Bonjour à tous!
Merci pour vos commentaires, c'est toujours une grande joie pour moi de vous lire.
Dans ce chapitre, les choses commencent à s'echauffer pour notre duo préféré.
Bonne lecture, et n'hésitez à me laisser savoir ce que vous penser.
Andy recula de quelques pas, jusqu'à ce qu'elle sente le canapé derrière ses genoux. À ce moment seulement, elle se laissa tomber, s'assoyant lourdement.
Les mots de Sam venaient littéralement de lui dérober toutes habilités à respirer, sans mentionner que ses genoux tremblaient de manière assez importante, ce qu'elle eut peine à camoufler.
« Andy … »
Elle releva la tête légèrement, mais regardait de manière abstraite devant elle, comme si Sam n'était pas là.
« Je ne peux pas trouver le sommeil quand tu n'es pas là. Je ne peux pas te sortir de ma tête, tu hantes mes pensées constamment. Je sens même ton odeur quand je me lève le matin. »
Andy resta figée, les yeux dans le vide. Son système tout entier semblait s'être arrêté.
Cette réaction, ou plutôt cette absence de réaction détruisait Sam complètement. Comment pourrait-il se pardonner ? Il entendait pratiquement le cœur de la jeune femme se briser dans sa poitrine.
« Tu ne me connais même pas Sam, comment peux-tu …? »
« Je te connais suffisamment. »
« Qu'est-ce que tu connais de moi ? »
« Tu es têtue et fortement déterminée, mais ça fait de toi quelqu'un de passionnée. Tu es si généreuse, et tu ne demandes jamais rien. Tu détestes le rouge, même si tu le portes à ravir. Le bleu est ta couleur préférée. Tu aimes les journées pluvieuses, et tu aimes aller marcher quand il neige. Tu aimes les fruits et les pâtes et tu préfères l'eau aux boissons gazeuses. »
Andy resta estomaquée devant cette démonstration.
« Tu aimes inconditionnellement. »
Cette dernière partie lui fit finalement accrocher ses yeux à ceux de l'homme devant elle.
« Tout ce que je te demande, c'est de baisser ta garde Andy. »
« Et pourquoi ? Pour que l'on tente quelque chose basé sur un mensonge ? »
« Je ne t'ai jamais menti. Toi, tu m'as déjà menti ? »
Elle secoua la tête. Tout ce qu'il avait vu, tout ce qu'il avait perçu d'elle avait toujours été très intègre à sa vraie personnalité.
« Et si ça ne fonctionne pas ? »
« Alors on essaiera jusqu'à ce que ça fonctionne. »
Comment pouvait-il savoir quoi dire ?
« Je désire seulement avoir une chance, une chance de te laisser découvrir le vrai Sam. »
Andy ne pouvait pas rassembler ses idées, son cerveau se sentait bombarder d'informations. Et ces informations venaient en contraction avec ses émotions. Elle avait donc beaucoup de difficulté à croire ce qu'il venait de lui dire.
« J'ai la trouille Sam. »
« Moi aussi … »
« Un pas à la fois » ajouta Sam. Elle était si hésitante, mais il ne pouvait pas lui en vouloir. Il était largement responsable de ses craintes.
« J'ai de la difficulté à croire que tu fais des pas de sourie. »
Un léger sourire se dessina sur ses lèvres.
« Je le ferai, pour toi. »
« Je dois y penser, je t'avoue que je suis un peu mélangée. »
Sam acquiesça, une lueur d'espoir venait de s'allumer, elle n'avait pas dit non.
« Repose-toi Andy. » chuchota Sam en se penchant pour lui déposer un baiser sur les cheveux, avant de se diriger vers la sortie.
« Sam ? »
Elle prononça son nom juste au moment où il frôla la poignée de porte.
Il se retourna et la trouva tournée vers lui, le regardant par-dessus le dossier du canapé.
« Merci, pour avoir gardé ta promesse, et d'avoir assuré ma sécurité. »
Des fossettes se creusèrent sur les joues du policier, avant qu'il se force à revêtir une expression faciale plus neutre.
Il tourna les talons sans rien ajouté. Il se sentait beaucoup plus léger que lorsqu'il était arrivé chez Andy, quelques minutes plus tôt.
