Bonjour à tous!
Merci infiniment pour vos commentaires, c'est très agréable de vous lire!
J'espère que vous avez autant de plaisir à lire cette histoire que moi j'en ai à la traduire.
Ce chapitre est l'un de mes préférés! Je me suis même surprise à le relire en entier pendant la traduction (et non au fur et à mesure de ma traduction comme je le fais habituellement).
J'attends vos impressions :)
Andy échappa sa fourchette bruyamment au fond de son assiette. Une série de jurons sortirent aussitôt de la bouche de Sam au point où elle en resta estomaquée.
« Ne bouge pas » marmonna-t-il avant de s'éloigner.
La maison était vraiment sombre, elle avait de la difficulté à distinguer les meubles qui se trouvaient devant elle. Elle entendait les pas de Sam aller et venir dans la pièce, jusqu'à ce qu'un lourd silence la laisse aux aguets.
En peu de temps, Sam était de retour dans la salle à manger. Le son de ses pas, qui résonnaient sur le plancher de bois, s'intensifiait au fur et à mesure qu'il s'approchait de la policière.
Elle ne pouvait toujours pas le voir, mais elle sentit sa main sur la sienne, quand il la lui saisie, lui indiquant de se lever. Il continua de lui tenir la main alors qu'ils traversaient la maison, jusqu'à la partie arrière. Elle ne s'était rendu dans cette section de la maison seulement qu'une fois, le jour où elle avait tenté de fuir par la fenêtre de la salle de bain.
Tournant le coin du mur, Andy trouva une pièce illuminée par des flammes dansantes dans un foyer. La salle de séjour était enveloppée d'une lumière chaude et rougeâtre.
« Reste ici » dit Sam en lui lâchant la main, avant de disparaitre à nouveau dans la pénombre.
Une fois qu'elle était certaine que Sam n'était plus dans la pièce, elle leva la main dans la lumière et la regarda attentivement. C'était comme si elle pouvait encore sentir les doigts masculins contre sa peau.
Reprenant ses esprits, elle s'avança et regarda autour d'elle. Il y avait deux immenses canapés au centre de la pièce. La décoration était modeste, contrairement à celle du salon, qui lui se trouvait à l'avant de la maison. Par contre, la chaleur émanant du foyer rendait la pièce accueillante. Elle s'installa confortablement au sol, utilisant le canapé comme dossier. Elle étendit les jambes vers le feu, tentant de se réchauffer.
Après plusieurs minutes, Sam était de retour, chargé de bois et avec une bouteille de whisky sous le bras.
« Une panne » confirma-t-il en déposant les buches dans le coin de la pièce, là où d'autres attendaient déjà.
Après s'être retourné, Sam s'arrêta et observa Andy.
C'était une très belle femme. Il l'avait si souvent observée de cette façon, mais habituellement elle était endormie. Ce n'était pas le genre de femme à faire baver n'importe quel homme, c'était plutôt le genre de beauté naturelle. Le genre simple. Le genre à être belle parce qu'elle est qui elle est.
Il l'avait remarqué la première fois qu'il l'avait vu, le jour où elle était assise sur ses genoux à l'arrière de la voiture. Ses grands yeux bruns étaient si pleins d'entrain.
Mais la voir comme ça, à ce moment-là, c'était encore plus évident.
Sam soupira puis s'aventura dans la noirceur de nouveau, après avoir tendu le whisky à la jeune femme.
Si l'électricité ne fonctionnait plus, le système de chauffage ne fonctionnerait pas non plus. Ils allaient donc avoir froid. Il revenu donc quelques minutes plus tard, juste à temps pour voir qu'Andy prendre une gorgée du liquide ambré directement à la bouteille. Un ricanement résonna derrière la montagne de couverture que Sam avait dans les bras.
C'était définitivement son genre de femme… à boire directement au goulot.
Quoi ?
Cette pensée fut suffisante pour qu'il dépose les couvertures sur le canapé et qu'il quitte la pièce rapidement. Une fois dans la cuisine, il déboucha une autre bouteille et en enfila plusieurs onces. Une longue sensation de brulure lui descendit dans l'estomac.
Mon genre de femme…
Cette pensée tout-à-fait aléatoire n'aurait jamais dû faire surface.
Non mais à quoi t'as pensé ?
Il resta accoté contre le comptoir de la cuisine un bon moment, rassemblant ses idées. Il prit une autre gorgée de whisky et retourna voir Andy. Elle était maintenant emmitouflée dans les couvertures.
« Tu peux dormir ici, ils ne seront pas de retour avant demain. Fais juste ajouter du bois, ça doit bruler toute la nuit. »
Sur ce, il tourna les talons et disparut une fois de plus dans la noirceur. Il avait besoin de temps pour penser à autre chose qu'à ce qui roulait en boucle dans sa tête à ce moment-là.
Il ne pouvait rester là, comme ça. Ça ne pourrait que mal finir.
Il entendit les pieds d'Andy résonner contre le plancher alors qu'elle le suivait jusqu'à l'avant de la maison, là où il était assis dans le froid.
