Bonjour tout le monde!

Nous y voilà... Le chapitre que je sais certains d'entre vous attendez avec impatience. Je suis certaine que vous allez adorer...

Bonne lecture, et n'hésitez pas à me laisser vos impressions.


Ils passèrent des heures à couvrir tout, chaque infime et insignifiant détail. Même si les questions étaient difficiles, même si elle lui donnait l'impression d'être une suspecte, elle répondait le plus franchement possible. Elle se colla le plus possible à la vérité, comme ça, elle ne sentait pas le besoin de mentir.

Elle évita seulement de parler de sa relation avec Sam.

Quand elle sortit, elle ne vit ni Traci, ni Dov, ni Chris. Il était tard, et probablement très froid dehors. La nuit était tombée, et elle se sentait beaucoup trop exténuée pour marcher.

Andy accepta donc sans hésitation quand Luke lui proposa de la reconduire chez elle.

À l'instant où ils se trouvèrent devant le condo d'Andy, elle remercia Luke de sa générosité et sortie de la voiture à toute vitesse. Il la regardait comme s'il attendait quelque chose, mais elle n'avait aucune envie qu'il se passe quoi que soit. Elle lui sourit et referma la portière avant de s'éloigner.

Elle gravit les escaliers et débarra sa porte avec soulagement, heureuse d'être enfin chez elle. Elle alluma la lumière d'appoint de son hall d'entrée, retira son manteau et l'accrocha près de la porte. Elle se dirigea ensuite vers la cuisine, elle avait décidément besoin d'un vrai « bon » café et d'un repas consistant. Elle tourna l'interrupteur afin qu'une douce lumière illumine son air de travail.

Juste là, sur le comptoir, se trouvait son globe à neige, reflétant parfaitement la lumière.

Le globe à neige que Sam lui avait donné pour son anniversaire. Celui-là même qu'elle avait laissé derrière, sur la table de nuit dans la maison de campagne.

Elle devina sans trop d'efforts que Sam était venu le déposer là. Il était le seul à en connaitre l'existence. Cela signifiait qu'il était entré chez elle, qu'il avait envahi son espace personnel dans le seul but de lui rendre.

Malgré cette idée qui lui trottait dans la tête, Andy ne se sentait pas trahie ou même en danger. En fait, plus elle regardait le globe et la petite maison qui s'y trouvait, plus elle ressentait… ça. Cet indescriptible sentiment qu'elle ressentait depuis un moment déjà. Ce qu'elle avait stupidement évoqué à voix haute avec Traci. Ce fameux grand A.

La jeune policière était en arrêt de travail, jusqu'à ce que la psychologue l'autorise à retourner sur le terrain. C'était une procédure standard, mais c'était de loin une nécessité étant donné les circonstances.

Le sergent Best l'avait d'ailleurs rassuré qu'en aucun moment sa carrière n'avait été en jeu, et qu'elle ne le serait pas. Elle était libre de prendre le temps dont elle avait besoin.

Elle passa alors les premiers trois jours à dormir, ensuite de quoi, elle passa plusieurs soirs à rattraper le temps perdu avec son père ainsi qu'avec Traci et Leo. Après quelques jours, c'était comme si elle n'était jamais partie.

Par contre, chaque fois qu'elle se retrouvait seule, elle se surprenait à analyser la situation dans tous les sens. Elle se demandait régulièrement ce que Sam était en train de faire, où était Bobby.

Étaient-ils d'une quelconque façon … ensemble ?

Peu importe les efforts qu'elle faisait pour faire taire ces pensées, il n'y avait rien à faire. Elles l'hantaient continuellement. Elle nettoya son condo de fond en comble, elle alla faire des courses, n'importe quoi pour garder son esprit occupé.

Ce jour-là, c'était son premier rendez-vous avec la psychologue, une semaine après son retour à la maison. Elle quitta la clinique totalement irritée, voire même en colère.

Elle n'avait eu d'autres choix que de parler de sa vie au sein d'un groupe de criminels. Elle avait apparemment parlé de Sam, puisqu'en bonne thérapeute, la docteure avait toute suite accrochée sur ce sujet. Elle avait essayé de la faire parler un peu plus, jusqu'à ce que la séance soit terminée. Elle lui avait même demandé si elle avait déjà entendu parler du syndrome de Stockholm.

