Bonjour à tous,

Encore une fois, c'est un réel plaisir de lire vos commentaires. J'aprécie énormément.

Bonne lecture :)


« Attends … QUOI? Mais avec qui ? Comment c'est possible, t'étais… Oh ! »

Andy s'attend à une réaction. Elle connaissait suffisamment Traci pour savoir qu'elle réagirait de la sorte.

« Je te le jure, ce n'était pas intentionnel. »

« Andy, ne sois pas trop dure avec toi-même, tu étais séquestrée. »

« Non, tu ne comprends pas, c'est juste arrivé, comme ça. J'ai cru, il y a environ trois jours que c'était le cas, mais quand les forces spéciales sont arrivées, il y a eu des coups de feu, et j'ai vu cette couverture, et j'ai cru que … Mais finalement il était là, et vivant et… »

« Andy. Andy, tout rentera dans l'ordre demain matin. Tu as simplement besoin de te reposer. »

« Traci, tu ne comprends pas. Ça ne disparaîtra pas comme ça. »

Et ça ne s'améliorera pas non plus. Cette fois-ci Andy garda son commentaire.

Andy avait toujours eu un faible pour les bad-boys, mais là, elle battait tous les records.

Cette fois, c'était différent. Ça ressemblait à la vraie chose. Et elle ne pouvait s'en sortir en un claquement de doigts.

Le sergent Best, et les officiers Williams et Shaw passèrent chez Andy le jour suivant. Ils étaient tous souriants et accueillants.

Luke passa également, apportant avec lui un immense bouquet de fleurs. Bien que très attentionné de la part du détective, les fleurs sentaient plus le détergent que le printemps. Andy les jeta à la seconde où Luke repartit.

Elle avait été convoquée à la station pour faire sa déposition. Elle devait passer sur l'heure du dîner pour raconter en détail les derniers mois. Elle devait revive chaque instant une fois de plus, aussi douloureux que ce-soit.

Elle était complètement épuisée. Elle n'avait pas réussi à dormir de toute la nuit. D'abord, elle avait eu toute la misère du monde à s'assoupir. Elle avait tourné dans tous les sens, essayant de calmer l'angoisse au creux de son ventre. Une fois endormie, son sommeil était tourmenté de cauchemars impliquant Sam et des coups de feu.

Elle avait fini par abandonner. Elle avait plutôt écouté la télévision jusqu'à ce que le soleil se lève derrière les nuages.

Elle s'habilla chaudement et sortit affronter le froid. Le ciel était parsemé de flocon de neige, mais la température était tolérable. Elle aimait énormément cette température, même si le froid rendait son nez rouge.

Plus elle approchait de la quinzième division, plus elle trainait ses pieds sur la neige avec appréhensions. Elle n'était pas prête à raconter, à voix haute, tout ce qui s'était passé. Elle savait qu'elle n'avait pour des heures d'interrogatoires et questionnements.

Par contre, elle savait également qu'elle garderait certaines informations pour elle, à moins d'une nécessité absolue.

Quand la policière entra dans la station, une bouffée de chaleur l'enveloppa. L'odeur et les sons environnants lui avaient particulièrement manqué.

Elle croisa Chris, Dov et Gail dans le hall d'entrée. Aussitôt, ils l'entourèrent tour à tour de leurs bras chaleureux, lui souhaitant la bienvenue. Ils n'avaient pas changé dans les huit semaines qu'elle avait été absente.

Après cet accueil tant attendu, Andy se calma légèrement. Elle se dirigea vers les vestiaires, afin de voir ce qu'elle avait laissé dans son casier. En ressortant de la pièce, elle entendit la voix de son instructeur lancer avec enthousiasme :

« Sammy, c'n'est pas vrai ! »

Pour une raison inconnue, les pieds d'Andy se fixèrent au sol, l'empêchant de se déplacer.

« Ollie. »

Cette voix… Andy avait l'impression qu'elle était sur le point d'exploser.

« Content que tu sois de retour. »

« Contente de l'être. »

Quoi ? De retour, menottes aux poignets… Qui serait heureux de ça ?

Elle n'avait pas l'intention d'écouteur leur conversation, mais elle ne pouvait s'en empêcher.

