Pas de ràr aujourd'hui, faute de reviews pour le chapitre 33^^ Tout le monde est débordé on dirait !

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Chapitre 34: Le fils de son père ~Partie 2~

Le retour à Camelot fut teinté d'anticipation sombre, une inquiétude qui s'installait dans les cœurs de tous ceux qui connaissaient la vérité de ce qui était arrivé. Officiellement, le roi Caerleon avait tenté d'attaquer et de blesser Arthur dans une tentative pour s'échapper, et Agravain s'était interposé avec un niveau de violence malheureusement nécessaire pour défendre son neveu. C'était raisonnablement proche de la vérité, le tueur étant identifié, et ça permettait aussi à Arthur de confiner Agravain dans ses quartiers en réprimande.

Si seulement tout le reste pouvait aller aussi paisiblement que cet arrangement de mensonges voilés.

Arthur monta les escaliers de l'entrée en silence, Merlin sur ses talons. Tous deux allèrent droit jusqu'à l'étude du roi, qui même si elle était rarement utilisée, était l'endroit le plus approprié pour attendre un mot du conseil. Et ils n'eurent pas à attendre longtemps, car le représentant du conseil arriva dix minutes après qu'Arthur ait ôté son armure et se soit assis derrière son bureau, portant la chemise qui avait été sous sa cotte de mailles et sa tunique matelassée. Il avait besoin d'un bain, mais ça pouvait attendre. D'autres choses étaient plus importantes pour l'instant.

Geoffrey entra dans l'étude et ferma la porte, s'inclinant devant le roi en plus de hocher la tête en respect pour Merlin.

« Le conseil est impressionné par la façon dont vous gérez la situation. Le peu d'objections qu'il y a eu au confinement de votre oncle a été rejeté aussitôt que j'ai noté que votre résolution à assurer sa punition était à la fois juste et ferme en lumière de sa mauvaise évaluation. » Il s'arrêta, réfléchissant clairement. « Et je suppose que la version d'événements rapportée dans votre message en avance n'est pas la vraie version. »

Arthur laissa échapper un long soupir, grimaçant.

« Il allait signer un traité avec nous, le roi Caerleon. Une cessation de toutes hostilités, et le retour de nos villages pris. Agravain nous a attendus sur le chemin pour revenir au camp, attaquant sans prévenir et le tuant. Il s'attend à ce que le conflit qui en résultera soit ce qui causera notre chute. »

Geoffrey jura dans sa barbe.

« Vous devriez vous débarrasser de lui, Votre Majesté. Il est trop dangereux de le garder, même avec sa valeur d'outil contre Morgane.

- Et si je l'exécute en lumière de ce que je viens de dire à mon peuple, je paraîtrai brutal et cruel. » Arthur secoua la tête. « Non, je ne peux pas faire ça. Je ferai face à ce qui est à venir, et je ne laisserai pas cela ébranler ma résolution. Que l'Oristalla ne soit pas intervenu signifie que c'est une épreuve à laquelle je dois faire face sur le chemin de mes rêves et de ma destinée. Et j'y ferai face et la remporterai. Quand je le ferai, je commencerai à gagner le respect des autres royaumes. Les actions d'Agravain se retourneront probablement contre lui plus qu'autre chose. »

Merlin les regarda de là où il se tenait près de la fenêtre.

« Voulez-vous que je dise aux Chevaliers et à l'armée de se préparer ? »

Arthur lui fit face et acquiesça.

« Oui, mais seulement 'se préparer'. Je ne mobiliserai aucune force à moins qu'une force de Caerleon traverse la frontière. Camelot ne peut pas se permettre de donner l'impression de préparer une attaque. »

Merlin se rua dehors, Geoffrey le regardant partir, les approuvant tous les deux.

« Votre père serait fier de vous, Sire. Votre position forte et votre sagesse claire ont rendu le peuple très confiant dans votre direction. Cela en lui-même vous donne une position ferme en regard des autres royaumes. Une terre qui se tient unie derrière son roi est rarement une terre faible. »

Arthur se tut à cela, réfléchissant.

