Sam afficha un sourire forcé, puis fouilla dans sa poche de pantalon et en sorti son porte-clés.

Il s'approcha un peu plus d'Andy, et garda les yeux bien fixés sur chacun des mouvements de la jeune femme.

Autant pour facilité la tâche de son ravisseur que pour le garder à une distance raisonnable de son intimité, Andy souleva le bras.

Après avoir libéré le poignet de la policière, Sam recula de quelques pas, et indiqua, d'un geste de la tête, la commode la plus près de la penderie. Elle se leva donc du lit, pris les sacs qui étaient encore au sol, et rangea les articles dans les larges tiroirs de bois foncé.

Son œil fut attiré par certains morceaux de vêtement. Pressentant un regard sur elle, Andy senti ses joues se teinter de rouge. Elle sorti du dernier sac un de ces morceaux et se tourna vers l'homme qui l'observait.

« Sérieusement? » dit-elle en faisant danser un string en dentelle rouge sur le bout de son doigt. Il lui fallu toute ses forces pour ne pas éclater de rire.

Personne ne lui avait jamais acheté de tels sous-vêtements, enfin, mise à part Traci. Et là, cet homme venait de lui offrir de la dentelle…

Elle ne connaissait même pas son nom.

Elle plongea de nouveau les yeux dans le sac et trouva le soutien-gorge agencé. Elle laissa tomber ses épaules dans un élan de découragement, et lâcha un ricanement.

Cette journée s'annonçait devenir l'une des pires de sa vie, mais au moins, il avait acheté la bonne grandeur.

Quelques minutes plus tard, elle rangea les derniers morceaux. Elle s'était gardé quelques vêtements de côté, elle espérait avoir l'occasion de se changer. Les habits de l'homme étaient chauds, mais beaucoup trop grands.

« Est-ce que je peux hee… » demanda-t-elle en indiquant la salle de bain. Un acquiescement silencieux lui en donna la permission.

Traci observait son téléphone, espérant qu'il sonne. Elle aurait donné n'importe quoi pour un peu de distraction. Son esprit était constamment concentré sur les événements de la veille.

Le sergent Best l'avait assigné à l'accueil, ce qui faisait parfaitement le bonheur de la jeune femme. Après une nuit sans sommeil, elle aurait probablement été dangereuse en patrouille.

Les paroles de Luke refirent surface. Il était entré dans la salle d'interrogatoire et lui avait demandé : « Peut-être que McNally était dans le coup? ».

Il avait présenté cette hypothèse avec tant de désinvolture que Traci en était estomaquée. Perdant le peu de patience qui lui restait, elle lui avait répondu : « Est-ce que tu tiens vraiment à ce que je te frappe en pleine gueule? ».

Luke s'était contenté de sourire devant cette réponse, qui témoignait parfaitement de l'amitié qui unissait les deux amies.

Le détective avait définitivement un œil sur Andy, mais elle semblait trop timide pour fréquenter quelqu'un de la division.

Plusieurs heures plus tard, après avoir revu et revu chaque détail, Luke avait donné son accord pour que Traci puisse rentrer chez elle.

En quittant la salle d'interrogatoire, elle était tombée sur Gail, Dov et Chris. Il y avait également le petit garçon qu'Andy avait sauvé, accompagné de sa mère.

La mère était si renversée par la situation, qu'elle se jeta dans les bras de Traci.

« Merci, merci énormément… et j'espère que vous retrouverai votre amie rapidement! »

La pauvre femme avait été inconsolable quand la policière était entrée dans la banque avec le petit garçon dans les bras. La voir là, à pleurer de joie ses retrouvailles avec son fils lui avait brisé le cœur.

« Du nouveau ?» demanda Traci à ses collègues, alors que des hochements de têtes lui indiquèrent qu'il n'y avait aucun développement.

« Ils ne nous laissaient pas comme ça sans nouvelles… » confirma Chris en se dirigeant vers la sortie. Il se doutait bien que Traci devait avoir envie de retourner au près de Leo.

Elle devait raconter à son fils ce qui s'était passé. Jerry lui avait laissé téléphoner à sa mère pour l'avertir de ne pas laisser Leo regarder les actualités. Elle voulait lui apprendre elle-même ce qui s'était arrivé à Andy, et qu'il existait une possibilité qu'elle ne rentre jamais à la maison.

Andy laissa l'eau couler avant de se glisser sous le jet chaud.

Elle avait inventorié la collection de bouteilles qui se trouvait sur le comptoir de la salle de bain; shampoing, déodorants, savons, gel douche, crème pour le corps et même de la crème épilatoire. Un triste sourire apparu sur ses lèvres alors qu'elle aperçu son reflet dans le miroir.