Andy était soudainement perdue, et confuse.

Elle marcha jusque chez elle, perdue dans ses pensées alors que ses bottes résonnaient sur la neige, pas après pas.

Une fois dans la chaleur de son logis, elle ouvrit son ordinateur et tapa ce fameux syndrome dans Google. Plus elle y pensait, plus elle espérait que ça puisse expliquer pourquoi elle ressentait autant de chose à la fois.

Ces choses qui ne devraient pas être là, ces choses qu'elle ne voulait pas qui soient là, qu'elle ne voulait pas ressentir.

« Le syndrome de Stockholm, ou association au ravisseur, est un phénomène psychologique dans lequel un otage développe de l'empathie, de la sympathie, et des sentiments positifs vers son ravisseur, parfois au point de prendre sa défense. On considère généralement ces sentiments irrationnels à la lumière du danger ou risques supportés par une victime, qui confond essentiellement un manque d'abus de son ravisseur avec un geste de bonté. L'agence de protection du FBI montre qu'environ 27 % de victimes démontrent la présence du syndrome de Stockholm.

On peut voir le syndrome de Stockholm comme une forme de liens traumatisants, qui n'exige pas nécessairement de scénario d'otage, mais qui décrit "les liens émotionnels forts qui se développent entre deux personnes où une personne harcèle par intermittence, bat, menace, abuse, ou intimide l'autre." Une hypothèse généralement utilisée pour expliquer l'effet de syndrome de Stockholm est basée sur la théorie freudienne. Il suggère que le lien soit la réponse de l'individu au trauma de devenir une victime. L'identification avec l'agresseur est une façon par lequel l'ego se protège. Quand une victime croit aux mêmes valeurs que l'agresseur, il ne devient plus une menace. »

Heu ! Pardon ?

Le résultat de sa recherche ne lui donna pas les réponses espérées. Elle n'était définitivement pas convaincue de souffrir de ce syndrome.

Elle ne partageait pas les mêmes valeurs que Sam. Elle savait faire la distinction entre le bien et le mal, et elle savait également que leurs opinions divergeaient. Elle ne ressentait pas de la sympathie pour lui. Elle ne ressentait même pas de la pitié pour lui.

Sa lecture ne lui avait même pas révélé ce qu'elle était supposée ressentir maintenant qu'elle n'était captive, qu'ils étaient séparés, et que ces satanés sentiments étaient toujours présents. Qu'était-il arrivé à l'article qui a pour sujet « Après que vous ayez découvert que vous souffrez du syndrome de Stockholm… » qu'elle essayait désespérément de trouver.

Mais il y avait également autre chose.

Elle n'était pas capable de deviner, de comprendre pourquoi il était à la station quand elle avait fait sa déposition. Pourquoi il était connu par son prénom.

« Vas-tu arrêter ? » grogna Sam avec irritation.

Elle refusait de laisser tomber.

« Sammy, admet le, et je vais te laisser tranquille. »

Elle avait la tête sur son épaule, et le prénom d'Andy sur les lèvres – encore.

Elle n'était pas du genre à abandonner.

« Je vais prendre un verre. » dit Bobby en se levant.

« Parfait, bonne soirée. » répondit Sam avec un demi-sourire.

Elle s'éloigna, sachant très bien qu'il ne la suivrait pas.

Elle trouva le condo d'Andy avec assez de facilité. Elle vivait dans un bon quartier.

Bobby avait supplié Oliver de lui donner son adresse. Il capitula quand elle lui expliqua pourquoi elle en avait besoin.

Andy ouvrit la porte, et resta si surprise qu'elle eut peine à respirer. Elle ne pouvait pas en croire ces yeux. Bobby se tenait là, devant elle.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

Wow, sa voix peut être glaciale quand elle veut ! Songea Bobby.

« Te parler, t'expliquer ? »

« Je crois que tu en as assez fait. »

Andy n'avait vraiment pas envie de jouer.

« Écoute, Andy je suis désolée. Ce n'était pas supposé de …»

« De quoi? De détruire ma vie ? De m'empêcher de devenir une vraie flic ? De me briser le cœur ? De me faire peur ? De me demander à chaque seconde si j'allais me faire tirer une balle en pleine tête ? »

Sa colère jaillissait à travers sa voix. C'était définitivement comme ça qu'elle se sentait. Avant, et à ce moment-là également.

