Toujours pas de reviews, toujours pas de réponse. Vous êtes en hibernation ?

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Chapitre 44: Druides Noirs ~Partie 3~

Au moment où ces mots quittèrent la bouche d'Arthur, chaque druide du Clan du Sang à portée de voix prépara une arme. Tous avaient leurs regards fixés sur lui, et tous se préparaient à lancer le couteau entre leurs mains.

Kalem resta bouche bée et leva rapidement les bras en criant.

« Stop ! Ils sont sous ma protection ! En tant que Grand Prêtre de l'Ancienne Religion, j'invoque mon autorité pour cela ! D'après les lois que vous prétendez vous-même suivre, vous devez nous permettre, à moi et à mes invités, d'au moins essayer de négocier avec votre clan ! »

Un des druides, un homme d'âge moyen, dont le visage était pourvu de nombreuses cicatrices de bataille, ricana.

« Pour nous, ces lois s'appliquent seulement aux adeptes de l'Ancienne Religion. Si tu connaissais tout sur notre clan, tu saurais cela. Il est le Roi de Camelot, un royaume qui opprime et chasse magie. Ta présence ne l'aide pas, et le charlatan debout à côté de lui, qui prétend être son sorcier, ne peut l'aider! »

Ils reculèrent leurs bras, les mains claquèrent avant l'envoi d'une tempête de poignards volants vers Arthur.

En un instant, Merlin était à ses côtés, ses yeux d'or brillant.

« Alynen seo waelseax! Ic aciere hie! »

Il leva les mains vers les côtés, tout dans sa posture rayonnant de fureur envers leurs fausses suppositions. Les poignards s'arrêtèrent à mi-chemin, avant de pivoter et de se figer d'eux-mêmes en guise d'avertissement dans les arbres proches des lanceurs.

« Vous présumez trop, quand vous savez si peu. Je vous préviens maintenant, que toute personne souhaitant nuire à mon roi, doit d'abord passer par moi… Et vous ne voulez vraiment pas commencer un combat contre moi. Je ne suis peut-être pas un Grand Prêtre, mais je suis aussi puissant qu'un d'entre eux, probablement plus. »

Arthur se plaça à côté de lui, croisant les bras sur le devant de sa cotte de maille.

« Merlin m'a servi pendant cinq ans, plus deux ans en tant que sorcier personnel. Je ne suis pas un persécuteur de la magie. »

Les yeux du druide se rétrécirent.

« Vos mots disent cela, mais vos actions comme roi parlent autrement. La magie est toujours interdite dans Camelot. »

Arthur hocha la tête.

« Oui, mais il est également vrai qu'elle n'est plus punissable que par la mort. Ce n'est qu'en laissant le stigmate de la peur attaché à la magie disparaître, que celle-ci peut revenir tranquillement à Camelot. Se précipiter aveuglément et hâtivement en avant, ne ferait que provoquer chaos et conflits. Je ne risquerais pas d'apporter à ce royaume une guerre civile, pas quand un peu de patience peut l'éviter.

– Il dit vrai, Alrik ... Sans patience, l'humanité n'entendra jamais l'appel de la magie. Nous avons attendu longtemps pour voir cet homme mort, qu'est un petit répit par rapport à cela ? Laisse-le parler, et se battre comme un roi au lieu d'un lâche. »

Alrik et le reste des druides se tournèrent, regardant la vieille femme qui était sortie des arbres. Contrairement au reste des personnes présentes, elle n'était pas marquée par des cicatrices d'anciennes batailles.

Alrik fronça les sourcils.

« Il n'est pas l'un des nôtres, Ysyldra. Nos lois concernant le droit de parler ne s'appliquent pas à lui. »

Elle le fixa, avant de pointer Merlin.

« Mais elles sont applicables envers lui, et on peut supposer que ses croyances font écho à celles du roi qu'il suit. Pour quelle autre raison un magicien de son habileté avec une puissance évidente, se soumettrait à une autorité comme celle-ci quand il pourrait écraser ce roi facilement ? »

Alrik grogna et recula d'un pas et Ysyldra inclina brusquement la tête vers le trio.

« Tu auras l'audience que tu sollicitais, Chevaucheur de Vent, mais seul le magicien se présentera devant nous pour négocier. Tu resteras avec Arthur Pendragon comme sa garde, contre ceux du clan qui pourraient chercher à déshonorer cette réunion légitime. »

Kalem, essayant de ne pas ouvertement soupirer de soulagement, baissa solennellement la tête en guise de respect.