« Eh bien je ne sais pas ce que j'aurais fait sans les avis et les conseils de ceux comme vous, Merlin, et Gaius. Sans vous tous, ma force ne serait rien. »

Il y eut un léger coup sur la porte, le panneau s'ouvrant pour révéler une Gwen légèrement anxieuse. La voyant, Geoffrey sourit et murmura.

« Je crois que je vais vous laisser à d'autres affaires, Sire. »

Il s'inclina et passa devant elle, se tournant légèrement pour regarder par-dessus son épaule à temps pour la voir prendre le roi dans ses bras, soulagée par son retour sauf. Ils iraient bien tant qu'ils resteraient unis, et lui… Il allait s'assurer de rendre la position d'Agravain dans le Conseil aussi déplaisante que possible.

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Les rapports initiaux et affaires reliées étaient maintenant finis, un bain avait été rempli, utilisé, et vidé, et maintenant c'était les sacs qui étaient déballés.

Merlin commença à sortir des vêtements sales des sacoches de selles variées, les jetant tranquillement par-dessus son épaule où, inexplicablement, ils atterrissaient tous avec une précision infaillible dans le panier sorti pour eux. Le second serviteur d'Arthur, et assistant et coursier implicite du Sorcier de la Cour, était présentement en bas aux cuisines, obtenant de la nourriture pour tous les deux sous couvert que le roi aurait un invité dînant avec lui.

Il soupira, pensant au druide. Comme averti par Fyren, Bel s'était récemment retrouvé l'unique survivant d'un glissement de terrain qui avait effacé le reste de son petit clan. Il était loin d'être un homme timide, mais à travers ses manières calmes et ses paroles muettes il était clair qu'il avait encore besoin de temps pour se remettre de cette perte. Pendant ce temps il serait en sécurité ici à Camelot, et soutenu par le savoir qu'il aidait le Emrys et le Roi Présent et à Venir… Merlin devait juste espérer que le pauvre homme ne devrait pas être forcé à être ici pendant une guerre si peu de temps après son arrivée.

Il tourna son esprit vers d'autres choses. Arthur broyait du noir, et il était temps de l'en sortir.

« Ça n'a pas dû être facile, de le voir tuer un homme comme ça rien que pour vous atteindre. J'aimerais juste l'avoir remarqué. Si ça avait été le cas, j'aurais pu être capable de sauver le roi Caerleon. »

Arthur leva les yeux de là où il replaçait ses armes sur le râteau dans le coin. Se laissant prendre à ce qui aurait dû être un stratagème évident.

« Ne te blâme pas, Merlin. Tu es peut-être puissant, mais tu ne peux pas avoir conscience de tout. Tout le monde a ses limites, même toi. » Il sourit. « Ta conscience est tranquille, Merlin, ce qui est plus que ce que je peux dire pour ma chambre en ce moment. Finis ces sacs, pour que nous puissions manger. »

Ceci eut un sourire en retour, bien qu'un peu décliné, avant que Merlin roule des yeux et claque des doigts.

« Ic bebiede thu afaer. »

Tout le contenu de chaque sac devant lui s'envola dans un tourbillon de matériel et un instant plus tard était trié entre le panier pour la buanderie et plusieurs piles nettes sur la table près de la porte. Merlin ramassa ensuite les sacs vides et les fourra sous ce meuble pendant qu'Arthur secouait la tête.

« Frimeur. »

Merlin gloussa simplement alors que tous d'eux s'asseyaient à la table principale, restant silencieux jusqu'à ce que Bel arrive avec le plateau de nourriture.

Le druide était un homme d'apparence quelconque, avec la coupe de cheveux typique de son peuple, et un air de solennité vis-à-vis de son entourage qui donnait l'impression qu'il avait vu toute l'éternité. Ceci combiné avec ses cheveux marron-cendres et ses yeux gris, son habit simple de serviteur et la tunique rouge indiquant son service dans le château, le rendait en tout et pour tout presque fantomatique. Peu de gens lui prêteraient attention, et en tant que druide vivant à Camelot à son point de basculement actuel entre vouloir légaliser la magie et pouvoir le faire, c'était une bonne chose.