En sortant de chez elle le lendemain matin, elle le vit près de son immeuble. Elle le reconnut alors qu'il marchait en direction opposée, comme s'il rebroussait chemin.
Elle courut pour le rejoindre, et sa voix le fit sursautée alors qu'elle lui lança « Tu me poursuis ? »
Il avait l'intention de rester en marge pendant quelques jours, mais il n'avait pas pu résister.
Il avait donc conduit jusqu'à la station, avait laissé son camion dans le stationnement et avait marché jusque chez elle. Il voulait l'accompagner dans son habituel trajet, mais changea d'idée une fois rendu sur son perron.
Il n'avait pas planifié se faire prendre dans sa tentative de fuite.
« Quelque chose comme ça … »
Les joues d'Andy se teintèrent de rouge. Il était très doué pour la faire rougir.
Ils marchèrent jusqu'à la station, des brides de conversation maladroites les distrayaient.
Sam, en parfait gentleman, ouvrit la porte pour elle. Il osa déposer une main sur le dos de la jeune femme alors qu'il la guida vers l'intérieur.
Les choses semblaient différentes. Il avait l'impression d'être dans un autre espace-temps. Par contre, il lui semblait que les choses étaient comme elles devaient l'être.
Il l'accompagna jusqu'à la porte du vestiaire. Lorsqu'ils arrivèrent à cette frontière, Andy se retourna pour lui faire face. Sa lèvre inférieure était coincée si fermement entre ses dents qu'elle était devenue blanche.
« On pourrait peut-être … Je ne sais pas, aller … manger ? » demanda Sam, l'épaule accotée contre le montant de la porte. Il revêtait son habituelle expression nonchalante, mais elle ne correspondait pas du tout à la nervosité qui s'était laissé sentir dans sa voix.
Andy regarda tout autour d'elle, comme si elle cherchait quelqu'un. Sam quant à lui, attendit patiemment qu'une réponse sorte de la bouche de la jeune femme.
Elle releva soudainement les yeux vers lui, et secoua légèrement la tête.
« Désolée, je dois rester chez Traci. Elle a un rendez-vous avec Jerry ce soir. » répondit-elle en ouvrant la porte.
Sam acquiesça silencieusement. Il ne s'était pas attendu à ce que ça soit facile.
Rien n'est jamais facile.
Avant de refermer la porte derrière elle, Andy se retourna de nouveau.
« Une autre fois ? »
Involontairement, les lèvres de Sam se courbèrent.
Peut-être que ça ne sera pas si difficile après tout.
Plus les jours s'écoulaient, plus s'était devenu difficile pour Sam de croiser la jeune femme, ou même de céduler une date avec elle.
Les quarts de travail étaient exténuants et elle était toujours partie en patrouille. Sinon, elle dormait quand il était de service, ou bien il était au gym quand elle était en congé.
La vie se mettait clairement en travers de leur chemin.
Sarah avait quitté la ville quelques jours auparavant, retournant à sa maison à Ste-Catherine. La station de police locale était impatiente de la voir de retour.
Sam allait vraiment s'ennuyer d'elle. En fait, c'était la première fois qu'ils avaient travaillé ensemble, et c'était vraisemblablement la dernière fois également. Il ne pourrait jamais revivre ça la voir affronter toutes ces choses pour que le travail soit fait correctement.
Elle était dévouée et passionnée pour tout ce qui se rapportait à son insigne, mais à la fin de la journée, est-ce que ça en valait vraiment la peine ?
Le policier avait vu Andy deux fois au Penny, comme ce soir-là, depuis qu'il l'avait invité à sortir. Mais il ne l'avait pas relancé, ni abordé. Elle méritait de passer du temps avec ses amis, maintenant qu'elle était de retour.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? » demanda Traci en ce glissant sur la chaise à côté d'Andy.
« Quoi ça ? » Andy ne portait pas vraiment attention à ce qui se passait autour d'elle.
« Cette intensité » répondit-elle en faisant aller ses yeux entre Sam et Andy.
« Rien du tout. » dit Andy en prenant une gorgée de bière, afin de camoufler son malaise.
