils à cette vue, le magicien se mit à rire.
"Sérieusement, j'aime bien le frère de Liam. Il a le même sens de l'humour mais, mais il est loin d'être aussi agaçant."
Le médecin commença à servir le souper.
"Alors j'en déduis que tu as passé une bonne journée ?"
Merlin acquiesça, avant de s'asseoir.
"Oui, et un coup de main pour mes futurs projets si j'ai besoin qu'un travail spécifique soit fait. Il s'avère que Liam n'est as le seul de sa famille à toucher à la magie, même si Alan n'a pas un poil de capacité à la pratiquer. Il a, par contre, étudié des façons intéressantes d'appliquer des runes en utilisant la menuiserie. Même sans magie, il peut fabriquer des choses qui repoussent ou attirent certains types de sorts, juste en combinant les runes avec certains types de bois. Honnêtement, je n'ai jamais vu ça mentionné dans un seul de mes livres."
Gaius, aussi surpris qu'il soit par l'information, remarqua également à quel point Merlin était joyeux.
"Eh bien on dirait que tu as trouvé autre chose à étudier dans ton temps libre, aussi peu que tu en aies.
- Je vais prendre contact avec le Seigneur Tarven, et lui demander de voir s'il a des livres ou des parchemins à ce sujet dans sa bibliothèque privée."
Merlin fourra un morceau de pain dans sa bouche, parlant autour tandis qu'il mâchait.
"Si c'est le cas alors je peux lire ce qu'ils disent, et faire des copies des parties intéressantes pour Alan."
Gaius lui adressa un regard semi-réprobateur pour avoir parlé la bouche pleine, avant d'avaler le pain qu'il mâchait lui-même.
"Alors, avec quels projets est-ce qu'il va t'aider ?"
Merlin haussa les épaules.
"Je l'embauche pour engraver des runes dans certains meubles d'Arthur. Comme son lit, son trône dans la salle du conseil, son bureau ; des meubles qu'il utilise beaucoup où il pourrait être assis quand on le vise avec un sort. J'ai déjà des runes grattées dans certains, mais celles engravées rendront les sorts que j'y ai mis cinq fois plus efficaces."
Gaius n'ajouta rien tandis que Merlin saisissait le reste de son souper, un morceau de fromage, et se précipitait dans sa chambre. Il observa avec un sourire l'enthousiasme de son pupille. Cela faisait un certain temps que Merlin n'avait pas été aussi excité devant un nouveau sort ou objet magique, et il ne doutait pas que son pupille aurait mémorisé au moins la théorie de la nouvelle technique en quelques heures après avoir mis la main sur tout livre qui la documentait correctement.
A son insu, dans sa chambre, Merlin s'était immédiatement assis à son établi près de la fenêtre. Il avait pris une feuille de parchemin de bonne qualité dans sa pile sur une étagère, et commencé à égrir un accord formel de patronage. C'était un lot de formules standards à écrire, sans mentionner les services légalement questionnables pour lesquels il serait le mécène, aussi ça ne lui prit pas longtemps. Il se contenta de la signer rapidement avec sa signature runique, de la plier, et de la fermer avec un bout de ficelle.
Le lendemain matin le trouva assis à la table d'Arthur avec une petite pile de récents rapports et missives de Fyren et Tarven, arrivées juste ce matin-là, y compris une qu'il était extrêmement content de lire. Fyren avait trouvé un ancien druide, qui comme le médecin d'Ulwin avait perdu son clan bien que plus récemment.L'homme avait besoin d'un toit, et comme tous les druides fidèles aux traditions, croyait fermement au futur d'Albion qui avait été prédit. S'il y avait un individu à qui l'ont pouvait faire confiance pour être totalement loyal à Merlin, et ne penserait jamais à lever une arme contre quiconque dans la Fraternité, alors Bel Aeson était celui-là.
