Où l'on en apprend plus sur le nouveau Clan de Merlin... Voici les ràr de Luxia.

Titesouris : Hé oui, Merlin s'instruit... et tire des enseignements d'un peu partout, tant de sa propre sensibilité, que de l'exemple d'Arthur, ou dans les faits et gestes des druides... ça donne un équilibre sympathique, non ?

Colinou : Pauvre Merlin surtout, entre Arthur et les druides, il trouve toujours le moyen de devoir supporter des joutes...

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Chapitre 49: Frères d'Artisanat ~Partie 2~

C'était vraiment étrange d'être là, debout dans une clairière de forêt en ne portant rien de plus défensif qu'une tunique de cuir sans manches. Il était encore plus étrange de se tenir face au druide nommé Alrik, chacun tenant des dagues prêtes à frapper.

Merlin haletait d'épuisement après une heure passée à travailler ses mouvements. A être poussé, bousculé, frappé, et même griffé par la lame de son adversaire. Arthur piquerait une crise s'il savait que son Sorcier de la Cour et ami s'entraînait d'une façon qui pouvait lui valoir de se blesser sérieusement, mais Merlin répondrait juste que les égratinures superficielles guériraient sans traces, et qu'elles étaient la manière d'Alrik de lui dire clairement où il avait laissé une ouverture.

Parce que les Druides de la Tempête combattaient avec les dagues d'une façon identique à nulle autre que Merlin ait vue ou expérimentée. Leurs mouvements étaient comme l'eau qui coule, tranquilles et pourtant capables de changer de direction pour contourner le plus petit des obstacles sur leur chemin. Par certains côtés ça lui rappelait ce qu'il pouvait faire quand il accélérait son propre temps, et pourtant ils le faisaient sans l'aide d'une telle magie. Le voir ne lui donnait que davantage envie d'apprendre comment en faire autant.

Dix minutes supplémentaires s'écoulèrent, Ysldra observant Merlin récolter quelques griffures supplémentaires avant qu'elle ne lève la main et appelle :

"Je pense que ça suffit pour aujourd'hui, Alrik. La leçon d'aujourd'hui doit rentrer dans les os, les muscles et l'esprit du Foudroyeur, avant qu'il ne réessaye demain."

Merlin se tourna vers elle, l'air sincèrement déçu, et elle lui fit signe de la rejoindre.

"Non que la leçon d'aujourd'hui soit terminée. Il est temps que je t'en apprenne un peu plus sur cette lame que tu portes."

Merlin la suivit, regardant sa dague dont les runes brillaient en raison de la trace de sang qu'il avait mis dessus avec l'une de ses griffures.

"Je suppose que ces runes signifient qu'elle fait plus que juste découper les autres armes en morceaux. J'ai coupé la dague de Morgane en deux quand elle m'a affronté à la Crête de Chemary."

Ysyldra s'arrêta, tous deux dans une nouvelle clairière loin du camp.

"La capacité à scinder une arme non-enchantée est l'une des magies les plus basiques de la Dague de Dreor. C'est un artefact puissant, qui puise dans la propre capacité de son porteur à tirer de l'énergie de la terre. Par conséquent, plus les capacités magiques du porteur sont puissantes, plus les capacités de la dague deviennent puissantes. Ces capacités sont peu nombreuses, mais utiles, particulièrement quand le porteur est fort."

Merlin leva la lame, intrigué.

"Qu'est-ce qu'elle peut faire d'autre ?"

Ysyldra le rejoignit, touchant chaque rune tour à tour du bout du doigt.

"D'abord vient 'Scindre'. Nourris la lame de ta magie, et elle gagnera le pouvoir de briser même des lames enchantées si tu es plus fort que le sort sur elles. Scindre te permettra également de couper presque n'importe quelle armure. Puis vient 'Bannir'. Les créatures de la magie fuient devant elle, mais méfie-toi car tu dois nénamoins être à portée de bras pour les tuer avec. Il y a ensuite 'Lamentation'. Les adversaires touchés par la lame quand ceci est utilisé, se voient contraints de voir l'événement de leurs vies qu'ils regrettent le plus, jouer devant leurs yeux. Le porteur de la dague, s'il est doué, peut temporairement immobiliser toute une partie d'un champ de bataille avec ce talent... Et enfin, vient le pouvoir nommé 'Chagrin', le plus dangereux et mortel des quatre, en particulier quand il est combiné avec les autres."

