Eterna de Solary : Voui, Arthur il a la classe quand même dans cette épisode. Un roi digne… euh… d'être roi, en fait ! Et merci pour tes encouragements !

Colinou : Il est bien, hein, cet épisode ? Sont meugnons, ces deux là, quand ils se chamaillent comme ça !

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Chapitre 66 : Découverte Gênante ~Partie 1 ~

Son visage était celui de la raison, un noble de haut rang, qui était bien considéré et à qui on faisait confiance pour siéger au Conseil. Il était l'oncle du roi, et un homme d'honneur fidèle, pourquoi ne pas lui faire confiance ?

Agravain maintint une expression plaisante, même si intérieurement il souriait avec malice. L'arrivée imminente de la Princesse Mithian dans quelques semaines était une excellente opportunité pour Camelot, et elle l'était aussi pour lui. Après tout, sa visite pourrait annoncer une autre offre d'alliance.

À ses côtés marchait un autre membre du Conseil, un certain Seigneur Gardilen. Il était bien connu pour être le membre le plus conservateur de cet estimé groupe d'hommes, mais il était aussi le plus prudent.

Il jeta un regard au noble à ses côtés.

« Êtes-vous certain que nous devrions retirer les documents d'alliances ainsi ? Nous n'en avons pas reçu l'ordre. »

Agravain le rassura avec un petit sourire, toujours plaisant.

« C'est absurde, nous allons simplement revoir les détails pertinents afin de pouvoir rafraîchir la mémoire du conseil lors de la prochaine réunion. Si la Princesse Mithian annonce bel et bien une nouvelle alliance, nous aurons besoin de savoir qu'aucune des décisions prises n'entrera en conflit avec les autres accords de Camelot. »

Gardilen hocha la tête à ces mots. C'était, après tout, logique.

« Je vois, une sage précaution. Très bien, Seigneur Agravain, allons les récupérer pour les amener à la réunion. Elle commence dans moins d'une heure. »

Agravain réprima un sombre rire de triomphe, tandis qu'il conduisait son collègue dans la Salle des Archives. Il avait déjà arrangé une requête opportune de la part d'un autre noble, de voir le Seigneur Geoffrey. L'archiviste n'était pas présent à son bureau près de l'entrée du labyrinthe de salles pleines à craquer d'étagères, et ne serait pas de retour avant la réunion.

Ils se dirigèrent vers la réserve, à laquelle on accédait seulement en marchant à travers un petit espace entre les étagères à la gauche du bureau de Geoffrey. Il ne fallut qu'un instant pour descendre les documents de traités pour les nouveaux accords avec Escetia et Caerleon, mais ce fut avec une déception intérieure qu'Agravain ne trouva aucun signe de l'Accord Escetian en ce qui concernait la magie. Celui-là avait probablement été caché ailleurs.

Laissé avec pas grand-chose, bien que plus qu'assez pour en jouer, Agravain déroula tranquillement le Traité Escetian comme pour vérifier qu'il avait le bon. Il marqua ensuite une pause théâtrale, et fronça les sourcils.

« Ceci n'était pas là avant. »

Le Seigneur Gardilen s'approcha, regardant par-dessus son épaule et fronça également les sourcils quand l'autre seigneur montra du doigt un sceau de griffon et une étrange signature archaïque à sa suite. Un sceau et une signature placés de façon proéminente côte à côte avec ceux du Roi de Camelot.

« A qui est ce sceau ? Il ne peut pas être à l'une des personnes qui ont signé cela lors de la cérémonie. Tous ces autres sceaux sont là aussi, en-dessous. »

Agravain prit grand soin de saisir le document de Caerleon, le déroulant pour révéler le même sceau dans la même position proéminente.

« Il semblerait que notre roi ait caché des choses au Conseil... »

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"Rappelez-moi encore pourquoi je dois m'ennuyer à mourir en écoutant cette réunion du conseil. »

Merlin trottait derrière Arthur, sans faire beaucoup d'efforts pour cacher à quel point il se sentait dégoûté en cet instant. C'était la troisième réunion en autant de jours à laquelle il était contraint d'assister, et par assister il fallait entendre se tenir contre le mur derrière l'un des piliers, et écouter le Roi et le reste du Conseil déblatérer sur le nouvel accord d'échange avec Escetia. Peu importait que le Seigneur Tarven et lui aient déjà mené les vraies négociations un mois plus tôt.

