Pas de reviews, pas de ràr (vous êtes toutes débordées à ce point-là ? je vous ai jamais vues bouder tant de chapitres à la suite)

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Chapitre 35 : Le fils de son père ~ Partie 3 ~

Merlin fit de son mieux pour agir comme s'il était de la région, flânant tranquillement dans le camp ennemi en parallèle d'Arthur et des deux guerriers qui l'escortaient. Si ce n'était pas grâce aux codes de chevalerie et d'honneur, envers lesquels la forte croyance de Caerleon était bien connue, alors le roi aurait bien pu être poignardé dans le dos longtemps avant d'être entré dans la tente de la reine Annis.

Le magicien s'approcha, se faufilant silencieusement derrière le garde à l'entrée et le 'convainquant' d'aller se promener ailleurs. Il prit ensuite la place de l'homme, faisant confiance à son illusion pour ne pas être remarquée dans une telle lumière pauvre, et observa à travers le trou entre le rabat et la paroi de la tente… Juste à temps pour entendre et voir Arthur commencer à s'excuser, et Annis le gifler.

A l'intérieur de la tente, Arthur grimaça sous l'impact, mais n'hésita pas à dire ce qu'il était venu dire.

"Votre Altesse, je sais que vous n'éprouvez que du mépris pour moi. Vous considérez que j'ai commis un crime odieux, et vous avez raison. J'ai honte de ne pas avoir pu empêcher le coup de mon oncle contre votre mari, à un moment où sa sécurité était sous ma responsabilité selon toutes les lois d'honneur et de chevalerie. Mon jugement de la situation était faux, et votre mari a payé mon erreur de sa vie… Et j'en suis profondément désolé."

La reine Annis le fixa, les poings serrés, furieuse.

"Désolé ne ramènera pas mon époux. Désolé ne rendra pas à mon peuple leur roi."

Arthur acquiesça solennellement.

"J'en ai conscience, je sais que je ne peux rien faire pour réparer cette tragédie."

"Alors qu'êtes-vous venu faire ici, Arthur Pendragon ?"

Le jeune roi soupira légèrement, mais resta ferme.

"Je veux que vous renonciez à la bataille." Lorsqu'elle bougea pour parler, il leva la main pour l'interrompre calmement. "Je ne vous propose pas une trêve, mais une alternative… J'en appelle au droit à un combat singulier. Deux champions règleront le conflit qui nous oppose."

Elle fronça les sourcils, prudente.

"Qu'aurais-je à y gagner en vous accordant cette faveur ?"

Il lui retourna son regard, solennel.

"Il y a eu bien assez de sang versé à ce jour, Altesse. Plusieurs centaines de vies seront sauvées de cette façon."

Il y eut un moment de silence, Merlin se trouvant en fait assez impressionné par son roi à l'extérieur de la tente… Même s'il était toujours ennuyé de ne pas avoir été informé de cette petite visite. A l'intérieur de la tente, la reine Annis regarda les guerriers tenant Arthur, et la paire le libéra alors qu'elle parlait.

"Quels sont vos termes ?"

Arthur resta où il était, et répondit.

"Si mon champion gagne, vous devrez retirer votre armée."

"Et si le mien est victorieux ?"

"… Alors la moitié de Camelot sera à vous."

Merlin s'étouffa presque à cela, sauf qu'il vit la surprise dans les yeux d'Annis alors qu'elle retournait à son trône à l'intérieur de la tente. Puis, après réflexion, elle acquiesça.

"Très bien. Nous règlerons notre différent par combat singulier. Présentez votre champion demain avant midi."

Arthur s'inclina de gratitude.

"Merci, Votre Altesse."

Il se tourna pour partir, pendant que dehors Merlin rappelait silencieusement le garde ensorcelé qu'il avait envoyé promener. Il laissa le collègue inconscient reprendre son poste, alors même qu'il retournait vivement mais toujours tranquillement à la crête. Il attendit ensuite, caché près du chemin étroit qu'il savait qu'Arthur devrait prendre pour remonter et retourner à son propre camp, restant dissimulé jusqu'à ce que son roi vienne de lui passer devant.

