On continue avec Katryn.
Colinou : Ce n'est pas plus mal. Si Merlin savait tout depuis le début, ce serait bien moins drôle. Et comme tu dis, il est assez badass comme ça !
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Chapitre 73: Fraternité Réunie ~Partie 2~
Ce fut à la vue de Katryn arrangeant un vase de fleurs, que Gwen retourna dans ses appartements peu de temps après. La semi-dryade les regardait presque tristement, ses doigts caressant doucement leurs tiges comme avec regret. Et il semblait presque qu'elle n'avait pas remarqué l'arrivée de sa maîtresse, jusqu'à ce qu'elle dise doucement :
"Ca me fait toujours me demander, pourquoi les humains coupent les fleurs et les installent pour qu'elles fanent dans des jarres d'eau... comme si faire cela allait vraiment prolonger la vie des fleurs."
Gwen sourit et la rejoignit, heureuse de voir que sa servante était enfin levée et en forme.
"Arthur a fait monter celles-là pour moi, pour me souhaiter la bienvenue à la maison. C'est une sorte de tradition humaine de donner quelque chose de joli à la femme qu'on aime. Je suppose que les fleurs sont ce qu'on donne généralement, juste parce que leur beauté est tellement fugace. Nous lui accordons plus de valeur ainsi."
Katryn la regarda, avant de reporter son regard sur les fleurs.
"Tout de même, c'est dommage. Si celles-là étaient toujours sur leur plante mère, je pourrais les garder fleuries pendant des semaines au lieu des quelques jours qu'elles dureront dans ce vase."
L'expression de Gwen se fit songeuse, avant de sourire de nouveau.
"Alors pourquoi je ne ferais pas en sorte que des plantes, en pot, soient montées ici. Nous pourrons les mettre sur de petites tables près des fenêtres pour qu'elles aient beaucoup de lumière, et ce serait comme si une petite partie de la forêt était entrée ici."
Katryn lui rendit son sourire, un sourire qui brillait chaleureusement de gratitude.
"Ca me plairait bien."
Elle toucha du doigt une fleur qui commençait à s'affaisser, celle-ci se redressant sous les yeux de Gwen. Elle alla ensuite suspendre son châle près de la porte, et remarqua ensuite que les chaussures de sa servante avaient des traces de terre.
"Est-ce que tu es sortie ?"
Katryn se retourna vers elle, son expression ne trahissant aucune de ses pensées pour cacher son état précédent.
"Je voulais un peu d'air, dans la forêt. Merlin m'a gentiment escortée."
Elle marqua une pause, réfléchissant à quelque chose avant de décider que ça ne ferait pas de mal de le dire.
"Je communiais avec la terre quand il m'a imitée par curiosité... Il a apparemment un talent inné pour manipuler l'énergie de la terre de la même façon que moi. Il s'en est servi pour me redonner toute mon énergie, donc ma magie Dryade est de nouveau à son maximum."
Gwen soupira doucement, hochant la tête.
"Il est comme ça. Rapide à apprendre tout ce qui concerne la magie, et tout aussi rapide à l'utiliser pour aider les autres."
Sa servante regarda par la fenêtre, décidant de ne pas élaborer plus loin que ce que Merlin considèrerait probablement comme une affaire privée.
"En effet... C'est un homme très intrigant."
Gwen fit signe à Katryn de la suivre, et se dirigea vers la porte.
"Eh bien tout le monde est de nouveau tranquille, alors peut-être que je devrais te présenter convenablement à Arthur. Il attend dans la Salle du Conseil. Elle est vide à cette heure, quand aucune réunion n'est demandée."
Elle se dirigea vers la porte, suivie par sa servante. Toutes deux descendirent au rez-de-chaussée afin de couper par la cour centrale, leur passage remarqué par deux chevaliers qui musardaient près des portes.
Gauvain observa Katryn d'un air spéculateur, son sourire caractéristique sur le visage.
"C'est une sacrée beauté, non ? La servante de Gwen. Je me demande où Fyren a trouvé une belle femme comme elle."
Perceval regarda son ami du coin de l'oeil, vaguement amusé.
"Tu as entendu ce qu'elle est, non ? C'est une semi-dryade ; un esprit des bois, une fée de la forêt. Je pense qu'elle est probablement trop bien pour toi."
Gauvain lui rendit son regard, sourcil levé.
"Quand même, y a pas de mal à espérer, hein ?
- Je ne crois pas que 'espérer' aura une grande influence sur la question."
Les deux chevaliers se retournèrent, pour découvrir que Gaius revenait de ses rondes et avait vu Gauvain l'amoureux des tavernes admirer Katryn. Et l'opinion du vieil homme homme sur la question fut donnée assez platement.