« Ce sera un honneur de le protéger à la place d'Emrys. »

La vieille femme leva légèrement les sourcils et regarda une nouvelle fois Merlin.

« Donc, ton nom est Emrys? Tu ne ressembles pas à un druide, mais tu portes un nom druidique. »

Il hocha la tête, faisant lentement un pas en avant et ignorant la façon dont les druides autour de lui se tendaient et faisaient en sorte que leurs armes soient à portée de mains.

« Mon nom de naissance est Merlin, mais on se réfère à moi dans les prophéties en tant « Emrys ». Tel est le nom par lequel les druides me connaissent, et je vous ferai savoir maintenant que mon nom jouit d'un grand respect parmi eux. »

Elle se moqua de son orgueil, plissant les yeux.

« Et pourquoi donc ?

– Parce qu'il est prédit que seul mon aide permettra à la magie de revenir libre, et à un âge d'or de commencer. »

Il se retourna et regarda Arthur.

« Et il est partie intégrante de cette prophétie. Tout comme cela échouera sans moi, cela sera impossible sans lui. Nous avons tous les deux été observés par l'Oristalla depuis un certain temps. »

Ysyldra inclina la tête, cette fois avec un peu plus de respect.

« Suit-moi alors, Emrys... Alrik, conduit le Chevaucheur de Vent et Arthur Pendragon à ma tente, et malheur à ceux qui tenteraient de leur nuire là-bas. »

Elle retourna parmi les arbres, Merlin hésitant quand Kalem et Arthur furent conduits dans une direction différente par leur escorte. Comme il ne la suivit pas immédiatement, la vieille femme se retourna vers lui.

« Ne crains pas pour ton roi. Le Clan du Sang est peut-être prompt à la colère, et plus rapide encore pour frapper et tuer, mais nous sommes des gens d'honneur. Comme la gardienne de la tradition et des légendes de mon clan, mes ordres ne sont surpassés que par l'autorité de notre chef. Je serai obéis. »

Merlin prit une profonde inspiration, et se mit à la suivre, un pas derrière elle.

« Puis-je vous demander pourquoi vous êtes la seule n'ayant clairement jamais participé à une bataille que je vois ? »

La vieille femme exprima son mépris de son ignorance par un rire.

« Nous apprécions peut-être l'habileté au combat, mais nous ne sommes pas aveugle au point de ne pas savoir que nos manières de faire peuvent obscurcir le meilleur jugement, et embrouiller nos récits du passé. Ainsi, nous choisissons toujours un enfant pour recevoir ces connaissances, celui-ci n'apprenant rien du combat. A ce titre, moi-même et mon successeur n'avons jamais tenu une arme, encore moins utilisée. »

Elle continua de marcher, se stoppant finalement au sommet du mont suivant. De là, Merlin pouvait voir une masse de tentes dispersées parmi les arbres et aussi un aperçu d'Arthur et Kalem en train d'être guidés à travers elles vers un côté.

Sans réussir à sans empêcher, il déglutit nerveusement alors qu'il comptait les tentes. Selon son calcul, et si chacunes d'entre elles étaient partagées par au moins deux personnes, il y avait près de deux cents druides du Clan de Sang dans cette seule partie de bois.

« Je suppose que votre tente est au bord, là où c'est plus calme. »

Ysyldra hocha la tête et reprit sa marche vers le campement.

« Oui, il est plus facile de faire en sorte que mon apprenti se concentre sur ses études de cette façon. Toi, cependant, tu vas venir avec moi au cœur de cela. Vous voulez parler à notre chef de clan ? Eh bien… Sa tente se trouve juste à côté du cercle où nous sommes en train de forger le sort pour détruire votre ville. Ne pense même pas à essayer de l'entraver, cela serait une déclaration de guerre contre nous. Si tu souhaites l'arrêter, ce que tu dois faire est de convaincre Lodrengar de la vérité de tes mots et de ceux de ton roi. »

Ils avaient atteint la limite du camp à présent, la nouvelle s'était clairement propagée rapidement à travers celui-ci en ce qui concernait leur visite inhabituelle et tout à fait importune. Mais Merlin garda la tête haute, laissant sa magie libre de ses contraintes intérieures, juste assez pour qu'il rayonne d'une impressionnante sensation de pouvoir.

