Bonjour ! Nouveau chapitre avec des ràr de titesouris !

Colinou : Avec un peu de chance ils vont finir par comprendre qu'il faut du gros sel et que rester dans le cercle aide aussi...

Eterna de solary : L'équipe et moi-même te remercions d'avoir pris le temps de laisser une review. Les changements significatifs ou non sont la beauté de cette saga. A bientôt pour la suite.

Chapitre 64: Une âme tourmentée ~Partie 2~

Ce fut avec un certain amusement que Merlin entra dans la chambre du roi le lendemain matin, s'apercevant que le lit n'avait pas été défait et qu'Arthur était avachi, endormi dans les restes du ragoût qu'il avait eu pour souper.

Le sorcier se stoppa en face du bureau, marquant une brève pause avant de claquer les deux mains sur le dessus. Arthur se réveilla en sursaut, le fixant comme un cerf aux abois.

Merlin fit de son mieux pour garder un visage impassible.

« Je ne voulais pas vous faire peur, je suis désolé ! »

Arthur sembla prendre un instant pour regagner sa contenance, sa tentative de dignité quelque peu entachée par les morceaux de légumes accrochés à ses cheveux et à sa peau sur la partie gauche de son visage.

« Tu ne m'as pas fait peur, je réfléchissais. »

Les efforts de Merlin pour ne pas rire commençaient à céder, et Arthur fronça les sourcils.

« Pourquoi souris-tu bêtement, au juste ? »

Merlon secoua nonchalamment la tête.

« Pour rien. Pourquoi dormiez-vous la tête sur la table ? »

Une nouvelle fois Arthur dut réfléchir.

« Je me suis endormi alors que je lisais.

– Ah... et que lisiez-vous ? »

Ils baissèrent tous deux le regard sur les objets sur la table, dont aucun n'avait une ressemblance même lointaine avec un papier écrit. Réalisant cela, Arthur changeant de tactique.

« Je suis le Roi de Camelot, je n'ai pas à répondre aux questions des gens de ta condition. »

Merlin lui adressa un regard légèrement indigné.

« Ah, vous êtes de bonne humeur. Vous avez dû dormir du mauvais côté de la table… puisque vous n'avez pas pu vous lever du mauvais côté du lit étant donné que vous n'y avez pas dormi… Vous voyez ? La table au lieu du lit ? »

L'expression du roi demeura de marbre.

« Voici une remarque aussi fine que spirituelle, Merlin. Il n'y a aucune limite à ton intelligence. Maintenant va juste me chercher mon déjeuner, je te prie.

– Bien. »

Le sourire de Merlin s'agrandit un peu, alors qu'il se tournait pour aller récupérer le plateau qu'il avait laissé sur la table principale. Arthur baissa les yeux vers son bol à moitié fini et le mit de côté, le retirant de l'assiette métallique qui servait à récupérer les gouttes. La surface réfléchissant attira son regard, et il y aperçut son reflet.

Et ce qu'il y vit fut les traces de ragoût froid et de légumes sur le côté de son visage. Il comprit soudain pourquoi Merlin avait essayé de ne pas sourire.

« Merlin ! »

Le sorcier explosa de rire, les mains posées sur les coins de la grande table jusqu'à ce qu'un gobelet lancé sur lui ne le force à se tourner et à l'attraper. Puis, serviablement, il fit flotter vers le roi une serviette depuis la commode située près du paravent, le tout sans prononcer d'incantation puisque ses gloussements continus rendaient toute parole impossible.

Arthur n'était pas dans la meilleure des humeurs lorsqu'il eut fini son repas, ait enfilé son armure, et soit descendu jusqu'au terrain d'entrainement. Ses instructions étaient raisonnables, mais les mots étaient légèrement tranchants.

« Deux par deux, appliquez-vous à parer les coups. Gauvain, avec moi. »

Gauvain, se tournant pour faire face au roi et suivre les instructions, cligna des yeux et fronça les sourcils en remarquant que les cheveux d'Arthur n'étaient pas aussi propres qu'ils l'étaient d'habitude.

« Qu'avez-vous dans les cheveux ? »

Arthur se figea, pendant que derrière lui Merlin répondait, fort utilement.

« Du ragoût. »

Ce fut au tour de Léon de froncer les sourcils.

« Et pourquoi avez-vous du ragoût dans les cheveux ? »

Merlin se tourna vers eux, haussant les épaules.

