Bonjour tout le monde. Je suis désolée d'avoir mis autant de temps à publier un nouveau chapitre. Les vacances étant ce qu'elles sont, j'ai pris également une pause de traduction.

Mais le voici enfin... j'espère que vous aimerez.

Je tiens également à remercier les nouveaux (et les anciens aussi!) lecteurs pour vos superbes commentaires. Ça me donne encore plus le goût de continuer!


Andy trouva la maison silencieuse quand elle ouvrit la porte de la chambre. Le seul son qui parvenait jusqu'à elle était celui d'une télé à l'étage.

Elle gravit l'escalier, à la recherche d'une tasse de café. Il s'était déjà écoulé beaucoup de temps depuis la dernière fois qu'elle en avait bue une. Sachant que ni Sam ni Bobby n'allait se matérialiser et lui en offrir une, elle décida d'aller se servir.

Il s'était également écoulé beaucoup de temps depuis que Sam lui avait annoncé qu'ils partaient. La maison était donc certainement être vide rendu à cette heure de la journée.

Elliot, celui qui ressemblait à un ours en peluche, lui sourit quand elle passa par le salon. Il était assis confortablement à regarder la télévision. Elle relaxa légèrement quand elle comprit qui il était, ou plutôt qui il n'était pas.

« Bonjour » dit elle, en agitant la main subtilement.

Quand elle déposa une tasse à café sur le comptoir de la cuisine, elle sentit qu'il s'était approché.

« Bobby m'a demandé de … »

Andy remarqua à ce moment qu'il tenait une clé dans le creux de sa main.

« C'est pour le camion gris, il est stationné dans la grange. »

Bobby la laissait partir, lui donnait un accès à la liberté, pendant que Sam n'était pas dans les alentours.

Sous le choix déchirant qui commençait à se dessiner dans ses pensées, Andy coinça sa lèvre entre ses dents. Elliot garda la main ouverte, calmement, lui indiquant de prendre tout le temps nécessaire pour prendre une décision. Il ne lui infligea aucune pression. Plus elle resta là à penser, plus il resta immobile.

Après ce qui lui avait semblé des heures, elle secoua la tête d'un côté à l'autre. Le visage d'Elliot s'adoucit. Elle n'allait nulle part pour l'instant, même si c'était probablement sa dernière chance de retrouver la liberté.

Elle passa une bonne partie de la soirée à l'étage, à écouter la télé avec Elliot. Le sommeil se refusait totalement à elle. Elle était beaucoup trop inquiète, espérant de tout son cœur que rien n'irait de travers, autant pour Sam que pour Bobby.

Elle continuait à se préoccuper de Bobby, même si cette dernière semblait froide à son égard, mais Andy ne pouvait s'empêcher de voir en elle une bonne personne.

Quand Elliot s'excusa et se dirigea vers sa chambre, Andy resta au salon. Elle continua de regarder la télévision, après avoir pris soin de baisser légèrement le son. Quand elle se résigna à se rendre à sa chambre, l'horloge indiqua 4:15.

Elle devait vraiment dormir, mais elle en fut incapable. Elle ne pouvait s'empêcher de se tourner d'un côté et de l'autre, remettant en question sa décision de rester, alors qu'on lui offrait la liberté. Elle devait s'assurer que tout allait bien pour Sam. Ils allaient partir d'une journée à l'autre de toute façon. Quelle différence ça pouvait bien faire qu'elle reste un peu plus longtemps ?

Andy était clouée au creux de leur lit quand Sam rentra à la maison, mais pour la première fois depuis son arrivée, elle ne s'éveilla pas. Elle resta paisiblement endormie. Il contourna le lit, déposa quelque chose sur la table de nuit et fit ce qu'il faisait le mieux partir.

Il leur restait à peine plus de vingt-quatre heures avant le grand départ, et il avait prévu de passer chaque minute loin d'elle. Le plus détaché possible.

Quand elle s'éveilla, Andy déplaça son bras de l'autre côté du lit. Elle trouva des draps vides et frais plutôt que la chaleur radiant du corps qu'elle espérait trouver près d'elle. Elle se redressa et vu les draps toujours en place. C'est à ce moment que la panique s'empara d'elle.

Il n'était pas rentré du tout.

Sortant du lit encore chaud, son attention fit retenue par quelque chose près du lit. Ses lèvres se courbèrent en un sourire, un immense sourire.

