Chapitre 52, Lamia, partie 2
C'était à la lumière d'une unique bougie que Merlin était assis, lisant quelques unes des notes médicales de Liam tandis qu'il faisait son tour pour veiller sur les trois hommes malades. Liam avait pris le premier tour, et à présent il resterait debout jusqu'à une heure avant l'aube, lorsqu'ils échangeraient à nouveau pour lui permettre de dormir une heure avant de se préparer à partir.
Ils avaient besoin de Gaius pour cela, et au moins de mettre la main sur certains des livres sur les créatures magiques. Se demander ce à quoi ils avaient affaire exactement faisait partie de ce qui l'aidait à rester éveillé, mais en même temps cela l'inquiétait suffisamment pour tressaillir quand une ombre passait sur la petite fenêtre de la maison.
Merlin se mit debout, fronçant les sourcils, et se dirigea vers la porte, attrapant au passage un bâton auquel était accroché un fil de pêche. Au milieu d'un tel village, la magie était hors de question pour se défendre, sauf en cas d'urgence, et sa dague n'était pas non plus quelque chose à exhiber.
Dehors dans la noirceur de la nuit, il se glissa dans la direction prise par celui qui projetait l'ombre, se frayant un chemin entre les maisons jusqu'à ce qu'on lui rentre presque dedans par l'autre côté.
Gauvain l'évita avec un cri de surprise quand le bâton de Merlin lui percuta presque le visage, et le sorcier lui jeta un regard noir.
-Que fais-tu ici ? J'aurais pu te tuer.
Le chevalier sourit simplement, haussant les épaules.
-L'appel de la nature.
Il regarda la bâton de Merlin.
-Et tu te rends compte que c'est une canne à pêche ? Si tu me tuais avec ça je ne le supporterais pas… Le Seigneur Gauvain fut trucidé par une canne à pêche. C'est ainsi que se bâtissent les légendes
Merlin secoua la tête en entendant la blague et pencha la tête.
-Allez, retournons à l'intérieur. Quelque chose ici ne m'inspire pas confiance et nous devrions éviter de prendre des risques.
La bonne humeur avait cependant disparu au matin, quand Merlin et Liam vérifièrent l'état des hommes malades et ne trouvèrent aucun changement. John, en tant qu'ancien du village, n'était pas ravi, sur le point de s'énerver contre eux, jusqu'à ce que Merlin parle solennellement.
-La maladie n'est pas normale, et porte des marques de sorcellerie. J'ai vu des choses similaires, bien que les symptômes aient été différents dans le passé. Nous devons retourner à Camelot et montrer nos découvertes à Gaius. Avec ses connaissances, nous pourrions être capables de découvrir ce qui a causé cela. Jusqu'à là, vous devez faire de votre mieux et les garder vivants aussi longtemps que vous le pourrez.
John devint alors très silencieux.
-De la sorcellerie, c'est ce que je craignais. L'autre nuit, quand j'ai trouvé Aldrif, j'ai senti… une présence. Un mal dans l'air.
Merlin se tourna vers Liam, prenant le contrôle de la situation.
-Va dire à Léon et aux autres de se préparer à partir immédiatement.
L'apprenti médecin se dépêcha de sortir, et Merlin se retourna vers John.
-Et je vous suggère de vous assurer que tout le monde dans le village reste à l'intérieur après la tombée de la nuit, et que personne ne reste seul. Si la source de cette maladie attire les gens à l'extérieur vers le danger, vous devez prendre des précautions pour empêcher cela.
Il sortit dehors, John le regardant partir tandis que Gwen s'approchait et mettait sa main sur son épaule.
-Merlin est un bon ami à moi, et vous pouvez faire confiance à son jugement. Les menaces magiques sont une chose pour laquelle il a beaucoup d'expérience. Gaius et lui vont faire leur possible pour trouver un remède.
John fut rassuré par ses paroles, acquiesçant quoiqu'en ronchonnant un peu, et sortit pour commencer à donner des instructions au reste des villageois. Il faisait toujours cela quand le groupe de Camelot partit à cheval, retournant à grande hâte vers Camelot.
C'était un voyage censé être simple, mais Léon appela à faire une halte à peine une heure après avoir quitté le village quand il vit la fumée d'un feu de camp à travers les arbres.
Il leva sa main pour signaler à tout le monde de s'arrêter, et il descendit de cheval immédiatement.
-Descendez et muselez vos chevaux. Pas un bruit, aucun d'entre vous.
