Un petit sous-épisode qui devrait vous faire rire. Désolée, il est tard !

Colinou : C'est pas faux.

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Chapitre 36: Un défi ~Partie 1~

"Bonne matinée, Sire! Le petit déjeuner est servi!"

Le roi tressaillit sous ses couvertures, les tirant au-dessus de sa tête pour faire disparaître la lumière quand les rideaux furent violemment ouvert. Il ne voulait pas bouger, il voulait rester couché juste pour cette fois. Sûrement en tant que roi, il pouvait se donner un jour de congé ?

L'homme qui était entré avec son petit déjeuner marcha vers son lit où il s'arrêta, gloussant une fois et puis dépouillant sans ménagement son ami de son chaleureux sanctuaire. Il le prit alors sans ménagement par la cheville, et commença à le porter jusqu'au bord du lit.

Merlin sourit.

"Si vous ne voulez pas finir sur le sol, je vous suggère de vous lever."

Il tira Arthur plus proche encore du bord, le jeune roi attendant jusqu'au dernier moment avant qu'il n'attrape le coté du matelas et ne frappe le serviteur avec le pied qu'il tenait.

"Lâche-moi, espèce d'idiot. Très bien, je vais me lever."

Semblant irrité, il posa son pied sur le sol et se tourna pour s'asseoir sur le même bord dont il avait été à quelques centimètres de tomber.

" Quelle est l'urgence, de toute manière ? D'aussi loin que je m'en souvienne, il n'y a pas de conseil aujourd'hui, ni aucune inspection."

Merlin se dirigea vers le paravent, commençant à rassembler une tenue officielle parmi les objets dans l'armoire et les tiroirs à coté de celui-ci.

"Eh bien vous avez un invité. Il est arrivé juste avant l'aube, de sorte que vous ne pouviez vous attendre à l'accueillir. Cependant il est obligatoire que vous lui souhaitiez la bienvenue en l'appelant à la salle du conseil aussitôt que possible. Seulement si vous ne voulez pas causer une offense."

Arthur gémit, se laissant retomber en arrière sur son lit.

"Bien… Qui est-ce ?"

"Le Seigneur Kelvir. Il préside un domaine non loin au nord des montagnes blanches. Votre victoire sur le champion de la reine Annis lui a donné une raison pour venir vous voir en personne."

Il renifla d'amusement.

"Cela et le fait que sa maison est sur les terres qui lui aurait été remis si vous aviez perdu... Je pense qu'il pourrait être un peu contrarié à ce propos."

Arthur se redressa de nouveau, fixant Merlin avec effroi.

"Tu ne peux pas être sérieux. Même mon père détestait cet homme. Chaque fois que Kelvir venait ici quand j'étais enfant, je peux me souvenir qu'il était toujours placé dans la chambre d'invité la plus éloignée des quartiers royaux. Il est peut-être un noble de Camelot, mais dire qu'il est irritant est un euphémisme."

Merlin déposa les vêtements derrière le paravent et se mit en quête de rechercher les bottes d'Arthur près de la porte et à commencer à les polir.

"Eh bien Monsieur Irritant a déjà reçu un léger petit déjeuner et est en train d'attendre maintenant dans l'antichambre de salle du conseil. Et j'ai pris la liberté de demander à Georg d'installer ses quatre gardes du corps dans la partie la plus confortable des quartiers des gardes. Je leur avais donné les appartement dans l'aile, où se trouvent celles des chevaliers de Camelot qui n'ont pas de domicile dans la ville haute pour séjourner, sauf qu'à part qu'étant noble de sang, ils ne sont pas officiellement chevaliers. Le seigneur Kelvir na pas de rang suffisamment élevé pour être capable d'adouber les hommes à son service. Du moins c'est ce que Georg a dit."

Arthur s'était levé maintenant et avait presque fini de mettre la bonne chemise et les braies qui avaient été déposé pour lui.

"Et c'est pourquoi il a toujours été irritant. Mon père aurait pu l'élever au point où il aurait pu lui être permis de réunir sa propre armée personnelle de chevalier, mais il n'a jamais voulu le faire parce que Kelvir n'a jamais rien fait pour le mériter. Cela ne l'a pas empêché de prendre des hommes dans d'autres familles qui ont des amitiés pour ses idées, et de les garder comme garde personnelle. Il ne peut pas leur donner un titre. Ce qui signifie d'ailleurs que la plupart des familles avec lesquelles il est en contact ne lui enverront pas leur fils à son service."

Il sortit de derrière le paravent, allant à table et découvrant que Merlin lui avait heureusement apporté son petit déjeuner qui pourrait être attrapé et mangé en marchant... Une épaisse tranche de pain grillé, avec une généreuse couche de fromage fondu dessus.