« Ouchhhh, merde ! » bégaya-t-elle, alors que Sam comprit qu'elle s'était cogné l'orteil contre quelque chose de dur.
« Sam ? » chuchota Andy. Elle ignorait pourquoi elle chuchotait, ils étaient seuls après tout.
« Quoi ? »
Elle tourna son attention en direction d'où provenait la réponse. Elle le distingua difficilement, mais il était là.
« Où es-tu ? » Elle semblait sur le point de paniquer.
« Juste ici »
« Pourquoi ? »
Il n'était pas en mesure de répondre à cette question, il garda donc le silence.
« Sam ? »
« Oui ? »
« SVP, ne le laisse pas seule ici. »
D'accord, il n'avait pas pensé à cette partie, au fait qu'elle pourrait avoir peur de rester seule dans la maison.
Il sentit la main de la jeune femme, elle manqua de peu son œil, alors qu'elle tentait de trouver son épaule. Elle poursuivit sa quête, jusqu'à ce qu'elle trouve sa main.
« Je t'en prie. »
Pouvait-il dire ''non'' à ça ?
Il la suivi donc vers la salle de séjour. Une fois à la lumière, Andy regarda leurs mains entrelacées, et lâcha son emprise, comme si elle s'était fait prendre en flagrant délie. Elle reprit donc sa place initiale, sous les couvertures.
Quant à lui, Sam s'installa sur le canapé qui se trouvait à droit. Un mauvais choix, considérant qu'elle se trouvait directement dans son champ de vision. Il ne pouvait faire autrement que de la regarder.
Elle prit une autre gorgée de whisky. Elle en connaissait suffisamment sur l'alcool pour savoir que ça la réchaufferait.
Ils restèrent là, assis et silencieux, Andy regardant les flammes s'agiter dans l'âtre, Sam regardant Andy.
Devant ce moment de tranquillité, les souvenirs d'une conversation qu'il avait eue avec Bobby refirent surface.
« T'aime te réveiller près d'elle n'est-ce pas ? »
Le problème n'était pas ce qu'elle avait dit, ou comment elle l'avait dit. Le problème était que ce qu'elle avait dit était vrai.
Depuis ce moment, Sam savait qu'il était dans le pétrin. Les choses devenaient plus compliquées qu'il ne l'avait envisagé au début.
Non pas qu'il n'aimait pas l'idée, mais il n'était pas prêt.
« … partez ? »
Il était tellement absorbé par ses réflexions qu'il n'avait entendu que le dernier mot de la question de la jeune femme.
« Je suis désolé, quoi ? »
« Quand est-ce que vous partez ? » La voix d'Andy semblait particulièrement triste quand elle répéta sa question.
« Dans trois semaines. »
Elle ne répondit rien.
En fait, après ça, elle garda le silence, au point où Sam se demanda si elle s'était endormie. Il déposa donc son whisky au sol et se pencha sur elle. Elle leva les yeux vers lui, quand il fut à son niveau. Le reflet des flammes dans ses yeux leur donnait une certaine teinte dorée, contrairement à leur brun foncé habituel.
« Tu devrais … hum » marmonna Sam en indiquant le canapé derrière elle.
Elle ne serait certainement pas confortable à passer la nuit sur le plancher.
Sam se leva et lui tendit les mains, pour l'aider à se lever à son tour. Une fois debout, les pieds d'Andy s'emmêlèrent dans les couvertures et elle perdit de nouveau l'équilibre. Il la rattrapa de justesse, avant qu'elle ne tombe à la renverse.
Il baissa les yeux vers elle, pour découvrir qu'elle le regardait également. Il s'attendait à lire de l'embarras dans ses yeux, mais il y lut plutôt une tout autre série d'émotions. Et l'embarra n'en faisait vraiment pas partie.
Sans réfléchir, Andy réagit. Ce n'était ni prémédité, ni analysé, c'est seulement arrivé.
L'occasion était soudaine et propice. Son corps tout entier s'électrifia quand ses lèvres se posèrent contre celle de l'homme qui l'entourait de ses bras.
Sam lâcha un grognement, et recula d'un pas. Ses yeux se fermèrent quand il releva la tête et soupira.
Quand il ouvrit les yeux de nouveau, le visage d'Andy était complètement paralysé. Il n'était pas en mesure de lire une seule chose au fond de ses yeux.
« Ça n'arrivera pas Andy McNally. » dit-il avant d'agrandir l'espace entre eux, lui lâcha finalement les bras.
« Mais… »
Il la fit taire en levant un bras. Sa tête oscilla légèrement, il devait choisir ses mots avec soin.
« Les filles comme toi et les gars comme moi, ne vont pas ensemble. »
Bon argument…
« Les gars comme toi ? »
Elle se tenait devant lui, le défiant. Elle garda les bras croisés sur sa poitrine, attendant une réponse.
Il enfonça ses mains à l'intérieur des poches de son pantalon. Il n'avait pas imaginé que sa soirée se déroulerait ainsi.
« T'es une flic, je suis un criminel. As-tu la moindre idée de ce que fais ? »
L'aplomb dans sa voix fit frissonner Andy. Il semblait si froid tout à coup.