Merlin cilla.

"Mais qu'est-ce qui pourrait être plus mortel que pouvoir couper presque toute arme ou armure, tuer n'importe quelle créature de la magie, ou rendre des adversaires incapables de se battre ?"

Ysyldra saisit sa main libre, piquant son doigt à l'extrémité de la lame et traçant la blessure autour de la dernière rune de la lame, formant un cercle délibéré qui colora cette rune en rouge.

"Fais-en l'expérience, et découvre-le."

Merlin eut l'impression que son corps entier avait gelé et pris feu à la fois, dressé là incapable de bouger tandis que le monde entier se changeait en nuances de gris devant ses yeux. Ysyldra fit signe à Alrik de s'avancer, l'homme étant resté assez près pour regarder, et lui fit signe d'attaquer Merlin.

Au moment où Alrik tira sa lame, les yeux de Merlin se portèrent sur lui et il contourna aisément le coup du druide, sans toucher une seule fois sa capacité à altérer son temps. C'était comme savoir exactement quel mouvement il allait faire, un tremblement dans la magie de la terre qui le traçait pour lui avant qu'il ne puisse être fait. Mais alors même qu'il esquivait, une image passa devant ses yeux.

Freya sanglotant dans les tunnels sous Camelot, blessée et en train de mourir.

Merlin trébucha et laissa échapper un halètement étranglé, ses yeux se reportant sur Alrik quand l'homme frappa et qu'une fois de plus il l'évita.

Son père mourant dans ses bras, saignant de la blessure à sa poitrine.

Cette fois il y eut un semi-hurlement, Merlin lâcha la lame et la couleur du monde revint avec une vitesse qui lui souleva le coeur. Il avait des larmes qui coulaient sur son visage, son corps entier tremblant tandis qu'Alrik rengainait son arme et Ysyldra plaça une main sur l'épaule du magicien.

"Et maintenant tu sais pourquoi il s'apelle 'Chagrin'. Tout comme 'Lamentation' force tes adversaires à revivre des choses qu'il regrette, 'Chagrin' te dit quels mouvements ton adversaire fera avant qu'il ne puisse seulement les faire, au prix de devoir affronter tes souvenirs les plus douloureux. Rares sont les chefs de notre clan qui ont pu l'utiliser longtemps. Mais avec lui les autres pouvoirs de la Dague de Dreor prennent un potentiel encore plus mortel, car c'est une chose simple de toucher un adversaire avec la lame quand tu sais déjà quel sera leur prochain coup."

Merlin frissonnait toujours, presque réticent à ramasser la Dague de Dreor quand il se releva, même si la dernière rune n'était plus rouge. Il fixa ensuite la lame, envahi d'un désir presque incontrôlable de la jeter au loin.

"Scindre, Bannir, Lamentation, Chagrin... C'est vraiment la lame des malheurs.

- Et malheur au chef de notre clan qui ne le reconnaît pas."

Ysyldra soupira, avec compassion pour ce qu'il devait éprouver à cet instant.

"Mais il est aussi vrai que ce sont les malheurs de notre passé qui nous apprennent à marcher vers notre futur. Cete lame donne de la douleur, à l'adversaire comme au porteur, et cela sert de rappel qu'il faut utiliser son pouvoir sagement. Elle est forte, mais limitée. Pour l'utiliser à son apogée, tu dois te mettre en danger et approcher ton adversaire. Assez pour mettre ta vie en danger si tu ne prends pas la confrontation au sérieux. Et c'est l'équilibre de la Dague de Dreor ; pouvoir contre risque. Un arme apte à représenter un clan de druides tel que le nôtre, ou ainsi ont décidé le dragon et le Seigneur des Dragons qui l'ont fabriquée pour nous."

Merlin sursautant, éloignant ses yeux de la dague pour la fixer.

"Cette lame a été faite par un Dragonnier et brunie par le souffle d'un dragon ?"

Ysyldra hocha la tête.