Arthur cria presque lorsque la main de son Sorcier de la Cour s'abattit et le saisit par le haut de sa cote de mailles, seulement pour l'étouffer lorsqu'il vit le froncement de sourcils profond et désapprobateur sur le visage de Merlin.

Il n'avait pas l'air content.

Merlin ne dit pas un mot, mais tira plutôt Arthur le long de la pente comme s'il était un enfant errant, et en atteignant la tente du roi il le jeta pratiquement à l'intérieur.

Arthur trébucha, s'arrêta et se tint là, grimaçant d'anticipation de se faire crier dessus. Merlin fermant le rabat de la tente et le fixant pendant plusieurs secondes de plus avant que son froncement de sourcils se change en un sourire. Le regard sur le visage d'Arthur, debout là comme s'il s'attendait à être grondé, était une revanche suffisante dans ce cas. Arthur savait qu'il avait fait quelque chose de stupide, et ses excuses étaient écrites sur tout son visage.

"La prochaine fois que vous avez une idée brillamment inspirée sur comment stopper une guerre totale avec effusion de sang minimale, assurez-vous de m'en avertir avant de partir pour la faire." Son sourire s'altéra un peu, et il croisa les bras sur son torse. "Vous auriez pu vous faire tuer ce soir, et vous avez de la chance que je vous aie vu vous rendre à ces gardes. Parce que si j'avais découvert demain ce que vous étiez parti faire ce soir sans me le dire, vous auriez du pain et de l'eau pour le petit déjeuner pendant le prochain mois."

Arthur grimaça à nouveau, s'asseyant dans l'une des chaises présentes alors même que Merlin s'asseyait dans une autre.

"Je suis désolé. C'est juste que je savais que ça ne pouvait pas attendre, ou j'aurais pu ne pas pouvoir négocier à temps."

Merlin le regarda platement, secouant la tête et laissant échapper un soupir.

"Alors je suppose que vous combattrez dans le duel vous-même." Il vit Arthur sursauter de surprise, et renifla. "Comme je l'ai dit, je vous ai vu vous rendre et demander à être amené à la reine Annis. Alors je me suis déguisé, vous ai suivi, me suis installé en dehors de sa tente pour écouter et être prêt à sauver votre derrière si besoin, puis suis parti en avance pour vous attendre quand elle a accepté et que vous êtes revenu."

Arthur grimaça à nouveau, tout à fait capable d'imaginer à quel point Merlin l'avait traité de toutes sortes d'idiot pendant tout ça, et s'excusa à nouveau.

"Désolé, et oui, je serai celui qui combattra. Je l'annoncerai peu après l'aube, une fois que j'aurai expliqué les conditions à tout le monde. Une fois que j'aurai dit à mes hommes ce qui arrivera si je perds."

Merlin lui donna un long regard à cela.

"Et si je ne savais pas qu'Annis aurait refusé cette alternative sans quelque chose d'aussi grand à en gagner potentiellement, je vous traiterais de fou pour parier la moitié de votre royaume sur cela." Il pointa le lit étroit dans le coin. "Maintenant allez dormir, pour que je puisse y aller."

Arthur fit comme indiqué, Merlin s'assurant qu'il était installé et n'allait nulle part avant de partir. Il soupira, dans l'obscurité de la nuit, et retourna au bord de la crête… Il avait toujours la barrière à finir de jeter.

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"Nous pouvons gagner cette bataille, j'en suis certain."

"Nous avons l'avantage."

Arthur se tenait devant ses chevaliers les plus proches et les commandants de son armée, capable de voir qu'il n'y en avait pas un seul parmi eux qui semblait choqué par ce pari outrageux sur un combat en singulier. Il regarda ces hommes un par un, avant de s'adresser à Léon qui avait été le premier à parler.

"Je n'en doute guère mais quel en sera le coût ? Combien d'hommes seront massacrés ? J'ai autant foi dans la force de vous tous que j'en ai dans mes propres capacités. Demain, à l'aube, je ferai face au champion de la reine Annis pour votre sécurité à tous. Je suis votre roi, et c'est ma responsabilité de faire ce qui est le mieux pour mon peuple et mon royaume." Il sourit légèrement. "L'un d'entre vous doute-t-il de mes talents en combat singulier ? Nombreux d'entre vous les ont affronté."

Elyan fronça les sourcils, alors même qu'il admettait intérieurement la force d'Arthur.