Ysyldra regarda véritablement en arrière lorsqu'il le fit, surprise, et c'était quelque chose dont il ne voyait pas en quoi c'était étonnant. Il savait déjà qu'il pouvait freiner sa présence magique au point de sembler ne pas avoir de magie du tout, chose à vrai dire, qu'il faisait la plupart du temps. Le fait qu'il en irradie à présent, après l'avoir efficacement masquée avant, confirmait silencieusement la déclaration qu'il avait faite sur son pouvoir n'était pas une fanfaronnade.

Les regards soudainement plus méfiants et plus prudents qu'il obtient améliorèrent un peu sa confiance, et lui permit de suivre son guide à grands pas, comme s'il n'était totalement pas perturbé par le fait qu'il était entièrement entouré et en infériorité numérique complète. Mais sa façade de sang-froid se brisa légèrement, lorsqu'il atteint le centre du campement et vu le cercle du sort dessiné là.

Il était énorme, remplissant presque la moitié de la grande clairière. Il vit d'innombrables runes de destruction, d'incendie, de peste, de pourriture, et de corruption. D'autres pour la douleur et la confusion y étaient aussi dispersées, en cercles mortels concentriques qui reliaient ensemble de petits cercles vides comme le faisait un fil pour des perles. Quand il vit qu'il y avait trente de ces cercles, il ne fallut pas être un génie pour comprendre ce qui risquait de leur arriver.

Ysyldra l'entendit s'arrêter, notant la reconnaissance et l'horreur dans ses yeux.

« Donc, tu en sais assez sur les runes pour lire cela. Eh bien… dans ce cas, tu sais aussi qu'il est incomplet. Maintenant, dépêche-toi et suis-moi. Tu dois également savoir que tu n'as pas de temps à perdre actuellement. »

Merlin se remit à bouger et la suivit, résistant à au désir ardent d'endommager le cercle du sort jusqu'à ce qu'il y réfléchisse plus. Il en savait plus qu'assez sur les runes pour ne pas être capable de seulement lire cela, il en savait assez pour pouvoir saboter ce cercle et effacer chaque homme, femme et enfant dans ce campement.

Il grimaça à l'idée, dégoûté de lui-même de l'avoir même envisager. Mais alors, si les négociations échouaient, que pouvait-il faire d'autre ? Détruire ce sort ne les empêcheraient pas d'en commencer un autre... mais les tuer oui.

Ces pensées sombres remplirent ses yeux d'ombres sinistres, Merlin frissonna intérieurement et tressaillit. Cette pensée sonnait un peu trop comme quelque chose qu'aurait fait Uther, mais étant donné que le choix était ces personnes ou Camelot, il savait ce que son cœur choisirait.

Savoir et accepter cela durcit son expression, alors que son guide se stoppait enfin à l'extérieur de la plus grande tente à proximité du cercle. Il se tint là, en attente, tandis qu'Ysyldra entra, et il ne recula pas quand un homme fortement musclé vêtu de la même tunique de cuir sans manche sorti et le regarda.

Lodrengar pris un poignard de sa ceinture, qui semblait apparemment ordinaire jusqu'à ce que la lame put être observée. Et quelle lame c'était ; polie comme un miroir sans faille et gravée de runes magiques... Dont il eut un bon aperçu quand cette dague fut ensuite jetée, visant à le frapper entre les yeux.

Il l'attrapa silencieusement avec sa magie, gelant son temps et sortit nonchalamment de sa trajectoire avant de parler.

« J'espère qu'il n'y a personne derrière moi. »

Le temps du poignard fut libéré, et l'arme reprit son vol ratant de peu un membre du clan. Ce membre la récupéra et la ramena précipitamment à son chef, Lodrengar l'accepta et la rengaina.

« Ce fut un tour intéressant, garçon. Ce n'était pas un sort que j'avais déjà vu. Mais si tu penses que cela va acheter un quelconque respect ici, alors tu te trompes. »

Merlin le regarda, évaluant la situation et décida que la diplomatie prudente perdrait dans cette affaire. Le Clan du Sang était clairement un peuple rude et sévère. Leur parler comme s'ils étaient des druides normaux serait inutile.

