Bonjour!

Voici un nouveau chapitre! Encore une fois, un immence merci à Jelly Bean Jeana qui me permet de traduire cette fabuleuse histoire. La version originale tire à sa fin, et laissez-moi vous dire que j'ai vraiment hate de traduire les derniers chapitres... c'est tellement intense!

Bonne lecture :)


Andy s'éveilla, au chaud, et un peu désorientée. Elle avait la sensation de flotter, comme si elle expérimentait sa propre version du firmament.

Un bruit sourd et inattendu chassa les dernières parcelles de sommeil de son esprit. Elle ouvrit tranquillement un œil et rencontra deux yeux bruns qui la fixaient. Puis, tout les souvenirs remontèrent à la surface, en fait, c'était plutôt une série d'images plutôt vagues qui défila, lui remémorant sa pathétique tentative de fuite.

Se retournant dans le lit, Andy senti les draps frais contre ses jambes nues. Elle souleva donc les couvertures et découvrit qu'elle était pratiquement nue, son seul habit était un des gilets de Sam. Elle releva des yeux interrogateurs vers l'homme assis sur une des chaises de la cuisine, à l'autre bout de la pièce.

« Je n'ai rien fait » répondit-il à la question silencieuse d'Andy. « Crois-moi, si c'était le cas, tu le saurais… »

Elle s'assit au centre du lit, et remonta les couvertures jusqu'à ses épaules, tentant du mieux qu'elle pouvait de se mettant à l'abri des yeux perçants qui s'acharnaient sur elle.

La porte s'ouvrit sur Bobby, qui sourit chaleureusement à la vue d'Andy éveillée et en forme. La jeune femme échangea quelques mots avec Sam et quitta la pièce presque aussi vite.

L'attention de Sam étant revenue sur elle, il fronça les sourcils, démontrant toute son incompréhension. Il s'approcha du lit, tout en restant assis sur sa chaise.

« J'ai compris que tu ne veux pas être ici, mais tu n'as aucune idée à quel point c'était stupide. »

Sa voix était calme et contrôlée. C'était effrayant, au point où Andy a baissé les yeux, même si elle n'avait rien à regarder mise à part ses doigts.

« Est-ce que t'es vraiment comme ça? Tu cours et tu sautes sur n'importe quoi tête première? » ajouta Sam quand elle garda le silence.

Andy hocha la tête, sans même savoir pourquoi elle le faisait. Mais cette description la représenta assez bien, elle était comme ça après tout.

« Alors, présentement, tu ne peux pas être toi-même. »

« Quoi? Tu n'es pas … »

« Sérieux? Ho crois-moi, je le suis. Tu n'as aucune idée dans quoi tu t'es fourrée n'est-ce pas? »

Sa voix était maintenant coupante comme un rasoir. Un frison chatouilla Andy tout le long de sa colonne vertébrale, de la nuque au coccyx.

« Ces gars là ne jouent pas. Ils prennent ce qu'ils veulent, et ne laisseront rien leur barrer le chemin. Nous sommes à plus de 20 kilomètres de la route la plus proche dans cette direction, et un autre 5 ou 10 kilomètres avant de voir un peu de civilisation. »

Sam vue les yeux d'Andy se remplir de larmes à nouveau. Ces yeux étaient vraiment le reflet son âme, et à ce moment précis, son âme pleurait.

« Je fais de mon mieux, vraiment, mais j'ai besoin que tu comprenne. Ce n'est pas un jeu Andy, c'est pour de vrai. C'est n'est pas comme ce que tu vois à la télé… Plus tôt, tu m'as dit que t'allais mourir ici, mais ça n'arrivera pas, j'te le promets. Mais j'ai besoin que tu m'aide pour y arriver. »

Andy se senti coupable tout à coup, pour l'avoir mordu, l'avoir frappé, pour lui avoir envoyé une canette de soda au visage, pour toujours le regarder comme s'il allait lui faire du mal, pour lui avoir fait perdre le contrôle la nuit précédente, et pour avoir fuit.

« Je … »

La porte s'ouvrit, et Bobby entra avec un plateau dans les mains. Une odeur divine flotta jusqu'aux narines d'Andy; elle était affamée.

« Envie d'une bouchée? » demanda Bobby, avec son habituel sourire réconfortant.

Andy acquiesça et prit le plateau que son interlocutrice lui tendait.

« Tu lui as fait faire un arrêt cardiaque, ne recommence jamais ça. »

Les mots de Bobby la rendirent encore plus mal-à-l'aise.

Alors que la cuisinière se tourna vers Sam pour lui adresser la parole, Andy piqua sa fourchette dans le poulet à la King.