Il l'attrapa et se dirigea vers la porte, l'ouvrant et en sortant à grande enjambée pendant que derrière lui Merlin qui se battait pour prendre la couronne dans l'armoire cadenassée à coté du lit. Il fut ensuite contraint de courir après le roi, et le fit s'arrêter pour placer ladite couronne sur sa tête. Avec quelqu'un comme le Seigneur Kelvir, ce ne faisait pas de mal d'utiliser tous les moyens possibles pour lui rappeler et s'assurer qu'il sache où était sa place.

Bien sûr, cela n'aida pas à améliorer l'humeur d'Arthur, tandis qu'il lui était ensuite requis de s'asseoir sur son trône dans la salle du conseil et d'attendre que le noble lui soit amené. Un événement qui commença avec le seigneur Kelvir le regardant avec une des expressions les plus aigres qu'Arthur ait jamais vu, qui ne s'améliora pas lorsque l'homme sourit et s'inclina.

"Roi Arthur, c'est un honneur de me retrouver en votre présence."

Arthur sourit poliment en retour.

"J'espère que votre voyage s'est passé sans incident. J'ai reçu le serment de la reine Annis elle-même que son armée quitterait les terres de Camelot sans incident. Je comprends que puisqu'ils sont passés assez près de votre propriété, vous ayez pu avoir quelques préoccupations. Pourtant je peux vous assurer que les gardes le long de la frontière ont signalé que les termes de l'accord que j'ai fait avec elle, ont été respectés pour la plupart avec diligence."

Le seigneur Kelvir fronça un peu les sourcils à cette déclaration, se redressant de manière raide comme si gagner un peu de hauteur lui donnerait un avantage.

"Je ne veux pas vous manquer de respect, sire, mais je suis venu ici pour une question bien plus grave. Votre incroyable pari sur la moitié des terres de Camelot était atroce. Que ce serait-il passé si vous aviez perdu ?"

Arthur ne broncha pas et cacha sa déception de découvrir que les suppositions de Merlin sur la raison de sa visite avait été correcte.

"J'ai 'parié' ce que j'ai fait pour sauver des vies, confiant dans mes capacités en tant que plus grand chevalier de Camelot pour défendre son royaume et son peuple. Si j'avais perdu, alors Camelot aurait perdu son roi, et vous... La reine Annis aurait été le nouveau chef d'état, n'est-ce pas ? "

Il se leva.

"Mais en faisant un tel pari, à la place de déclencher une guerre qui aurait ravagé votre propriété et conduit à votre propre mort, j'ai à la place prévenu toute bataille et vraiment gagné le respect de la reine Annis. Elle n'attaquera plus Camelot tant que je serai roi."

Le noble resta bouche bée face à la rudesse de l'explication.

"Mais, Sire."

Arthur leva une main, l'arrêtant.

"Je comprends que vous soyez contrarié de mon apparente insouciance, mais je peux vous assurer que le plan d'action que j'avais choisi a été planifié avec une grande attention. Je regrette que ce choix vous ait déplu, mais comme vous pouvez le voir, le résultat parle de lui-même."

Il se dirigea vers la porte, s'arrêtant pour jeter un coup d'œil en arrière vers son invité.

"À présent voudriez-vous me rejoindre pour une inspection surprise des chevaliers ?"

Le seigneur Kelvir se tourna raidement et suivit, clairement déconcerté mais aussi clairement conscient qu'il ne pouvait pas argumenter contre une explication comme celle-là. Il suivit Arthur jusqu'au terrain d'entraînement, Merlin se glissant discrètement derrière en escorte silencieuse. Et pendant ce temps le sorcier dut se demander si la manière dont Arthur avait géré cet homme clairement indésirable, était une méthode qu'il avait apprise en observant comment son père le faisait dans le passé.

L'ambiance entre eux resta froide durant les observations des chevaliers durant leur entraînement du matin. Tout allant bien jusqu'à ce que Kelvir ne voit Perceval utiliser sa masse pour la faire tourner sur son axe contre l'emprise du chevalier né noble contre lequel il se battait. Ce fut alors que le reniflement de dégoût du seigneur Kelvir devint audible.

Arthur le regarda, fronçant légèrement les sourcils.

"Vous semblez avoir un problème avec Sir Perceval. Puis-je vous demander pourquoi ? Parlez franchement si vous le souhaitez, je ne m'offenserai pas si vous le faites."

Kelvir hésita, puis regarda ensuite avec dédain Perceval.

"Des roturiers élevés au rang de Chevalier de Camelot. Cela déprécie la loyauté des grandes familles nobles qui vous servent."

Arthur haussa un sourcil.

"Et comment est-ce que récompenser le service fidèle et loyal de ces roturiers, qui m'ont aidé à récupérer ce royaume à Morgane en prenant des grands risques pour eux , 'déprécie' le reste de mes chevaliers ? Demandez à chaque noble qui ont servi aux côtés des trois chevaliers que j'ai récompensé de cette manière, et ils parleront tous de leur honneur et de leurs compétences. Ils ont gagné ce droit, juste comme tous les autres qui ont ce titre."