"Mais que se passera-t-il si vous perdez ? Nous ne saurions perdre notre roi et notre terre."

Arthur resta résolu.

"C'est l'accord que j'ai conclu, et je pense qu'il est juste. Ce n'est pas pour gagner une victoire, c'est pour éviter une bataille inutile. Je ne mènerai pas ce royaume en guerre s'il y a un autre chemin disponible."

Il regarda Agravain, qui boudait dans son coin, semblant content de lui-même. Si l'homme avait eu une quelconque aversion sur le fait qu'une entière bataille avait été évitée, ça avait clairement été surpassé par son plaisir de savoir que son neveu risquait sa vie dans tous les cas.

Léon fut celui envoyé pour informer Annis du choix du champion, et c'est après cet annonce qu'elle fit les cent pas dans sa tente sous le regard amusé de Morgane.

"Je n'aime pas cela. Un piège est sans doute tendu."

"Qu'est-ce qui vous inquiète, Votre Altesse ?"

Annis la regarda, les yeux étrécis.

"Arthur. Pourquoi se choisirait-il pour être le champion de sa cause ?"

Morgane haussa légèrement les épaules, comme si c'était évident, et sourit, satisfaite.

"Parce que c'est Arthur. Il risque toujours sa vie avant celle de ses hommes. Croyez-moi, ce n'est pas un piège. Arthur combattra."

Les yeux d'Annis s'étrécirent encore plus à cette déclaration, mais aussi à l'expression suffisante de Morgane.

"On dirait que cela vous fait plaisir, Morgane. Avant toute chose, il s'avère qu'Arthur est un grand guerrier. Vous avez tout autant à perdre que moi s'il gagne." Elle était juste devant la sorcière maintenant, la fixant de haut. "Vous désirez accéder au trône de Camelot, vous le convoitez."

Les manières plaisantes de Morgane s'évanouirent, devenant teintées de colère.

"Je ne le nie pas, j'en suis la légitime héritière." Elle s'arrêta, se recomposant après son explosion. "Arthur ne gagnera pas… Parce que j'ai le pouvoir de faire en sorte qu'il échoue."

Annis commença à s'éloigner, maintenant indéniablement un peu plus prudente face à son alliée temporaire.

"Alors je vous prie de l'utiliser."

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Cette nuit, le plan entra en action, Agravain se glissant dans un camp dont les occupants avaient augmenté quelques heures auparavant, par un contingent entier de trente des meilleurs chevaliers d'Escetia. Et encore plus, il avait vu les signes. Signes qu'au moins un quart d'entre eux connaissait un certain degré de magie. Il le savait parce que huit de ces nouveaux arrivants étaient sortis de leur chemin pour parler avec Merlin.

Il se renfrogna, approchant de la tente d'Arthur, ce renfrognement se changeant en expression suffisante quand il se glissa à l'intérieur et prit l'épée du roi endormi. Ces hommes ne lui bénéficieraient pas demain, ils n'auraient été utiles que si une vraie bataille avait eu lieu. Demain Arthur combattrait seul, et il combattrait en désavantage complet.

Agravain se rua hors du camp et dans l'emplacement de bois et broussailles à environ un demi-kilomètre du bord de la crête. Morgane l'attendait ici, lui fichant presque la trouille quand elle sembla surgir de nulle part derrière lui.

"Morgane."

"Vous l'avez ?"

Il tendit l'épée d'Arthur, la sorcière souriant alors qu'elle la tirait de son fourreau et s'agenouillait, l'épée dans les mains, dans l'espace entre trois petits feux qu'elle avait allumés. Les mots quittèrent alors ses lèvres, teintés d'allégresse à cet acte.

"Efem cume agedre, ealagastum crafti. Ehedgehafe ehefem athara. Forenesdhe thas endeyeara." Ses yeux se dorèrent, et elle éleva l'épée pour la pointer vers le ciel. "Fencume forme swebora." Du feu couronna l'épée, Agravain reculant d'un pas, avant qu'il s'évanouisse aussi rapidement qu'il était venu et qu'elle se mette sur ses pieds. Elle la lui tendit, le laissant la prendre et la remettre dans son fourreau. "Assurez-vous qu'il reçoive son cadeau. Avec cela, il est condamné à mort."