Merlin accepta le plateau, dirigeant maintenant son sourire à son collègue serviteur.

« Merci Bel. Si tu amènes le panier à la buanderie, et amènes le souper d'Arthur plus tard, je finirai le reste aujourd'hui. Tu as fait un bon travail. A part le désordre qu'Arthur a trimballé avec lui, la chambre est impeccable. »

Le compliment fut reçu avec un hochement de tête et un minuscule et presque imperceptible sourire en retour, Arthur regardant alors que Bel prenait le panier et partait.

« Il est horriblement silencieux. Quand tu m'as dit que Fyren m'envoyait un autre serviteur pour nous assister tous les deux, je m'attendais à quelqu'un d'un peu plus animé. »

Merlin soupira.

« Il a perdu beaucoup récemment, Arthur. Il est toujours en deuil, même s'il ne le montre pas ouvertement. Donnez-lui du temps, et je suis sûr qu'il s'ouvrira un peu plus. N'oubliez pas qu'il vit toujours dans un royaume qui bannit toujours la magie pour le moment, même si le nouveau degré de punition est maintenant en place. »

Arthur grimaça au souvenir de cela.

« Je n'arrive pas à croire que j'ai eu autant de problèmes à convaincre le conseil de supporter cela. Une semaine de réunions avec eux, chaque jour, à discuter et à débattre même avec Geoffrey qui me soutenait. Et puis il y a eu la surprise la semaine dernière quand on a découvert que ce fermier avait acheté un charme pour guérir la fièvre terrible de son fils, et que je ne l'ai condamné qu'à un jour au pilori et à une amende de dix pièces d'argent. C'est une large somme à payer pour un fermier, mais tout le monde s'attendait à ce que je le fasse exécuter. »

Merlin haussa les épaules.

« Et l'avantage, c'est que le fermier produit toujours des récoltes qui bénéficieront à sa communauté, il sera toujours capable de payer les taxes, et sa famille se sent redevable envers vous pour votre clémence. Votre popularité parmi les bavards dans le marché a fait un bond considérable quand il s'est montré avec de la nourriture à échanger et son jeune fils en remorque. Personne n'a pu ne pas voir pourquoi l'homme a été suffisamment désespéré pour acheter ce charme, et personne ne l'a blâmé pour cela non plus. En tout et pour tout un bon résultat. »

Arthur avala sa bouchée de viande, songeant.

« Eh bien au moins ce sont des bonnes nouvelles. Maintenant tout ce que je dois espérer, c'est que la reine Annis accepte mes excuses pour la mort de Caerleon. »

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La troupe d'hommes marcha vers les portes du château, sombre, découragée, et portant un brancard qui soutenait le corps de leur roi mort. La colère résidait dans bon nombre de leurs yeux, colère qui fut reprise lorsque leur reine sortit de la cour et apprit la mort de son mari.

Elle s'approcha des hommes qui le portaient, se tenant entre eux pour soulever le vêtement qui couvrant le visage de Caerleon. Ses yeux tombèrent ensuite sur la coupure claire et nette de sa gorge, ses lèvres se pressant en une ligne énervée.

« Il n'a pas été blessé en combattant. Ce qui l'a tué, c'est l'œuvre de lâches. »

Un des hommes tendit une lettre pliée, s'inclinant devant elle.

« Le roi de Camelot vous envoie ses regrets, Ma Dame. Notre Seigneur a tenté de s'échapper, et a été tué par l'un des hommes les plus proches d'Arthur. »

Elle prit la lettre de sa main, ne la dépliant même pas avant de la déchirer en deux dans son chagrin.

« Arthur va payer le prix fort pour cela. Tous les citoyens de Camelot vont payer pour cela. »

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La matinée était venue, le peuple de la cité cheminant graduellement hors de leurs maisons et cheminées. La population générale n'avait aucune idée de la menace potentielle à l'horizon, et certainement aucun d'entre eux n'avait connaissance de la danse de mensonges et de malhonnêteté jouée à l'intérieur des murs du château.