"D'après ce que j'ai compris, elle a plus de quarante ans, ce qui est jeune selon les standards des Dryades. Même en tant que Semi-Dryade, elle peut s'attendre à vivre au moins trois cents ans. Alors je doute qu'elle s'intéresse beaucoup à vous. Pour l'instant elle est entièrement dévouée à veiller et protéger Gwen, et le sera probablement aussi longtemps que Gwen vivra."
Le visage de Gauvain se figea dans une expression de surprise, son regard ébahi suivant le passage de Gaius jusqu'à ce que Perceval donne un coup de coude dans les côtes de son camarade chevalier.
"Je t'avais dit qu'elle était trop bien pour toi."
Ignorantes de cette petite scène, Gwen et Katryn continuèrent vers la Salle du Conseil, où elles trouvèrent Arthur en train d'attendre avec un petit repas préparé pour tous les trois.
Il se tourna pour leur faire face quand elles entrèrent, souriant une salutation.
"Je suis content que vous ayez pu venir. J'avais hâte de vous rencontrer convenablement, Katryn."
Katryn demeura silencieuse, faisant une révérence gracieuse avant de prendre le siège à la gauche du roi quand Gwen le lui désigna. Sa fiancée prit la chaise à sa droite, tandis que sa servante s'installait.
"Je suis également honorée. Ma Dame m'a parlé de vous avec beaucoup d'affection, et m'a dit à quel point vous êtes un homme bon."
Arthur s'assit, prenant une gorgée dans sa coupe après avoir fait signe aux deux gardes solitaires de la pièce. Quand ils furent partis, il déclara :
"Gwen m'a dit que vous êtes semi-dryade. Je dois dire que je n'en ai jamais entendu parler auparavant. Ce doit être dur pour vous, de n'être ni humaine ni une Dryade. Coincée entre les deux."
Katryn lui adressa un long regard, prenant un moment pour interpréter ses remarques comme de la compassion.
"Je ne trouve pas cela plus difficile que, j'en suis sûre, beaucoup d'humains ordinaires ne trouvent leur vie. Être ce que je suis a ses handicaps, mais ça a aussi ses avantages. Mes capacités me permettent de mieux protéger Guenièvre, même si je dois régulièrement passer du temps dans les bois pour que ces pouvoirs restent forts."
Elle regarda vers les fenêtres.
"Et Camelot est honorée de forêts luxuriantes, dont l'une est autour de cette ville. Ainsi, je n'ai pas besoin de m'éloigner d'elle pour m'occuper de cette nécessité."
Arthur la regarda étrangement pendant quelques secondes, comme s'il ne s'attendait pas à une réponse si formelle dans un environnement si privé. Mais il se remit rapidement, et hocha la tête.
"Alos permettez-moi de vous exprimer ma gratitude de veiller sur elle. Merlin a, assez injustement, été chargé de la protéger pendant un certain temps. Avec ses autres devoirs, cette protection s'est avérée avoir assez de failles pour que Morgane en exploite les faiblesses. Il s'en veut, même si c'étaient mes propres attentes irréalistes envers lui qui ont mené à cela, soupira-t-il. J'aimerais également faire savoir que le Roi Fyrendir et moi allons conclure un accord qui protègera tous les Boiscoeurs de Dryades dans nos deux royaumes. Ces zones seront déclarées définitivement hors-limites pour toute forme de coupe de bois, et les Dryades elles-mêmes seront déclarées protégées."
Des yeux bruns le regardèrent solennellement, avant que Katryn n'acquiesce et ne s'autorise enfin un petit sourire reconnaissant.
"Je vous remercie pour votre générosité, et pour la garantie que des tragédies comme celle qui m'a coûté ma mère et mon arbre ne seront pas répétées sur ces terres. Avec votre promesse, je peux vous assurer que mes soeurs dans ces bois considèreront les dettes des erreurs de votre père, remboursées."
Le repas progressa agréablement à partir de là, avec Arthur et Gwen racontant à leur nouvelle amie des histoires des années passées depuis l'arrivée de Merlin à Camelot. Les triomphes et les tragédies, les moments joyeux et les temps de chagrin. Et ce fut l'un de ces chagrins qui les fit sortir de Camelot après avoir fini leur repas, pour une promenade à cheval qui les mena jusqu'au bord d'un lac surmonté par une vue des Montagnes Blanches.
Katryn observa tandis qu'une Gwen qui avait désormais les larmes aux yeux déposait une gerbe de fleurs sur la surface de l'eau, et qu'elle et son bien-aimé Arthur présentaient leur respects et leurs adieux au chevalier nommé Lancelot qui avait eu une part si brillante dans plusieurs de leurs histoires.
Camelot s'avérait être un endroit de nombreuses épreuves passées, mais aussi de grandes force d'âme et bravoure. C'était un endroit à admirer pour la ténacité de ses défenseurs.
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