Elle secoua la tête, étant donné que la seule chose qu'elle connaissait de l'occupation du temps de cet homme était qu'il lui arrivait de cambrioler des banques.
« Je joue avec de la drogue et des fusils… »
Il fut brutalement honnête avec elle, c'était ce qu'il faisait de sa vie, ça et voler les contenus des coffres-forts, mais cette partie, elle la connaissait déjà.
Elle ne put s'empêcher de détourner le regard. Quand elle releva les yeux, son visage avait changé, et ça le rendait malade. Elle avait le même regard que la fois où il lui avait avoué le nombre de vies qu'il avait prises. Mais avec plus d'intensité cette fois.
Elle semblait sur le point d'éclater en sanglots, et il ne pouvait tolérer que des larmes coulent sur ses joues par sa faute.
Il avait l'irrévocable envie de la prendre dans ses bras et de lui dire que tout allait bien aller. Il savait pertinemment que ça serait lui, faisant des promesses vides.
Il savait également que ça serait lui, décidant de ne pas la laisser partir.
Il était complètement à côté de ses souliers, il était déjà trop tard pour reculer.
Ce n'était pas une question de la laisser partir ou non, c'était une question de quand il serait capable de la laisser partir.
Elle était toujours là, devant lui, le regardant de ses grands yeux de biche. Elle élimina la distance qu'il avait créée en trois petits pas, avant de s'étirer vers lui de nouveau. Cette fois-ci, il la laissa l'embrasser.
Il était conscient qu'il jouait avec le feu, et qu'il risquait de se bruler, mais ses baisers avaient quelque chose d'intoxicant.
Il se dégagea finalement, et pinça les lèvres en une fine ligne, secouant la tête de gauche à droite.
« Ça n'arrivera pas… » répéta-t-il.
Il s'éloigna d'elle, et quitta la salle de séjour. Il fit le tour de la maison, s'assurant que tout était barré, bien qu'il sache déjà que c'était le cas.
Andy s'assit sur le canapé, essayant de comprendre ce qui venait de se passer. Certaines choses prirent un nouveau sens, alors que d'autres la rendaient encore plus confuse.
Elle se tourna et se coucha sur le côté, fixant toujours les flammes. Elle récupéra les couvertures qu'elle avait laissées au sol et s'abria. Elle due s'endormir car, quand elle ouvrit les yeux de nouveau, le bois dans le foyer s'était transformé en un amas de tisons ardents. Elle se redressa et remarqua que Sam était assoupi sur l'autre canapé.
Avec détermination, elle se dégagea des couvertures et se leva, laissant tomber son armure de chaleur au sol.
Ses mouvements réveillèrent Sam instantanément. Il releva la tête, essayant de voir ce qu'elle faisait, alors qu'il prononça son prénom.
« J'ai froid. »
Sam se déplaça, créant un cocon de chaleur dans lequel Andy se glissa sans protester. Pour avoir un peu plus de place, Sam retira les coussins du dossier et les envoya au sol, derrière le canapé. Puis, elle se rapprocha un peu plus, enfouissant son visage contre son abdomen.
Bien que leur lit improvisé fût spacieux, elle était près, très près.
Sam garda ses mains loin, une sous sa tête et l'autre sur sa propre cuisse. Il n'ait qu'une envie, la serrer contre lui, mais se contrôla.
« Tu n'es pas une mauvaise personne » chuchota-t-elle.
Sam expira tout l'air qu'il avait dans les poumons, il croyait vraiment que ce sujet était derrière eux.
Le soupire souffla à travers les cheveux d'Andy, lui chatouillant la nuque au passage et provoqua chez elle un puissant frisson.
Il avait toujours ce satané effet sur elle.
Sans réfléchir, Sam l'entoura de son bras et la serra un peu plus contre lui, croyant qu'elle était encore gelée.
Elle ne se déplaça pas, et elle ne le repoussa pas. Il laissa donc son bras autour de sa taille, appréciant le moment.
« Rendors-toi » chuchota-t-il au creux de son oreille.
Encore une fois, un chatouillement dérangea Andy. Elle haussa l'épaule pour essayer de dégager ses cheveux de sa nuque.
La main de Sam quitta sa place et monta le long de sa colonne vertébrale et lissa ses cheveux derrière son dos. La douceur de sa chevelure le fit sourire. Il connaissait déjà cette sensation. Il avait fait la même chose, le matin où elle l'avait utilisé comme un oreiller.
Il perdit sa bataille contre la raison et continua de jouer avec les mèches douces comme du velours. Dans leur parcours abstrait, les doigts de Sam frôlèrent la peau ivoire de la jeune femme. Un nouveau choc électrique lui traversa le bras.
Chaque fois qu'il avait touché son épiderme, il ressentait le même effet. Il n'avait pas remarqué jusqu'à ce moment-là, mais maintenant qu'il était conscient du pétrin dans lequel il se trouvait, certains détails étaient devenus plus évidents.
Il n'y avait pas dénouement possible.
Quand elle apprendra la vérité, elle va me détester, songea-t-il avant de sombrer dans un sommeil agité.