« Oh, parce qu'il lisait. »

Durant la pause qui suivit, Arthur ne regarda même pas vers Merlin avant de ramasser un bouclier et de le lui lancer.

« Changement de plan. Je crois que nous allons tester autre chose. »

Le roi suivit le bouclier et vint enfoncer son propre heaume sur la tête de Merlin, avant de pousser le sorcier au milieu du champ d'entrainement.

« Félicitations, Merlin. Tu viens juste de te porter volontaire pour être notre mannequin d'entrainement vivant. »

Merlin eut environ trois secondes pour réagir, avant qu'Arthur ne tire son épée et commence à frapper sur le bouclier, jusqu'à ce que le sorcier ne soit mis à terre par un coup particulièrement puissant.

Arthur marcha vers l'extérieur du champ, faisant signe au chevalier suivant de rendre son tour. Et Merlin, beau joueur puisqu'il l'avait bien cherché avec ses taquineries, se releva et se tint à nouveau prêt.

« Elyan, allez. À ton tour. »

Elyan tira son épée, semblant un peu hésitant et distrait pendant qu'il menait ses premières attaques. Puis soudain, comme une libération d'émotions trop refoulées, les coups devinrent plus rapides, plus forts et presque sauvages.

L'un d'eux renversa Merlin, mais au lieu de se stopper, Elyan continua à frapper le bouclier, et l'homme caché derrière.

Arthur lui cria de se stopper, avant de se voir contraint d'avancer et de le bloquer par la force lorsqu'Elyan sembla ne pas l'entendre. En fait, le chevalier semblait presque choqué après coup, et il n'était pas le seul. Merlin le regardait par-dessus son bouclier comme si une nouvelle tête lui avait poussé, alors même qu'il grimaçait au martèlement que son bras venait de subir.

Elyan s'écarta, une nouvelle fois distrait et distant, mais tous le mirent sur le compte de l'éloignement de Gwen. Après tout, cela faisait sens. Elle était sa sœur, après tout, et elle était partie depuis quelques semaines maintenant.

Merlin se remit sur ses pieds alors qu'Arthur retournait à son poste d'observation, ses pensées concernant Elyan écartées par le danger plus pressant de Perceval avançant sur lui. Cela allait faire mal…

Le chevalier en plaisanta dans l'armurerie après la session d'entrainement, s'adressant à Léon, Gauvain et Elyan pendant qu'ils retireraient leurs équipements.

« Merlin devrait sentir ses bras demain, non ? »

Gauvain sourit.

« Oui, mais quand même… Tous ces exercices… Quand aurons-nous un peu de vraie action ? »

Perceval et Léon roulèrent des yeux au ciel à cela, l'ignorant manifestement alors qu'ils commençaient à parler d'un chevalier en visite et si oui ou non cela valait le coup de délivrer un défi amical à l'homme pour un assaut de démonstration. Aucun d'eux n'était conscient du fait qu'Elyan fixait l'espace derrière eux avec une horreur naissante, pas jusqu'à ce qu'il recule jusqu'à se heurter à Gauvain debout derrière lui, et ne commence à l'agripper en fixant quelque chose qui n'était pas là.

« Laisse-moi tranquille! »

Elyan continua à le tenir jusqu'à ce que Gauvain ne finisse par l'assommer d'un coup de poing à la mâchoire. Elyan s'effondra au sol, inconscient, le choc coïncidant avec le déclenchement des amulettes qui commencèrent à crier tranquillement mais de manière insistante.

Léon regarda Gauvain avec juste un soupçon de sympathie, et pas une once de plus.

« Tu vas devoir expliquer cela à Merlin. »

Au final, il n'y eut pas grand-chose à expliquer, en dehors du fait qu'Elyan s'était énervé à propos de quelque chose, et que Gauvain avait fini par l'assommer pour le calmer. Merlin laissa Gaius s'en occuper, après avoir ordonné à Bel de veiller sur le frère de Gwen de temps à autre, et de lui apporter un peu de nourriture plus tard dans la soirée. C'était une des fois où il était heureux qu'Arthur ait un autre serviteur maintenant, un qui faisait également des commissions pour lui.

Il était de retour dans les appartements de Gaius, parcourant un livre sur le type de sanctuaire qu'il avait vu dans les bois, lorsque son mentor revint. En fait, Merlin semblait loin d'être impressionné par quelque chose à ce moment, et ce fut rapidement démontré quand il commença à grogner.