« Sérieusement ? Tu sais que je n'ai plus 6 ans n'est-ce pas ? »
Traci avait peine à dissimuler son amusement. Andy ne dupait qu'elle-même.
« Très drôle » rétorqua Andy sarcastiquement.
« Ha … aller, qu'est-ce qui t'arrête ? C'est encore là pas vrai ? »
« Trace, c'est compliqué … »
« Comment ? Je ne vois pas comment ça peut être si compliqué quand c'est si évident, juste à vous regarder. »
« Ça va disparaitre, crois-moi. Ça s'estompe toujours. »
« C'est ça qui t'arrête ? » Traci secouait la tête de découragement.
« Je ne veux pas bâtir quelque chose sur un gros paquet de mensonges, et un gros paquet d'adrénaline. C'est terminé, il n'y a rien dans cette histoire qui mérite qu'on en parle. »
« Alors, c'est pour cette raison qu'il te regarde tout le temps comme s'il voulait te dévorer ? »
Traci laissa échapper un ricanement.
« De toute façon, il a menti. »
« Andy, il était sous couverture, il ne pouvait pas dire la vérité. »
« J'ai était effrayée pendant des semaines Traci, des semaines à me demander si j'allais m'en sortir vivante. Tout ce qu'il avait à faire, c'était … je ne sais pas, me donner un indice ? ». Elle cafouillait des excuses, et elle le savait.
« Et maintenant ? Tu es saine et sauve parce qu'il a veillé sur toi. Il s'est assuré de ta sécurité Andy. Ça ne compte pas ça ? »
Elle pouvait sentir que Sam les regardait.
Elle pouvait le sentir encore, même s'ils étaient tous les deux de retour dans leur vie normale. Certaines choses avaient changées, d'autres étaient restées les mêmes. Comme savoir quand il entrait dans une pièce où elle se trouvait, ou sentir ses yeux sur elle.
« Il m'a invité à sortir. »
Merde … ce n'était pas supposée de sortir tout seul.
« Andy ! »
« Tu avais un rendez-vous de toute façon. »
« J'aurais pu passer la soirée à la maison avec Jerry. »
Traci semblait un peu déçue de son amie, elle avait choisi de veiller sur Leo plutôt que de se préoccuper de sa propre vie amoureuse et d'accepter l'invitation de Sam.
« Ok … ça me fait un peu peur. » avoua Andy en relevant les yeux, juste à temps pour voir Sam détourner le regard.
« On l'est tous, c'est qui rend ça intéressant. Écoute, c'est le meilleur ami de Jerry. Je sais ça compte peut-être pas pour grand-chose, mais Jerry m'a dit certaines choses à son sujet, le genre de gars qu'il est, le genre de chose qu'il fait et pense. C'est un bon gars. »
Traci avait fait passer à son copain un interrogatoire complet a propos de Sam quand elle avait découvert l'intérêt qu'Andy avait à son égard. Sachant qu'il ne s'en sortirait pas, il avait raconté à Traci tout ce qu'elle voulait savoir.
L'histoire qui lui restait en mémoire plus que toutes les autres, c'était celle où Sam avait appris que son instructeur, et ami proche, était en fait un pédophile qui avait enlevé une petite fille. Il avait préféré sauver la vie de l'enfant plutôt que de sauver une amitié de longue date.
« Ce n'est pas tous les gars qui sont responsables Andy, mais je crois Sam l'est. »
Andy releva les yeux vers le bar, là où Sam était assis avec Oliver Shaw. Un élan de confusion envahi alors Andy.
« Alors … ? » Demanda Oliver aussitôt que Sam pris place à ses côtés.
« Hum. »
Ce n'était pas vraiment une réponse, mais Oliver n'avait pas vraiment posé de questions non plus.
« Je ne t'avais pas vue avec cet air-là depuis longtemps mon frère. » Oliver avait prononcé ce commentaire en levant sa bière à ses lèvres.
Sam ne répondit rien. Ils avaient eu cette conversation déjà plusieurs fois.
Depuis le jour où Oliver avait vu son ami accompagner Andy à la station, il n'avait pas lâché le morceau.