« Vraiment ? Parce que la dernière fois que j'ai vérifié, j'étais seulement la quatrième ou la cinquième personne dans toute l'histoire écrite à avoir la capacité de manipuler le temps d'un objet ou d'une personne. Le premier à le faire sans sorts. Stopper le temps de votre dague était un tour de passe-passe pour moi. Si je voulais faire quelque chose de vraiment intéressant avec, eh ben... »

Il sembla disparaître, apparaissant derrière Ladrengar comme s'il venait de nulle part.

« Je pourrais l'utiliser pour vous poignarder dans le dos sans même que vous ne vous soyez rendu compte de mon déplacement. Quand j'accélère mon propre temps, le reste du monde est à l'arrêt par rapport à moi. »

Ladrengar se retourna pour faire face à Merlin en état de choc. Son expression montrant maintenant à contrecœur au moins un peu de respect.

« Il semble en effet que tu as un rare talent parmi ceux avec la magie. Il semble qu'il est donc vrai que tu choisis volontairement de servir Arthur Pendragon. »

Il fronçait à présent les sourcils.

« Mais cela ne change pas le fait que la magie est toujours hors la loi. »

Merlin disparu de nouveau, baillant presque avant de grincer des dents alors que les nuages au-dessus commencèrent à gronder. Ces personnes commençaient toutes fâcheusement à sonner de la même manière.

De l'autre côté du campement, Arthur et Kalem se trouvaient dans une confortable tente mais modeste. Il y avait peu à faire ici outre s'asseoir et parler, mais parler était quelque chose qu'aucun des deux hommes n'était d'humeur à faire en ce moment.

Si la première heure traîna, la deuxième était comme une éternité. Kalem, assis là, tripotait le bord de ses vêtements tandis qu'à côté de lui, Arthur s'impatientait et se renfrognait comme il avait une conversation avec quelqu'un. Finalement, le prêtre ne pouvant plus l'ignorer, donna un petit coup de coude au roi pour obtenir son attention.

« Que faites-vous? S'entraîner avec un ennemi imaginaire dans votre tête? »

Arthur le regarda, clignant des yeux avant de présenter des excuses.

« Désolé, je vérifiais juste Merlin. Il est vraiment agacé en ce moment. »

Kalem le regarda longuement, sceptique.

« Euh, pour autant que je sache, cela nécessite d'utiliser la magie, laquelle vous ne possédez pas, comment pouvez-vous faire ça? »

Arthur commença à sourire.

« Juste en écoutant. »

Kalem était toujours déconcerté.

« Quoi ? »

Le roi continuait de sourire, jusqu'à ce qu'un autre grognement de tonnerre se fasse entendre dans le ciel.

« Comme cela. »

Le prêtre leva la tête en fronçant les sourcils.

« La tempête ? Comment cela peut-il nous faire savoir que Merlin est agacé ? »

Arthur sourit à l'ignorance de Kalem.

« Il y a deux heures, c'était seulement des nuages de pluie douce, mais maintenant cela tourne dans une tempête de première catégorie... C'est l'affinité élémentaire de Merlin, les tempêtes et la foudre. Il la garde sous contrôle normalement, mais je suppose qu'il a laissé son contrôle se relâcher un peu et ses émotions sont en train de secouer les choses... Un peu comme la première fois, quand il a explosé Nimueh avec un éclair. »

Kalem était maintenant ébahi.

« Éclair ? »

– Ouais, et si le chef du Clan du Sang ne l'écoute pas bientôt, il va avoir une surprise désagréable lorsque Merlin va finalement arrêter d'être patient… »

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Cela devenait complètement ridicule. C'était comme si cet homme ne faisait que faire en sorte que cette discussion n'évolue pas, tandis qu'à côté d'eux, le cercle du sort continuait d'être travaillé, presque comme pour le narguer.

Merlin serra les dents, à présent pas loin d'être prêt à aplatir chaque druide du Clan du Sang assez stupide pour le croiser. Cela n'allait nul part, avec Ladrengar insistant que l'on ne pouvait pas faire confiance à Arthur, et qu'il était trop jeune pour savoir ce dont il parlait.

Fixant le chef de clan, et souhaitant avec ferveur que l'homme écoute tout simplement, Merlin regarda Ysyldra qui était dans un état tout autant agacée avant de lui parler.

« Vous ne dites que les mêmes excuses. Si ce n'est que pour empêcher d'avancer, alors pourquoi avez-vous même accepté me parler? »

Ladrengar renifla, amusé.

