C'est parti pour l'épisode avec Merlin le mauvais assassin...
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Chapitre 39 : Possession ~Partie 1~
Le groupe de chevaliers chevauchait à travers les arbres, en file serrée et avec des yeux méfiants regardant et surveillant toutes les directions.
Merlin fronçait les sourcils tandis qu'ils avançaient, se sentant un peu plus en sûreté que d'habitude avec l'épée à sa taille, bien que pour l'instant l'avoir fût assez inutile car dans la compagnie actuelle, il pouvait utiliser sa magie comme il le voulait. Cependant, il était inquiet. Quelque chose lui donnait une mauvaise impression, et peut-être que l'endroit où ils se trouvaient avait quelque chose à voir avec ça.
"Arthur, je sais que m'avoir avec vous vous donne toute confiance en votre sécurité... Mais traverser la Vallée des Rois Déchus n'est jamais la meilleure des idées. Il y a des périodes où le destin veut qu'il soit sage de venir ici, mais ce n'est pas maintenant."
Arthur regarda vers lui, haussant les sourcils.
"Eh bien, qu'as-tu d'autre en tête ? Quelle autre route qui ne soit pas potentiellement infestée de bandits, contrairement à celle-là que les rumeurs d'un sortilège sur cette zone protègent."
Merlin le regarda.
"Et vous vous souvenez de ce qui s'est passé la dernière fois que vous nous avez amené ici ? Quand vous avez ignoré mon avertissement, et vous êtes retrouvé avec un carreau d'arbalète dans le dos ?"
Derrière eux Léon et trois autres Chevaliers de la Fraternité ricanèrent, tandis que basiquement, Arthur ignorait tout ce que venait de dire le magicien.
"Mais cette route est un secret, Merlin, et nous ne sommes pas pourchassés par des bandits qui nous ont suivis ici."
Il y eut un choeur de cris de guerre de chaque côté de la piste, des attaquants aparaissant de derrière les crêtes à gauche et à droite avant de dévaler la piste vers eux.
Merlin se contenta de secouer la tête et de soupirer.
"Non, nous venons juste de nous faire tendre une embuscade par les cinquante qui nous attendaient, en l'occurence..."
Arthur lança un cri.
"Aux armes !"
Tous sauf Merlin tirèrent leurs épées, prenant conscience d'un grand nombre d'attaquants supplémentaires chevauchant vers eux de l'avant et de l'arrière. Merlin se contenta de rouler des yeux et descendit de son cheval, faisant un brusque geste de la main vers l'un des groupes de cavaliers.
"Afiel !"
Chaque homme dans cette direction quitta les étriers de sa monture et atterrit sur le sol dans un bruit sourd, Merlin se retourna juste à temps pour voir Arthur combattre deux hommes sans savoir qu'un troisième sur un cheval était sur le point de l'éventrer avec une épée.
Un geste de la main et une lueur d'or dans ses yeux s'occupèrent de celui-là, lui valant d'avoir le dos tourné assez longtemps pour ne pas voir le suivant l'approcher par-derrière avec une masse d'armes.
Merlin poussa un cri tandis que les pointes s'enfonçaient dans son épaule gauche, levant une main vers la blessure tandis qu'il tombait à genoux sous la douleur et la peine. Arthur ne perdit pas de temps pour se débarrasser de son adversaire actuel et se précipiter vers lui, hissant le magicien sur ses pieds et le portant presque jusqu'à un endroit où se cacher tandis que les chevaliers terminaient le combat sur la piste.
Sauf qu'il ne se termina pas, du moins pas pour eux deux. Ils passèrent les heures qui suivirent avec Arthur le traînant de cachette en cachette, jusqu'à ce qu'enfin il semble qu'il n'y ait plus de signe de leurs poursuivants.
La nuit était maintenant tombée, Arthur contraint de travailler à la lueur de la lune puisque demander à Merlin de conjurer une lumière serait inviter la découverte de leur abri. L'avant de la chemise du magicien était tachée de sang, mais il sembait que durant tous leurs déplacements il ait réussi à jeter un sort pour mettre un terme à l'hémorragie.
Arthur se rassit avec soulagement après avoir vérifié la blessure.
"J'ai vu pire. Oui, j'ai vu pire."
Merlin l'interrompit avec une note de sarcasme et un sourire badin.
"Où ? Sur un mort ?"
Arthur secoua la têtete devant la mauvaise plaisanterie.
"Non, tu ne vas pas mourir, Merlin. Ne sois pas un lâche."
Merlin se contenta de le regarder d'un air de spéculation.
"Si je devais mourir, direz-vous que j'étais un héros ?
_ Probablement.
_ Mais tant que je vivrai je resterai un couard ?"
Arthur lutta pour garder un visage impassible.
"Malheureusement les choses sont ainsi faites. On t'accorde la gloire quand tu n'es plus là pour l'apprécier."