Lisant cette missive, Merlin eut grand plaisir à écrire et sceller sa réponse disant qu'il préparerait l'arrivée de Bel, et que le druide devait être envoyé à Camelot dès que possible. Il commençait déjà à apprécier la satisfaction d'appuyer son sceau personnel sur quelque chose d'influence. Un sentiment qu'il ressentit certainement lorsqu'il sortit le projet de la nuit dernière de sa veste et ajouta l'empreinte de griffon en cire pour le rendre officiel, ajoutant même une longueur de ruban rouge pour le marquer comme très important. Si jamais Alan se retrouvait dans les ennuis, tout ce qu'il aurait à faire serait montrer ce sceau enrubanné à un allié de la Fraternité, et il recevrait immédiatement de l'assistance ou serait conduit à quelqu'un qui pourrait l'aider.
Merlin avait un sourire sur le visage quand il se leva du bureau, remettant le document pour Alan dans sa poche, avant de ramasser sa pile de réponses terminées et de les amener à un clerc très spécifique parmi l'administration du château. Une fois de plus l'homme avait été transféré d'Ulwin, bien qu'il soit venu de son propre chef au lieu d'être officiellement envoyé par le Seigneur Tarven. Les messagers spéciaux qui chevauchaient entre Camelot et la Forteresse d'Ascétir lui faisaient tous leur rapport, et il s'assurerait que ces messages soient envoyés aux personnes appropriées.
A peine cette tâche fut-elle accomplie, que le magicien sortait du château pour faire sa propre livraison. Se dirigeant tranquillement vers l'atelier où il avait aidé la veille, il passa la porte et fit signe au propriétaire.
"Je suis juste là pour demander une faveur à Alan. C'est moi qui l'ai aidé hier."
Le menuisier cligna des yeux, clairement surpris de découvrir que le serviteur personnel du roi était une connaissance de son ancien partenaire. Mais de toute façon, le savoir ne ferait que renforcer la considération de l'homme envers le frère de Liam.
Il désigna la porte au fond de l'atelier, se remettant clairement de sa surprise.
"Il est dehors, au hangar à bois.
- Merci."
Merlin suivit la direction indiquée, sortant par la porte de derrière pour entrer dans ce qui était manifestement un bâtiment de stockage construit derrière l'atelier. Il y trouva Alan, triant des rouleaux et des feuilles de vernis à bois soigneusement rangés.
Il se retourna quand il remarqua Merlin, souriant.
"Salut. Je regarde juste quel stock on a pour faire ce travail que tu veux. J'ai dis à Greg que j'avais peut-être des travaux réguliers qui allaient venir, pour 'réparer' des engravures sur certains meubles du château. J'ai sa permission de me servir dans son stock pour ça, du moment que je lui rembourse ce que je prends."
Merlin plongea la main dans sa veste, sortant l'Accord de Patronage et le lui tendit.
"Alors dis-moi ce que tu lui dois pour les fournitures que tu prends pour faire des travaux pour moi, et je m'assurerai qu'il soit payé. Ce n'est pas juste de ma part de te faire payer des feuilles entières de vernis, alors que tu utiliseras seulement des morceaux de feuilles pour mes requêtes."
Il agita le document quand Alan ne le prit pas immédiatement, baissant le volume de sa voix jusqu'à un murmure conspirateur et sourit
"Même si je l'ai formulé de façon à ne pas t'impliquer, c'est quand même un accord venant de moi en tant que Sorcier de la Cour... Tu devrais être honorée. Tu es la première personne dont je sois le mécène."
Alan le fixa, avant de rire et de faire une révérence exagérée tandis qu'il acceptait le parchemin plié.
"Alors je dis que ce sera un grand plaisir d'être au service de ta très estimée personne."
Il se redressa.
"Quand est-ce que tu as besoin que je vienne faire ces engravures ?"
Merlin marqua une pause, réfléchissant.
"Pourrais-tu venir faire les premières cet après-midi ? J'ai besoin de deux lots de ces quatre runes engravées sous le lit d'Arthur."
Alan rangea le document dans sa tunique, acceptant un morceau de papier avec des runes dessus avant de se retourner vers les rangées de vernis.
"Alors je vais préparer mon matériel, et te retrouverai devant les portes du château à la troisième heure."
