Note : Comme Mai96 m'a envoyé ses ràr avant que titesouris ne mette sa review, et que je ne voulais pas l'embêter, c'est moi qui réponds à titesouris^^
Colinou : un mariage, cela donne toujours de l'énergie positive. Surtout quand il y en a eu un autre annulé. Et si tu veux mon avis, il n'y a pas que la tête des serviteurs qui serait intéressante si on voyait Merlin et Kalem dans leur tenue de cérémonie.
titesouris : Oui on sait, toi tu es ravie que Gwen ne soit plus là XD
Chapitre 63: Une âme tourmentée ~Partie 1~
Le groupe de chevaliers rentrait de patrouille. Une affaire assez simple, à laquelle Arthur avait pris part, l'utilisant comme une excuse pour trouver un peu de calme loin du château. Arthur avait effectivement l'air moins stressé après cette journée, même si Merlin était bien moins impressionné par le fait de chevaucher toute la journée dans l'humidité… Au moins, il avait son manteau maintenant, qui le protégeait davantage du froid de l'automne tout proche que ne l'aurait fait sa seule veste.
Ils étaient arrêtés pour le moment, prenant un peu de repos avant de terminer le dernier tronçon de route et de rentrer au château. Tout était normal, jusqu'à ce qu'Elyan ne prenne sa gourde de sa selle pour boire un peu, après l'avoir passée à l'un des autres. Il fronça les sourcils, la montrant avec irritation.
« Bon, qui a bu toute mon eau ? »
Gauvain rota, faisant hausser un sourcil à Arthur.
« Voilà qui me paraît tout à fait clair. »
Gauvain haussa innocemment les épaules.
« Tu m'en as offert un peu !
– Je t'ai dit un peu, ce qui ne signifie pas tout jusqu'à la dernière goutte !
– J'avais très soif ! »
Elyan lança la gourde à son camarade chevalier, pendant que Léon se rapprochait, lui offrant la sienne.
« Tiens, bois la mienne. »
Il bougea comme pour la lancer, Elyan se préparant à la rattraper, mais ne la lâcha pas. À la place, il la balança par-dessus sa tête, et la laissa atterrir dans les mains de Perceval derrière lui, pendant qu'eux deux et Gauvain ricanaient. Elyan, lui, n'était pas aussi amusé.
« Ha ha ha ha, très très drôle… »
Perceval vint vers lui, offrant la gourde qu'il tenait désormais.
« Tiens, à l'inverse de ces pauvres idiots, je partage avec mes amis. »
À nouveau, lorsqu'Elyan tendit la main pour la prendre, la gourde fut envoyée ailleurs, pour être cette fois attrapée par Merlin qui avait failli la recevoir sur la tête.
Tous ceux qui s'amusaient ricanèrent à nouveau, Arthur souriant à leurs bouffonneries jusqu'à ce qu'il aperçoive un soupçon de quelque chose bougeant dans les arbres non loin d'eux.
Son chut les fit taire, Merlin s'arrêtant en plein geste.
« Qu'y a-t-il ? »
Arthur tira son épée, marchant vers ce qu'il avait vu, indiquant une direction d'un geste.
« Dans les arbres, j'ai vu quelque chose ! Là ! »
Ils le suivirent tous, épées au clair pendant qu'ils avançaient avec précaution et en silence. Ce qu'ils trouvèrent fut des cordes tendues entre les arbres, surchargées par rien d'autre que des centaines de bouts de tissus de couleur noués comme des drapeaux en lambeaux. Ces bouts de tissus flottaient tristement dans la brise, imités par encore plus de bandelettes attachées aux branches comme des drapeaux en loques.
« Qu'est-ce que c'est que cet endroit ? »
Léon regardait autour d'eux, méfiant et perplexe, pendant qu'Arthur fixait leur environnement avec l'air d'avoir vu un fantôme. Son expression échappa aux autres, passant inaperçue pendant que Merlin frissonnait visiblement.
« C'est un sanctuaire. À l'époque de l'Ancienne Religion, ils servaient à apaiser les âmes tourmentées, on ne doit pas rester là ! »
Tout le monde tressaillit lorsqu'un corbeau surgit de nulle part et les fit sursauter, Léon se mettant à rire.
« C'est une âme perdue, Merlin ! »
Le sorcier le fusilla du regard, exaspéré et tendu.
« Ce n'est pas drôle, Léon ! Je suis sérieux, nous devons partir maintenant. Ce lieu est maudit, je peux le sentir. »
Le vent se leva à ces mots, faisant s'agiter encore davantage les bannières de tissus. Ce fut le moment que choisit Arthur pour faire demi-tour, rebroussant chemin et ordonnant sèchement.
« Allons-y. Nous n'avons rien à faire ici. »
Merlin fut le premier à le suivre, tout le monde suivant le mouvement à l'exception d'Elyan. Le chevalier s'était arrêté, ayant entendu le ruissellement de l'eau, et le suivit jusqu'à ce qui ressemblait à un petit puit rempli par le suintement d'une source.
La soif et sa gourde vide le firent s'en rapprocher, et sa main vint chercher un peu du liquide pour sa gorge sèche. Il but tout son saoul jusqu'à ce que l'image d'un garçon trempé n'apparaisse d'un coup, se réfléchissant dans l'eau.
Elyan se retourna pour regarder derrière lui. Il n'y avait aucun signe d'un enfant en vue, et des chuchotements et des cris glissèrent faiblement sur le vent. Il n'eut besoin d'aucune autre incitation pour se hâter de rejoindre les autres.
Il resta calme sur le reste du chemin vers Camelot, parlant peu pendant qu'ils se dirigeaient vers l'armurerie pour ôter leur équipement. Le seul dont le silence attira un peu d'attention fut celui d'Arthur, lorsque Merlin haussa un sourcil après l'avoir surpris à le fixer.