Arthur s'arrêta hors des appartements de son oncle, prenant la bonne clé de sa ceinture et déverrouillant la porte. Il ne frappa pas pour entrer, et ne salua certainement pas l'homme à l'intérieur. Au lieu de ça, il le fixa froidement et impassivement, et profondément pas effrayé.

« Vous êtes libre de quitter vos appartements à nouveau, alors je suggère que vous passiez la journée à vous assurer que votre armure et vos armes sont en bon état. Si Annis attaque, je n'ai pas l'intention de vous laisser échapper au résultat de vos actions. Vous serez pile en première ligne, et si vous vous faites tuer qu'il en soit ainsi. Mais ne pensez pas que vous pourrez utiliser la confusion pour fuir. »

Il souleva quelque chose et le jeta à son oncle, la boule de vêtement inoffensive éclatant en une lumière pâle qui ruissela et s'enroula autour des membres et du cou d'Agravain avant de s'évanouir.

Le traitre étrécit les yeux, refusant d'admettre la sueur qui venait juste de perler sur son front.

« Et, si je puis me permettre, qu'est-ce que c'était que ça ? »

Arthur ramassa le reste de vêtements maintenant vide, le regardant.

« Merlin a fait cela hier soir. Appelez ça une forme de sort de traque, qui ne peut pas être retiré à part par la mort. Il a été lié à Geleaffriou. Alors si vous vous enfuyez dans le chaos nous saurons que vous êtes en vie, et ce sort la guidera droit sur vous. Passez une bonne journée, mon oncle, et essayez de ne pas être trop déçu quand votre plan ne se déroule pas comme vous l'espérez. Peu importe comment Annis réagit, ce royaume ne sombrera pas. »

Il sortit, se dirigeant vers le terrain d'entraînement. Merlin était là, attendant près du gros sac en toile utilisé pour pratiquer la boxe. Et alors qu'Arthur évacuait ses émotions dessus, il fit de son mieux pour ne pas grimacer alors qu'il s'arc-boutait contre chaque coup.

« Alors vous avez laissé Agravain sortir.

- Oui, et je sais qu'il rit probablement pour lui-même maintenant, pensant qu'il m'a battu. »

Merlin haussa les épaules, essayant de ne pas être renversé par un coup particulièrement fier sur le sac.

« Ça sera votre tour, quand vous vous occuperez d'Annis d'une façon qu'il n'aurait jamais imaginé. »

Arthur remarqua qu'il n'y avait pas d'alternative, juste une mention claire d'Astrid. Il fronça les sourcils.

« Merlin ? »

Le magicien grimaça, abaissant sa voix à un murmure.

« J'ai visionné ce matin, aussi loin que je pouvais, et j'ai eu un aperçu d'une armée en mouvement. Je n'ai pas pu voir les bannières, c'était trop loin, mais si ça lui appartient alors les scouts le long de la frontière nous enverront un message à tout moment maintenant.

- Sire. » Ils se tournèrent tous les deux, Sire Léon s'approchant d'eux avec une expression sombre. « Un messager vient juste d'arriver. Une armée a passé la frontière à la première lueur… Elle appartient à la reine de Caerleon. »

Arthur regarda Merlin, s'arrêtant pour réfléchir avant de donner ses instructions.

« Informe l'armée d'être prête à marcher. Léon, allez réunir le conseil et les principaux chevaliers, et veillez à ce que le messager y assiste aussi. »

Tous deux se dépêchèrent de s'en aller, laissant Arthur là, calculant déjà les distances dans sa tête. A marche forcée, les hommes de Caerleon atteindraient Camelot au coucher de soleil demain. Ce qui signifiait que si Camelot devait les intercepter et prendre l'avantage de la hauteur à la Crête de Lanshir, ils devraient partir demain à l'aube.