Kelvir grogna dans sa barbe.

"Je ne pense pas que ce soit correct. Ce sont des roturiers."

"Et qu'étaient, je vous prie, nos ancêtres alors ?"

Arthur regarda vers le terrain, en rêvant.

"Qu'est-ce que la noblesse, à part les descendants de ceux qui ont à la fois travaillé la terre et affirmé leur richesse. Dans les temps à venir, d'autres hommes viendront en faisant élever leur rang et leur puissance. Gauvain, Elyan et Perceval ne sont pas différents de vos ancêtres et des miens ; s'efforçant de donner le meilleur d'eux-même, et d'accomplir tout ce qu'ils sont capable d'accomplir."

Kelvir renifla encore.

"Si vous croyez qu'il en est ainsi, alors je propose que nous tenions une petite compétition. Vous avez placé ma propriété en ligne de mire dans votre pari avec la reine Annis, aussi maintenant je vous demanderai en échange d'aucune future plainte à ce sujet... un ensemble de duel à un contre un, de vos 'chevaliers roturiers' contre mes gardes personnels. Qui se tiendra le surlendemain pour permettre aux combattants de se préparer."

Arthur se tourna alors vers lui, honnêtement surpris et certainement pas contre l'idée.

"Vous m'assurez que vous n'élèverez plus aucune plainte sur mes méthodes pour gouverner ce royaume et sur qui je choisis de nommer à mes postes de confiance. Si mes hommes gagnent tous leurs combats. Si vos hommes gagnent, j'élèverai votre position d'influence par un incrément social pour chaque victoire que l'un d'eux pourrait prétendre."

Il pouvait voir la lueur de joie dans les yeux de Kelvir maintenant, et il savait qu'il avait suscité son intérêt. C'était vraiment dommage que l'homme ne voit pas à quel point il n'avait aucune chance que n'importe quel guerrier entraîné sur sa propriété n'approcherait jamais de l'entraînement et des compétences d'Elyan et des autres.

"Il y a juste une chose. Vous avez quatre gardes avec vous ; mais je n'ai que trois 'chevaliers roturiers'."

Kelvir sourit un peu malicieusement.

"Mais, sire, sûrement que s'ils sont aussi compétents que vous le prétendez, l'un d'entre eux peut combattre deux fois sans aucune difficulté ?"

Le jeune roi fut sur le point de répondre à cela quand une voix familière murmura à l'intérieur de ses oreilles.

"Choisissez-moi aussi. Agravain continue à parler de moi à la cour à propos du fait que j'utilise une épée."

Arthur sourit, comme si c'était au commentaire du noble et non à la requête de Merlin. C'était très certainement une idée intéressante.

"En fait, j'en ai quatre, bien que le dernier ne soit pas chevalier. Il agit comme un de mes gardes du corps, cependant, quand il le faut. Je pense que vous ne verrez aucune objection à ce qu'il fasse face au quatrième homme ?"

Kelvir, croyant qu'Arthur était en train de se mettre de lui-même sur le chemin de l'humiliation, et un chemin qui lui donnerait encore plus de position sociale et de puissance, lui serra la main.

"Je suis d'accord avec ces termes. Les duels auront lieu comme je l'ai dit plus tôt, l'aube après demain. Ce sera certainement au moins divertissant."

Il se tourna et revint vers le château, un serviteur qui l'avait attendu se dépêchant pour le guider vers la chambre d'invité qui avait maintenant été préparée... aussi loin des appartements d'Arthur que c'était poliment possible. Ce fut alors qu'il regardait l'homme partir, que Merlin vint aux cotés d'Arthur, souriant d'anticipation.

"Il n'a aucune idée qu'il s'est positionné lui-même à perdre."

Il regarda vers son ami.

"Et d'ailleurs, en échange de l'aide que je vous apporte à faire taire ce type de manière permanente, je veux aussi une faveur."

Arthur croisa les bras sur sa poitrine.

"Et qu'est-ce que ce serait ?"

Merlin prétendit avoir l'air innocent.

" Je sais que ce ne sera pas possible à l'intérieur du château, et ce serait gênant pendant mes corvées de toute façon, mais quand nous sortons pour chasser ou en patrouille, ou vérifier un étrange rapport... je veux être autorisé à porter mon épée avec moi, serviteur ou pas."

Un sourire vint lentement sur le visage d'Arthur à la requête, et il rit.

"Si tu peux vaincre un des hommes de Kelvir en duel avec cette épée, alors je ne vois personne qui pourrait élever une objection à me laisser faire ça."

Il tendit la main, scellant le marché.

"D'accord."

Merlin frappa des mains et secoua celle d'Arthur, toujours en train de sourire.

"Et pour cela, je m'assurerais que Kelvir ait un spectacle qu'il n'oubliera pas de sitôt."

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