« Est-ce que t'as eu des nouvelles des gars? Ils devraient déjà être de retour. »

Andy perçu un niveau d'inquiétude assez élevé dans la voix de Bobby, il était clair qu'elle redoutait qu'ils se soient fait attrapés.

« Ils vont bien, ils se sont certainement arrêtés pour manger un morceau. »

Andy perçu la même intonation dans la voix de Sam. Il ne semblait pas convaincu, même s'il faisait de son mieux pour rassurer Bobby.

« T'as raison. » enchaina cette dernière « Ils ont simplement, quoi, quatre heures de retard. »

Cette réflexion déclencha en Andy l'envie de rigoler. Elle ressemblait tellement à Gail, l'une de ses collègues policières. Le sarcasme de cette phrase était suffisant pour faire relever un sourcil de Sam.

« Ils vont bien, tu les connais …»

« Ouais, peut-être. »

Quelques minutes plus tard, Bobby était repartie, laissant Sam et Andy seuls tout les deux.

« Je pensais vraiment ce que j'ai dit tout à l'heure » dit Sam calmement quand Andy termina son repas.

Il se leva, et s'approcha encore plus du lit. Andy remarqua un journal roulé dans ses mains. Il lui tendit donc, en lui mentionnant de se rendre à la page 3.

Avant d'ouvrir les pages, elle s'arrêta devant la date inscrite sur la page frontispice. C'était la date où il lui avait apporté les vêtements et accessoires de toilette. Le lendemain du jour où sa vie avait changé de cap.

La curiosité l'emporta sur l'état de choc qu'elle ressentait au creux de son ventre. Elle tourna donc les grandes pages du quotidien, tout en survolant les grands titres. Son attention fit finalement attirée sur ce que Sam voulait qu'elle voit. « Un prisonnier abattu dans sa cellule ».

Elle lut rapidement les quelques ligne qui expliquaient les faits. Un homme, du nom de Tony Demiera fut poignardé pendant sa détention, après s'être fait arrêté pour avoir conduit avec les facultés affaiblies. Il avait succombé à ses blessures, sans que les gardes n'ait pus faire quoi que ce soit. Il avait été tué le même jour que le braquage de banque, et la police avait essayé de garder les faits sous silence.

L'enquête n'avait pas encore révélé avec certitude qui avait poignardé l'homme, ni même comment quelqu'un avait pu entrer dans sa cellule.

« Il faisait parti de votre … de votre équipe? »

La voix d'Andy semblait si lointaine que Sam dû étirer l'oreille pour l'entendre.

Il acquiesça, faisant de son mieux pour ne pas épeurer la jeune femme d'avantage, mais elle devait comprendre dans quoi elle se trouvait.

Sinon, elle continuerait de jouer avec sa vie.

Damian était comme un dictateur, et n'avait qu'une seule règle; sa façon, ou une balle. S'il avait été là quand elle avait essayé de fuir, il ne l'aurait pas suivi. Il l'aurait plutôt utilisé comme une cible de pratique.

« Le frère de Scott, le gars que j'ai… hum… »

Ho, une autre belle fréquentation à ce que je peux voir, songea Andy.

« Je veux juste que tu conformes, que tu ne causes pas de problème, et je m'occuperai de te protéger. »

Andy avait l'étrange impression qu'il pensait sincèrement ce qu'il disait.

« Saaaammmmm! » l'appel de panique dans la voix de Bobby se fit résonner dans toute la maison.

Quelque chose n'allait pas.

Sam se déplaça à la vitesse de l'éclair, ramassa son arme sur la dernière tablette de sa commode et se dirigea vers la sortie. Dans le cadre de la porte, il s'arrêta net, et se tourna vers Andy. Il avait les yeux pétillants dû à l'adrénaline qui coulait dans ses veines. Il lui lança ses clés.

« Barre la porte, et ne laisse personne entrer, seulement moi ou Bobby. »

Et il claqua la porte derrière lui, laissant Andy perplexe et complètement hystérique. Elle se dépêcha de barrer la porte d'une main tremblante.

Elle trouvait étrange de s'embarrer elle-même dans la pièce qui la gardait captive depuis de longues semaines.

La jeune femme retourna dans le lit et s'emmitoufla dans les couvertures. Elle tenta de reprendre son calme, de diminuer la vitesse de ses pulsations cardiaques.

Le temps passa, ce qui semblait être une éternité aux yeux d'Andy. Elle ne souhaitait qu'une chose, que quelqu'un vienne lui dire que tout allait bien. Elle se fichait complètement de qui pouvait bien descendre, mais elle avait besoin de savoir qu'il n'y avait aucun danger là haut. Qu'il ne s'agissait pas d'une menace contre sa sécurité.

Un cognement franc et saccadé résonna contre la porte de la chambre, ce qui fit sursauter Andy plus qu'elle ne l'aurait voulu.