Agravain se dépêcha de retourner au camp, entrant à nouveau furtivement dans la tente d'Arthur et reposant l'épée contre la table d'où il l'avait prise. Son sourire était suffisant lorsqu'il partit, et il le fit complètement inconscient du magicien qui sortit alors tranquillement de derrière une autre tente proche et marcha droit dans celle du roi.

Merlin siffla pour lui-même alors qu'il marchait jusqu'à la table, dégainant l'épée et la tenant avec un sourire joyeux. Il la fit tinter avec un doigt, écoutant le carillon de la seconde meilleure épée d'Arthur. Et le roi lui-même, il ne sursauta même pas, ce qui n'était pas surprenant considérant qu'il avait été jeté dans un sommeil magie pour s'assurer qu'il se reposait correctement pour demain. Raison pour laquelle lui, son Sorcier de la Cour, s'était désigné pour garder un œil sur lui cette nuit.

Quel dommage qu'Agravain n'ait pas anticipé cela.

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L'aube vint, un Arthur pleinement reposé et un Merlin principalement reposé accomplissant les préparations finales. Après qu'Agravain ait fait son acte, le magicien avait enlevé le sort sur le roi et l'avait laissé dormir normalement, poussant Perceval et Léon à monter la garde à la place pour qu'il puisse dormir lui-même. Et maintenant il travaillait sur une tâche qu'il avait fait un nombre incalculable de fois durant ses années de service, attacher l'armure d'Arthur alors que le roi faisait des remarques intelligentes à ce propos, bien que d'un ton légèrement agité.

"Arrête de serrer Merlin. Ne cherche pas à me tuer avant les hostilités."

Merlin gloussa, jouant le jeu pour essayer de l'égayer.

"Désolé. J'oublie toujours de laisser de la place pour votre ego."

Arthur se tourna après que la dernière courroie soit attachée, son sourire peu enthousiaste à cela s'évanouissant alors qu'il ôtait son gant gauche. Une fois qu'il l'eut fait, il retira un anneau d'argent de son auriculaire et le posa dans la main de Merlin.

"Si ce jour s'avère être mon dernier jour, donne cet anneau à Guenièvre." Il soupira, posant une main sur l'épaule de son ami. "Et si je devais mourir, j'ai laissé des instructions à Sire Geoffrey… C'est toi que j'ai nommé comme mon successeur, Merlin, si quelque chose devait m'arriver. Je ne doute pas que si ça arrive, tu feras face à beaucoup d'opposition des gens qui pensent que tu es un idiot, mais tu auras la Fraternité, la Conspiration, et Escetia pour te soutenir. Je sais que je peux te faire confiance avec mon royaume."

Merlin le fixa, clignant des yeux avant de lever les mains.

"Whoa, attendez un instant. Si vous croyez que je vais vous laisser mourir aujourd'hui, vous vous trompez. Au diable les règles du combat singulier, si je vous vois sur le point d'être frappé, je vous donnerai la chance dont vous avez besoin pour vous échapper. Appelez ça de la triche si vous voulez, mais si vous avez l'intention de gagner cela tout seul, alors je n'aurai rien besoin de faire."

Arthur commença à sourire.

"C'est bien, bien que je ne t'ai pas entendu te plaindre à l'idée de devenir le roi de Camelot."

Merlin lui donna une bourrade sur le bras, puis ramassa une épée sans fourreau près de la table.

"Et pourquoi aurais-je besoin de m'y opposer, si ça n'arrivera jamais sous ma garde ?"

Tous deux gloussèrent, se tournant et sortant de la tente. Dehors, les chevaliers avaient formé une haie d'honneur menant jusqu'au chemin en bas de la crête. Arthur suivit cette route, et Merlin marcha jusqu'au meilleur point avantageux, tenant toujours l'épée qu'il avait ramassée, se tenant là à côté d'un Agravain calme à l'air satisfait. Les Chevaliers de la Fraternité se mettant en formation autour d'eux pour former un mur entre eux et le reste des guerriers de chaque côté.

Aucun d'eux ne parla alors qu'ils regardaient une brute massive sortir du front des rangs d'Annis, portant une épée d'une paume et demie qui lui donnerait un niveau d'attaqua supérieur sur Arthur.