Ces arguments commençaient toujours par « oh-oh » et terminait par « problèmes. »
Entre les deux, il y avait des mots comme « c'est une bleue » ou « hors limites », autant que « pas de la même ligue ».
Sam ne pouvait être plus en accord avec lui. Andy n'était pas de la même ligue. Mais il ne la connaissait pas comme lui il la connaissait.
Ils ont eu cette conversation mainte et mainte fois, et Sam ne sentait aucunement l'envie de rediscuter de tout ça encore une fois. Il avait entendu toutes les facettes de l'argumentaire de son ami, mais récemment, c'était comme s'il avait changé son fusil d'épaule.
Au départ, il avait le discours « reste loin d'elle » et maintenant, c'était davantage le discours « ne reste pas sans rien faire ». Sam prétendait que ce revirement était dû au fait qu'Oliver avait d'abord été offusqué par la différence d'âge entre eux, et que depuis qu'il patrouillait avec Andy, il avait appris à la connaitre.
Sam quant à lui n'avait jamais été dérangé par l'écart de leur naissance. Il ne s'était même jamais arrêté à y penser. Andy ne semblait pas gênée par ce fait également.
« Tu devrais aller lui parler Sam. »
« Tu crois que je n'ai pas essayé ? »
« Non, si tu avais essayé, nous n'aurions pas cette conversation. »
Oliver avait raison, il n'avait pas essayé, du moins, pas suffisamment.
« Elle est à peine de retour dans sa vie, elle a encore besoin de s'ajuster. »
« Et tu crains de lui faire peur ? »
Sam ne répondit rien, il regarda plutôt Andy, encore.
« Elle n'est pas rendu là. »
« Tu sais, quand quelqu'un dit quelque chose, et que même si tu ne les connais pas, tu sais qu'ils disent la vérité ? » Andy attendit que Traci hoche la tête avant de poursuivre.
« C'est arrivé quelquefois, et ce que Sam me disait, il le pensait. »
« Comme quoi ? »
« Comme « les gars comme lui et les filles comme moi ne sont pas faits pour aller ensemble » pour commencer. »
« Alors c'est de ça qu'il est question ? Vraiment ? Andy tu ne crois pas sérieusement qu'il était honnête en disant ça ? Je te connais, et … Bien, tu as certainement fait ou dit quelque chose ? »
Ho … Traci la connaissait plutôt bien.
« Il m'a dit ça, après que je l'aie embrassé. Je sais c'était stupide non ? »
« Hooooo que ouiiiii ! Je le savais que tu avais fait quelque chose. Mais sérieusement, va lui demander. » Traci indiqua Sam d'un signe de tête.
Andy remarqua qu'Oliver s'apprêtait à partir.
« Quoi ? Non ! »
« J'te jure que si tu ne le fais pas, c'est moi qui vais le faire. »
Traci tentait simplement de lui donner une petite poussée, question qu'elle se dégourdisse un peu.
« Tu n'oserais pas … »
À voir le visage de son amie, Andy comprit qu'elle ne rigolait pas.
« Non, d'accord, tu as raison. Peut-être que je me sentirai mieux ensuite, ou que tout s'arrêtera là… oui bien … peut importe. »
Aussitôt qu'Oliver quitta le bar, Sam senti une présence féminine à ses côtés.
« Allo »
« Hé »
Les fossettes sur les joues de Sam apparurent dès qu'il ouvrit la bouche.
« Je peux te demander quelque chose ? »
Elle semblait très hésitante à poser la question qui lui brulait les lèvres. Sam l'observa un peu plus attentivement. Elle semblait épuisée, comme si elle ne dormait pas suffisamment depuis plusieurs jours.
« Pourquoi tu as dit que les gars comme toi ne sortaient pas avec les filles comme moi, alors que tu n'es pas vraiment un mauvais garçon ? »
Soudainement, tout prit sens, son hésitation pour un simple souper, et sa facilité à l'éviter à tout prix.
Les mots qu'il avait prononcés étaient restés en suspens dans les pensées de la jeune femme, et l'avait empêché de lui laisser une chance.
Est-ce que la vie pourrait être plus insolente ? Des mots le pourchassaient, des mots qu'il avait lui-même prononcés.