« J'ai entendu dire que tu as retenu ma bleue captive ? »

« Ta bleue ? »

« Ouais, McNa… »

Sam se racla la gorge bruyamment, indiquant que la conversation était terminée.

« Oh-ho » dit Oliver avant qu'Andy ne se replie de nouveau dans les vestiaires.

Mais que se passe-t-il ? S'interrogea Andy.

Elle essaya d'assembler les pièces de casse-tête. Sam connaissait son instructeur.

Était-il un habitué ? Avait-il été arrêté si souvent que le personnel le connaissait par son prénom, et lui le leur ?

Quelques minutes plus tard, Traci entra dans les vestiaires et trouva Andy assise sur un banc. Luke savait qu'elle était quelque part dans la station mais ne pouvait la trouver.

Andy évita de son mieux de répondre à la question de sa meilleure amie. Chaque fois que Traci lui demandait : « T'es sûr que ça va ? », elle répondait à l'affirmative, mais sans conviction.

Les deux meilleures amies se dirigèrent vers la salle d'interrogatoire. Une fois devant la porte, Traci donna à Andy un câlin d'encouragement et s'éloigna doucement.

Andy ouvrit la porte et trouva Luke qui l'attendait, caméra et micro en fonction. Quand elle prit place dans la pièce entourée de miroirs, il lui demanda :

« Pour l'enregistrement, SVP, identifies-toi et précise ta profession. »

« Andy, Andréa McNally, recrue à la quinzième division, Service de police de Toronto. »

Après trois heures d'interrogatoire, Luke lui offrit de prendre une pause, ce qu'elle accepta avec soulagement.

Elle quitta la salle d'interrogatoire et se dirigea d'instinct vers la machine à café. En se retournant, elle fit une fois de plus transformée en statue de sel.

Elle avait entendu sa voix plus tôt dans la journée, mais cette fois-ci il était là, en chair et en os. Il était dos à elle, alors qu'il parlait avec Bobby.

Ok, ça, c'est vraiment étrange.

Peut-être qu'elle avait dénoncé l'importance de la participation et du leadership de Damian contre une carte blanche ?

Même si elle se tenait à plusieurs mètres d'eux, Andy voyait les larmes couler sur les joues de la jeune femme. Sam les essuya avec ses pouces avant de la serrer dans ses bras.

QUOI ?

Soudainement, Andy comprit pourquoi Bobby lui avait lancé de sévères avertissements quant à ses sentiments envers lui.

Andy observa l'échange entre les deux personnes, les sourcils froncés et le visage déconfit.

L'échange semblait si intime et si personnel. Ils avaient clairement été libérés, ils étaient libres de partir. Qu'est-ce qui les retenait ?

Elle vue Bobby chuchoter quelque chose à Sam, alors qu'il répondit de la même façon. Leurs deux corps étaient si proches.

« Andy ! »

La voix de Luke résonna dans ses oreilles. Le ton qu'il employait laissait sous-entendre que ce n'était pas la première fois qu'il essayait d'attirer son attention.

« Oui ? »

« On reprend ? »

« Oui bien sur, désolée. »

« Ce n'est pas supposé être si difficile. »

La voix de Bobby était si dévasté par la tristesse que le cœur de Sam se fendit en deux.

Il savait exactement ce qu'elle voulait dire. Il savait exactement ce que c'était d'avoir quelque chose l'instant d'un respire et que cette chose disparaisse le respire suivant.

Quoiqu'il n'ait jamais vraiment « eu » Andy, pas techniquement…

« Est-ce que c'est normal que ça fasse si mal ? » Elle pleurait, tellement que son corps était pris de soubresauts.

Elle aimait réellement Damian, même s'il était du type « sans-cœur ». En fait, elle faisait de lui quelqu'un de plus équilibré.

« J'sais pas » dit Sam, la serrant un peu plus fort. Les larmes de Bobby lui coulaient directement sur l'épaule, mais il ne s'en préoccupa pas. Elle avait nettement plus besoin de réconfort que lui d'un gilet sec.

« Tu récents la même chose, n'est-ce pas ? » marmonna-t-elle quand elle sentit Sam hocher la tête.