Sam lui avait apporté un globe à neige. Elle saisit la petite boule de verre dans ses mains et l'agita vivement. Les minuscules flocons de neige flottaient dans tous les sens quand elle redéposa le bibelot sur la table de nuit.

Au centre du globe se trouvaient une jolie maison de campagne et plusieurs arbres verts. Une image très près de la maison où elle se trouvait à cet instant précis. Du moins, ça ressemblait étrangement à ce qu'elle avait vu quand elle avait désespérément tenté de fuir.

C'était un geste très attentionné de la part de son ravisseur, mais également un geste accablement triste.

Sam tapotait la nourriture dans son assiette du bout de sa fourchette. Il avait apporté un couvert à Andy, mais elle était dans la douche quand il était entré dans la chambre. Il avait donc été obligé de laisser le repas sur la table de nuit.

Il avait été silencieux toute la matinée, ce qui irritait énormément Bobby. Il avait passé une bonne partie de la nuit sur le canapé de la salle de séjour, laissant ses pensées divaguer sur des sujets qu'il ne s'autorisait normalement pas. Il essayait, sans succès, d'orienter ses réflexions sur d'autres sujets, mais une seule personne hantait son esprit.

Il devait commencer à emballer les effets qu'il voulait apporter avec lui, mais il ne pouvait se résigner à descendre à la chambre, et mettre sa vie dans une boîte, pendant qu'Andy le regardait. Elle était la seule chose de laquelle il ne voulait pas se séparer, mais c'était impossible. Pas comme ça.

Quand les autres quittèrent la table, Bobby s'approcha, le visage plein de remords.

« Tu n'as toujours pas changé d'idée ? »

Elle ne supportait pas de voir Sam se refermer sur lui-même de cette manière.

« Non. » La réponse de Sam fut froide et sans conviction.

« Mais tu voudrais ? »

« Non, je ne veux pas. Elle n'appartient pas à ce genre de vie, elle n'a pas les épaules pour le supporter. »

Il avait prononcé ces mots à travers ses dents bien serrées.

« Demain, quand on part, elle reste. »

Sam remarqua que les yeux de Bobby avaient été attirés par un mouvement derrière lui. Andy était monté à l'étage au mauvais moment, juste à temps pour n'entendre que la fin de la conversation.

Elle n'était pas supposée de le savoir avant le tout dernier moment, le moment où il allait lui faire ses adieux.

Quand il se tourna, elle était partie.

Il sentit une main derrière sa tête alors que Bobby lui donna une légère tape.

« Suis-la Sam, elle n'avait pas besoin de l'apprendre comme ça… »

« Pas question » dit Sam alors que ses pieds le propulsaient vers la porte. Il s'empara de son manteau alors qu'il avait déjà un pied dehors, là où la neige couvrait le sol. L'air était lourd, même le son de ses pas ne semblait pas se résonner normalement.

Il retrouva Damian dans la grange. Il mettait les réserves de nourriture et d'essence dans les voitures. Ils allaient avoir une longue route à faire, et ils ne voulaient pas s'arrêter pour faire le plein. Trois millions de dollars en cocaïne ne méritaient pas de prendre le risque de s'arrêter dans une station-service.

Sam passa une dizaine de minutes à aider Damian avant qu'il ne s'adoucisse et abandonne ; il devait aller voir Andy.

Elle avait probablement compris qu'ils partaient le lendemain. Après tout, elle savait qu'ils s'étaient dépêchés de voler de nouvelles voitures, et elle avait certainement entendu ce qu'il avait dit à Bobby.

Sam la trouva à faire les cent pas dans la chambre. Elle semblait perturbée et ennuyée.

Ce n'est qu'après quelques secondes qu'il remarqua la bouteille qu'elle tenait à main. Auparavant, il y avait du whisky dans cette bouteille. Il avait complètement oublié qu'il lui en avait apporté une après la panne d'électricité. Et apparemment, elle avait jugé le moment idéal pour en vider le contenu.

« Toi » prononça-t-elle férocement quand elle s'immobilisa.

Il s'attendait à trouver Andy en colère, mais il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui lance la bouteille de verre à travers la pièce. Il esquiva le coup de justesse, puis entendit un fracas derrière lui alors que la bouteille frappa le mur.

« Andy… »

« Non Sam, ça va, j'ai compris. J'ai compris ce qui se passe. »

Sam se pinça l'arrête du nez. Ça s'annonçait plus difficile qu'il ne l'avait imaginé.