Liam et Gwen restèrent avec les chevaux, le reste du groupe se glissant entre les arbres jusqu'à ce qu'ils puissent voir le campement en dessous.
Il était plein d'hommes, mal aérés et décoiffés. Ils étaient clairement des bandits, et le groupe était prêt pour simplement partir et les contourner quand le cri effrayé d'une femme attira leur attention. La voir se faire bousculer par certains des brigands fut suffisant pour que Gauvain dévale la pente en poussant un cri.
Tous les autres suivirent, Merlin au bout de la file et roulant des yeux. Avec cette unique descente bruyante et son cri de guerre, Gauvain avait réussi à se faire entendre de chacun des bandits, qui couraient à présent dans leur direction. Le combat fut rapide et brutal, les chevaliers se débarrassant rapidement des bandits alors même que Merlin se tenait là en les regardant et en utilisant tranquillement sa magie pour assommer tout homme assez stupide pour l'attaquer. Et quand ce fut fini, ce fut Merlin qui avança vers Gauvain et l'attrapa par l'oreille et la tordit.
-Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans le concept de l'attaque discrète ? Est-ce que ça t'est venu à l'esprit que j'aurais pu tous les endormir ?
Il lâcha l'oreille du chevalier, laissant Gauvain se tenir là en la frottant jusqu'à ce que l'appel de Perceval les fasse tous courir vers lui.
Le chevalier tenait la femme et la serrait dans ses bras, protecteur. Elle était inerte et pâle.
-Il semblerait que nous soyons trop en retard.
Merlin tendit la main et la posa sur sa tête, sentant de la chaleur et qu'elle était en vie, et aussi un indice de quelque chose d'autre qu'il ne pouvait pas identifier.
-Non, elle est…
Elle ouvrit ses yeux, criant de terreur en le regardant et en donnant des coups de pieds pour le repousser, tandis que Perceval la tenait en la serrant pour essayer de la calmer.
-Hey, hey, hey, tout va bien, nous sommes des chevaliers de Camelot. Vous êtes en sécurité maintenant, vous êtes en sécurité. Comment vous appelez-vous ?
Il la regardait dans les yeux, la femme lui rendant son regard avec son visage à quelques centimètres du sien. Si ses mains n'avaient pas été liées, cela aurait plus ressemblé à l'étreinte d'amants qu'à celle d'un chevalier essayant de calmer une femme qu'il venait de sauver.
Elle sembla réfléchir à sa question, toujours tendue par l'inquiétude.
-Lamia. Je m'appelle Lamia. Je voyageai pour rentrer chez moi quand les bandits m'ont attrapée. Ils…
Ses mots furent interrompus par des sanglots, Perceval la tenant serrée contre lui tandis qu'elle tremblait. Merlin remarqua alors que ses mains étaient très écorchées, le bout de ses doigts ensanglantés et déchirés et les ongles abîmés et fendus.
-Vos mains. Est-ce qu'ils vous ont fait cela ? Laissez-moi les nettoyer pour vous.
Il tendit la main mais s'arrêta quand elle lui cracha pratiquement dessus.
-Non !
Léon posa sa main sur l'épaule de Merlin pour lui signaler d'arrêter pour l'instant pour qu'elle puisse se calmer, mais ses yeux étaient tout de même fixés sur le visage de la jeune femme.
-Êtes-vous assez forte pour monter à cheval. Nous avons un cheval supplémentaire.
Elle acquiesça silencieusement.
-Eh bien partons d'ici, avant que le reste des bandits ne revienne.
Perceval la souleva et la transporta vers l'endroit où Liam et Gwen attendaient, Lamia ne semblant pas être intéressée par Gwen et au mieux réticente à laisser Liam nettoyer ses mains blessées. Mais Merlin était l'unique personne qu'elle refusait de laisser la toucher ou s'approcher d'elle, et ce n'était sûrement pas dû au fait que lui était armé et Liam non puisqu'elle avait laissé les chevaliers la toucher.
C'était quelque chose qui le perturba durant le reste de l'avancée beaucoup plus lente de la journée. Ils avaient parcouru la moitié de la distance vers Camelot, alors qu'ils avaient fait toute la distance en une seule journée à l'aller. Mais quand Léon appela à monter le campement pour la nuit, personne ne discuta, tout le monde commençant à tout installer tandis que Merlin décidait que c'était à présent le moment d'arranger les choses avec elle.
Il lui proposa sa main pour l'aider à descendre de cheval emprunté mais elle s'écarta brusquement et son cri entraîna une réaction immédiate et totalement inattendue de la part de Perceval.