« J'en ai assez d'essayer d'être gentil avec Arthur. Je nettoie derrière lui, je lui amène ses repas, je sauve sa peau de plus de complots et de tentatives de meurtre que je n'ai envie d'en compter. Et en retour ? Je me fais battre comme plâtre à l'entrainement ce matin, et lorsque que j'essaye de lui rapporter pourquoi et comment Elyan a été mis KO, il m'a pratiquement décapité. Tout ce qu'il semble avoir fait aujourd'hui est me crier dessus. »

Gaius resta silencieux et distrait, et Merlin fronça les sourcils.

« Et maintenant vous m'ignorez. Parfait. Je pourrais aussi bien ne pas exister. 'Bonjour, mon nom est Merlin. Ne vous inquiétez pas pour moi, je ne suis même pas là.'. »

Gaius le remarqua enfin, avec une expression d'inquiétude et de désapprobation.

« Nous avons un problème plus important, j'en ai peur, que le fait qu'Arthur crie contre toi. »

Merlin s'arrêta dans sa petite tirade théâtrale et le regarda.

« Que se passe-t-il ?

– Est-ce qu'Elyan a touché à la moindre chose hier quand vous étiez au sanctuaire ? »

Merlin posa son livre, réfléchissant.

« Je ne suis pas sûr. Je ne sais pas, il peut l'avoir fait. Je les ai avertis, mais vous savez comment ils sont. Ils n'écoutent jamais.

– J'ai besoin que tu en sois certain. »

Gaius le rejoignit, posant son sac à médecine et soupirant.

« Je suis désolé, Merlin. Je suis juste extrêmement inquiet au sujet d'Elyan : il n'a pas dit un mot depuis qu'il a repris connaissance et il n'a aucun symptôme physique qui pourrait l'expliquer. La seule chose que j'ai trouvée, c'est du sel au pied de son lit, dessinant un cercle. »

Le sang quitta le visage de Merlin, pris d'une soudaine réalisation.

« Oh non. Il essaie de se protéger d'un mauvais esprit. »

Gaius fronça les sourcils, incrédule.

« Avec une poignée de sel ? C'est tout à fait ridicule !

– Mais Elyan pense que ça fonctionne. »

L'expression de Gaius se fit plus sombre, devenant lugubre.

« Alors je crains qu'Elyan ait troublé l'esprit du sanctuaire. »

L'expression de Merlin se chargea d'une grande inquiétude, alors qu'il avançait d'un pas vers son mentor.

« Pardon ? Que risque-t-il de lui faire ? »

Sinistre, Gaius se tourna.

« Je n'ose envisager quelle horreur il a pu déchaîner. Tu dois dire à Arthur ce qu'il s'est passé. Tu dois lui annoncer qu'Elyan est possédé. »

Merlin marqua une pause, grimaçant.

« Je ne suis pas sûr que ce soit le moment. Quand je l'ai laissé avec Bel juste après midi, même Bel semblait vouloir l'éviter. Quelque chose perturbe vraiment Arthur en ce moment, et c'est probablement son inquiétude pour Gwen. »

Gaius désigna fermement la porte.

« Qui est en sécurité sous la protection de celui à qui tu l'as envoyé. C'est ta responsabilité en tant que Premier Conseiller de lui faire comprendre qu'il y a d'autres choses sur lesquelles il doit se concentrer pour le moment. Maintenant, va. »

Merlin se retourna et se glissa hors de la pièce comme un chiot qu'on aurait grondé, se rendant à contrecœur jusqu'aux appartements d'Arthur, même lorsqu'il se rappela qu'il devait de toute façon y aller... Il avait une petite montagne de paperasse à faire, grâce aux modifications imminentes des accords commerciaux entre Camelot et Escetia.

Arrivé sur place, il jeta un œil par la porte, devenant encore plus réticent à entrer lorsqu'il vit Arthur appuyé contre le mur près de la fenêtre, dans sa posture habituelle des mauvais moments.

Il soupira et entra, se préparant mentalement à bloquer par magie n'importe quel projectile qui pourrait être jeté dans sa direction.

« Arthur, j'ai quelque chose d'important à vous dire. À propos d'Elyan. »

Silence absolu. Arthur ne tressaillit même pas, et Merlin le regarda avec irritation avant de sortir son amulette et de déclencher le sort de Parole entre lui et le roi. Puis il hurla de toute la force de ses poumons.

