On entame un nouvel épisode avec les ràr de Bergonis !

Colinou: Avec Merlin qui lui en fait voir de toutes les couleurs, Arthur a l'habitude des situations étranges maintenant.

titesouris: C'est assez incroyable de voir à quel point il a changé.

~(-)~

Chapitre 33 : Le fils de son père ~Partie 1~

C'était paisible ici au bord des landes, les vents murmurant par-dessus la pente graduelle dans les forêts à côté. Les oiseaux chantaient dans les cimes de ces arbres, le ciel était dégagé… Et au sommet de la crête proche quelque chose vint troubler cette sérénité.

Merlin, habillé en chevalier, et pourchassé par une bande de guerriers hurlants et sanguinaires…

Il regarda par-dessus son épaule, souhaitant plus que tout avoir son épée avec lui. Oh, et qu'il soit dans une situation où il avait le droit d'utiliser sa magie. Mais non… Arthur avait eu l'idée géniale d'habiller son Sorcier de la Cour avec la cape et la cotte de maille de Sire Elyan, avant de l'envoyer en tant qu'appât avec l'excuse que 'Si quelque chose se passe mal, tu es le seul homme que j'ai que je suis sûr de ne pas voir tué.'

Ce qui suffisait pour dire que Merlin voulait vraiment claquer son cher ami et roi sur la tête en ce moment.

Il descendit dans les bois, suivant le chemin qui avait été convenu plus tôt. Grimaçant un moment alors qu'une hache venait se planter à quelques centimètres de lui, il trébucha dans une partie d'un goulet, et il attrapa l'arme avant de courir jusqu'au cul-de-sac mortel plus loin. Il continua ensuite en se tournant pour faire face à ses poursuivants, tenant la hache prête comme pour se défendre et murmurant à travers l'amulette cachée sous ses vêtements, le symbole du dragon dessus brillant, argenté, avec son Sort de Parole.

« Je suggère que vous entriez maintenant, à moins que vous ne vouliez votre position sur la magie révélée à Camelot plus tôt que vous ne le voulez. »

Devant lui, les guerriers s'étaient arrêtés, leur chef le regardant avec une malice amusée.

« Alors, nous sommes piégés ? »

Un instant plus tard, l'un de ses hommes, proche de l'arrière, cria et tomba avec un carreau d'arbalète dans son torse, et ce fut au tour de Merlin de sourire.

« C'était l'idée. »

Le long des bords supérieurs du goulet, un rang de chevaliers se forma de chaque côté, arbalètes prêtes. S'apercevant qu'ils seraient criblés de flèches avant qu'ils puissent faire même un seul mouvement contre le seul homme à portée, ils jetèrent avec réticence leurs armes sur le côté, leur chef étant le dernier à le faire.

Les envahisseurs furent rapidement encerclés, Merlin restant où il était jusqu'à ce qu'Arthur se glisse le long du goulet pour se tenir à côté de lui et lui donner une tape sur l'épaule. Il semblait très content.

« Bien joué, Merlin. »

Merlin sourit joyeusement au compliment, avant de donner abruptement un coup de coude dans les côtes d'Arthur.

« Et ça, c'est pour m'avoir fait courir pendant presque un demi-kilomètre avec ces gars qui me pourchassaient. La prochaine fois que vous voulez avoir une jolie idée géniale impliquant que je coure pour ma vie avec l'ordre de ne pas faire quelque chose 'd'étrange'… oubliez. »

Souriant toujours doucement, il s'en alla pour rendre à Elyan sa cape et sa cotte de mailles, et le jeune roi ne put s'empêcher de grimacer. Merlin était ennuyé, et quand il été ennuyé il avait une assez large sélection d'options pour se venger. Et alors qu'Arthur savait que les sorts sur son lit dans Camelot repoussait la magie d'autres gens, ils ne feraient rien pour stopper des farces magiques faites par le magicien qui les avait jetés en premier lieu.

Il décida de ne pas s'attarder dessus, une telle chose étant assez inutile. Merlin ferait ou ne ferait pas quelque chose d'autre pour exprimer son déplaisir, et s'il le faisait il le ferait sans aucun indice pour permettre de l'éviter. A la place, Arthur se dirigea vers l'endroit où les guerriers envahisseurs étaient maintenant désarmés et dans le processus d'être attachés, seulement pour qu'on lui tende un collier élaboré en forme de croissant qui avait été tiré du cou du chef.

Léon sembla un peu prudent alors qu'il le tendait, et les sourcils d'Arthur se soulevèrent alors qu'il l'examinait.

« Eh bien eh bien, c'est l'écusson royal de Caerleon. Il semblerait que nous ayons un invité d'un certain prestige. » Il opina vers le chef des pilleurs. « Roi Caerleon, vous nous honorez de votre présence. » Il jeta le collier à son propriétaire, avant de regarder Léon. « Sécurisez-le à l'écart des autres prisonniers. Il doit être gardé par vous, Elyan, Gauvain ou Perceval à tout moment. »

Le chevalier acquiesça.