« Tu n'en as aucune idée Andy. »

« Aucune idée? Sam, la seule chose que je sais présentement, c'est qu'une fois le soleil levé, tu vas m'abandonner ici. »

Désormais, elle criait, et sa voie se coinça. Elle était vraiment en colère, mais elle était également bouleversée. Sam ignorait qu'elle était capable de crier si fort, il recula d'un pas.

« Ce n'est pas aussi facile que tu le dis. »

« Rendons ça plus facile alors » lança-t-elle en se dirigeant vers l'armoire. Elle attrapa une série de vêtements et les inspecta.

« Tu dois absolument prendre celui-là, le bleu te va si bien. Celui-ci également, tu l'aimes beaucoup, tu le portes à toutes les semaines. Ça, ça te tiendra au chaud… »

Au fur à mesure qu'elle sélectionnait des vêtements, elle lui lançait au visage, mais il ne fit aucun effort pour les attraper. Il les laissait plutôt retomber au sol en un froissement d'étoffe.

Il ne pouvait voir pas son visage, mais il n'en avait pas besoin. Il savait qu'elle pleurait.

Mais pourquoi pleure-t-elle dont ?

Soudainement, la voix de Bobby fit écho dans les souvenirs de Sam. L'allusion aux sentiments qu'éprouvait Andy à son égard déclencha en lui l'impression qu'il pourrait se mettre à pleurer sa vie tout entière sans même s'en soucier.

À cet instant, tout prenait un nouveau sens. Il comprenait pourquoi Bobby en était venue à cette conclusion, simplement en voyant Andy réagir de cette façon, comme si elle perdait.

Perdait la douce, calme et pausée Andy, alors qu'elle était devenue la passionnée mais en colère version d'elle-même.

« Andy, arrête. »

« Ça, tu auras besoin d'un manteau. »

« Andy ! »

Entendre son nom prononcé de cette façon, par lui, la fit hésiter, mais elle échappa un sanglot et se précipita vers la salle de bain.

Il essaya d'ouvrir la porte, mais elle était verrouillée.

« Andy, j't'en prie, ouvre la porte. »

À cet instant précis, Sam se détestait. Se détestait de lui faire vivre une situation pareille, se détestait de l'avoir gardé dans cette maison alors qu'il aurait pu trouver un arrangement avec Damien pour la laisser partir.

Elle aurait pu être devenue une vraie policière, célébrer son anniversaire, ou être sous la protection des témoins et être obligée de changer de vie. Mais elle n'avait pas souffrir.

Il avait été égoïste, et il en était conscient.

« Fiche le camp Sam. » Sa voix était vide et froide à travers la porte.

« Non, pas avant que … »

Avant quoi ?

Il ne rendait pas la situation facile.

« Andy ! »

Peut-être était elle seulement terrifiée ? Terrifiée à l'idée d'être abandonnée au milieu de nulle part ? Terrifiée à l'idée de ne pas être capable de retourner chez elle ? Terrifiée à l'idée qu'ils ne soient pas capables de la trouver quand elle les appellerait pour qu'ils viennent la chercher ?

Elle avait vécu avec beaucoup de peur et d'appréhension depuis qu'elle était parmi eux, et ce n'était pas terminé. Alors, peut-être que ces sentiments demeuraient au creux de son ventre.

« Vas-t'en. »

Sam laissa ses mains reposer sur la porte et ferma les yeux.

Elle voulait réellement qu'il parte, alors … il partit.


Fidèle à mon habitude, voici un extrait du prochain chapitre. Je vous préviens, c'est ... particulier!

Andy remarqua un bout de toile au sol, derrière le canapé. C'était une de ces toiles qu'ils utilisaient pour couvrir un corps inerte.

Sans même le réaliser, Andy se dirigea vers cette toile jaune, ses jambes vacillant sous son poids alors qu'elles la propulsaient à l'autre bout de la pièce. C'était comme si le temps s'était arrêté, tout autour d'elle semblait tourner au ralenti.

Elle entendit, au loin, quelqu'un appeler son nom et une paire de mains s'empara d'elle afin de la retenir et la maintenir en place. Elle ne pouvait pas entendre les paroles de la personne à qui appartenaient les mains en question. Elle ne pouvait qu'entendre le son de son propre cœur résonner.

Mise à part le tambour qu'elle avait dans les oreilles, elle n'entendit qu'un autre son : le nom de Sam qui sortait de sa bouche à répétition alors qu'elle l'hurlait.