Et pendant que Camelot se préparait à se défendre, au château de la reine Annis la nuit dernière, une autre force fit son mouvement… Morgane, promettant son aide au nom de son 'père', Gorlois, et au nom de la vengeance jointe sur la maison Pendragon. Cherchant la destruction de son frère et la prise de sa couronne, alors qu'une Annis en deuil se trouvait encline à la tentation des mots de la sorcière.

Ce fut un désir reflété par son oncle, dont le cri de soutient dans la réunion du conseil plus tôt avait en fait été une raillerie délibérée… Longue vie au roi.

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La pâle lumière de la fausse aube entra par les fenêtres, mais elle n'était pas nécessaire pour réveiller l'occupant de la chambre. Arthur était déjà debout et préparé à chevaucher, pendant que Merlin faisait rapidement le lit, mais autrement laissait le reste des corvées du matin à Bel.

C'est alors qu'il finissait cette tâche qu'il leva les yeux sur son roi, souriant avec une pointe d'humour.

« On va encore rester une semaine en pleine nature. On mangera des animaux bizarres, peut-être qu'ils nous mangeront avant. Bien sûr… » Il sourit. « Vous inquiéter pour ça ne peut pas être la raison pour laquelle vous vous êtes faufilé dehors la nuit dernière. »

Arthur finit de ceinturer son épée, l'ignorant clairement.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. »

Merlin roula simplement des yeux.

« Vous vous êtes faufilé hors du château, après la Grande Cloche. Vous êtes fait accoster par un garde parce que vous vous promeniez dans une cape bleue suspicieuse à capuche… puis vous avez eu un second souper avec Gwen. » Il s'approcha, tapotant l'épaule d'Arthur pour le soutenir. « Si vous voulez agir avec confiance, alors n'essayez pas de cacher des choses à l'homme dont le travail est de vous protéger. Sortir pour voir Gwen, comme si vous vous attendiez à ce que ce soit la dernière fois, ne le fait pas. »

A côté de lui, le jeune roi soupira, acceptant le soutient avec un hochement de tête de remerciement avant qu'ils sortent tous les deux. Dans la cour, où bientôt l'élite des chevaliers et l'armée se tinrent en formation pour l'attendre. Ils chevauchèrent, l'infanterie marchant derrière. L'armée d'Annis était grande, mais pas autant que celle de Camelot. Et les gens de Caerleon étaient un folklorique mondain, comme ils le montraient dans leur attirail traditionnel de capes de fourrure par-dessus le bleu hérité des vieux clans Celtes. Se battre sur un sol dégagé, et contre une force bien établie sur une falaise de rochers, ne leur conviendrait et ne leur ferait aucun bien.

Gwen et Gaius regardèrent l'armée partir, l'inquiétude pesant lourdement sur eux alors que le vieil homme la rassurait.

« Sois sans crainte, ils ne seront pas absents longtemps. J'en suis sûr. »

Elle se mordit la lèvre.

« C'est différent pourtant cette fois. Aujourd'hui Arthur est roi, le destin de Camelot repose sur ses épaules.

- Mais tu dois aussi te souvenir qu'il n'est pas seul. Merlin est avec lui, tout comme les chevaliers de notre Fraternité. »

Et ce fut quelque chose dont Arthur se trouva fort reconnaissant, quelques heures plus tard alors qu'il se tenait sur la Crête de Lanshir, regardant l'armée de Caerleon avancer pour se mettre en position en-dessous. Il la regarda, solitaire, jusqu'à ce que Merlin se montre à côté de lui, portant un sac assez large.

« Tu as tout ce qu'il te faut ? »

Le magicien acquiesça, concentré.

« Je peux avoir un mur protecteur dressé avant la tombée de la nuit, tout le long de cette partie de la crête. Ça ralentira les flèches pour qu'elles rebondissent sur les armures au lieu de les percer, et ça rendra l'escalade difficile pour les hommes de la reine Annis. Si nous ne pouvons pas trouver un moyen de stopper ce combat, ça leur coûtera cher. Ils tiendront peut-être une demi-journée avant qu'elle n'ait pas d'autre choix que de se retirer. Elle doit s'inquiéter des hommes du roi Fyrendir aussi. Je lui ai envoyé un message, et je sais par expérience que ses chevaliers personnels peuvent être ici tard demain. Son armée prendra plus de temps, mais il peut toujours faire venir sa cavalerie lourde ici en cinq jours tout au plus. »

Arthur se tourna, se préparant à retourner au camp.