« Oui, Sire. »

Léon guida l'autre roi pour s'éloigner, alors même qu'un Merlin maintenant sombre semblait venir de nulle part pour se tenir aux côtés d'Arthur.

« Ce n'est pas la première fois qu'il fait intrusion sur nos terres. »

Arthur soupira, résigné.

« Non. La semaine dernière il s'est emparé du village de Stonedown, à la frontière ouest.

« -Eh bien nous sommes loin de la frontière ici, Arthur. »

Il fit pleinement face à son ami.

« On est au cœur du royaume. Il a couru un grand risque en venant ici. »

Ils se tournèrent pour marcher vers le camp proche, chacun un miroir de l'humeur sombre de l'autre, bien qu'Arthur le semblait plus que son camarade.

« Mais peut-être voit-il les chose d'un autre œil… Je ne suis pas aveugle au point de voir cela comme une coïncidence. Même avec notre alliance avec Escetia, je ne suis pas suffisamment idiot pour croire que tous ceux qui juraient allégeance à mon père continueront à tenir leurs promesses maintenant que je suis roi. Bayard, je m'y attends, restera tranquille comme il partage une frontière avec Escetia tout comme il en partage une avec nous. Mais je n'ai pas une telle force d'appui avec Caerleon. Je dois jouer cela prudemment. »

Merlin fronça les sourcils, réfléchissant.

« Lui ferez-vous signer un traité ? »

A côté de lui, Arthur renifla.

« Je peux essayer, mais je m'attends à ce qu'il refuse d'y être poussé en ces circonstances. Non, une fois que j'aurai pris ma décision en lui demandant, je les enverrai lui et ses hommes au loin. Il y a une plus grande force en ayant suffisamment de courage pour montrer de la merci, qu'il n'y en a dans un massacre inutile. Mon père était respecté par les autres royaumes parce qu'il inspirait la peur avec ses conditions impitoyables. Je ne veux pas qu'ils me respectent pour la même chose. Si je désire construire la terre dont je rêve, ça doit être avec du respect gagné en montrant le même. La paix construite sur de la peur sera vouée à s'écrouler. »

Ils passaient près d'Agravain maintenant, qu'ils avaient été incapables d'empêcher de venir après qu'il ait insisté pour être proche pour 'aider' son neveu. Tous deux lui donnant un coup d'yeux étrécis alors que Merlin commentait ouvertement.

« Ouais, c'est juste dommage que Morgane ne puisse pas comprendre cela. Peut-être que si elle le faisait, elle gagnerait, pour changer. »

Agravain les regarda innocemment en retour, conscient qu'ils étaient à un endroit où d'autres gens pouvaient entendre.

« En effet. Sa haine est une chose lamentable. »

Les remarques piquantes furent échangées sans changement d'expression, Arthur et Merlin bougeant ensuite, le premier parlant au second.

« Ecris un traité aussi rapidement que tu le peux. Juste un simple, citant qu'il n'y ait aucun acte d'agression entre nos deux royaumes, et que nos terres volées nous soient retournées en paix. Ne mets rien d'autre. Construire une trêve est plus importante en ce moment qu'un quelconque gain matériel ou monétaire. Tout ce que je veux, c'est que l'effusion de sang cesse, et que ceux de mon peuple qui ont été forcés de fuir regagnent leurs maisons.

- Je vais y travailler. »

Arthur regarda Merlin s'en aller vers l'endroit où il avait laissé ses sacs, où il avait sans aucun doute quelque chose sur quoi écrire le document et quelque chose pour l'écrire… Ou si ce n'était pas le cas il 'trouverait' commodément quelque chose pour les deux, grâce à une petite marche pour se dégourdir les jambes et quelques incantations pratiques. Jusqu'à ce qu'il soit écrit, il ne pouvait pas faire grand-chose, donc il s'installa à côté du feu de camp, plus près de ses propres sacs, et laissa le magicien s'en occuper.

La nuit vint et repartit, calme mais avec la tension compréhensible qui vient avec la surveillance de prisonniers. Seulement quand le soleil fut bien haut il demanda que le roi Caerleon soit amené devant lui, avec seulement Merlin et les Chevaliers de la Fraternité présents pour y assister. Tous les autres chevaliers qui faisaient partie de la force ici étaient occupés à surveiller le périmètre du camp et à garder les autres prisonniers. Le résultat était cette confrontation avec peu d'yeux pour la voir, et c'est une scène qui rendit clairement le roi envahisseur perplexe lorsque Sire Léon l'amena devant Arthur puis s'écarta.

Caerleon fronça les sourcils, prudent.

« A quoi dois-je le plaisir de cette audience ? »

Arthur fit un signe de la main, faisant avancer Merlin avec le traité écrit hâtivement mais avec soin.

« Je sais que cela sera probablement refusé, mais je cherche tout de même cette résolution. La paix reviendrait comme avant, comme au temps de votre père et du mien. »

La réponse fut un regard fixe.