"Oui, et je trouve approprié que ce soit le Dernier Seigneur des Dragons qui la porte à présent pour nous guider vers notre futur. Le Seigneur des Dragons qui l'a forgée était très sage, et savait que notre clan aurait besoin d'un rappel de l'équilibre que nous devions maintenir. Equilibre que nous étions proches d'oublier. Nous avons risqué notre existence en tant que clan, en sacrifiant les nôtres dans des sorts de destruction. Nos Ancêtres ont oublié cela dans leur combat contre les Romains, et nous aussi sommes passés près d'oublier jusqu'à ce que tu viennes à nous. C'est pourquoi cette lame choisit nos chefs pour nous. Elle choisit l'individu le plus susceptible de suivre et comprendre sa leçon."

Merlin soupira, regardant de nouveau la Dague de Dreor qu'il remit dans son fourreau. Aussi effrayé par elle qu'il ait été quelques minutes plus tôt, savoir qu'elle avait été faite par un Seigneur des Dragons la rendait soudain spé s'il venait de recevoir une partie de son héritage.

"Je jure de ne jamais oublier sa leçon. Je le jure au nom de l'homme qui l'a forgée."

La vieille femme sourit, approbatrice.

"Son nom était Leodhorun, et il était le second Seigneur des Dragons à exister. Cela ne me surprendrait pas s'il s'avérait que tu descends de lui, bien qu'il n'y ait nul moyen de le savoir avec certitude. Mais que la lame t'ait reconnu, alors même que notre chef actuel était encore vivant, me semble dire que c'est le cas. Je suis sûre qu'il serait fier."

Il sourit à ces mots, Merlin commençant vraiment à avoir l'impression qu'il était réellement destiné à mener ces gens. Ils avaient commencé avec la conduite d'un Seigneur des Dragons, et maintenant ils étaient dirigés par un autre. C'était une sorte de symétrie.

"Et je ferai tout ce que je peux pour veiller à ce qu'il reste fier, de nous tous."

Il avait toujours ce doux sourire sur le visage quand il retourna à sa tente, battu et bleui et griffé. Liam commença immédiatement à prendre soin de lui, sortant une petite sélection de beaumes et de bandages de son sac et commençant à les appliquer.

"Que diable t'est-il arrivé ?"

Merlin haussa les épaules.

"Oh, tu sais, jouter. Apprendre à connaître mon clan.

- En les laissant te mettre une raclée ?"

Merlin eut seulement l'air songeur, sa main se portant à sa dague.

"Parfois les douleurs du passé sont là pour t'apprendre une leçon. Et ça ? Ca m'a aidé à apprendre que je suis vraiment destiné à faire ça. Je suis vraiment fait pour mener ce clan... Ils ont besoin de moi."

Liam le fixa plusieurs secondes, avant de secouer la tête et de se remettre à traiter les nombreuses égratinures de son ami.

"Tu es maintenant officiellement aussi fou qu'Arthur."

Il continua pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce qu'il vide sa réserve limitée de bandages.

"Ne bouge pas. Je vais en chercher d'autres."

Merlin et Kalem le regardèrent partir, ce dernier regardant ensuite son camarade magicien d'un air spéculateur.

"On dirait que tu as eu une après-midi intéressante."

Merlin sourit à cette remarque, une expression narquoise sur le visage.

"Que veux-tu que je te dise, le Clan de la Tempête a une ou deux personnes intéressantes dans son histoire, celles qui ont fait cette dague. Soudain, sachant qui ils étaient, je sais que c'est le destin. C'est la symétrie, l'équilibre, et ça fait juste du sens."

Kalem haussa les sourcils.

"Je suis content que tu penses ça, parce que Nellan doit arriver ici demain. Il va s'amuser à nous taquiner tous les deux à ce sujet."

La réaction à ces mots fut juste un léger élargissement du sourire de Merlin, tandis que le magicien pensait à un autre élément de symétrie... Il était allé voir Kilgharrah pour faire une arme brunie par un dragon pour Arthur, et maintenant lui, le protecteur et guide du roi, en avait également une.

Chaque chose à sa place, pour être comprise quand le moment serait venu. Quoi que Nellan lui lance, il s'en sortirait très bien.

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