Merlin lui donna un léger coup de coude.
"Sauf lorsqu'on est roi."
Arthur essayait encore de ne pas sourire.
"Il faut bien que l'on en tire quelques avantages."
Merlin dut lui concéder ce point, hochant la tête.
"Vous avez un excellent serviteur."
Le sourire d'Arthur disparut, laissant place au sérieux.
"C'est vrai. Tu as raison..."
Le sourire de Merlin disparut également, et il se fit solennel tandis qu'Arthur continuait.
"Un serviteur qui est extrêment courageux. Incroyablement loyal et honnête. Pas couard du tout."
Dans le silence gêné qui suivit, le sourire de Merlin revint, ainsi que celui d'Arthur.
"Merci de m'avoir sauvé la vie.
_ C'est normal. Tu en as déjà fait autant pour moi."
Tous deux s'endormirent ensuite, seulement réveillés à l'aube par des bruits de voix et de gens en train de chercher, et ces voix n'étaient pas familières.
Arthur fut le premier à se lever, l'épée tirée, avant de baisser les yeux pour voir que Merlin avait l'air pâle et épuisé. Le roi s'accroupit rapidement pour vérifier la blessure, la trouva fermée et se demanda quel était le problème.
Merlin ouvrit les yeux, tentant d'avoir l'air joyeux malgré le danger qu'il savait les guetter.
"J'ai passé la nuit à la guérir, mais il y a un effet secondaire quand je me guéris en étant déjà faible. Pour une raison quelconque c'est toujours beaucoup plus dur que guérir quelqu'un d'autre quand je suis dans le même état."
Arthur jura quand il réalisa que ça se traduisait pas 'Je suis trop fatigué pour courir ou même marcher pour l'instant. Vous allez devoir me porter.'
Le roi rengaina son épée, souleva Merlin et le hissa sur son épaule.
"Tu dois vraiment travailler sur ton instinct de survie, Merlin. Tu es génial pour protéger les autres, mais nul pour te protéger toi-même.
_ Vous pouvez parler."
Il emmena le magicien vers une zone de rochers qu'il voyait à proximité, empruntant les rigoles qui la traversaient pour éviter d'être vu depuis la forêt au-dessus d'eux. Mais cela ne marcha que jusqu'à ce qu'il atteigne la zone où des marches taillées pour connecter ces chemins révélèrent qu'ils étaient proches des ruines à l'entrée de la vallée, et qu'un bandit se trouvait justement là à les attendre.
Arthur reposa Merlin et tira son épée, chargeant le long du chemin étroit et éliminant cette sentinelle. Mais pas avant qu'il n'ait poussé un cri, alertant les dizaines d'autres qui revinrent sur leurs pas.
Merlin les entendit arriver, fixant Arthur et reconnut le moment où le roi vit le choix dans le regard de son ami.
"Gewicad ge stanas !
_ Merlin ! Merlin, non !"
Les rochers au sommet de la rigole cascadèrent des deux côtés, séparant Arthur de ses attaquants... et aussi de son ami.
Merlin était trop faible pour se débattre quand les mercenaires, car il réalisait maintenant que c'est ce qu'ils étaient, le soulevèrent et le portèrent à travers les bois. Des bandits ne prendraient pas de prisonniers, mais des mercenaires le pourraient s'ils pensaient que ça pouvait leur apporter un bonus.
Il ne lui fallut pas longtemps pour se retrouver devant Agravain, comme s'il s'était attendu à moins en faisant mine d'être inconscient. Et à peine fût-il devant lui, qu'il fut emmené encore plus loin et déposé, immobile, aux pieds de Morgane... Qui n'avait pas l'air ravie.
"Combien d'hommes avons-nous perdu ?... Et combien sont prisonniers ? Peut-être devrais-je parler de serviteurs ?"
Elle étrécit les yeux en foudroyant Agravain du regard, le noble reculant instinctivement sous son regard et, par chance, ne remarquant pas la légère inspiration de Merlin quand elle lui donna un coup de pied par colère.
Agravain ne le remarqua pas non plus, se protégeant de sa colère.
"Arthur était à notre portée, mais il semble que le petit sorcier ici présent ait causé un éboulement pour le protéger."
Il marqua une pause, tenta d'avoir l'air raisonnable.
"Je dois me montrer à Camelot. Le vieux médecin a déjà des soupçons sur moi."
Le regard incendiaire de Morgane ne faiblit pas.
"Gaius est perspicace. Faites attention à lui. Si la lumière était faite sur votre vraie nature, je ne saurais quoi faire de vous."
Il ne bougea pas, pas avant de tendre la main vers son épée et de baisser les yeux vers Merlin.
"Je vais en finir avec ce serviteur. Mieux vaut qu'il soit mort plutôt qu'il puisse continuer à protéger Arthur.
_ Non !"
