Nouvel épisode, ràr de Mai96...
Colinou : en effet, ils auraient pas tenu longtemps.
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Chapitre 45 : L'enlèvement ~Partie 1~
Les nuages de pluie s'attardaient toujours sur Camelot, jetant toujours leur lueur pâle et leur humidité sur la terre et les bois. Ça faisait plus d'un jour maintenant qu'il l'avait trouvée inconsciente, et il était revenu ici aussi souvent et aussi longtemps qu'il le pouvait sans sembler suspicieux… Enfin, au moins suspicieux pour quiconque autre qu'Arthur et ses alliés.
Agravain regarda Morgane avec inquiétude, sa main frôlant le côté de son visage alors qu'elle tressaillait et murmurait au beau milieu d'un cauchemar. Un cauchemar qu'il ne savait pas être à propos du vieux et puissant sorcier qu'elle avait affronté.
Il se leva et alla jusqu'au foyer, remuant la soupe dans le pot présent et se demandant si ça avait été une perte si elle continuait à dormir. Mais c'est alors qu'elle se réveilla en sursaut avec un halètement, l'amenant à ses côtés en un instant.
"Morgane !" Il s'assit au bord du lit à côté d'elle, inquiet. "Je vous ai retrouvée inconsciente dans les bois. Que vous est-il arrivé ? Vous avez dormi pendant presque deux jours… Qui vous a fait cela ?"
Morgane ne le regarda pas, tremblant à la place de terreur tout juste voilée.
"Emrys."
Agravain la fixa, surpris.
"L'homme âgé ? Il était là ?"
Elle acquiesça, raide.
"Il a trouvé le Fomorroh et il l'a détruit."
"Savait-il que nous voulions tuer Arthur ?"
Encore une fois elle acquiesça, le regardant maintenant avec des yeux emplis de peur et de haine.
"Il connaît tous nos projets, tous nos secrets. Il sait absolument tout. Quelqu'un doit lui dire. Je ne sais simplement pas qui."
Tous deux se turent, réfléchissant, jusqu'à ce qu'Agravain laisse échapper un soupir de réalisation.
"Ah, Gaius… Il est le seul à pouvoir connaître l'existence du Fomorroh, et le seul autre que Merlin qui pourrait avoir des contacts inhabituels en dehors de la cité. Si Emrys a vraiment caché son travail derrière les efforts de Merlin, alors il aura su ce que le petit sorcier d'Arthur allait faire. Gaius est le seul qui a une position, et des liens avec l'Ancienne religion, pour faire cela. Il rapporte tout à Emrys, c'est évident."
Morgane se leva, perdue dans ses pensées, marchant dans la chambre jusqu'à ce qu'elle se tourne avec une expression durçie.
"Bien… Il nous conduira à lui."
Agravain fronça les sourcils, pas convaincu.
"Gaius est loyal, et il est très obstiné. Il ne le fera pas de plein gré."
"Personne ne lui demandera de le vouloir."
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Les rideaux furent ouverts en grands sans considération pour l'homme dans le lui, celui qui les avait ouvert appelant délibérément suffisamment fort pour que ça soit presque un cri.
"Levez-vous !"
Arthur ouvrit les yeux, refusant de rouler et de regarder son serviteur. Son ton de profonde réticence à bouger.
"Pour quoi faire ?"
Merlin s'approcha, et tira à moitié les couvertures loin de lui.
"Vous laver."
Arthur soupira, ne bougeant toujours pas.
"Où est mon petit-déjeuner ?"
Merlin se pencha au-dessus de lui, quelque chose dans la main.
"Dites 'ah'."
"A-" Les yeux du roi s'élargirent alors qu'il se retrouvait avec un petit bout de pain entier fourré dans sa bouche sans cérémonies comme un bâillon, le recrachant dans sa main et toussant alors qu'il protestait. "Merlin."
Le magicien l'ignora, allant jusqu'au bureau et commençant à bouger quelques papiers là.
"Je vous ai gardé quelques heures d'entraînement"
Ceci attira l'attention d'Arthur, alors qu'il roulait enfin pour pouvoir voir son ami.
"Ah, excellente idée. Pour quoi ? Le combat au bâton ? Ou à la hache ?"
"Votre discours."