« C'est bon à entendre. Je te laisse travailler. Surveille juste des archers. Tu ne sais jamais si un de ces hommes en bas peut décider de te tirer dessus. »

Merlin sourit.

« Quoi ? Le pauvre bougre envoyé pour planter des drapeaux de marquage le long de la ligne de crête ? Où est le sport là-dedans ? »

Arthur gloussa alors qu'il s'en allait, Merlin soupirant alors qu'il le regardait partir. Il retourna ensuite son attention sur la tâche à venir, qui impliquait d'utiliser un marteau en bois pour planter les drapeaux à courte portée susmentionnés à des intervalles de vingt pas chacun… Et attacher des petits sacs d'herbes à la base de chacun et tracer plusieurs runes dans la terre. Il ne ressemblait pas à un guerrier, et assez franchement il semblait trop maigre pour en être un. Tout ce dont il avait à s'inquiéter, c'était si un des soldats ici commençait à se demander pourquoi installer les drapeaux lui prenait tant de temps.

Merlin planta le premier, s'accroupissant pour ajouter herbes et runes, puis les couvrant avec un petit cairn de pierres autour du pied du manche en bois. Il avait beaucoup de choses comme ça à installer, et seulement une quantité de temps limitée pour le faire.

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Un bâillement étouffé dériva calmement dans le vent quelques heures plus tard, le ciel maintenant assombri dans la nuit, rendant sûr pour lui le fait de marcher le long de la ligne de crête et de finir ce qu'il avait commencé plus tôt.

Merlin soupira, s'arrêtant à côté du prochain drapeau et murmurant l'incantation pour lier le sort de barrière entre celui-ci et la marque précédente. Le sort en lui-même était simple, mais était ennuyeux à installer sur cette envergure. Il avait presque légèrement menti quand il avait dit que ce serait fini avant la tombée de la nuit, car seule la préparation était terminée à ce moment-là. Après cela il avait joué le jeu, buvant une seule chope de bière avec Elyan et les autres chevaliers de la Fraternité, pendant que leur roi les avait regardés sagement de l'intérieur de sa tente.

Il semblait qu'Arthur avait décidé qu'être vu en train de boire la veille d'une bataille pourrait ne pas donner la meilleure impression, cela et le fait qu'il ait dû s'assurer qu'Agravain était tenu éloignée de toutes les planifications clés de l'assaut, mais était toujours suffisamment proche pour garder un œil dessus.

Mais bien sûr rien de tout ça n'avait vraiment importé en regard de son travail, ça avait simplement signifié qu'il avait été forcé de rester éveillé et de se faufiler dans le camp, quand en ce moment il aurait clairement préféré dormir.

Merlin s'arrêta à côté du prochain drapeau, murmurant l'incantation pour ce qui était environ la trentième fois jusqu'à présent. Complétant le sort à ce moment, il était sur le point de marcher jusqu'au prochain lorsqu'il vit l'ombre d'un mouvement du coin de l'œil… Et jura promptement et silencieusement.

C'était Arthur, se rendant à une paire de sentinelles d'Annis, et leur demandant de l'amener à elle. Il était vraiment un idiot complet et absolu pour le faire sans prévenir.

Merlin sauta de la crête, ralentissant sa chute avec une bouffée de vent conjuré puis se glissa dans le camp après lui, murmurant dans sa barbe.

« Vous adorez vraiment me compliquer le travail. »

Se ruant après Arthur, promettant intérieurement de nombreuses choses pour exprimer à quel point cela l'énervait, Merlin grogna une autre incantation pour devenir aussi quelconque qu'un soldat en bleu marchant dans le campement de la reine Annis. Car c'est exactement à cela que son illusion ressembla.

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« Ic bebiede thu afaer. » Je vous demande de partir.