Morgane l'arrêta d'une main levée.
"Surtout n'en faites rien. Arthur lui voue une étrange amitié. Il se pourrait qu'il nous soit utile. En fait, il nous sera très utile."
Elle fit signe aux mercenaires.
"Emmenez-le."
Les choses ne s'améliorèrent pas pour Merlin par la suite ; hissé sur un cheval et transporté sur des kilomètres autour et au-delà de Camelot jusqu'à sa hutte de l'autre côté des bois. Arthur saurait grâce à son bracelet que son ami était menacé par quelqu'un ou quelque chose avec des pouvoirs magiques, mais au moins les amulettes lui diraient aussi que son Sorcier de la Cour était conscient et en vie.
C'était un faible réconfort, mais mieux que rien.
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"Je veux des patrouilles envoyées dans la forêt. Qu'elles fouillent la zone à la recherche d'un signe de Merlin."
Arthur monta avec agitation les marches menant à l'entrée du château, Léon à ses côtés tandis que le reste des chevaliers s'occupait des chevaux, y comprit Bitan, celui de Merlin, qui les avait retrouvés et suivis jusqu'au château.
"Il est en danger, mon bracelet est froid, mais les amulettes ne se sont pas activées. Cela signifie qu'il est en vie, et qu'il réfléchit probablement à un plan d'évasion. Du moins, grimaça-t-il, si "l'effet secondaire" de s'être occupé de sa blessure en étant faible n'interfère pas avec ça. Il était physiquement impuissant quand il a causé cet éboulement qui m'a sauvé."
Léon était sombre tandis qu'il hochait la tête pour accepter les ordres, la voix sinistre.
"Je m'en occupe tout de suite."
Il partit organiser les recherches, laissant Arthur parler à Gaius, Liam et Gwen qui l'attendaient avec inquiétude dans ses appartements. Gwen serrait son bracelet, celui qui disait à Merlin si elle était menacée par magie, mais qui à l'inverse lui disait aussi quand c'était son cas à lui.
Elle fit un pas vers Arthur quand il entra dans la pièce, ses yeux implorant une bonne nouvelle. Gaius avait la même expression, ainsi que Liam.
"Où est Merlin ?
_ Que s'est-il passé ?"
Le roi grimaça, baissa la tête.
"Nous avons été attaqués par des mercenaires tandis que nous traversions la Vallée des Rois Déchus. Ils nous attendaient, alors je présume que mon oncle s'est encore amusé. Quant à Merlin, il a disparu et nous présumons qu'il est capturé, mais nous savons aussi qu'il est vivant grâce à son amulette. J'ai chargé Léon d'organiser des recherches pour le retrouver."
Arthur attira Gwen dans ses bras, lui caressant les cheveux.
"On le retrouvera. Ne vous en faites pas."
Ils s'accrochèrent à leur optimisme, mais pour Merlin cette tâche était plus dure.
Il était pendu par les poignets grâce à une chaine dans la hutte de Morgane, ayant continué de feindre l'inconscience durant la journée et la nuit de chevauchée qu'il avait fallu pour arriver ici.
Et maintenant... maintenant il avait été 'réveillé' par un seau d'eau glacée dans la figure, ne lui laissant rien de mieux à faire que de foudroyer sa ravisseuse du regard tandis qu'elle lui rendait un sourire narquois.
Il refusa de montrer la moindre émotion dans ce regard, sa voix tout aussi froide.
"Morgane."
Son sourire se changea en fausse gentillesse.
"Aww, si froid. Est-ce là une façon de saluer une vieille amie ? Après tout, je ne t'ai pas vu depuis que tu as condamné ma soeur à une mort lente et douloureuse et contrarié mes projets de gouverner Camelot. Ce qui m'a forcée à vivre dans une cabane."
La haine était revenue dans sa voix à la fin de sa tirade, et Merlin se contenta de lui rendre le sourire narquois de tout à l'heure.
"Rendez-moi service, voulez-vous ? Dites tout cela à Arthur. Il persiste à penser que je suis un incapable mais je suis assez fier de ces accomplissements et c'est donc heureux que je mourrai."
Morgane rit un moment devant sa supposition.
"Tu vas rester en vie. Tu ne vas pas mourir, non ! Ta mort sera loin d'être aussi douce."
Elle lui tourna le dos pour commencer à préparer quelque chose, probablement un sort, et laissé tranquille Merlin leva les yeux vers les chaînes qui le retenaient en essayant silencieusement de les faire se briser. L'effort le fit grimacer de douleur dans sa tête, son pouvoir trop utilisé après avoir causé l'éboulement, et son absence de sommeil depuis n'aidait pas la situation.
Il était impuissant et entre ses griffes et il avait le mauvais pressentiment que ce qu'elle avait prévu était probablement aussi mauvais qu'il l'imaginait.
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"Afiel" = "Tomber"
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