Non pas que ça lui ferait beaucoup de bien.

Les deux combattants se firent face, les armées qu'ils représentaient regardant en retenant leur respiration. Bientôt les épées s'entrechoquèrent, Arthur utilisant sa vitesse à son avantage sur la taille et la force de la brute. Evitant et se baissant, trébuchant sur le sol inégal une ou deux fois mais récupérant toujours, jusqu'à ce qu'à distance, Morgane murmure à la reine à côté d'elle.

"Voilà qui a duré assez longtemps. La chance va tourner maintenant." Elle sourit. "J'ai ensorcelé l'épée d'Arthur. Il doit soulever le poids de mille siècles. Nul ne pourrait supporter cela des heures."

Elle concentra son regard sur Arthur, ses yeux se dorant alors qu'elle activait son enchantement… Sauf que rien n'arriva, Arthur combattait toujours comme s'il n'y avait eu aucun changement à sa lame.

Annis fronça les sourcils.

"Que se passe-t-il ? Je croyais que vous aviez dit-"

"Ce petit môme !" Morgane leva les yeux sur la crête, à l'endroit où Merlin lui souriait avec une épée plantée dans le sol devant lui. Il lui fit signe, riant visiblement. "Merlin ! Il a échangé les épées !"

Annis la regarda, incapable de voir qui la sorcière regardait.

"Merlin ?"

"... Le magicien de compagnie d'Arthur. C'est lui qui prépare Arthur pour les batailles. Il a dû remarquer qu'elle était enchantée et lui a donné une lame différente !"

La reine aurait pu en demander plus si ce n'était pour la distraction d'Arthur qui arrivait derrière son adversaire et le coupant dans son dos peu armuré.

La brute tomba, frappée dans le dos par Arthur, qui attrapa ensuite l'arme de l'autre homme et se tint au-dessus de lui, prêt à poignarder. La brute resta là, s'attendant clairement à mourir, mais fut ensuite laissé surpris quand son épée fut à la place plantée dans le sol à côté de sa tête.

Arthur s'éloigna de lui, victorieux, ses hommes joyeux et criant 'longue vie au roi'. Agravain rechigna à commencer à applaudir aussi, de crainte que Morgane remarque qu'il ne tenait pas son rôle et lui demande pourquoi plus tard. Il fut ensuite forcé de suivre Merlin et les Chevaliers de la Fraternité alors qu'ils revenaient à la tente du roi, le magicien tirant une certaine épée, pointe au sol, avec l'aide d'une touche de magie.

Ils arrivèrent bien avant Arthur, qui était naturellement félicité par ses hommes jubilants, et Merlin choisit ce moment pour faire quelque chose de juste un peu vindicatif.

Il aida sa prise sur l'épée d'une touche de magie légèrement plus ferme, et la tendit, garde en première, Agravain.

"Pourriez-vous tenir cela pour moi ? C'est un peu lourd."

"Si je le dois."

Agravain, irrité, l'arracha de sa prise, seulement pour être promptement jeté à genoux par son poids innattendu aussitôt que le magicien la lâcha.

Merlin sourit, pendant que Léon et les autres regardaient et gloussaient.

"Pensiez-vous vraiment que je ne m'attendais pas à ce que vous fassiez quelque chose. Arthur a, après tout, plus d'une épée. Je me suis juste assuré de garder sa meilleure épée avec moi, et j'ai laissé sa deuxième meilleure épée en vue pour que vous la trouviez. C'est tellement dommage que le sort de Morgane soit perdu. C'est un enchantement puissant qu'elle a réussi à mettre sur cette chose." Il se dirigea vers le rabat de la tente, regardant Perceval. "Gardez un oeil sur lui. Je vais aller féliciter notre roi."

Aucun d'entre eux n'objecta, plus qu'heureux de s'amuser en gardant un oeil sur un Agravain très agravé. Ce fut une fois qu'on eut dit aux soldats et aux chevaliers de se préparer à retourner à la cité qu'Arthur fut laissé seul et facilement approchable.

Il sourit lorsque Merlin arriva à ses côtés, baissant les yeux depuis la crête sur l'armée de la reine Annis qui se préparait aussi à partir.

"Nous l'avons fait. Nous avons gagné."