Il avait bien cernés ces gouts, mais elle ne trouvait aucun réconfort dans cet élan de générosité.

Elle avait cherché, dans tous les endroits accessibles, une lame de rasoir ou quelque chose d'autre à utiliser comme une arme. Mais elle n'avait rien trouvé qui aurait pu faire l'affaire.

Ses boucles d'oreilles étaient déjà dissimulées entre le matelas et la base du lit, prêtes pour n'importe quelle éventualité.

L'eau était si chaude qu'une sensation de brulure lui irrita l'épiderme. Elle sentait le besoin d'enlever les saletés sur sa peau pourtant déjà propre.

Tout était si inconfortable…

Quand Andy ouvrit la porte, Sam fut heurté par l'odeur de vanille et de pêches qu'il reconnu aussitôt.

Cette odeur qui lui avait titillé les narines quand ils étaient dans la voiture.

Il avait ouvert la télé, essayant de mettre un peu de normalité dans sa journée, sans toutefois baisser sa garde.

Elle avait l'air mieux, rafraichie et moins perturbée qu'elle semblait l'être auparavant.

« Les vêtements sont corrects? » demanda-t-il alors qu'elle s'approcha du lit.

Les habits semblaient lui faire parfaitement d'où Sam se tenait.

« Merci » hocha-t-elle. Les pantoufles qu'il lui avait apportées étaient un peu grandes, mais elles étaient chaudes et confortables.

L'attention d'Andy fut attirée par les images sur la télévision. Elle se figea complètement quand elle y vue son visage ainsi que se nom défiler sur un ruban au bas de l'écran accompagné de l'intitulé « Un officier manque toujours à l'appel ».

L'homme aux yeux foncés analysa sa réaction.

« Andrea McNally »

Andy du se retenir pour ne pas rouler les yeux.

C'était le nom inscrit sur ses cartes d'identité, mais elle ne s'était pas fait appeler Andrea depuis son adolescence.

« Ça ne te vas pas vraiment» ajouta-t-il.

« Andy » marmonna la jeune femme toujours les yeux fixés sur l'écran.

« Excuse-moi? »

Se tournant pour lui faire face, Andy remarqua qu'il semblait un peu perdu.

« C'est Andrea, mais on m'appelle Andy ».

« Andy… » Prononcer son nom le fit sourire.

La photo de la policière quitta l'écran pour laisser place au reportage en cours. Le journaliste était devant la quinzième division, et commentait la situation. En arrière plan, on pouvait voir la mère et le garçon pour lequel Andy avait échangé sa place, escortés par Gail et Noelle.

Andy s'ennuyait profondément, et les images qui défilaient devant ses yeux ne firent que répandre un immense sentiment de tristesse dans son corps tout entier.

« … à manger? »

Ce qu'il avait dit était tombé dans l'oreille d'un sourd alors que les pensées d'Andy étaient bien loin de son corps.

« Je suis désolée, quoi? » Elle détourna péniblement les yeux, essayant de se concentrer sur ce qu'il allait dire.

« Est-ce que tu veux que j'aille te chercher quelque chose à manger? »

Elle le regarda dans les yeux, comment pouvait-il s'imaginer qu'elle soit capable d'avaler quoi que ce soit après ce qu'elle venait de voir? Elle n'était vraiment pas du genre à manger ses émotions, au contraire.

« Non, ce que je veux c'est retourner à la maison. Je veux dormir dans mon propre lit sans y être attachée. Je veux aller travailler. Je veux boire un verre avec mes amis. »

Elle hurlait presque, mais se mordit les lèvres quand elle réalisa ce qu'elle venait de dire.

« Sam »

« Pardon? » cria-t-elle.

« Je m'appelle Sam ».

Il étendit le bras et présenta sa main droite comme s'ils se rencontraient pour la première fois, en d'agréables circonstances.

« Est-ce que t'es malade? Qu'est-ce qu'il ne va pas chez toi? » Andy ne pouvait freiner l'exaspération dans sa voix.

« Pendant que t'es en colère, tu ne t'ennuie pas… »

Il avait raison, même s'il ne la connaissait pas, même s'il ne connaissait rien à propos d'elle, il savait sur quel bouton appuyer pour lui faire oublier son chez soi.

Ce qui la rendait encore plus en colère.

Elle tremblait d'agacement. Elle aurait voulu le gifler en plein visage parce qu'il avait réussit à entrer dans sa tête.

Elle se laissa tomber sur le lit et se coucha dos à Sam.

Ce sera sur mon visage que sera le sourire quand je reviendrais ici pour vous botter les fesses avec tous les policiers que je trouverai… Pensa-t-elle avant de fermer les yeux.