Le chevalier lui jeta un regard noir, s'approcha et le poussa.
-Hey ! Écarte-toi d'elle, Merlin ! Et reste à l'écart.
Il la souleva de son cheval pour la déposer par terre, et elle ne lui opposa aucune objection, et il la transporta pour qu'elle s'asseye au pied d'un arbre. Merlin le dévisageait à présent, tout comme Liam et Gwen, cette dernière le rassurant.
-Merlin, ce n'est pas ce qu'il voulait dire. Ils sont juste fatigués c'est tout.
Elle s'écarta pour commencer à sortir la nourriture de leurs sacs, Liam l'aidant tandis que Merlin plaçait quelques protections magiques autour du campement. Peut-être avait-elle raison. Peut-être Perceval était-il bien fatigué…
Mais ce ne fut pas l'impression que Perceval donna lorsque, quelques heures plus tard, Merlin le dérangea pendant qu'il réconfortait Lamia à l'écart du camp dans la nuit noire. Il l'avait vue se glisser dehors, l'avait entendue sangloter, et était allé vers elle mais ne s'était pas approché d'elle. Il l'avait ensuite observée de derrière un arbre, s'étant glissé dans la nuit à la manière des druides, aussi silencieux qu'une part de la forêt elle-même. Il avait ensuite délibérément marché sur une brindille quand il avait senti que la 'faible' et 'effrayée' Lamia semblait faire ce qu'elle voulait de Perceval.
Le chevalier se dressa debout et sortit son épée, ses yeux sondant l'obscurité jusqu'à ce que Merlin sorte de sa cachette derrière l'arbre.
-Que fais-tu ici ?
Merlin resta solennel, presque désapprobateur.
-Je pourrais poser la même question, j'ai bien signalé les limites de la zone protégée et vous en êtes tous les deux sorti de très loin, et c'est dangereux par ici. Nous devrions tous les trois retourner au camp.
Perceval rangea son épée à contrecœur, jetant toujours un regard noir à Merlin tandis qu'il aidait Lamia à se mettre debout. Tous deux marchèrent alors vers le campement, les yeux de la jeune fille allant vers Merlin et s'étrécissant. Ce fut à cet instant qu'un léger frisson sur son poignet réveilla Gwen, tout comme le même réveilla un certain roi à une distance d'une demi-journée à cheval à Camelot.
Arthur se rendit immédiatement chez Gaius, réveillant le vieil homme gentiment mais fermement et attendant qu'il se redresse pour parler.
Il montra son poignet et posa la main du médecin dessus pour qu'il sente le frisson qui demeurait encore.
-Quelque chose de magique, quelque chose de dangereux, est proche de Merlin. Ils auraient dû être de retour à présent, ils devaient simplement aller là-bas, regarder de quoi il s'agissait et revenir. Et pourtant ils ne sont pas là.
Il serra les dents.
-Gaius, est-ce que votre travail sur la maladie d'ici est terminé ?
Gaius, toujours mal réveillé, hocha la tête.
-Il y a moins de nouveaux cas donc oui, je pense que ça va mieux.
Arthur se remit debout sur ses pieds, se dirigeant vers la porte.
-Dans ce cas nous partons pour Longstead aux premières lueurs de l'aube.
OoOoO
L'aube vint heureusement rapidement pour Merlin, qui n'avait pas réussi à trouver le sommeil depuis l'incident avec Perceval. Gwen lui avait parlé doucement lorsqu'il était revenu, lui expliquant la réaction que son bracelet avait eue à peu près au moment où Lamia avait regardé Merlin. Ça ne pouvait pas être la colère de Perceval qui avait causé cela, ce qui ne laissait qu'elle. Lamia possédait une sorte de magie, et Merlin avait l'impression qu'elle affectait le jugement des soldats.
Léon annonça qu'il était temps de partir.
-Faites vos sacs. Nous partons vers l'est au lever du soleil.
Liam se tourna et fronça les sourcils avec confusion, tout comme Merlin et Gwen.
-Mais Camelot est à l'ouest d'ici.
Elyan, paraissant plutôt raisonnable, expliqua pourquoi.
-Lamia a demandé à ce qu'on la ramène chez elle.
Merlin s'approcha, n'aimant pas cela.
-Non, nous devons trouver Gaius et l'emmener à Longstead.
Gauvain parla alors, absolument pas préoccupé par le fait qu'au village trois hommes étaient actuellement allongés, mourants.
-Gaius peut attendre.