Andy ne bougea pas d'un centimètre, elle garda les bras croisés. Bobby n'était clairement pas la bienvenue.

« Rien de tout ça, et Sam … »

« Je m'en fiche d'accord. Alors … vas-t-en. »

La porte claqua sous le nez de Bobby, mettant fin à leur brève conversation.

Andy avait trois autres rendez-vous avec la psychologue avant d'être autorisé à retrouver au travail. Elle développa une certaine habileté à mentir. Elle en était venue à la conclusion que c'était mieux pour tout le monde si elle disait à cette femme ce qu'elle voulait entendre. Si elle admettait avait fait une erreur.

Elle avait même été jusqu'à dire qu'elle ne se sentait plus si mélangée, que ces sentiments étaient disparus.

Mais ce n'était qu'un pur mensonge.

Elle essayait même de se convaincre que c'était la vérité. Elle se le répétait à tous les jours. Il ne lui restait plus qu'à y croire.

Elle était de retour en uniforme trois jours plus tard. Le sergent Best l'accueilli chaleureusement.

À la fin de la parade de début de journée, il lui demande de se lever, devant tous ses pairs. Puis, il s'approcha d'elle avec des ciseaux.

Il s'apprêtait certainement à lui retirer son statut de recrue, ou il allait lui permettre de le faire elle-même.

Andy tendit la main afin de prendre les ciseaux avec un immense sentiment de fierté. Avec un aussi grand sourire, elle saisit sa cravate et en un seul mouvement, elle la coupa en deux. Avec satisfaction, elle relava les yeux vers ses collègues. Ses yeux accrochèrent immédiatement ceux de Sam au fond de la pièce.

Non mais… il est décidément partout celui-là !

Quoi ? Pourquoi est-ce qu'il assiste à la parade ?

Andy se tourna un instant pour remettre les ciseaux au sergent Best. Quand elle retourna son attention vers le fond de la salle, il était parti.

« Qui c'est ? » demanda-t-elle à Traci alors qu'elles se dirigeaient vers les vestiaires pour aller chercher une nouvelle cravate.

Elle avait été absente pendant un bon moment, alors demander à une tierce personne qui il était et ce qu'il faisait là était certainement la meilleure façon d'en avoir le cœur net, sans éveiller aucun soupçon.

« Il est beau n'est-ce pas ? C'est Sam Swarek. C'est un membre de l'unité anti-gagne. Il a été transféré ici après avoir fait une mission d'infiltration de plusieurs mois. Apparemment, c'en était pas une facile. »

Sérieusement ? Sam était un POLICIER ?

Cette pensée la fit frissonner.

Elle avait l'étrange impression que l'univers prenait un malin plaisir à rendre sa vie misérable, comme si elle était destinée à souffrir indéfiniment.

Au moins, son nom était Sam. Il n'avait pas menti sur cet aspect.

Swarek, ça lui allait bien.

« Andy, est-ce que ça va ? »

« Ouais, absolument. » répondit Andy en tentant de déverrouiller son casier.

« Qu'est-ce que tu ne me dis pas ? »

Elle aurait dû s'en douter. De toutes les personnes qu'elle connaissait, c'était certainement Traci qui lirait à travers son mensonge.

Elles étaient inséparables depuis l'académie et Traci la connaissait mieux que personne. Mieux qu'elle-même la majorité du temps.

« Rien Trace. Ce n'est pas important. »

« Oh ! Attends… C'est lui n'est-ce pas ? »

Comment elle fait pour toujours tout savoir ? songea Andy.

« Wow !» dit calmement Traci en s'assoyant sur le banc situé entre les ranger de casiers.

« Ouais … » répondit-elle en ouvrant finalement la porte de son casier et en y entrant la tête pratiquement au complet.

« Je vais t'attendre dans la voiture. » affirma soudainement son amie.

Andy s'apprêta à lui demander pourquoi quand elle se retourna pour regarder par-dessus son épaule. Elle se trouva plutôt face à face avec Sam. Il se tenait là, au centre des vestiaires féminins, à la regarder fixement.

« Alors, tu es finalement une vraie flic. »

Il essaya d'accompagner sa phrase maladroite par un sourire. Mais son cœur n'y était pas vraiment.

