Andy se cogna si souvent la tête durant les kilomètres parcourus, qu'elle ne pouvait même plus compter combien de fois elle avait heurté le toit de la voiture.

Elle avait réussis à se réchauffer un peu, puisque l'air à l'intérieur de la voiture était devenu chaud et humide du à tous ses passagers.

Elle n'avait aucun indice où ils se dirigeaient, mais selon elle, plus le trajet était long, plus longtemps elle restait en vie, alors elle était ravie de gagner quelques minutes.

La voiture ralentit et tourna sur une route de pierres. Ce changement laissait présager qu'ils arriveraient bientôt, et cette constatation fit grimper le taux d'anxiété d'Andy de plusieurs degrés. Ils allaient certainement la laisser dans un sous bois à l'extérieur de la ville.

Après avoir continué un peu plus longtemps sur le chemin secondaire, la voiture s'arrêta soudainement, et elle ne pu empêcher son corps d'aller frapper celui de l'homme sur lequel elle était assise. A toutes les fois où avait tenté de s'éloigner, il l'avait retenue, jusqu'à ce qu'un grognement sonne à son oreille comme un avertissement de rester tranquille. Elle avait alors cessé de lutter.

Andy entendit les portières s'ouvrir et senti une main sur ses poignets menottés. L'homme en question se dégagea et elle pu s'assoir directement sur le siège. Elle pu finalement sentir la portière et sortir du véhicule. En sortant, elle trébucha tellement ses jambes refusaient de soutenir son poids.

Elle se fit pousser de nouveau, et cette fois ci, elle avança de quelques pas hésitants, puisqu'elle avait toujours les yeux bandés. Quelques pas plus loin, l'étreinte sur son bras fût relâchée et elle s'arrêta net.

Elle y était, le moment de son dernier souffle était arrivé. Alors, comme pour aller chercher le plus de courage possible, elle remplit ses poumons d'air et patienta, s'attendant à entendre l'écho d'une détonation, qui sonnerait l'ultime fin.

Rien?

Elle entendit des pas sur le gravier près d'elle, et une porte s'ouvrir?

Mais où étaient-ils?

« Sammy ». La voix du chef de groupe était si près qu'Andy sursauta.

« Patron? »

« Ici », une main la poussa, et comme elle pensait se retrouver les quatre fers en l'air, une autre paire de mains la rattrapa.

« Patron? » répéta Sam cette fois-ci sans trop savoir ce que Damian attendait de lui.

« Elle est à toi ».

Le son des pas s'atténua alors qu'ils s'éloignaient d'eux.

Soudainement, la panique s'empara de tous les organes de la jeune femme.

Ça, c'est mauvais, très mauvais, songea-t-elle

L'homme l'agrippa par le bras et tenta de faire quelques pas. Les pieds d'Andy refusaient catégoriquement d'obtempérer, s'enracinant dans le sol. Il tira, et elle tira à son tour, utilisant tout son poids, question de retarder l'inévitable.

« Aargg » Le grognement qu'elle entendit ressemblait étrangement à celui elle avait entendu quelques minutes plus tôt dans la voiture. C'était l'homme sur lequel elle était assise, l'homme au regard de feu.

Elle tenta de garder son visage le plus neutre possible, mais son intérieur bouillait comme un volcan. Sans qu'elle ne s'en aperçoive, ses pieds quittèrent le sol, et elle se retrouva tête en bas, par-dessus l'épaule de l'homme prénommé Sam. Il avança d'un pas décidé, et le son de ses pas changea, il devait monter un escalier de bois.

Elle entendit des voix chuchoter, quelque unes, peut-être trois, dont une … féminine?

Ils montèrent d'autres marche, ou peut-être descendaient-ils, elle n'en n'était pas certaine. Une autre porte s'ouvrit sous leur passage.

L'adrénaline qui voyageait dans les veines de la policière se dissipa, et laissa de nouveau place à une panique intense.