Liam le regarda, estomaqué.
-Nous avons été envoyés pour aider les habitants de Longstead. Leurs vies dépendent de nous.
-Tu oses mettre en doute notre jugement ? Tu n'es pas un chevalier ! Tu n'es même pas un vrai médecin, tu n'es qu'un apprenti !
Liam recula en trébuchant lorsque Léon se précipita vers lui, Merlin s'imposant entre eux deux avec une expression de colère dirigée vers le chevalier.
-Écarte toi, Léon.
Il jeta un regard à l'endroit où les trois autres chevaliers se tenaient d'un air protecteur autour de Lamia, avant de tourner à nouveau son regard vers Léon.
-Si vous insistez pour faire cela, je vous permettrai de l'escorter durant un jour dans la direction de chez elle. Nous camperons ensuite pour la nuit, et l'enverrons ensuite tandis que nous hâterons vers Camelot. Les victimes de Longstead devraient pouvoir tenir assez longtemps pour amener Gaius, et Lamia aura été rapprochée sans danger de chez elle. Acceptez ce compromis, Léon, parce que je n'accepterai pas que vous me répondiez non. Et vous savez que je peux traîner chacun d'entre vous à Camelot par la force s'il le faut. Ne m'y forcez pas.
Le regard noir qu'il reçut en retour était glacial mais tous quatre acquiescèrent tandis que Lamia le regardait à nouveau en plissant les yeux. Il l'ignora, sachant qu'il n'y avait aucun intérêt à cacher qu'il était la véritable autorité ici. Considérant que lui, Gwen et Liam n'étaient pas affectés, il était probablement juste de penser que le pouvoir de Lamia ne fonctionnait que sur les hommes, et seulement s'ils ne possédaient pas de magie. Elle n'avait pas fait confiance à Liam mais il ne représentait pas une réelle menace alors elle l'avait autorisé à s'approcher d'elle. Mais pour Merlin, qui était à la fois puissant et expérimenté, elle utilisait les chevaliers pour créer un mur pour le garder à distance.
Ils partirent dix minutes plus tard, se dirigeant vers l'est, Merlin posant une marque enchantée de temps en temps. Il avait le terrible sentiment que les laisser faire demi-tour le lendemain matin ne serait pas facile, et si le bracelet de Gwen avait réagi, alors celui d'Arthur avait probablement réagi aussi. Le roi était sûrement en chemin pour Longstead, et s'il avait un peu d'instinct il chercherait de telles marques après avoir appris qu'ils n'étaient plus au village.
OoOoO
A l'insu de Merlin, Arthur était effectivement en chemin pour le village, ayant confié Agravain aux 'soins' du Clan de la Tempête tôt dans la matinée pour l'écarter des ennuis. En fait avec le rythme soutenu qu'il avait imposé, il serait arrivé bien avant la tombée de la nuit. Ou en tout cas il l'aurait été s'il n'avait pas découvert quelque chose sur le chemin, à un endroit où les oiseaux s'étaient tus de frayeur, et où le monde semblait s'être arrêté d'horreur.
Une caravane entière d'hommes, et un wagon semblable à une prison retournés. Ils étaient étendus un peu tout autour, morts et froids, et en les regardant le roi attendit jusqu'à ce que Gaius soit à côté de lui avant de parler.
-Est-ce que vous ne sentez pas quelque chose d'étrange chez ces cadavres ?
Le vieil homme acquiesça, lugubre.
-Oui, Sire. Ils ne portent aucune marque. Pas même une égratignure.
-Par ici, mon seigneur.
L'un des chevaliers appela le roi vers le wagon, Arthur murmurant tandis qu'il avançait.
-Des marchands d'esclaves du sud apparemment. On dirait qu'ils transportaient un genre d'animal.
Tous deux s'étaient arrêtés à la porte ouverte du wagon, Gaius secouant la tête et pointant les traces sur la surface intérieure.
-Non, ces marques ont été faites par des humains. Et qui que ce soit, ils ont tout fait pour sortir.
Leur conversation fut interrompue par un grognement de douleur, l'un des hommes supposés morts était en fait vivant. Arthur se précipita vers lui tandis que Gaius arrivait à ses côtés.
-Peut-il être soigné ?
-Je peux essayer, Sire, mais j'ai besoin de temps et d'un endroit pour travailler.
Arthur se releva, fronçant les sourcils.
-Dans ce cas il vient avec nous. Nous arriverons à Longstead dans quelques heures.