Arthur était maintenant redressé sur ses coudes.
"Pour qui ?"
Merlin commença à dérouler un très long rouleau.
"L'Association des Polisseurs de Cuirasse."
Arthur le fixa, incrédule.
"L'association ? J'ai jamais entendu parler des polisseurs."
Merlin déroulait toujours le rouleau, et regardait l'écriture comme s'il l'admirait.
"Moi en revanche, je suis un expert."
Arthur le regarda, plaintif.
"Je vais en avoir pour des heures."
Merlin le roula à nouveau, secouant la tête et ramassant une liste, dont il commença à débiter les points.
"Vous n'avez pas tout ce temps. Vous devez avant recevoir l'envoyé d'Odin."
Arthur fronçait maintenant les sourcils, irrité.
"Et je dois faire un discours ?"
Merlin sourit, aimant clairement cela.
"Non, vous devez en écouter un." Son sourire s'élargit encore plus. "Ensuite vous passerez en revue la garde royale et vous présiderez à une cérémonie… Ah." Il tapota la liste avec sa plume. "Et vous serez juge."
L'irritation d'Arthur s'évanouit un peu.
"Je dois rendre justice ?"
"Vous devez choisir la plus belle guirlande du concours !"
Le roi se laissa retomber sur le dos, roula, et tira les couvertures sur sa tête.
"J'ai jamais une minute à moi !"
"Je sais ce que c'est, c'est presque comme devoir travailler." Merlin posa sa liste et se dirigea vers le lit, attrapant Arthur par les épaules. "Allez, il n'est pas question de vous prélasser. Hors du lit, maintenant !" Arthur jura alors qu'il était littéralement laissé tombé du sol, Merlin s'éloignant maintenant de lui. "Vous vous débrouillez bien, Arthur."
Un grognement étouffé vint de l'homme au sol.
"Je suis pas trop de ton avis."
Merlin roula des yeux, revenant avec une chemise rouge fraîchement pressée pour le roi et le mettant sur ses pieds avec un petit coup de magie et un coup d'oeil.
"Tout le monde le dit, je suis très sérieux. Vous devenez peu à peu un très bon roi."
Arthur accepta la chemise, semblant toujours loin d'être amusé par sa présentation au sol.
"Merci, mais tu es toujours le pire serviteur que j'aie jamais connu." Il y eut un coup sur la porte. "Entrez."
La porte s'ouvrit, Geoffrey de Monmouth entrant avec un froncement de sourcils sur le visage. Il s'inclina avant de parler, le ton grave.
"Bonjour, Mon Seigneur. Je m'excuse pour cette intrusion, mais j'ai des nouvelles dérangeantes." Il s'arrêta, regardant tour à tour le roi et le Sorcier de la Cour. "Agravain semble avoir été plutôt occupé la nuit dernière. J'ai entendu des membres du conseil parler de rumeurs à propos d'un traître, de quelqu'un qui était le seul qui connaissait votre chemin pour revenir de Caerleon et aurait pu donner l'information donnée pour préparer cette ambuscade… Le nom qu'ils murmurent, bien que silencieusement, est Gaius."
Merlin le fixa.
"Agravain essaye de mettre la suspicion sur le dos de Gaius ?" Il commença à se renfrogner, se dirigeant vers la porte. "C'est ce qu'on va voir !"
"Merlin." L'appel d'Arthur l'arrêta, le ton du roi sympathique. "Ecoute, Merlin, Agravain n'a pas de preuves. Ce n'est pas la première fois que Gaius est accusé, le conseil le sait, et ils savent qu'il s'est toujours avéré un serviteur loyal au royaume. Peu importe quelle rancune a poussé mon oncle à faire cela, ça se calmera dans quelques jours."
Le magicien laissa échapper un long soupir, grommelant toujours.
"Est-ce que je peux au moins lui faire cracher un crapaud ou quelque chose ?"
Quand Merlin se retourna pour le regarder, Arthur lui donna un sourire qui disait que ça ne le dérangerait pas de voir cela lui-même.
"Autant j'aimerais te laisser faire, je pense que c'est mieux que tu ne le fasses pas." Il regarda l'archiviste. "Merci d'être venu me le dire. Je sais que je peux compter sur vous pour désamorcer ces rumeurs parmi le conseil au meilleur de vos capacités."