Elle commença à frapper de ses poings le dos de l'homme qui s'apprêtait certainement à lui faire du mal, tout en débattant énergiquement les jambes. Elle devait se dégager de l'emprise de ce voyou.

Mais il était beaucoup trop puissant pour elle. Il ne fit que resserrer son étreinte et sa futile tentative d'évasion n'était que ça… futile.

Alors, dans un élan de désespoir, elle referma ses dents sur lui. Fort!

À la seconde où ses dents s'enfoncèrent dans la peau, une série de grossièretés sortirent de la bouche de l'homme.

Andy senti une vive douleur faire son apparition dans son dos, une douleur si intense que ses yeux se sont remplis de larmes. Peut-être l'avait-il mordu à son tour.

Elle entendit le son d'un claquement de porte. Sa fureur intérieure augmenta d'un cran et elle se rua sur son agresseur dans un espoir de fuite.

L'étranger lui fit faire demi-tour et elle trébucha, pour finalement se retrouver sur une surface douce qu'elle devina être un lit.

Elle se retrouva les mains au dessus de la tête, alors qu'une clé entra dans les menottes, libérant un côté, avant qu'elles soient rapidement refermées. Andy se retrouva avec un bras attaché aux montants du lit et l'autre libre, près d'elle, paralysé de peur.

Le bandeau qui lui obstruait la vue depuis déjà plusieurs longues minutes lui fut retiré. La lumière qui emplissait la pièce lui fit plisser les yeux dans une douleur percutante.

Quand elle réussit à ouvrir les yeux, son ravisseur la surplombait, le visage toujours camouflé derrière un masque de ski. Il la fixait simplement avec ses yeux de feu.

Elle pouvait pratiquement y voir une flamme.

Les mains de l'homme firent un mouvement si rapide qu'elle eu un mouvement de recule, croyant visiblement qu'il s'en prendrait à elle.

Plutôt, les mains atteignirent le haut du masque avant de dévoiler l'identité de l'homme qui s'y cachait.

Son visage était dur, avec une mâchoire puissante et carrée, visiblement tendue. La fermeté de son regard a retenu l'attention de la jeune femme.

Ses yeux passèrent d'un brun riche à un noir perçant comme il se penchait au dessus d'elle.

Il était si près qu'elle pouvait ressentir la chaleur radier de son visage, et sentir l'odeur mentholée de son halène quand il ouvrit la bouche.

« Refais ça, juste pour voir … »

Il quitta la pièce à la vitesse de l'éclair, claquant la porte derrière lui. Andy reconnu le son d'une clé dans la serrure, un son qui l'embarrait à l'intérieur, ou peut-être voulait-il empêcher quelqu'un d'entrer.

Sammy trouva les autres dans le salon, l'argent sur la table basse alors que Bobby faisait le décompte.

À vue de nez, il en avait assez pour leur permettre d'aller là où ils devaient se rendre. Espérant que rien d'autre n'irait de travers, Sam serait parti plus tôt qu'il ne le croyait.

« Tu ne testes pas les échantillons Sammy? »

« Les affaires avant le plaisir Scott… » répondit Sam d'un ton sec, essayant de dissimuler son dédain face à l'homme qui ne pouvait tout simplement pas respecter une femme.

Une marque sur le visage de Scott pouvait en témoigner. Un jour, il avait attrapé Bobby par les fesses, et elle n'avait pas vraiment apprécié. Il aurait au moins dû attendre qu'elle n'ait pas de bouteille de bière à la main.

Damian entra dans le salon avec une bière pour chacun, question de célébrer la réussite de leur coup, bien qu'un petit pépin soit attaché dans la chambre de Sam.

« C'est correct? » demanda le chef du groupe avant de s'assoir près de Bobby, alors qu'elle terminait de compter. Cette femme pouvait compter de l'argent plus vite que n'importe quel banquier.