« Elyan a très certainement été possédé, bougre d'imbécile ! Arrêtez de bouder et concentrez-vous ! »

Arthur broncha et faillit tomber, ses oreilles réelles aussi bien que celles de ses perceptions étaient assaillies par cette vague sonore.

Il tourna ensuite la tête vers Merlin, le fixant alors que les mots hurlés par le sorcier faisaient enfin leur chemin dans son esprit.

« Possédé ? »

Le sorcier croisa les bras sur sa poitrine, acquiesçant.

« Par un esprit de ce sanctuaire qu'on a vu hier. S'il n'est pas déjà possédé à cet instant, il en est très proche. Il agit de manière distraite, et maintenant il est allongé dans sa chambre en refusant de prononcer un seul mot, sans doute par peur. J'ai déjà dit à Bel de garder un œil sur lui de temps en temps, mais ce soir je vais placer des protections autour d'Elyan pour garder l'esprit à l'écart. J'ai juste besoin de vérifier lesquelles seront les plus appropriées… Pour le moment, il semble penser qu'un cercle de sel au pied de son lit va le protéger. »

Arthur ne bougeait pas, le fixant toujours, et encore plus pâle qu'il ne l'avait été auparavant. Finalement il se dirigea vers la porte, nerveux mais déterminé.

« Je vais dire à Georg de poster un garde à la porte d'Elyan, un de nos gardes. Ils sauront venir te chercher s'ils entendent Elyan se mettre en colère contre quoi que ce soit. Va commencer tes recherches sur ses protections, maintenant, et n'attends pas jusqu'à ce soir pour les poser. Pour ce que l'on en sait, tu peux finir par avoir à les poser tout autour de Camelot. »

Merlin en resta bouche bée.

« Avez-vous la moindre idée du temps et de l'énergie que cela impliquerait ? Oubliez la protection de la cité. Si cet esprit commence à venir après n'importe lequel d'entre nous qui étions au sanctuaire hier, alors je devrais trouver un moyen de l'y sceller à nouveau. »

Arthur s'arrêta et se calma avant d'acquiescer.

« Oui, bien sûr. Fais ce que tu as à faire. Je vais m'assurer qu'Elyan est surveillé pendant ce temps. »

Il allait sortir lorsque la porte s'ouvrit, sur nul autre que le chevalier en question, debout sur le seuil avec une expression presque vide sur le visage. Elyan semblait ne pas voir autre chose que l'homme le plus proche de lui, ses yeux fixés sur Arthur alors que la voix urgente du garçon en colère murmurait dans son esprit… Tue Arthur Pendragon…

Il tira son épée alors qu'Arthur le fixait avec confusion. Confusion qui tourna au choc lorsque cette épée fut levée avant de s'abaisser pour le frapper.

Arthur plongea hors de la trajectoire, forcé à rouler sur le côté lorsqu'un second coup descendant fut porté, suivant immédiatement le premier, alors même qu'il était en train de crier.

« Elyan ! Mais qu'est-ce que vous faites ?! »

Elyan ne répondit pas, étant à la place projeté au sol et désarmé par un sorcier très contrarié.

Merlin l'assomma d'un sort rapide, et pour la seconde fois dans la même journée, la dague sur son amulette se teinta de rouge. Il la réinitialisa rapidement, avant de rejoindre Arthur et de lui tendre la main.

« Je pense que vous devez changer le plan en "enfermer Elyan dans les donjons jusqu'à ce que votre Sorcier de la Cour soit prêt à s'en occuper". »

Merlin jeta un coup d'œil empli de regret au chevalier à terre et soupira.

« Je vais m'en occuper sur le champ. Les papiers pour les accords commerciaux peuvent attendre. Essayez juste de garder ça sous silence. La dernière chose dont nous avons besoin pour le frère de Gwen est d'être accusé d'avoir volontairement essayé de vous tuer. »

Il sortit de la pièce, laissant un Arthur secoué appeler une paire de gardes pour conduire Elyan jusqu'aux cellules et l'y enfermer. Gaius ne demanda rien lorsque son pupille revint, attrapa son grimoire et plusieurs autres ouvrages, et quitta la pièce, se dirigeant visiblement vers sa salle de travail. Il y avait des moments où nul mot n'était nécessaire pour que le vieil homme sache que quelque chose de grave venait de se passer.