Arthur le regarda par-dessus son épaule, son expression enregistrant le déplaisir du magicien.

« Je crois que la raison est la même que celle que je t'ai donnée hier. J'ai besoin de ton avis à ce sujet puisque Tarven et toi l'avez arrangé avec ma permission de ne pas prendre la peine de me consulter. Si tu dois me faire de vrais commentaires sur ce qui se dit, il faut vraiment que tu sois dans la même pièce que ceux qui parlent. Même si les amulettes te permettraient de me parler de n'importe où dans le château. »

Merlin soupira, résigné mais grommelant toujours.

« Oui, eh bien, ça ne change quand même pas le fait que je dois me tenir là comme un crapaud inutile et écouter douze hommes déblatérer sur des choses qu'ils ont déjà discuté à mort les deux matinées précédentes. »

Arthur renifla discrètement.

« Si ça peut te consoler, je m'y ennuie autant que toi. Et puis, aujourd'hui c'est la journée intéressante. Aujourd'hui, je leur montre enfin la forme préliminaire de l'accord qui a été rédigée.

- Suivi par deux heures où les nobles les plus pointilleux vont désigner chaque petite faute qu'ils percevront... Oh joie. »

Arthur ne pouvait pas le contredire, puisqu'il en avait lui-même été témoin assez souvent. Il resta silencieux le reste du chemin vers la Salle du Conseil, prenant place à la tête de la table tandis que Merlin déposait les documents nécessaires qu'il avait apportés avant de partir se tenir dans l'ombre d'un pilier. Invisible comme seul un serviteur pouvait l'être.

Il réprimait un bâillement et essayait de ne pas somnoler quand la réunion commença enfin. Mais quand elle ne commença pas de la façon habituelle, ce fut parce qu'elle commença d'une façon qui le réveilla rudement.

Le Seigneur Gardilen déroula deux documents de traités, les alliances avec Escetia et Caerleon, et les jeta sur la table.

« Majesté, peut-être daignerez-vous expliquer le sceau et la signature supplémentaires sur ces documents ? Ils ont déjà été montré au reste des conseillers, et aucun d'entre nous ne le reconnaît, pas plus que l'écriture utilisée par le propriétaire pour signer. »

Arthur le regarda dans un silence stupéfait pendant un moment, saisissant les deux documents de traités avant de froncer légèrement les sourcils et de les abaisser pour observer le seigneur accusateur.

« Pourquoi avez-vous cela ? Ils n'auraient jamais dû être retirés de la Salle des Archives, ou même consultés, à l'insu du Seigneur Geoffrey et sans ma permission. »

Agravain s'éclaircit la gorge, lui valant l'espace d'un instant un regard incendiaire avant qu'Arthur ne reprenne contrôle de son expression pour un visage raisonnablement renfrogné. Et lui aussi parla, apparemment raisonnable.

« Si je puis parler franchement, mon neveu. Ces signatures étaient-elles peut-être la raison pour laquelle vous ne vouliez pas qu'ils soient ramenés à la lumière à votre insu ? »

Il regarda le conseil autour de lui.

« En effet, nous nous demandons tous à qui au juste le sceau, placé de façon si proéminente auprès du vôtre, appartient. Et pourquoi le signataire a choisi une écriture si clairement archaïque pour écrire son nom. »

Tous les yeux étaient fixés sur Arthur, tandis que Merlin faisait un travail exemplaire pour ne pas s'agiter ou avoir l'air le moins du monde nerveux à sa place près du mur derrière son pilier. Le roi lui-même, cependant, réfléchit clairement avant de se redresser et de se renfoncer dans son fauteuil.

« Et est-ce le droit du Conseil, de m'interroger au sujet de mes propres conseillers personnels et de mes alliés les plus fidèles dans ce royaume ? Mon père avait son propre conseil privé, tout comme moi. Le sceau et la signature sur ces documents, ont été appliqués en secret afin de préserver l'anonymat de mon Premier Conseiller. Car c'est lui qui a eu un rôle essentiel pour gagner à Camelot l'alliance avec le nouveau roi d'Escetia, et lui qui a aussi fait une impression respectable sur la Reine Annis durant mes négociations avec elle. Niez-vous que les deux traités ont été un succès ? »

Les conseillers échangèrent des regards, réticents à argumenter ce point, et ce fut Agravain qui une fois de plus insista.