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Il y avait eu un soupir quand le roi était entré dans ses appartements, Arthur semblant épuisé par une longue journée de réunions et d'entraînement avec les chevaliers. Il jeta à peine un regard à son serviteur assis à table en train de polir son armure, et se dirigea en fait vers l'autre moitié des appartements avec l'intention de faire une sieste... Jusqu'à ce qu'il s'arrête net et qu'une voix perplexe n'emplisse les appartements.
"Merlin... Pourquoi y a-t-il un homme sous mon lit ?"
Merlin leva vers les yeux vers Arthur, puis regarda de l'autre côté des appartements où les jambes d'Alan dépassaient de sous le meuble en question. On entendait des grattements, tandis que le menuisier utilisait ses burins de gravure pour préparer les emplacements des runes engravées.
"C'est le frère de Liam, et il fait un travail pour moi. Ne vous en faites pas, il sera parti bien avant que vous ayez beoin d'aller vous coucher... ce soir."
Arthur fixait toujours Merlin quand le magicien fit sa plaisanterie silencieuse sur le fait qu'il ne pourrait pas faire de sieste maintenant. Pendant ce temps Alan sortit de sous le lit quand il réalisa que le roi était dans la pièce.
Il se redressa, enlevant quelques copeaux de bois de son visage et de ses vêtements en s'approchant.
"C'est un plaisir de vous rencontrer, Sire. Je suis Alan Morranson.
- Je suis Arthur, même si à l'évidence vous le savez déjà, dit-il avant de froncer les sourcils. Comment se fait-il que vous..."
Il regarda de l'un à l'autre, Alan répondant à sa question silencieuse.
"J'ai découvert que Liam était là, il y a deux jours, et j'ai rencontré Merlin grâce à lui. Et maintenant, je me retrouve engagé par votre bras droit. Je dois dire, que je considère comme un grand honneur d'avoir votre Sorcier de la Cour comme mécène."
Arthur, qui avait secoué la main d'un air hébété, fixa de nouveau son serviteur.
"Mécène ?"
Merlin haussa les épaules et continua de polir. Arthur se retourna lentement et sortit.
"Je vous laisse à votre travail alors... et je crois que je vais aller marcher."
Quand il fut parti, Merlin et Alan échangèrent un regard et éclatèrent de rire, le premier secouant la tête.
"Je suppose que j'aurais dû l'avertir, mais voir sa tête quand je le surprends est juste trop tentant pour y renoncer."
Alan se rallongea sur le sol, glissant sous le lit d'Arthur pour reprendre son travail.
"J'ai le sentiment que tu le surprends comme ça bien plus souvent qu'il ne voudrait."
Tous deux gloussèrent à nouveau, avant de continuer leurs tâches jusqu'à ce qu'enfin Alan ait fini.
Quand ce fut le cas, Merlin se dirigea vers le lit et au signe de tête du menuisier, tandis la main vers le meuble et lança le sort pour réfléchir et bannir les enchantements malicieux. Il s'approcha ensuite pour examiner le résultat, et hocha la tête avec satisfaction.
"Bien."
Il mit sa main dans sa poche, et lança le penny d'or qu'il en sortit dans la main d'Alan avec un sourire.
"Un bonus."
Alan saisit et empocha l'argent, avant de joyeusement serrer la main du magicien.
"Travailler pour toi va définitivement être un plaisir. A bientôt, Merlin."
Il ramassa ses outils et les restes de vernis.
"Et maintenant, je crois que je vais emmener mon frère à la taverne."
Il sortit de la pièce, Merlin lançant à sa suite :
"Eh bien si tu le ramènes chez toi ensuite, un mot d'avertissement. Il ronfle quand il est saoûl !"
Il entendit Alan rire, puis se retourna pour nettoyer la poussière et les copeaux de bois qu'il jeta dans le foyer après les avoir balayés par magie. Alan s'en tirerait bien à Camelot, et Liam serait plus heureux que quiconque de savoir que son ami gardait un oeil sur sa famille... Et Camelot avait une famille de plus qui accueillerait le retour de la magie.
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