« Donc, tu comprends enfin ? Je vais te dire pourquoi... Parce que les lois du clan déclarent que je suis lié par honneur de te parler, mais rien ne dit que je dois écouter ce que tu me dis.

– Pardon ? »

Merlin était maintenant bouche bée d'indignation, les nuages faisant écho à celle-ci au-dessus.

« Est-ce que vous me dites que je me suis assis ici et j'ai essayé de vous raisonner, diplomatiquement, lorsque vous n'avez jamais eu l'intention de me prendre au sérieux? »

Le druide soupira.

« Regarde, fais-toi une faveur à toi-même et oublie le roi et Camelot. Nous ne te nuirons pas si tu restes en dehors de cela, mais maintenant qu'il est à notre portée, nous ne laisserons pas passer cette opportunité. »

Merlin se leva de son siège, en dehors de la tente, n'aimant pas la direction où cela allait.

« Opportunité? Quelle opportunité ? »

Le chef druide se leva également, le dominant.

« Celle que la vie d'Arthur Pendragon soit sacrifiée, dans le sort qui détruira son château et écrasera le cœur de son royaume pour toujours. »

Les nuages au-dessus étaient étrangement silencieux, un peu comme le magicien qui se tenait là, le regardant... Et puis le silence se transforma en un rugissement de fureur au-dessus de lui alors que ses paroles mortellement calmes passèrent ses lèvres.

« Vous venez de faire une grosse erreur. »

Le vent commença à hurler, la foudre vacillant maintenant au-dessus de la clairière. Les druides sortaient de leurs tentes dans la peur et la confusion pour voir ce qu'il se passait, jusqu'à qu'une lumière de reconnaissance horrifiée vienne dans les yeux d'Ysyldra et que la vieille femme eut le souffle coupé.

« Cela ne peut pas être... Ladrengar! Arrête ! »

Le chef l'ignora, levant le bras et donna l'ordre à tous les druides à portée de voix.

« Cet imbécile a fait son choix! Tuez-le! »

Plusieurs druides allèrent vers Merlin par derrière, et il se tourna pour leur faire face avec les yeux brillants d'or et une main descendant vers le sol.

Trois éclairs sortirent des nuages, créant des cratères dans le sol où ils avaient atterris, en face de ses agresseurs, l'explosion les déséquilibrant. Puis il se tourna de nouveau vers Ladrengar, vers cet homme qui était maintenant bouche bée dans la terreur, et conjura un puissant éclair blanc-jaune en puisant dans la tempête intérieure qui reflète celle-ci.

Cela grésilla en un arc entre ses mains, les mains se levèrent, prêtes à lancer la foudre une nouvelle fois quand Ysyldra cria.

« Stop ! Ne le tuez pas, Celui qui Appelle la Tempête ! »

Son cri sembla paralyser tous les druides aux alentours, les murmures de « Celui qui Appelle la Tempête » se répandant rapidement dans des tons de peur et de crainte. Et puis la chose la plus bizarre arriva... Chacun d'entre eux, même Ladrengar et Ysyldra, tombèrent à genoux et se prosternèrent dans la soumission.

Merlin cligna des yeux, complètement dérouté, la fureur de la tempête se fana alors que la sienne laissa place à la confusion.

« Euh… qu'est-ce qui se passe ? »

Ysyldra leva la tête, mais ne se releva pas.

« Pardonnez-nous, Celui qui Appelle la Tempête, nous n'avions pas réalisé qui vous étiez. Si nous avions su… »

Il la regarda, toujours perplexe.

« Euh… explication, s'il vous plaît? »

Elle détourna les yeux de lui, honteuse.

« Même si nous savons que nous avons perdu toute la connaissance de nombreuses prophéties connues de nos frères, à cause de la presque extermination de nos ancêtres par les Romains, nous avons depuis gagné de nouveaux prophètes parmi notre clan. Plusieurs aux cours des siècles ont parlé de « Celui qui Appelle la Tempête ». Le sorcier dont les os abriteront les pouvoirs du tonnerre et de la foudre, qui sera voué à aider à instaurer une nouvelle ère de la magie... et vous nous avez vous-même parlez d'une autre prophétie disant que vous feriez cela. »

Toute tension le quitta soudainement, Merlin commençant presque à rire.