« Vous attendez de moi que je signe cela ? Que je m'humilie devant vous ?

- Lisez les termes avant de décider que ce que je demande est une humiliation. »

Il y eut un moment de silence, le roi Caerleon s'arrêtant avant de saisir le document de la main tendue de Merlin. Personne ne bougea alors qu'il le lisait, mais quelques regards de connivence passèrent entre les quatre chevaliers observateurs devant l'air surpris sur le visage du roi envahisseur lorsqu'il regarda à nouveau Arthur.

« Vous ne demandez aucun des territoires de mon royaume, juste le retour du vôtre ? »

Arthur acquiesça.

« Je ne doute pas que certains parmi mon conseil penseraient que je m'humilie avec un tel traité. Mais la guerre ne résout rien, et ne rendra pas les maisons perdues par mon peuple. Pas intactes, en tout cas. Leurs terres seraient ravagées, leurs villages brûlés. Ils seraient laissés sans rien, et pendant ce temps beaucoup de vies seront perdues pour rien. »

Caerleon rit.

« Alors vous êtes un lâche qui éviterait de se battre ?

- Non, je suis un roi qui est suffisamment sage pour ne se battre que lorsqu'il le doit. »

Arthur ne vacilla pas alors qu'il se tenait là, résolu.

« Je ne résoudrai pas les problèmes de mon royaume par la violence. De tels actes ne feraient que condamner mon peuple à vivre dans la peur d'être attaqué par ceux dont une telle violence a causé du mal. Appelez-moi un lâche si vous voulez. Mais je crois qu'il faut un courage bien plus grand pour résoudre des choses par les mots, qu'il n'en faut pour recourir stupidement à l'effusion de sang. »

Les deux rois se regardèrent, le plus vieux regardant le document spéculativement.

« Et que ferez-vous si je refuse de signer cela ? »

Arthur laissa son expression sévère s'estomper en un petit sourire légèrement triste.

« Alors mes hommes vous escorteraient jusqu'à la frontière, et vous laisseraient partir. J'espérerais que même sans un accord écrit, vous vous souviendrez de mes paroles et les considérerez avant de décider de frapper mon royaume à nouveau. Que je préfère éviter la violence ne signifie pas que je ne défendrai pas mon royaume si j'y suis obligé. »

Une fois encore le silence tomba, durant pendant ce qui sembla une éternité avec que Caerleon sourie enfin et acquiesce.

« Vous parlez avec une sagesse bien au-delà de votre âge, et d'une manière de faire les choses que vous n'avez pas pu apprendre de votre père. Vous êtes jeune, mais déjà je vois l'ébauche d'un grand roi en vous… Oui, j'accepterai ces termes. Vos villages vous seront retournés de bon cœur, et la main de l'amitié sera serrée entre votre royaume et le mien. »

Arthur souriait maintenant, s'avançant pour secouer la main de son collègue roi, tous deux se tournant pour retourner à la partie principale du camp.

« Et j'ai hâte de voir cette amitié. Qu'elle amène la prospérité à nos deux royaumes. »

Le sentiment de succès, la nature parfaite du résultat, étaient tels qu'aucun de ceux présents ne pouvait croire que ça allait mal se passer… Mais ça se passa mal, dans le flash d'une lame inattendue et le sourire froid de celui qui l'avait brandie. Agravain, sorti de sa cachette pour frapper sans prévenir.

Le roi Caerleon tomba sur le sol de la forêt avec un gargouillement par-dessus sa gorge tranchée, Arthur paralysé au-dessus lui de choc et de furie. Derrière lui, on dut empêcher Gauvain d'étrangler à vue l'oncle du roi, quand l'homme sourit et laissa tombée sa dague ensanglantée sur le sol.

« Je crois que vous m'avez dit de continuer de vous opposer mon esprit. » Son expression s'assombrit. « Voyons comment vous réussissez à gérer les conséquences de cela. »

Arthur serra les dents, serrant les poings jusqu'à ce qu'il se force à se calmer et à rester composé.

« Elyan, Perceval, escortez mon oncle jusqu'à ses quartiers et restez avec lui. Quand nous atteindrons Camelot, il doit être mené à ses appartements et enfermé à l'intérieur. »

Les deux chevaliers saisirent Agravain et l'éloignèrent par ses bras, Merlin venant se tenir à côté du roi tombé et ramassant le document maintenant ensanglanté qu'il avait tenu.

« Voulez-vous que je prépare un message expliquant les circonstances de sa mort à sa reine ? »

Arthur secoua lentement la tête, résigné et sombre.

« Ce n'est pas utile, il a été tué de la manière classique d'une exécution. Agravain est mon oncle, et même si je lui faisais porter à juste titre le blâme, le fait est que le roi Caerleon était mon invité et que j'ai échoué à le protéger. Non, écris une missive courte exprimant mes regrets. Je peux seulement espérer que la reine Annis les acceptera, et préparer Camelot au cas où elle les refuserait. »

~(-)~

J'en connais une qui va encore plus s'énerver contre Agravain... lol