Merlin lui donna un léger coup de coude.

"Ne soyez pas si modeste. Vous l'avez fait. C'était votre idée, et c'est vous qui avez combattu cet homme. Je n'ai pas eu à intervenir du tout… Ceci est votre victoire, Arthur."

C'est alors qu'un prestigieux visiteur marcha jusqu'au haut de la crête, la reine Annis les approchant, digne dans sa défaite. Arthur s'éloignant de Merlin pour la rencontrer à mi-chemin en respect.

"Vous êtes victorieux, Arthur Pendragon. Et vous pouvez être assuré que je respecterai scrupuleusement les termes de notre pacte. Mon armée sera partie avant la tombée du jour."

Il n'y avait ni chagrin ni colère en elle maintenant, au lieu de ça il semblait y avoir un air d'acceptation alors qu'Arthur hochait la tête.

"Merci, Votre Altesse."

Elle lui offrit sa main à serrer, Arthur le faisant en geste d'égaux. Quand elle le lâcha, elle le regarda curieusement.

"Juste une chose. Vous avez épargné mon champion, pourquoi ?"

"Parce que ce n'est pas la victoire que je cherche… C'est la paix." Annis sembla cligner des yeux de surprise pendant un moment, comme si elle le voyait maintenant sous un jour complètement différent alors qu'il continuait. "J'espère que ce jour marquera un nouveau départ pour nos royaumes."

Elle se redressa légèrement, le plus petit sourire sur son visage.

"Il y a quelque chose en vous, Arthur Pendragon. Quelque chose qui me donne de l'espoir pour nous tous."

Elle recula d'un pas, mettant clairement fin à la conversation, et après avoir hoché la tête pour elle une dernière fois, Arthur se prépara à revenir au camp.

"Allez, Merlin. Tu as beaucoup de choses à remballer pour que nous puissions rentrer à la maison."

Annis tourna le regard sur le serviteur en question, ayant maintenant un visage à mettre sur le nom que Morgane avait mentionné. Son mot calme l'arrêtant alors qu'il bougeait pour passer devant elle.

"Magicien."

Merlin la regarda, ne montrant aucune réaction extérieure à être appelé ainsi. Avec Morgane impliquée, il était déjà clair qu'elle avait offert son aide à Annis pour se venger de la mort du roi Caerleon. De plus, il avait vu Morgane se tenir à côté d'elle pendant le duel.

Il lui sourit doucement, répondant à la question qu'il savait qu'elle avait en tête.

"Comme il l'a dit. Arthur ne cherche pas la victoire, il cherche la paix… Avec tous les peuples, de toutes les cultures et croyances et religions. Il ne juge pas simplement les gens pour les talents ou capacités qu'ils possèdent, comme son père le faisait, mais il les juge plutôt pour ce qu'ils choisissent de faire avec ces talents." Son sourire s'élargit. "Et ne vous inquiétez pas, je ne lui ai donné aucune aide dans ce duel… Tout ce que j'ai fait était m'assurer qu'il allait dans ce combat sur un niveau juste et équitable."

Annis pencha la tête, le regardant pensivement.

"Je peux voir maintenant où Arthur a appris la plupart de sa manière de faire les choses. Il y a quelque chose en vous qui me donne de l'espoir aussi."

Merlin lui offrit sa main, comme elle l'avait fait pour Arthur, son expression devenant sérieuse alors qu'elle l'acceptait.

"Je vous préviendrais de vous méfier des paroles de Morgane, mais je crois que vous l'avez déjà réalisé vous même. Elle ne se soucie de rien ni personne à part pour ses propres buts et gains. Elle vous détruirait en un battement de coeur si ça lui donnait ce qu'elle veut… Soyez prudente, et je souhaite bonne chance à vous et à votre royaume dans le futur."

Il s'inclina devant elle et suivit Arthur, Annis les regardant partir tous les deux avec un regard pensif. Ce regard était toujours sur son visage lorsqu'elle fut revenue à sa tente, et elle remballait ses cartes quand Morgane entra.

Elle la regarda, tendant une autre carte au serviteur qui les rangeait dans une boîte pour le transport.

"Il est apparu que vous n'aviez aucun pouvoir, Morgane. Arthur est plus fort et il est d'une autre trempe que vous l'imaginiez."