« Votre clan a une prophétie sur moi? »

Il secoua la tête d'étonnement, puis héla.

« Allez, vous tous, levez-vous. Il n'y a pas besoin de vous mettre à plat ventre, pas si cela signifie que vous allez enfin m'écouter. »

Les druides commencèrent à se lever, Merlin les regardant jusqu'à ce qu'il se tourne pour trouver Ladrengar à côté de lui. Le chef de clan se mit une fois de plus à genoux et poussa quelque chose dans la main du magicien... Quelque chose qu'il fit presque tomber quand cela le coupa.

Ladrengar fit en sorte que Merlin saisisse la poignée de la dague, regardant comment les runes sur la lame prirent vie dans un flamboiement de puissance. Il se leva alors et se tient en retrait dans la crainte.

« Vous êtes vraiment lui, celui-ci que nos voyants disait qui viendrait. »

Une fois de plus, tout le monde se courba, Merlin commençant à se sentir un peu maladroit alors qu'il regarda de nouveau Ysyldra pour un éclaircissement.

« Qu'est-ce qui se passe ? »

Elle pointa le poignard recourbé qu'il tenait maintenant entre ses doigts ensanglantés.

« Cette lame appartient exclusivement au chef du Clan du Sang, et choisit le successeur lorsque le précédent décède. Sa magie est aussi ancienne que notre clan, et ses runes brillent seulement lorsqu'elles sont touchées par le sang du successeur choisi... Mais elles ne brillent pour personne tant que l'ancien chef vit toujours. Pour personne sauf celui qui est Celui qui Appelle la Tempête. »

Merlin commença à froncer les sourcils, obtenant un sentiment d'angoisse alors qu'il regardait le poignard qui brillait encore tout dégoulinant du sang de sa main coupée.

« Et pourquoi le fait-il pour moi, alors que Ladrengar est encore en vie? »

Le druide répondit à cela lui-même.

« Parce selon nos prophéties et nos lois, au moment où Celui qui Appelle la Tempête est devant nous, il est destiné à devenir notre chef. Nos prophéties indiquent que c'est seulement s'il nous conduit que nous survivrons pour voir le retour de la magie. »

Près de lui, Ysyldra sourit à l'ironie.

« Vous avez voulu que nous écoutions, que nous faisions la paix avec Arthur Pendragon, et que nous attendions le retour de la magie par ses mains et par les vôtres... Eh bien, maintenant, vous possédez le pouvoir de nous faire faire cela, Seigneur Celui qui Appelle la Tempête ; chef du Clan du Sang. »

Merlin se tient là, sous le choc, du moins jusqu'à ce que le son du sang dégoulinant de sa main lui rappelle de le guérir avant qu'il saigne à mort. Puis il les regarda tous, chacun d'entre eux en attente de son commandement, et poussa un très long soupir.

« Ok ... Je pense que la première chose est que quelqu'un commence l'effacement ce sort là-bas. »

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« Une idée de ce qui se passe là-bas?

–Non. Non, pas depuis que la foudre a frappé. »

Kalem et Arthur regardaient hors de la tente, l'endroit autour d'eux était dépourvu de tous les membres du Clan de Sang. Cela faisait presque une demi-heure depuis que la tempête avait éclaté, et maintenant elle avait disparu de nouveau, laissant place à des nuages normaux. Les laissant se demander ce que diable il se passait.

L'interrogation ne fut pas longtemps sans réponse, un grand groupe de druides fut en vue, se dirigeant vers eux. Un groupe mené par un magicien extrêmement perplexe.

Merlin avait été habillé de la même tunique en cuir sans manches que les druides autour de lui, une version ouverte sur l'avant des robes druides qu'ils portaient tous. Et il avait un poignard plutôt simple, mais semblant barbare, attaché à sa ceinture.

Les druides se stoppèrent quand il leva la main, seul lui bougea vers l'avant, faisant un signe de la main à Arthur et Kalem pour qu'ils sortent de la tente.

« Bonne nouvelle et euh... eh bien, bonne nouvelle. Avant tout, Arthur, le sort sacrificiel n'est plus d'actualité et ces gens ne veulent plus vous tuer ou détruire Camelot. Bonne nouvelle. »

Kalem haussa les sourcils à la pause qui suivit.

« Et quel est l'autre bonne nouvelle ? »

Merlin grimaça.