Geoffrey s'inclina à nouveau.
"Je m'en occupe de suite, Sire."
Tous deux le regardèrent partir, Merlin retournant ensuite au bureau et prenant un rouleau beaucoup plus petit. Il le tendit à Arthur.
"Tenez, votre vrai discours pour l'Association des Polisseurs de Cuirasse. Ils assistent à la même fête que l'endroit où le concours de guirlandes est tenu, et l'envoyé d'Odin est actuellement occupé par George. Pour ce qui est de notre ami au nom similaire, Georg rassemblera la garde du château pour une inspection, au terrain d'entraînement dans une demi-heure. Vous pourrez apprendre votre discours après cela, et après que vous ayez écouté l'homme d'Odin pondre des amabilités politiques qui sont en fait des insultes voilées."
Arthur l'accepta, l'expression plate.
"Merci."
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Il lui avait fallu un certain temps pour arriver ici, quatre jours de chevauchée dure après avoir payé un messager pour partir en avant et l'annoncer. Cette ville était près de la mer, un port d'échange avec beaucoup d'endroits, et en résultat sa population et ses marchandises étaient exotiques et variées… Mais ce n'était pas pour ça qu'elle était là.
Morgane marcha dans les rues, sa robe noire en contradiction avec les couleurs vibrantes des locaux. Des divertisseurs de la rue essayèrent d'attirer son attention, seulement pour reculer quand le résultat était gratifié de son regard glacial. Elle savait déjà où elle allait, c'était un endroit que Morgause lui avait dit comment trouver. Et elle y alla maintenant, entrant dans la maison qu'elle cherchait et s'arrêtant devant le garde tatoué à l'air prudent à l'intérieur.
"Je voudrais voir le Catha. Excusez- moi il m'attend."
Le garde torse nu s'écarta, ses anneaux et bracelets de métal luisant dans la pénombre du couloir. Il ne la quitta jamais des yeux alors qu'elle entrait dans la chambre derrière lui, la regardant alors qu'elle décrivait un cercle pour s'arrêter devant l'homme chauve agenouillé, les yeux fermés, à l'intérieur.
Il ne bougea pas, ses mains toujours tenues devant ses robes en méditation devant un brasero et une estrade jonchée de douzaines de bougies allumées et non allumées. Il n'ouvrit ses yeux et ne la regarda que lorsqu'elle se fut arrêtée.
Elle sourit.
"Vous êtes Alator le Catha, guerrier et prêtre."
Il acquiesça, la voix solennelle et douce.
"Vous êtes Morgane Pendragon, Grande Prêtresse de la Triple Déesse et la dernière de votre race." Il se leva, ses manières ni accueillantes ni repoussantes.. "Qu'est-ce que vous voulez ?"
Son sourire s'évanouit.
"Que vous enleviez une personne… Qui habite à Camelot."
"Les nôtres ne sont pas les bienvenus en cet endroit. D'après ce que j'ai entendu dire, le jeune roi suit le même chemin qu'Uther."
Elle leva un sourcil.
"Vous êtes un Catha. Cela ne devrait pas vous arrêter."
Ses yeux s'étrécirent.
"Pourquoi devrais-je risquer ma vie pour vous ?"
Elle marcha et vint s'arrêter à côté de lui, lui offrant ce qui était passé autour de son poignet droit.
"Parce que je suis disposée à vous donner quelque chose. Il a été forgé sur l'Île Fortunée par une Grande Prêtresse. Son pouvoir de guérison s'étend sur les Cinq Royaumes."
Intriqué, il ôta de son poignet le bracelet de guérison qui lui avait été donné tant d'années auparavant par sa soeur, hochant la tête une fois qu'il l'eut dans sa main.
"Il recèle un véritable pouvoir en effet." Il la regarda dans les yeux, inquisiteur. "C'est un précieux cadeau. La personne que vous recherchez doit être très importante pour vous."
"Oui." Son regard resta immobile. "Cet homme me conduira à mon ennemi mortel… Emrys."
Alator resta silencieux pendant un moment, puis hocha à nouveau la tête.
"Si c'est ce que vous voulez. J'accomplirai cette tâche en votre nom."
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