« Tout va bien ? »
Arthur revint à la réalité, lui jetant un coup d'œil avant de recommencer à dénouer ses protections de poignet.
« Oui, pourquoi ? »
Merlin haussa les épaules, ne cachant pas réellement sa légère inquiétude.
« Vous n'avez rien dit sur le chemin du retour.
– Je réfléchis, Merlin. Tu devrais essayer parfois.
– Merlin ! »
Le sorcier se tourna, à temps pour attraper le sachet que venait de lui jeter Gauvain.
« Et voilà, du sel. Dessine un cercle avec au pied de ton lit, tu seras protégé des mauvais esprits. »
Merlin lui jeta un long regard.
« Et tu penses vraiment que ça va marcher ? »
Gauvain sourit, nettoyant son épée.
« Absolument. Dans le cas contraire, Gaïus n'aura qu'à en mettre dans sa soupe ! »
Agacé, Merlin croisa les bras sur sa poitrine.
« Tu sais, tu es vraiment un crétin quand tu veux. Fais attention, ou tu vas devenir aussi mauvais qu'Arthur la première fois que je l'ai rencontré. »
Arthur roula des yeux à ça, pendant que Gauvain continuait à sourire narquoisement.
« Le ciel me préserve de ne jamais me trouver aussi embarrassé. »
Merlin soupira, secouant la tête et quittant l'armurerie en marmonnant dans sa barbe. Il avait des choses plus importantes à faire qu'écouter Gauvain jouer les imbéciles. Il avait besoin de parler à Gaius de ce sanctuaire.
Le médecin était dans ses appartements, notant les traitements récents qu'il avait faits, et ajoutant également des notes sur ceux fabriqués par Liam. L'apprenti du médecin, qui vivait maintenant dans la ville haute avec sa femme, avait été chargé par Arthur de traiter les affections mineures des habitants dans la ville basse. Cela libérait Gaius, lui permettant de se concentrer sur d'autres questions, et faisait gagner à Liam une expérience précieuse. Et bien sûr, il pouvait toujours consulter le médecin de la cour s'il rencontrait quelque chose de grave ou qu'il ne savait pas comment traiter. L'arrangement ferait des merveilles pour la confiance en lui de Liam.
Mais ce n'était pas ce qui inquiétait Gaius et Merlin après que le sorcier lui ait parlé du sanctuaire. Le médecin fronçait les sourcils, réfléchissant longuement à ce qu'il venait d'apprendre.
« Je suis surpris d'apprendre qu'un tel sanctuaire existe aussi près de Camelot. Même si les druides savent qu'ils sont maintenant les bienvenus ici tant qu'ils sont discrets, c'est inhabituel. »
Merlin soupira, rejoignant le foyer pour commencer à préparer leur souper.
« Et il était maudit, je l'ai senti. »
Le froncement de sourcils de Gaius s'accentua, le vieil homme hochant sombrement la tête.
« Tu as eu raison de te méfier. Les druides édifient des sanctuaires pour apaiser des âmes tourmentées, des âmes qui ont subi tant de mauvais traitements qu'elles ne peuvent trouver la paix dans l'autre monde. »
Merlin marqua une pause dans son hachage de légumes à ragout, lui jetant un coup d'œil.
« Pourquoi y a-t-il des rubans noués aux branches ? »
Le médecin soupira.
« Les anciens rituels veillaient à soigner la terre pour que les âmes des victimes puissent trouver le repos mais la magie qui se rapporte à la terre est une affaire délicate. Il est facile d'annuler ses effets, alors les rubans qui sont sur les arbres servent à protéger les lieux. »
Merlin grimaça.
« J'aurais voulu le savoir avant. Je n'aurais jamais laissé Arthur et les autres y entrer. »
Gaius le regarda avec une pointe d'inquiétude à cet aveu.
« Aucun d'entre vous n'a touché quelque chose, n'est-ce pas ? »
Merlin secoua la tête.
« Euh... non, je ne crois pas. Pourquoi cette question ? »
Le médecin était maintenant plus que sérieux.
« Si quelqu'un venait à troubler ce sanctuaire, il courrait le risque d'en libérer l'esprit. Tu dois me promettre de ne jamais retourner là-bas. »
Merlin frissonna.
« Oh, n'ayez crainte Gaïus, je n'en ai nullement l'intention. Cette fois, vous pouvez me faire confiance. »
Tous deux ignorèrent ce qu'il se passa plus tard cette nuit-là, après que la plupart des habitants se furent endormis, et les autres étaient sur le point de sombrer dans le sommeil. Aucun d'entre eux ne fut au courant qu'Elyan fut tiré de son repos par le bruit de l'eau dégoulinante et la vision d'un garçon trempé. Son cri fut entendu par Gauvain, et il s'en excusa rapidement, comme pour sa position assise sur le sol, disant qu'il avait trébuché sur sa table de chevet dans l'obscurité.
Gauvain l'aida à se remettre sur ses pieds, souriant à l'excuse et mettant de côté sa pensée initiale, à savoir un Elyan paraissant terrifié par quelque chose.
« Tu nous as manqué à la taverne. Perceval a brisé le poignet de Messire Brennis en faisant un bras de fer ! »
Elyan lui lança un regard plat.
« Cela devait être... drôle… »
Gauvain sourit.
« Pas pour Messire Brennis. Repose-toi. Arthur a prévu un entraînement demain matin, tu sais à quel point il y tient. »
Elyan patienta jusqu'à ce que la porte se soit refermée, avant de se ruer vers son sac et de tirer un petit sac de sel d'une des poches. Sel qu'il commença à déposer en tremblant, dessinant un cercle caché sous le pied de son lit.