« Andy, ouvre la porte. »

Sam était de retour. Les mains de la policière eurent de la difficulté à passer la clé dans la serrure. Quand elle réussit à ouvrir la porte, elle trouva un homme à l'allure découragée.

« Bobby a besoin de toi pour… he… »

Il semblait hésiter et chercher ses mots, se demandant comment elle allait réagir.

« Monte » ajouta-il froidement après avoir prit une grande respiration. Il se grattait frénétiquement le dos de la tête. Andy avait remarqué qu'il avait l'habitude de le faire dans les moments de malaise.

Elle ne savait pas trop à quoi s'attendre. Est-ce que le chef du groupe avait découvert sa tentative de fuite et s'apprêtait la réprimander?

Son visage dû parler encore une fois plus qu'elle ne le voulait puisque Sam ajouta : « Rien ne va t'arriver ».

Le fait qu'il soit capable d'entrer dans sa tête aussi facilement agaçait terriblement Andy. Chassant cette pensée rapidement, Andy enfila un pantalon et une paire de chaussures. Sam prenait soin d'éviter tout contact visuel pendant qu'il attendait qu'elle termine de se vêtir.

Quand elle eu terminé, elle s'éclaircit la gorge, autant pour signaler qu'elle était prête que pour se donner un peu de courage. Sam se tourna et attrapa sa main, la guidant vers le haut de l'escalier.

Quand ils s'arrêtèrent, Andy laissa sa main dans celle de Sam. Elle ressenti une pression rassurante contre ses doits. Elle scruta la pièce du regard : des chaises renversées, les coussins du salon éparpillés, et surtout une bonne quantité de serviettes imbibées de sang.

Sam se tenait devant elle, comme s'il voulait lui servir de bouclier face à la scène qui se déroulait devant eux. Quand Sam se déplaça, le souffle d'Andy se coupa.

L'un des gars, celui qui avait l'air d'un gamin, était étendue sur le canapé, se tortillant de douleur, et Damian, le chef du groupe était quant-à lui sur la table de la cuisine. Les deux semblaient avoir perdu toute couleur.

Devant cette scène, Andy me pu s'empêcher de reculer de quelque pas.

« Andy. »

Elle se retourna vers la voix qui appelait son nom. Bobby semblait exténuée et aussi pâle que les deux hommes.

« J'ai besoin que tu m'aide, avec ça » ajouta-t-elle avec un geste d'impuissance.

Andy secoua la tête d'un côté à l'autre, les yeux exorbités.

« Je ne pourrai pas y arriver toute seule… »

La voix de Bobby ne ressemblait en rien à son habituel ton jovial et énergétique.

« J'ai fait tout le travail, Lars a simplement besoin d'être recousus. C'est tout. »

Les yeux d'Andy allaient de Bobby au gamin, jusqu'à ce que Sam se place devant elle. Elle pouvait facilement voir que sa mâchoire était tendue, et qu'il était inconfortable.

« Juste quelques points… »

« Quoi? Je ne sais même pas coudre! » répondit Andy en panique.

« La flic ne sait pas coudre. » La voix de l'homme avec lequel Sam avait échangé des coups la veille attira l'attention de tous.

Tout le monde semblait être rentré à la maison en même temps.

Andy remarqua le pansement blanc sur sa tête, et elle eu la soudaine envie de le frapper à ce même endroit, juste pour qu'il se taise.

Sans même s'en être aperçu, Andy avait attrapé la main de Sam quand elle avait entendu la voix de l'homme en question. Elle n'avait surtout aucune envie de voir la reprise de la scène qui s'était déroulée la veille.

« S'il te plait, Andy, ils sont blaisés tout les deux, et je ne peux en aider qu'un seul. » Les yeux d'Andy reprirent leur vas-et-viens entre Sam et Bobby.

Sam acquiesça vigoureusement cette fois, et la jeune femme se résigna, dans un profond soupire. Puis, elle accepta silencieusement d'aider ce jeune individu, bien qu'elle n'ait même jamais cousu un bouton de sa vie.

Ce fut le tour de Bobby de soupirer, mais de soulagement pour sa part. Elle attrapa le matériel nécessaire et guida Andy jusqu'au salon.

« Désinfecte tes mains avec ça » ordonna Bobby en lui tendant une bouteille d'alcool. L'odeur acre du liquide transparent lui chatouilla les narines.

« J'ai déjà stérilisé le fil et l'aiguille. Tu n'as qu'à rapprocher la peau et faire des points. Ne te préoccupe pas de ce à quoi ça ressemble, fais juste en sorte que la peau reste en place. »

Andy attrapa le matériel nécessaire. Sam se matérialisa près d'elle. Il était là pour l'aider à affronter cette série d'événements.