« Jurez-moi tous les deux ne riez pas. »

Arthur commença à ricaner.

« Pourquoi demander quand tu sais que nous allons rire de toute façon? »

Merlin baissa la tête, avant de la relever de nouveau et d'essayer d'apparaître comme si cela ne lui faisait pas aussi peur que l'enfer.

« Apparemment, quand j'allais les réduire en pièces avec la foudre, je me suis révélé être le sauveur annoncé du Clan du Sang, et celui qui devait les amener vers la nouvelle ère de la magie... Comme dans les guider. »

L'expression d'Arthur montra son ébahissement.

« Tu es leur chef maintenant ? »

Merlin hocha la tête.

« Ouais, et… oh ! Je les ai renommé. Ils sont le Clan de la Tempête maintenant, et j'ai fixé quelques nouvelles règles. Les sorts sacrificiels sont maintenant strictement interdits. Leurs ancêtres ont presque détruit ce clan en les utilisant, et la génération actuelle allait dans la même voie. Comme je suis leur nouveau chef, je vais faire en sorte qu'ils ne se détruisent pas eux-mêmes. »

Ysyldra vint à côté de lui, l'air satisfaite.

« Comme il nous a maintenant appris. Il y a des moments où la violence est la seule réponse, mais ce n'était pas l'un d'eux. C'est seulement par la patience que la magie pourra revenir à Camelot et être réellement acceptée. Forcer le peuple ne serait pas mieux que quand Uther les a forcés à l'abandonner. Il est impossible d'imposer sa volonté à d'autres, car ils garderont leur propre opinion. Seulement à travers l'enseignement et l'orientation pacifique que l'Ancienne Religion pourra être réellement rétablie dans cette terre. »

Ladrengar vint se placer à l'avant.

« Celui qui Appelle la Tempête a déjà expliqué qu'il ne peut pas rester avec nous, et je vais donc diriger à sa place pendant qu'il remplit son devoir de vous protéger, Arthur Pendragon. Ne craignez rien, nous garderons ces bois et veillerons à ce que vos ennemis ne trouvent pas refuge ici. En retour, ceux qui tombent sous le coup de la loi contre la magie peuvent nous être envoyés, et nous les accompagnerons à ceux que vous appelez la Conspiration. »

Arthur et Kalem se regardèrent tous les deux, ce dernier en secouant la tête quand il réalisa à quel point il avait été inutile dans son objectif d'être un médiateur entre ces personnes.

« Nellan ne me laissera jamais oublier la fin de ceci. »

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« Alors, comment te sens-tu d'être officiellement un druide? »

Arthur sourit alors qu'il regarda de l'autre côté de la table, à l'endroit où Merlin était assis, de nouveau dans ses vêtements habituels.

Le magicien avait mis le poignard à l'arrière de sa ceinture, où sa veste le gardait couvert et hors de vue. Mais en ce moment, il le faisait tournoyer d'une extrémité à une autre dans ses mains, regardant les runes sur la lame miroir.

« Eh bien, ce n'est pas comme si je l'avais demandé. Ces choses semblent juste continuer de m'arriver. Je souhaite juste que je pourrais sortir avec Kalem, Liam et Alan. Kalem et Liam veulent lui montrer le cerf-volant, ce que je veux aussi voir, mais je ne voulais pas déranger. Kalem a dit qu'il allait vivre avec le Clan de la Tempête à partir de maintenant, comme leur Grand Prêtre associé. Liam sera en mesure de le voir quand il veut. »

Arthur hocha la tête, compréhensif.

« Liam est en train de devenir moins dépendant de toi en tant qu'ami, exactement à un moment où tes responsabilités grandissent. »

Il sourit.

« Mais regarde le bon côté... Ta première étape sur le chemin de l'union de la communauté magique. Tu es un Chef de Clan Druide, Merlin, et outre les Grands Prêtres et Prêtresses, il n'y a rien de plus influent que cela. Tu es Emrys et Celui qui Appelle la Tempête, et tu as donné un nouveau but à un soi-disant clan disparu. Cela va faire tourner des têtes, et d'ailleurs... Tu sais maintenant comment je me sentais quand je suis devenu roi. »

Merlin lui rendit son sourire, soupirant et regardant une dernière fois son poignard.

« Merci, et vous avez raison. Si un imbécile comme vous peut gérer ça, alors je vais être très bien. »

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