« Mais sûrement si votre Premier Conseiller fait un si bon travail, il n'y aucune raison de le cacher au conseil. Cela frôle une totale défiance envers nous, Majesté. »

Geoffrey se renfrogna depuis sa position à la gauche d'Arthur, parlant avant que le roi n'en ait le temps.

« En tant que Troisième Conseiller du Roi, je vous conseille aimablement de tenir votre langue, Seigneur Agravain. Être l'oncle de Sa Majesté ne vous donne pas le droit de remettre son jugement en question. »

Les conseillers sursautèrent à ces mots, et l'un d'entre eux demanda :

« Vous êtes le Troisième Conseiller du Roi ? Cela signifie-t-il que vous connaissez l'identité du Premier Conseiller ? »

Geoffrey, réalisant la position légèrement gênante où il venait de se placer, hocha la tête ?

« Je la connais, et je suis d'accord avec les raisons du roi pour le maintenir dans l'anonymat. J'étais plutôt sceptique à son sujet au début, mais après avoir vu son travail directement, j'ai su que Sa Majesté avait bien choisi en le sélectionnant. L'homme est en effet un érudit montant d'une brillance exceptionnelle en bien des sujets, et largement sous-évalué par ceux qui ne sont pas au fait de ses talents et de sa sagesse. Peu nombreux étaient ceux également au fait de son amitié avec le nouveau Roi d'Escetia, et qu'il a à lui seul arrangé sa visite ici peu après le couronnement de Sa Majesté. »

Entendre Geoffrey affirmer son soutien si fortement fit taire la plupart des conseillers, à l'exception d'Agravain qui ignora les avertissements et reprit la parole. Il était clair qu'il était déterminé à persister dans son plan d'exposer Merlin et d'humilier Arthur.

« Alors qu'il vienne devant ce conseil, et soit reconnu pour ses efforts. Sûrement il n'y a aucun mal à cela ? Il n'est pas besoin que cela devienne de notoriété publique, mais au moins ce conseil pourrait savoir. »

Geoffrey était sur le point de réprimander à nouveau le traître comploteur, quand Arthur l'arrêta. Si on ne pouvait empêcher que quelque chose soit jeté sur votre route de façon répétée, alors il était temps d'en tirer avantage.

« Non, mon oncle a un point valide. »

Il regarda autour de lui les seigneurs assemblés.

« Si c'est votre vœu, en tant que conseil, d'apprendre l'identité de mon Premier Conseiller, alors je vaisvous la dire. »

Derrière son pilier, Merlin fit de son mieux pour ne pas s'étrangler à ces mots tandis que les conseillers hochaient tous la tête et que l'un d'entre eux répondait :

« Nous le souhaitons. »

Arthur évita délibérément de regarder son oncle, gardant un visage sérieux.

« Cependant... je vous demanderais d'abord à tous de jurer sur votre honneur qu'une telle information ne sera révélée à personne en-dehors de cette pièce. Et si quelqu'un en soufflait mot, malheur à celui coupable de l'indiscrétion. Car si cela arrive, je veillerai à ce que l'individu ou les individus responsables se voient arracher leurs terres, leurs titres, et soient exilés comme traîtres à la couronne. »

Il les regarda tous avec amabilité.

« Je suppose que vous n'aurez aucune objection à cela ? Et bien sûr, si vous connaissez son identité alors j'attends de vous que vous le respectiez quand je le ferai parler devant ce conseil. Est-ce clair ? »

Il y eut un silence, Geoffrey semblant plutôt impressionné par le coup audacieux de son roi. En arrière, Merlin semblait aussi impressionné tandis qu'il jetait un œil depuis son pilier. Mais il était également un peu nerveux, car il savait exactement où cela se dirigeait.

Ce fut Geoffrey qui brisa ce silence.

« Eh bien, je ne vois certainement aucun problème avec cela. Nous ne pouvons pas risquer que les ennemis de Camelot apprennent l'identité de votre bras droit. Pas quand il est des plus efficaces pour voir ce qui nous échappe, dans sa position d'anonymat. »

Après plusieurs instants de silence, l'un des conseillers les plus ouverts d'esprit choisit de parler le premier.