« Ouais. »

Andy se retourna vers son casier et changea de cravate sans ajouter un seul mot.

« Andy … »

« Arrête… Tu n'as pas besoin de … »

La voix de la jeune femme n'était pas aussi convaincante qu'elle ne l'avait espéré.

Il n'avait pas besoin de faire quoi que ce soit, de dire quoi que ce soit.

« Écoute, je suis désolé. »

Il s'était approché, mais restait hors de vue grâce à la porte du casier encore ouvert.

« Moi aussi. » répondit sèchement Andy en refermant la porte qui la séparait de lui. Elle le contourna et cette fois, c'était elle qui s'éloigna, le laissant seul au centre de la pièce.

« Andy. »

Elle s'arrêta suffisamment longtemps pour se retourner, une main sur la poignée de la porte qui lui permettrait de s'enfuir.

« Je suis vraiment désolé, pour tout. »

« Ça n'a pas d'importance Sam, RIEN n'a d'importance. »

Sam la regarda disparaitre derrière la grande porte grise. Il ne s'attendait pas à moins comme réaction. Il voulait lui expliquer, il voulait s'excuser. Il y avait tellement plus que ce qu'elle savait déjà. Le policier savait au fond de lui qu'elle n'allait pas lui laisser cette chance de sitôt.

« Ça va ? » demanda Traci quand Andy s'assit à ses côtés dans la voiture de patrouille.

« Non. »

Andy n'essaya même pas de mentir cette fois.

« Alors, qu'est-ce qu'il t'a dit ? »

« Qu'il était désolé. »

« Et ? »

Andy roula les yeux face à la curiosité de son amie. C'était d'ailleurs ce qui faisait de Traci une si bonne flic.

« J'ai dit ça n'avait pas d'importance ? »

Ce n'était pas supposé être une question …

« Andy, c'est le même gars non ? Celui de la banque ? »

Andy acquiesça silencieusement.

« Ce même gars dont tu m'as dit être tombée amoureuse ? »

Andy acquiesça de nouveau.

« C'était la première et la seule fois que je t'ai vue avoir une quelconque attirance émotionnelle envers quelqu'un Andy. Nous sommes amies depuis un moment déjà, et tu n'as pas l'air d'avoir eu juste envie de coucher avec. Ça ressemble à … plus ? »

Personne ne devrait mettre en doute l'intelligence de cette femme.

« Je sais. Mais c'est que … C'était là quand nous étions là-bas, mais là nous ne sommes plus là-bas, nous sommes ici, dans la vraie vie. »

« Et tu me dis que ce n'était pas assez réel pour toi là-bas ? Que tu n'as pas l'impression d'être une épave ? Parce que si c'est le cas, laisse-moi te dire une chose… Tu l'es ! »

Un puissant soupir sortit des poumons d'Andy. Elle avait réussi à se convaincre qu'elle était sur la bonne voie depuis qu'elle avait commencé à se répéter à tous les jours que c'était simplement dû au syndrome de Stockholm.

Rien n'allait plus.

Sam lâcha un juron silencieux et prit deux secondes de solitude pour se ressaisir. Il avait l'irrévocable envie de la rattraper et de la menotter à quelque chose, simplement pour la forcer à écouter. Mais il savait que ça ne fonctionnerait pas. C'était d'ailleurs ça qui les avait menés dans cette impasse.

Il croyait que le regard qu'elle posait sur lui quand il était Sam-le-criminel était difficile à accepter, mais le regard qu'elle revêtait quelques instants plus tôt était une toute autre histoire. Il revoyait son visage quand elle lui avait dit que ça n'en valait pas la peine. Son ventre se retourna quand il constata le niveau élevé de dégoût et de répulsion qui y était affiché.

Malgré tout ça, ce qui était pire encore, c'était l'éclair de trahison qui lui avait traversé les yeux quand elle avait finalement daigné le regarder. C'était comme s'il lui avait arraché une partie de sa naïveté.


Contrairement à mon habitude, cette fois, ce n'est pas un extrait du prochain chapitre qui vous attends (je n'étais pas capable de trouver un passage adéquat) mais plutôt une situation globale.

Alors, dans le prochain chapitre, Sam confrontera Andy ... Sera-t-elle être capable de l'écouter jusqu'à la fin? :)