« Je ne comprends pas pourquoi tu l'as laissé partir. »

« Parce que… c'était la bonne chose à faire. »

Il s'était lui-même questionné sur la véracité de cette affirmation.

« Sam, je sais que ce l'était. Mais ce que tu récents, c'est puissant et indéniable. Et elle également, j'ai vu la même chose que toi tu sais. Sa réaction quand elle a cru que tu étais sous cette couverture, ça ne trompe pas. »

Il n'y avait aucune chance qu'il ait pu oublier. Le cri de désespoir qu'elle avait lancé lui avait littéralement déchiré le cœur.

« Tu as l'occasion de tout arranger maintenant. »

« Non, ça n'arrivera pas. »

« Sam ! »

Elle se recula légèrement, et le regarda directement dans les yeux.

« Arrête s'il-te-plaît. Je ne sais pas pourquoi ni comment tu as fait pour la laisser partir, alors que tu la désirais si ardemment. »

Elle semblait furieuse.

« Par ce que tout est basé sur un mensonge. Parce que TOUT est un mensonge. »

« Merde ! T'es tellement têtu parfois… Sérieusement ! »

Elle se recula encore un peu, et ses yeux se transformèrent en pierres alors qu'elle vue quelque chose au-dessus de l'épaule de Sam.

Simplement en voyant l'expression faciale de Bobby changer, il savait exactement ce qu'elle venait de voir, ou plutôt qui elle venait de voir.

« Mais qui c'est celui-là ? »

Sam se tourna juste à temps pour voir le détective Callaghan ouvrir la porte d'une salle d'interrogatoire pour Andy. Il avait la main placée au creux de son dos, démontrant une proximité plus que professionnelle, alors qu'il la guida à l'intérieur.

À cet instant précis, Sam était très heureux de la façon dont les choses s'étaient déroulées, sans complications.

Sam se força à rapporter son attention sur Bobby plutôt que sur le corridor désormais vide. Une fois de plus, en voyant l'expression faciale de cette dernière, il savait que ses pensées étaient sur un tout autre sujet.

« C'est la vie en prison Sam. » Avec ces mots, il comprit que la réalité allait les rattraper plus vite qu'il ne s'en était douté.

« Je sais, mais c'est ce qu'il a choisi. »

D'une certaine façon, Damian était un bon gars, mais d'une autre, il était le diable réincarné.

« Comment est-ce que je suis supposée faire maintenant ? Sans lui… ? » La voix de la jeune femme se brisa de nouveau.

« J'en ai aucune idée, mais tu vas bien trouver. Puis, moi je suis encore là. »

Ces derniers mots dessinèrent un léger sourire sur ses lèvres.

« Ouais, tu es encore là. » acquiesça-t-elle en penchant la tête vers la porte.

Elle était prête à partir, à retourner à la maison. Sam acquiesça à son tour et ouvrit la porte.

La maison.

C'était tout ce dont il avait envie pour l'instant.


Pour le prochain extrait, je vous laisse sur la définition du syndrome de Stockholm. Andy aura beaucoup de questions dans le prochain chapitre...

Le syndrome de Stockholm, ou association au ravisseur, est un phénomène psychologique dans lequel un otage développe de l'empathie, de la sympathie, et des sentiments positifs vers leurs ravisseurs, parfois au point de prendre leur défense. On considère généralement ces sentiments irrationnels à la lumière du danger ou risques supporté par les victimes, qui se confondent essentiellement un manque d'abus de leurs ravisseurs avec un geste de bonté. L'agence de protection du FBI montre qu'environ 27 % de victimes démontrent la présence du syndrome de Stockholm.

On peut voir le syndrome de Stockholm comme une forme de liens traumatisants, qui n'exige pas nécessairement de scénario d'otage, mais qui décrit "les liens émotionnels forts qui se développent entre deux personnes où une personne harcèle par intermittence, bat, menace, abuse, ou intimide l'autre." Une hypothèse généralement utilisée pour expliquer l'effet de syndrome de Stockholm est basée sur la théorie freudienne. Il suggère que le lien soit la réponse de l'individu au trauma de devenir une victime. L'identification avec l'agresseur est une façon par lequel l'ego se protège. Quand une victime croit aux mêmes valeurs que l'agresseur, il ne devient plus une menace.