« C'est correct! Nous avons même un peu de change. » répondit-elle dans un immense sourire.

Ça sonnait comme de la musique aux oreilles de Sam.

Ils avaient besoin de suffisamment d'argent pour acheter une cargaison complète de cocaïne, qui arriverait au port trois semaines plus tard. Le plus offrant l'emporterait, et ils avaient comme concurrence tous les barrons de la drogue de Toronto.

Cette chance était trop grande pour la manquer. Même s'ils avaient l'habitude de faire des affaires à plus petite échelle, et généralement dans les armes. Quand ils avaient entendu les rumeurs qu'une cargaison était vendue pour presque rien, Damian avait mis sur pieds le cambriolage afin d'amasser suffisamment d'argent pour payer les Chinois avant que quelqu'un d'autre ne fasse une offre.

Ils avaient donc ajouté cet argent à leur « plan d'épargne », ils ne leur restaient plus qu'à attendre que le bateau arrive, et payer.

Simple comme bonjour.

Jusqu'à ce que le casse-pieds aux yeux de biche vienne bousiller leur plan.

Une fois l'argent mis de côté, les conversations s'allégèrent, tout comme l'ambiance. Ils discutèrent de ce qu'ils aillaient faire des millions de dollars amassés à la fin de coup. Sam s'accota la tête contre le dossier de sa chaise et son regard se perdit dans le paysage hivernal alors qu'il regarda par la fenêtre.

« Comment va-t-elle? » demanda Bobby en s'approchant de Sam.

« Elle a peur… »

« Je l'étais aussi. » dit-elle avant de s'éloigner.

Bobby s'était déjà retrouvée dans une situation similaire à celle de la policière. Damian l'avait enlevée alors qu'il était dans bar. Une bagarre avait éclatée et il avait besoin d'une assurance pour sortir de là sain et sauf.

Mais elle était différente.

Elle menait une mauvaise vie, et elle était mieux là où elle était rendue que là d'où elle venait.

Quand il s'était garé pour la laisser sortir de la voiture ce soir là, elle l'avait supplié de la prendre, de ne pas la laisser retourner là bas. Alors, Damian avait décidé de prendre avec lui, et lui faisait payer sa part par de la cuisine et du ménage.

Six ans s'étaient écoulés, et elle était toujours là, et désormais une propriété de Damian.

Sam avait été très surpris que Damian ne tue pas Scott d'une balle en pleine tête le jour où celui-ci avait attrapé Bobby par les fesses. Damian était dure comme du roc. Il était froid, insensible, sans cœur. Bobby tant qu'a elle était douce et féminine. Ils étaient deux opposés.

« Tu devrais lui acheter quelque chose. Quelque chose de bien, la faire sentir un peu mieux… » Dit Bobby à l'autre bout de la pièce en s'assoyant près de Damian qui maugréait sur sa pizza.

Sam quitta la fenêtre des yeux et se dirigea vers la cuisine pour prendre un Soda. Sa … peut-importe… elle devait certainement être assoiffée et un peu de sucre lui ferait du bien.

Comme il referma la porte du réfrigérateur, Scott était là, tapi derrière la porte, le regardant avec ses yeux d'un bleu glacial.

« Laisse-moi savoir si tu veux que je lui fasse faire un essai routier » dit-il avant que son souffle ne soit coupé. Il se retrouva violement acculé mur au derrière lui.

« Tu la touches, j'te tue! »

Sam le refrappa contre le mur une deuxième fois avant que ses mains ne lâchent le collet de Scott. Il n'avait aucune idée de ce qu'il venait de se passer, et aucune idée pourquoi il avait réagit de cette façon. Mais, les mots de cet idiot l'avaient mis dans une telle colère.

Sam était habituellement calme et posé, mais ça l'avait mis hors de lui.

« Sammy! » appela Damian alors que Sam était déjà parti, laissant le Soda sur le sol, là où il l'avait laissé tomber.