Morgane ricana à cela, se rapprochant.

"Il y aura bien d'autres occasions, Votre Altesse. Et il aura moins de chance la prochaine fois."

Annis ne se tourna pas, secouant simplement la tête, dédaigneuse.

"Il n'y aura pas de prochaine fois, pas pour moi en tout cas."

Elle ne la regarda que maintenant, son expression tenant quelque chose comme de la pitié dans ses yeux. Mais Morgane ne le vit pas, trop confuse par la déclaration pour le remarquer.

"Pourquoi ce revirement ?"

Annis lui fit face pleinement.

"Je me suis peut-être trompée au sujet de notre jeune roi."

"N'ayez pas foi en ses belles paroles, vous seriez déçue."

La reine l'interrompit.

"Ce n'est pas Arthur qui m'a trompé, c'est vous." Morgane devint immobile et silencieuse, Annis continuant. "Vous êtes rongée par l'amertume, Morgane. C'est une maladie que vous donnez à ceux qui vous entourent. Dans mon chagrin, je vous ai laissé me contaminer avec votre haine."

La sorcière se renfrogna.

"C'est faux ! Avez-vous oublié de quelle façon Arthur a laissé votre mari être tué ? Niez-vous que vous cherchiez vengeance ?"

Annis ne bougea pas, pas plus qu'elle n'éleva la voix pour atteindre cette colère.

"En effet, je cherchais vengeance. Mais cela ne signifie pas que c'était la meilleure chose à faire."

Une fois encore Morgane ricana, un sourire d'amusement amer pour cette femme qu'elle voyait maintenant comme inférieure.

"Vous êtes faible, Annis, je l'ai toujours su. Allez-y, faites la paix avec Arthur. Moi je ne renoncerai pas jusqu'à ce que le royaume de Camelot se courbe devant moi."

Elle commença à se ruer à l'extérieur, stoppant quand Annis l'appela.

"Morgane. Vous êtes venue à moi au nom de Gorlois… Mais vous ressemblez davantage à Uther que vous le croyez."

L'expression de Morgane devint froide, et elle recommença à sortir de la tente. Le regard toujours plein de pitié d'Annis la regardant partir.

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Le peuple se rassembla dans les rues, criant et agitant des drapeaux faits de morceaux de vêtements colorés, des cordes identiques pendues en bannières le long de la route au-dessus des hommes passant dans la cité. Arthur chevauchait en tête de cette procession, restant digne même si ses amis et camarades derrière lui savaient qu'il préférerait sourire largement s'il n'avait pas son port de roi à s'inquiéter.

Les cris pouvaient toujours être entendus quelques heures après, lorsqu'ils furent tous à l'intérieur du château, s'installant pour se reposer après le stress des derniers jours. En fait il commençait juste à se relaxer quand il ôta le couvercle du plateau de nourriture que Merlin lui avait amené… et découvrit que son repas avait été congelé.

"Alors, vous aimez ma nouvelle spécialité ?" Merlin apparut à l'arche de la chambre dormir, s'adossant contre la colonne. "Je l'ai appelé ma 'réception congelée' surprise."

Arthur grimaça, le regardant.

"C'est pour ne pas t'avoir dit que j'allais négocier avec Annis, n'est-ce-pas ?"

Merlin secoua la tête.

"Nan, j'ai eu ma revanche pour ça quand je vous ai tiré jusqu'à votre tente par la peau du cou… Nope, ceci est pour m'avoir fait courir pour ma vie pendant un demi-kilomètre, habillé comme un chevalier avec interdiction d'utiliser la magie sur mes poursuivants."

Il sourit doucement et sortit en sifflant pour lui même, Gwen entrant un moment plus tard, se demandant clairement à propos de quoi le magicien qu'elle avait croisé était si joyeux.

Aussitôt qu'il la vit, Arthur remit hâtivement le couvercle sur le bol de porridge congelé. Il allait devoir attendre un peu pour qu'il décongèle dans tous les cas, sans que Gwen lui demande ce qu'il avait fait pour gagner une telle chose de Merlin.

Mais de telles inquiétudes furent laissées loin de son esprit, comme c'est généralement le cas quand l'amour de votre vie vous accueille à la maison avec un baiser.

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