« Alors je vais accepter. Je jure sur mon honneur, que l'information qui me sera confiée ce jour ne passera jamais mes lèvres de mon plein gré jusqu'à ce que le moment vienne pour mon roi de l'autoriser. Et si je devais un jour briser ce serment, alors j'en affronterai les conséquences. »

Cela encouragea les autres à jurer, un par un, même Agravain fut forcé de le faire à contrecœur, bien qu'Arthur sache que le 'serment' de l'homme avait autant de valeur qu'un diamant de verre.

Lorsque tous eurent juré, Arthur hocha la tête et fit un signe vers les personnes à sa droite.

« Si vous voulez tous vous déplacer et permettre qu'un autre site soit ajouté. Je demanderai à mon Premier Conseiller de prendre sa place légitime à ce conseil. »

Ils s'exécutèrent, bougeant leurs chaises tandis que Merlin récupérait un siège supplémentaire parmi ceux rangés dans une petite antichambre à l'arrière de la pièce.

Il la déposa dans l'espace dégagé à la droite d'Arthur, marquant une pause avant de s'asseoir promptement dessus, comme il l'avait fait un certain temps auparavant quand ils avaient recruté Geoffrey dans la Fraternité. Et bien sûr ce fut à Geoffrey qu'il adressa un signe de tête, tout en échangeant sa joie habituelle pour un amusement plus sérieux. Accessoirement, il s'en servait pour cacher sa nervosité.

« Je vous remercie pour l'opinion brillante que vous avez de moi, Seigneur Geoffrey. »

Il jeta un regard au conseil, qui le fixaient tous comme s'il était une sorte de lunatique qui serait entré pour se déclarer roi.

« Cela dit, je suis surpris qu'aucun d'entre vous n'ait reconnu mon sceau. Ce griffon, après tout, est identique à celui que j'ai sur ma cape de cérémonie... Qui, accessoirement, fait face au Dragon de Camelot de la même manière sur ce vêtement que sur ces documents. J'ai choisi de signer mon nom dans l'une des écritures mortes de la troisième ère, après que notre roi ait déclaré qu'il pensait que je le servirais mieux si je continuais à, pour parler directement, me faire passer pour un idiot. »

Arthur croisa ses mains sur la table, sachant que ce silence n'était que le calme avant la tempête.

« Bien que je ne l'aie pas rendu public, avec Geoffrey comme témoin j'ai donné à Merlin le titre de Seigneur et lui ai accordé une modeste bande de terre au sud-ouest de la cité. Il est, par toutes les définitions, un noble de Camelot. »

Il fallait noter qu'il y avait un petit mensonge blanc parmi ces mots. Il avait en effet accordé à Merlin une bande de terre, mais cela était venu un certain temps après le titre. La terre en question était en fait un morceau considérable des Bois Sombres, où résidait désormais la majeure partie du Clan de la Tempête.

Ils attendirent, ainsi que Geoffrey, les secondes s'écoulant jusqu'à ce que le Seigneur Gardilen ne retrouve sa voix.

« Ceci est sûrement une plaisanterie. »

Il désigna Merlin d'une main qui tremblait de ce qu'il percevait comme une humiliation. Le Roi essayait apparemment de se moquer d'eux.

« Bien que je concède que Merlin soit un Serviteur de Confiance et vous serve depuis maintenant plusieurs années. Il n'est qu'un serviteur, et connu pour être un idiot ! »

Arthur décida de rester silencieux, jetant un regard à Merlin pour indiquer qu'il devrait répondre à cela lui-même.

Merlin adressa un regard en coin au Seigneur Gardilen le long de la table, sentant sa nervosité laisser place à la vieille irritation face aux suppositions de tous ceux qui ne le connaissaient pas mieux. Sa voix prit alors un ton légèrement hautain, et il se redressa dans son siège avant de sourire très légèrement. S'ils voulaient une preuve de son intelligence, alors il était temps de voir si la leur pouvait comprendre sa prochaine constatation.

« Le Second Conseiller Gaius est un excellent professeur, et il s'est assuré que jereçoive une éducation extensive tant que j'étais son pupille durant ces derniers six ans et demi. Le fait demeure, cependant, que lorsque mon introduction aux complexités de la vie à la cour, à la politique, aux bases de la médecine, et à des aperçus variés des aspects mythologiques et analytiques des menaces, créatures et cultures magiques a atteint un niveau utile... la plupart des gens me prenaient déjà pour un imbécile. »

Ses paroles rapides mais éloquentes laissèrent plusieurs des conseillers bouche bée, tandis que Geoffrey haussait les sourcils l'espace d'un instant pour toute réaction.