OoOoO
La journée fatiguait Merlin, qui avançait en fin de file derrière les chevaliers et leur chère Lamia. Les quatre hommes semblaient aveugles à ce qu'il se passait, et les deux sorciers et Gwen étaient conscients qu'il se passait quelque chose de sérieux. Mais avant de savoir comment ils avaient été enchantés, Merlin ne voulait pas risquer de blesser la femme au cas où cela aurait quelques mauvais effets imprévus sur eux.
Cela le laissa d'une humeur lugubre et sombre, quelque chose qui rendait toute tentative de lui parler presque aussi effrayante que d'essayer de parler aux chevaliers.
Le moment de s'arrêter de nouveau et de se reposer pour la mi-journée approchait quand Liam rassembla finalement le courage de le faire, ses mots silencieux pour que les chevaliers n'entendent pas.
-Je pense que Gauvain n'est pas aussi enchanté que les autres. Il regarde tout le temps en arrière vers nous, ou secoue sa tête pour essayer de retrouver ses esprits. Il n'agit pas exactement comme les autres.
Merlin cligna des yeux à cela, ses yeux s'agitant pour observer le chevalier en question et voyant Gauvain froncer les sourcils puis cligner des yeux et secoua la tête comme légèrement confus. C'était faible et subtil, mais maintenant que c'était mentionné c'était évident… Et cela le fit sourire, quoiqu'un peu lugubrement.
-Eh bien, c'est celui des quatre qui résiste le mieux à la magie. En plus d'Arthur, il est le seul qui a été capable de contrôler modérément sa résistance à la magie. Même s'il est loin d'être aussi bon, il est assez bon pour peut-être interférer avec l'effet de Lamia sur lui.
Gwen lui jeta aussi un coup d'œil, solennel.
-J'espère. S'il peut se libérer, alors peut-être les autres le pourraient-ils.
Merlin grimaça.
-N'y compte pas. Il a eu un entraînement supplémentaire, puisqu'il insistait pour que je combatte avec lui dans ma salle de travail. Il peut écarter des sortilèges de feu quand il se concentre, même s'il est tout de même légèrement touché.
La possibilité restait dans leurs esprits alors qu'ils s'arrêtaient pour se reposer. Tout semblait calme à première vue, jusqu'à ce qu'une dispute éclate entre Gauvain et Léon, quand ce dernier alla offrir à Lamia à boire dans sa gourde et le premier essaya de la lui prendre pour l'offrir lui-même à la jeune fille.
-Pourquoi tu ne fais pas attention à ce que tu fais ?
-Pourquoi tu n'apprends pas à surveiller ta langue ?
-Tu devrais apprendre les bonnes manières !
-Il n'y a rien que je puisse apprendre de toi, Léon.
-C'est ce qu'on verra !
En quelques secondes, les deux hommes avaient sorti leurs épées, et commençaient clairement à chercher à se tuer les uns les autres. Merlin resta figé un instant, avant de pousser Léon contre le sol et d'essayer de faire la même chose à Gauvain.
Le chevalier brun fit un geste de la main gauche, gênant la prise du sorcier sur lui suffisamment pour se préparer à transpercer Léon. Mais échouant à une approche directe, Merlin en tenta une indirecte…
Puisque attraper Gauvain s'avérait quelque peu problématique pour l'instant, il attrapa une branche et lui asséna un coup sur la tête à la place.
Il tomba par terre, tandis qu'Elyan et Perceval entraînant un Léon en train de jurer à l'écart. Même enchantés comme ils l'étaient, ils avaient le bon sens d'intervenir et d'aider à arrêter le combat, laissant Merlin et Liam s'occuper de Gwaine qui était un peu assommé.
Ils l'entraînèrent aussi à une distance sûre, essayant de le ramener à ses esprits. Après la troisième tentative, il jura.
-C'est pas vrai, Merlin, aide moi à me lever… et dis moi pourquoi je viens juste d'essayer d'arracher la tête de Léon ?
Merlin et Liam s'immobilisèrent, le premier fixant le chevalier du regard.
-Attendez, vous ne savez pas pourquoi vous l'affrontiez ?
Gauvain grimaça, portant une main à sa tête et la secouant légèrement.
-Je sais pourquoi… Mais ce que je veux savoir c'est pourquoi j'ai soudainement décidé que Lamia valait la peine de tuer l'un de mes amis.
Merlin le dévisageait toujours, un sourire grandissant se dessinant sur son visage.
-Et il semblerait que pour une fois j'ai littéralement réussi à vous chambouler la tête pour vous faire retrouver la raison.