~(-)~

Un souper décent dans le ventre, un château dont la plupart des résidents étaient maintenant endormis, et plusieurs sorts très utiles tirés de plusieurs livres tout aussi utiles tournoyaient dans l'esprit de Merlin. Il était une heure après la Grande Cloche, et il avait un petit plateau avec du pain, du fromage et de l'eau pour Elyan. Bien sûr, l'eau était droguée, mais ce n'était pas la question. Il avait besoin que le chevalier soit inconscient pour exorciser l'esprit, mais il ne voulait pas qu'un sort de sommeil puisse interférer.

Il lorgnait ladite eau tandis qu'un avertissement de Gaius, lui disant de ne pas faire confiance à Elyan, s'attardait dans son esprit. Mais cette pensée fut mise de côté lorsqu'il commença à descendre l'escalier principal jusqu'à la jonction entre les donjons et le reste des étages inférieurs, et vit les deux gardes assis en train de jouer aux dés.

Merlin s'arrêta net, les regardant d'en haut, fronçant légèrement les sourcils. Et dire qu'il avait pensé que les gardes envoyés par Tarven savaient bien assez que jouer pendant le service était inacceptable.

Il jeta un coup d'œil à l'un des tonneaux empilés près de la table, l'étudia du regard en haussant un sourcil, avant de pencher légèrement la tête avec un léger sourire et de murmurer.

« Strangath bydenfaetu. »

Le tonneau tomba de son perchoir avec fracas, les deux gardes sautant sur leurs pieds pour le regarder…. Avant de courir après lorsque Merlin l'envoya rouler vers les portes des niveaux inférieurs, avant de refermer bruyamment les portes.

« Wyrth gatu faest. »

Les deux gardes pivotèrent sous le choc, se ruant vers les portes désormais closes à temps pour voir Merlin descendre les dernières marches. Ils avalèrent nerveusement leur salive, le plus grand d'entre eux prenant la parole.

« Sei-Seigneur Merlin. »

Merlin les regarda en haussant les sourcils.

« Je pense que votre travail est de garder ce poste, pas de jouer à des jeux d'argent. Et par ailleurs, ça n'implique pas que vous suiviez tous les deux un mystérieux tonneau mobile. L'un de vous aurait dû rester dans la cage d'escalier, au lieu de vous laisser tous les deux leurrer loin d'ici. Si j'avais été un assassin se glissant dans le château par les cryptes, je vous serai passé droit sous le nez. »

Il ne s'étendit pas sur la manière dont le « mystérieux tonneau mobile » avait effectivement bougé, pas plus qu'il ne les laissa se poser la question. À la place, il désigna simplement la table, et les deux gardes s'y précipitèrent. Mais son amusement à leur réaction, d'être passé pour des imbéciles puis réprimandés, ne dura pas. À la place, il se dissipa en un silence solennel lorsqu'il arriva à la cellule d'Elyan.

Le chevalier était réveillé et blotti dans un coin, les bras refermés autour de ses genoux, se tenant recroquevillé là comme par la terreur.

Il leva la tête en entendant la cellule se déverrouiller, et y trouva un certain sorcier, qui se tenait là avec le plateau de nourriture et d'eau.

« Merlin. »

Merlin sourit, lui offrant le plateau.

« J'ai pensé que tu pourrais voir faim et soif. Je t'aurais bien apporté quelque chose plus tôt, mais je ne pouvais pas risquer d'attirer l'attention sur ta présence ici. »

Elyan se leva, venant avec précaution prendre le plateau.

« Merci. »

Merlin se tourna pour rejoindre la porte de la cellule, se tenant là comme pour vérifier que personne ne venait, comme il le ferait normalement dans ce genre de situations. Elyan se détendit un peu, prêt à entamer la nourriture, lorsque ses yeux cillèrent et se fixèrent d'eux-mêmes sur la vision du garçon trempé qui se tenait juste derrière le sorcier, secouant la tête en signe d'avertissement.

Merlin fronça les sourcils, frissonnant comme s'il avait senti quelque chose, et se tourna juste à temps pour entendre le bruit de l'assiette et du gobelet qui tombaient au sol, et pour voir le plateau descendre vers sa tête.

Le sorcier s'effondra, flasque et inconscient, et Elyan regarda à nouveau vers le garçon avant de parler.

« Cette fois, je réussirai. »

Et il se mit à courir, prenant le chemin qui allait des donjons aux cryptes puis au-delà. Il disparut dans les bois, attendant une nouvelle occasion de frapper.