Il l'accompagna au chevet de Lars, mais disparu presque aussitôt. Le courage que la policière avait trouvé s'était évanouie aussi vite quand elle perdu Sam des yeux.

Il était revenu quelques instants plus tard, avec une bouteille de whiskey dans une main et une paire de gant en latex dans l'autre.

À la vue des gants, Andy les saisis et les enfila sans hésiter. Elle pointa ensuite la bouteille de liqueur ambrée et releva un sourcil interrogateur vers l'homme devant elle.

« Pour toi … » répondit-il en dévissant le bouchon.

Elle attrapa la bouteille et la porta à ses lèvres d'une main tremblante. Elle en prit une longue gorgée, et presque instantanément, son intérieur se réchauffa brutalement. Elle rendit le whisky, et essaya de renvoyer un sourire, mais elle en fut incapable.

Elle s'accroupit près du canapé, et remplis ses poumons d'oxygène, question de rassembler ses idées et ses forces. Elle pouvait le faire.

« N'oublie pas de respirer. »

La voix de Sam semblait être très près de son oreille, comme s'il était juste au dessus de son épaule.

Fermant les yeux quelques secondes, elle fit comme il lui recommandait et relâcha l'air qui était resté bloqué à l'intérieur de son abdomen.

S'approchant encore un peu, elle enfonça l'aiguille dans la chair du gamin, et elle eu droit à un léger gémissement en retour.

Quand Andy fut suffisamment satisfaite, et que le trou semblait bien refermé, elle attacha les fils en un nœud solide. Elle fut impressionnée que son travail ne ressemble pas à une courtepointe rapiécée.

Elle nettoya avec attention la plaie pour une dernière fois avant de se relever. Elle enleva ses gants, les jetant avec les cotons imbibés de sang, contourna Sam et sortie du salon en trompe.

Sam retrouva Andy dans la salle de bain. Elle se lavait vigoureusement les mains. Elle semblait avoir besoin de faire disparaitre quelque chose qui ne s'y trouvait pas.

Il s'approcha, et ferma le robinet. La fumée et la rougeur des mains de l'infirmière improvisée trahissait qu'elle n'avait même pas prit la peine de mettre de l'eau froide.

« Arrête » dit Sam en s'emparant des mains qui continuaient leur tâche ardue.

Elle se tourna vers lui, et il put facilement lire les émotions sur son visage.

« C'est des policiers qui leur ont fait ça? » Sa voix était froide et ne contenait que de la rage.

« Non, c'était la compétition. »

Elle fut surprise par cette réponse.

« Je le jure » ajouta-t-il face au doute qui lui transpirait par tous les pores de la peau.

« Merci » dit-il également. Il semblait tout à fait reconnaissant de ce qu'elle avait fait.

Andy se déplaça pour sortir de la salle de bain, mais Sam l'intercepta et lui bloqua l'accès.

« Je sais que c'était difficile… »

« Difficile? Tu n'en a pas la moindre idée Sam. Qu'arrivera t-il si ça s'infecte? »

Sam ne pouvait faire autrement que trouver sa réponse charmante. Elle avait dû faire quelque chose qui sortait complètement de son champ de compétences et de sa zone de confort et elle s'inquiétait que Lars attrape une infection.

« Et si ça n'arrivait pas? »

« Sam, je ne suis pas une infirmière… Je fais des trous de ce genre dans la peau des voyous, je ne les répare pas. »

« Ça t'es déjà arrivé? » Pour une raison qu'il ne pouvait s'expliquer, il avait simplement besoin de savoir. Il devait savoir si elle avait déjà eu le courage de presser la détente.

Il savait pertinemment qu'elle était entrainée pour le faire, mais en était-elle capable?

« Pas encore. »

Cette réponse l'apaisa, et son questionnement se transforma en une réflexion plus légère. Il savait maintenant qu'elle n'avait encore jamais tué personne.

Pas encore …

Lui par contre, il avait dû le faire. Et il connaissait parfaitement le sentiment persistant qui ne s'efface jamais.

« Combien? » demanda soudain Andy.

« Trois »

Le souffle de la jeune femme se coupa de nouveau, restant coincé au centre de sa gorge. La réponse reçue la désarma, comme si elle s'attendait à ce qu'il dise « aucun ».

Elle recula d'un pas, discrètement, mais son mouvement n'échappa pas la vigilance de Sam.

« Ça ne change pas qui je suis » tenta-t-il de se défendre devant le visage refermé d'Andy.

Les paroles firent leur chemin jusqu'au cerveau de la jeune femme.

Trois vies, pris par ces mains…

Elle ne pu en venir qu'à une seule conclusion. Chaque nuit où elle a dormi près de lui, elle était couchée à côté d'un assassin.