« Comme je vous le disais à tous, un érudit montant d'une brillance exceptionnelle. Il faut un esprit réellement rapide pour jouer les idiots de façon convaincante, et le fait qu'aucun de vous n'ait jamais soupçonné son intelligence n'est qu'une preuve du talent dont il a fait preuve. »

Merlin sourit au compliment, avant reporter son attention vers Arthur.

« Puis-je proposer que le véritable objectif de cette réunion soit abordé ? L'ambassadeur Varlen arrive cet après-midi, et je crois qu'étant votre serviteur principal, le protocole exige que je m'occupe de lui comme marque de respect. Peut-être pourrions-nous nous occuper de discuter la version finale de la forme préliminaire du nouvel accord d'échange ? »

Arthur lui rendit son sourire en hochant la tête.

« Certainement. Et je suis sûr que la réunion progressera bien plus vite maintenant que nous avons l'homme qui a négocié la majeure partie de l'accord, assis à table avec nous. »

A ce stade le conseil en général n'était pas dans un état mental pour opposer plus de protestations, même s'ils le feraient certainement le lendemain matin quand ils auraient eu le temps de retrouver leurs esprits.

Cette idée pesait sur l'esprit de Merlin quand la réunion se termina enfin, et qu'il observa tous les conseillers partir et les portes se fermer derrière eux.

Dès qu'il fut seul avec Arthur, toutes dignité et bravade disparurent, le magicien s'écroulant dans son fauteuil pour trembler de façon visible sous l'effet du stress, conséquence d'avoir maintenu cette façade si longtemps sans avoir été prévenu qu'il en aurait besoin. Il poussa ensuite un long soupir de soulagement.

« Eh bien, ça s'est passé aussi bien qu'on pouvait s'y attendre, étant donné que vous leur avez lâché ça dessus comme un rocher de quatre tonnes. »

Il regarda son ami.

« S'il vous plaît, dites-moi que je peux juste leur jeter un sort, et leur faire oublier que j'étais même dans cette pièce ce matin. »

Arthur regarda son ami avec compassion, comprenant pourquoi la voix de Merlin tremblait autant.

« Non, je refuse, et donne-leur juste du temps. Ils s'en remettront, comme Geoffrey. Etsi ça se trouve, le fait d'avoir découvert cela maintenant, rendra beaucoup plus facile de leur faire accepter que tu es le Sorcier de la Court plus tard. Penses-y comme ça, parce que c'est ce que je fais. En me forçant la main comme ça, pour essayer de te saboter, si on en joue correctement alors Agravain aura seulement réussi à renforcer ta position. Honnêtement, je n'avais jamais envisagé de te présenter formellement au Conseil comme mon bras droit, même si inconsciemment je souhaite que tu puisses parler ouvertement à ces réunions depuis que je suis devenu roi. »

Merlin regardait maintenant Arthur, juste un peu embêté par tout ça.

« Mais vous réalisez que vous avez augmenté ma charge de travail ? Maintenant qu'ils savent que je suis votre bras droit, un noble par décret royal, et un 'érudit montant d'une brillance exceptionnelle'... Dès qu'ils seront remis du choc et auront accepté qu'ils n'ont pas d'autre choix que de faire avec moi, toutes les plaintes mineures qu'ils n'osent pas vous transmettre, ils me les transmettront à moi. »

L'expression d'Arthur se fit ironique.

« Eh bien, tu sais ce qu'on dit les épreuves forgent le caractère. »

Il tapota Merlin sur l'épaule.

« Et puis, maintenant qu'ils savent que tu es mon bras droit, je pourrai t'envoyer aux réunions du conseil pour me représenter quand j'aurai besoin de temps pour m'occuper d'autres choses. »

Merlin le regarda bouche bée, horrifié.

« Non... Oh, non, aucune chance ! Vous ne pouvez pas me faire ça ! »

Arthur eut un sourire narquois.

« Je ne vois pas pourquoi. Tu en sais plus sur les nouvelles propositions d'échange de Fyren, et je crois que la réunion de demain sera à ce sujet. »

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Héhé, Agravain s'est fait avoir et Arthur embête Merlin : tout pour plaire !